Prague 3


Aujourd’hui ville nouvelle… moins de paquets de touristes agglutinés, moins de parapluies… une ville européenne avec son lot de nouveaux riches et de vieux pauvres, beaucoup de vieux pauvres, on les reconnaît parcequ’ils sont pauvres. Les vieux riches on les reconnaît parce qu’ils sont riches… et quand ils sont riches, il faut que cela brille…. grosses voitures, grosses montres… ils ne peuvent pas échapper à une grosse vulgarité…. qu’ils soient de Prague ou Vesoul… le riche se vautre dans le paraître…. Justement les femmes sont ni plus belles ni plus laides qu’ailleurs, mais dès qu’elles sont riches, elles n’ont aucune discrétion, coiffure en relief, maquillage exponentiel, silicone je présume pour les plus vieilles d’entre elles, une absence de beauté naturelle pour les plus anciennes….Ce n’est qu’une impression de rue…
 Je suis allé dans une librairie gigantesque, au moins soixante mètres de profondeur, sur trois étages…
J’ai vu un vieux qui gueulait fort en crachant par terre, il gueulait après des jeunes Russes (qui rigolaient et parlaient fort) devant un monument, monument sur lequel se trouvaient des centaines de bougies en soutien à l’Ukraine…. l’aimait pas les Russes le vieux, il avait du voir leurs chars débouler sur cette place et près de ce monument…
 Je suis dans le même restaurant qu’hier au soir, je goûte à un autre plat: des pâtes de pommes de terre arrosées d »une sauce au fromage… je commence à suer, la bière par dessus y pourvoit… Il y a un couple de Russes (ils ont un guide touristique écrit en cyrillique) face à moi, quintaleux à souhait… ils ont commandé un litre de bière chacun et` le même truc que moi, celui d’hier au soir, le genou de porc et deux autres plats aussi, chacun, que je ne saurais détailler de ma place… impressionnants. J’aime bien ce restaurant, je suis le seul touriste, les gens parlent fort, rient fort, mangent beaucoup…. pour pas cher et ils fument beaucoup aussi. Il y a un décalage chez les habitants de cette ville. Quand ils sont dans les bars, ils boivent comme des trous et donc ils ont souvent le ventre qui va avec et quand ils sont dans la rue, certains ont l’air tragique, des regards éteints, profonds… comme si leur ville leur échappait, une perte d’âme ?

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Prague 2


« Not separate tickets », deux fois… Elle ne voulait pas me vendre un ticket pour visiter le vieux cimetière juif, il fallait que je prenne le « total tour » des synagogues et autres…en file avec les autres… et en plus il fallait que je paie pour faire des photos… JAMAIS!, j’en ai volé une bien plus belle que si je l’avais payée. Faire payer pour des morts…bref. C’est beau Prague, quand on regarde en l’air, il y a plein de statues sur les toits… baroque me voilà. Mais quand tu redescends vers le bas, à hauteur de touriste, c’est terrible… sauf si tu y es avant onze heures parce que rien n’est ouvert… mais vers onze heures, des cohortes de touristes, vieux, Japonais, Chinois déambulent comme des cloportes en suivant leur guide qui généralement tiens un parapluie à bout de bras… et là on te chope à tous les coins de rue, pour un concert, pour un restaurant, pour une église… plein de trucs que je ne comprends pas … je me sauve, mais rien n’y fait, ils doivent me suivre ce n’est pas possible… je rentre à l’hôtel, sieste…

Seize heures, je suis de retour, les vieux Japonais sont rentrés ou ils sont déjà couchés…il reste les Chinois… Alors là, je tire mon chapeau à une petite dame chinoise qui est la reine de la photo touristique… Sur le pont le plus célèbre de Prague, mon regard est attiré par un petit groupe sautillant qui s’arrête tous les cinq mètres. Je l’appellerai madame Ming. Madame Ming s’arrête tous les cinq mètres en s’agenouillant sur un seul genou pour  photographier chacun des membres de son groupe (ils sont onze après décompte) de chaque côté du pont… devant des statues, devant rien, avec un touriste, avec un vendeur de souvenirs même s’il ne veut pas, elle le prend par le bras avec force, la bougresse… Je les suis sur une vingtaine de mètres. Nous disons donc ((4×11)x2)x5=440 photos ce qui représente autant de génuflexions, parce qu’elle se relève à chaque fois et s’agenouille pour mieux cadrer… et ses onze apôtres ne disent rien, ils obtempèrent en silence chinois, parce qu’elle gueule en plus quand il en manque un… si fort et haut, qu’on ne peut que comprendre… celui qui a failli arrive en courant… Chapeau bas…je me sauve pour une bière méritée…

