la retraite


Je me suis retiré du  bruit, ambiant, pour réfléchir à me taire… mon silence. J’ai bandé, je n’ai pas éjaculé…. j’ai été et suis silencieux… silencieux sur cet énorme bruit ambiant, le bruit de l’autre, celui qui finira par me déranger…. je l’ai donc laissé me taire. Qu’en dire ? que je ne sais plus, que je ne sens plus…. et que je pense qu’il n’en est rien. sincèrement, j’aime mon silence, je sais que je n’ai rien à dire, rien à en dire…. Il me plairait à  sentir son corps dans mon silence…Et la retraite me direz-vous ? je ne me retirerai jamais.


Bander, bander… pour qui ? pour quoi ? j’ai laissé mon dernier spermatozoïde entre les dents d’une grosse blonde qui sentait le parfum des femmes de dessous les aisselles. Après qu’elle l’eut dégluti bruyamment, elle rota de façon belge et flamboyante… Il n’était cependant plus l’heure de croire que mon corps saurait leur parler. J’ai donc décidé, en mon âme et consciente de ne plus…. bander, bander… si ce n’est pour cette grosse bonde avide et vénale dont je payai le sein droit au prix de la fesse gauche…. Je fus seul, alors, à ne pas comprendre pourquoi la vie sentait si fort la fin !

lentement le dimanche…1


Quelques semaines que je ne dis mot, ni ne les écris… je vous protège, mais j’observe. Ce sera donc une chronique du dimanche pour les quelques temps qui viennent…

Ce sera par un vit de grenier que je débuterais. Régulièrement chaque année, au même instant de chaque moment, chaque village organise son vie de grenier. Tout le monde en profite pour étaler tout un passé, tout son passé. On y sent le vieux , on y voit des vieux qui reconnaissent souvent des morceaux de leur vies, vendus  tout au plus un euro… la vie de vieux ne vaut pas grand chose encore moins son passé. Il y a les collectionneurs fous qui, dès le matin, sautent sur l’exposant  en demandant toujours plus violemment: « vous avez du Claude François ? » Quand c’est un oui, ils jubilent et se jettent sur la galette de vinyle  en bavant. Si c’est un non, ils tournent le pas sans plus d’amabilité…. Il y a les collectionneurs de pièces, de bouts, de fins, de collections, de couleurs, de rideaux….. pas un seul pour collectionner les vies de greniers. On y trouve les gros cons qui, dès le matin, boivent des verres de rosé en mangeant des tartines de pâté  gras, en gueulant des histoires salaces, en parlant de la femme du voisin, en vendant des chinoiseries de l’année d’avant… ces chinoiseries, il y en a pour des millions. Tous ces jouets laids, ces vêtements sans âme, ces objets décoratifs qui ne peuvent rien décorer, tellement ils sont laids, à l’image de leur propriétaire. Les plus impressionnants sont les spécialistes qui trouvent la rondelle numéro 32 de la pompe à foutre numéro 69 et qui marchandent pour la payer 9 centimes au lieu de 10… et puis il y a ceux pour qui  ce qui a été vendu les nourrira dans la semaine et ceux qui s’habilleront pour l’année pour le prix d’un gros euro… Il y a ceux qui ne vendent rien… parce qu’ils n’ont pas de passé, juste un présent récent qui n’est même pas beau et qui ne sera jamais un passé…. Moi je collectionne les chaussures de putes  et j’en trouve…. c’est bien la vie de grenier

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