chroniques de la haine apaisée: 20 la mienne


Ce sera la dernière de la série… dernière chronique avant de passer  à mes désespoirs de vacances… cette année, immergé dans un camping je serai  à la pointe du dialogue social de proximité… j’écouterai, j’acquiescerai au moindre mot prônant que la révolution est proche…. J’en choisirai un, peut-être une et je l’écorcherai verbalement, lui arrachant sa cellulite vacancière, son bourrelet de congés payés…. Je serai odieux, cynique  à souhait… imposant mes mots comme  d’autres ont oublié les leurs. C’était hier, lors d’un concert de Jazz, je discutais avec deux êtres, avinés, embièrés… le nez rouge et bourgeonnant pour l’un, l’oeil méchant et éternellement bête pour l’autre… de gros foies prouvant l’hydropisie  dans ces deux cas. Systématiquement je m’opposais aux dire de l’un, sans le provoquer, juste en argumentant  à l’encontre de ce qu’il prétendait être un bon musicien…. je ne donnais que des contre-sens à ses définitions…. en trois minutes il devint vulgaire par manque de vocabulaire, agressif par élévation de sa connerie  à la hauteur de son alcoolémie…. con parce qu’il l’était  avant de me rencontrer … je n’y fus pour rien. Cet être fait partie de ceux qui ne supportent pas les frustrations de base, celles qui l’ont conduit  à dire qu’il aime les femmes et qui a compris qu’aucune femme n’a pu et ne pourra l’aimer. J’ai continué à  élever son taux d’hormones par de savantes vérités amphigouriques …. il a glissé dans une pré-violence, contrôlée par le gros ventre de son camarade de beuverie…. je me suis glissé vers un espace vide, satisfait de l’avoir conduit là où il en était…. Le pire c’est qu’en aucun cas je n’ai parlé de sa personne, j’ai juste dit et référé à des contraires, ses mots étaient insignifiants… mes contraires aussi…. Je n’aimais pas son odeur de sueur, acide et vieille, je n’aimais la certitude de son inintelligence, je n’aimais pas sa manière d’être violemment ivre, je n’aimais pas la couleur de son T-shirt, je n’aimais pas sa manière de parler des femmes, je n’aimais pas sa vulgarité de bas -étage, je n’aimais pas son absence de mots, la couleur rosée de sa peau…. cependant il avait raison.

chroniques de la haine apaisée: 18


Il s’était mis au soleil… pour suer, sentir son corps se liquéfier. Il s’était  mis au soleil de midi, celui qui perce la peau , l’enrougit par delà le muscle et la viande…. Il s’y était endormit. Le soleil chauffant plus qu’à son habitude… Il était entouré de ses herbes dites de Provence qu’il aimait tant  à sentir  au début de l’été: romarin , basilic…. le vent souffla fort malgré la limpidité du ciel bleu, si fort que fleurs et plantes, arrachées par le vent, recouvrirent son corps brûlant… mais il continuait de dormir sous ce soleil plus puissant que jamais. Les odeurs de son corps chauffant exaltées par la puissance odorifère des plantes qui, de par le vent et la sueur s’étaient accolées à la chair de l’homme qui, au soleil, s’était endormi… Il fut mort  à la nuit tombante en ce premier jour d’été, mort mais sentant bon… les jours passèrent d’une chaleur violente…. son corps rôtit. ON retrouva ses os, quelques uns rongés, d’autres avec un peu de viande que les fourmis avaient fini de récupérer…. c’est son chien qui avait beaucoup grossi.

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