19H30… repas: tiens je vais manger Tchèque ce soir… je vais dans un petit resto populo  pas loin de l’hôtel… les menus ne sont pas traduits, la jeune serveuse m’explique que c’est du porc, un morceau dans la jambe… moi gentil con qui ai lu les guides touristiques, je me dis que c’est un jarret, c’est pas trop gros un jarret, j’ai faim, cela tombe bien…. 20 minutes plus tard. Elle me présente une planche sur laquelle trône une broche de trente centimètres de long garni d’un.. genou… complet avec le haut et le bas… vers les deux kilos je pense. Bon une fois qu’on a enlevé la couenne, l’os, il reste de quoi manger, le tout arrosé d’un demi litre ou de bière ou de vin… il ne font pas au verre le vin, tout se calibre en demi litre. BURP…

Je rentre à mon hôtel en rampant sur le dos… une jeune femme courte vêtue m’accoste… « do you want love with me ? » aussi affable soit-elle ,je regarde ses genoux, mes pieds plutôt, gêné et honteux, et je ne peux m’empêcher de penser à tous le gras que je viens de vider du genou… « No sorry, my wife is waiting for me »… j’envisage de me mettre sous intraveineuse de citrate de bétaïne et de demander mon rapatriement sanitaire…Bon allez, je vais regarder un film en Tchèque, théoriquement c’est le même qu’hier… Ah oui, il faisait 27 degrés dans ma chambre hier… un peu chaud, un peu déshydraté… comme j’ai plein de chaines mondiales, je regarde la télé Russe, Kurdes, Iranienne… instructif… je vous laisse ,je vais vomir… Do you want vomir with me ?

PS: Prague: spécialité, les toitures baroques, dessous les salons de massage thaï, dessous les touristes qui se font arnaquer plus et mieux, le cristal de Bohème… horrible.
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Madame Ming en train d’engueuler qui de droit…


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Prague 1


Premier bar, première bière… 15 cm de hauteur, 0,5l, jaune ambrée…  nom imprononçable. Je bois. Le verre est beau, moi aussi. Je suis dans un petit café qui pue le tabac et la bière: des jeunes , des moins jeunes, une dizaine de tables au total. Il y a un vrai poivrot au comptoir, tirant sur le pourpre, appuyé comme il se doit… l’oeil divinement glauque, entre une fin de communisme et un chômage de transition ultra capitaliste…Vient de s’asseoir une petite vieille… un litre, pas moins, mais une super casquette. Devant moi à une table, une presque vieille, mais pas si vieille qui sirote de la bière brune en tirant de longues bouffées de cigarettes, l’air triste, le regard slave… des heures de vol, des heures de bière, quelques cumulonimbus de fumées… Lou Reed chante en fond, je suis à Prague.

Le poivrot glisse vers la sortie, une table embordélisée à outrance est siglée en français d’un « réservé », on ne touche pas…!

Un litre de bière pus tard, le réserveur rentre, il s’assied… le patron lui sert immédiatement sa bière et son cendrier, la presque vieille attaque son deuxième litre, la nuit est tombée. Le réserveur a le regard fixé au dessus de sa cigarette, le niveau de sa bière descend sans qu’on ait l’impression qu’il la boive…. cependant….je ne sais pas décrypter les pensées Tchèques, mais le regard de cet homme me plonge dans une époque pas si lointaine où il y avait encore des regards ouvriers épuisés le soir après une journée de travail…. serait-ce l’âme slave ?

Trois jeunes blondes opulentes de partout rentrent bruyamment… Serais-je dans un claque ? le réserveur les ignore, la presque vieille cherche une cigarette, les jeunes à côté rient, la vieille qui a bu son litre part pisser, les opulentes vulgarisent, je peux les comprendre sans parler le Tchèque… je suis à Prague…
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