autobiographie d’un autre:11


Toucher ce ventre l’emplissait d’une couleur rose, d’une chaleur sonore…. il déplaça sa main de ce ventre vers son ventre, il ressentait l’amplitude de la respiration, l’autre enfant face  à lui commença  à le frapper de  petits coups de poings placés au-dessus de la joue droite. Il ne constata la douleur que lorsque le sang commença à  couler le long de sa joue. Le dernier coup posé de l’autre enfant s’ensuivit d’un geste réflex de notre enfant, un geste qui parti de la main de son ventre, posée. Celle-ci termina sa course, refermée en un poing qui enfonça l’estomac obstacle qui se trouvait en face… Il y eut des pleurs, des cris, un hurlement… du silence avant une fuite en courant.Il sourit…

Appel à la lutte N°14: Savoir qu’on est le con de quelqu’un


Aïe ! sujet qui fâche la connerie, pourtant bien répartie  à la surface de la terre. Moins on pense avec ses neurones et plus on se réfère à  ce qu’un quidam a pondu avec ses propres neurones plus on est con … je pense… Plus on est dans la pensée de masse plus on est con … je pense…. Plus on est certain d’être le con de quelqu’un plus on a une juste  image  symétrique de la connerie de l’autre… je pense… Autrement, dit plus vous êtes sûr d’être le gros con de quelqu’un plus vous savez où  votre gros con  à vous se situe…en face… je pense…  Donc c’est rassurant d’être le con de quelqu’un, cela vous donne une juste image référencée de ce que vous pouvez accepter comme dose de connerie de la part de l’Autre…. un point éloigné de votre centre, centre  à partir duquel vous pouvez tracer un cercle incluant et excluant au delà  de la limite de la dite connerie … les autres…. Je pense … Je n’ai jamais trouvé aussi con que moi…. je me sens libre seul!

Autobiographie d’un autre: 10


Le premier contact fut, pour lui, tout aussi surprenant que déplaisant. Il était habitué à une certaine froideur des objets inanimés et toutes les sensations  de contact physique qu’il avait pu avoir auparavant n’avait toujours été que des instants de peurs et d’angoisses… La chaleur qu’il sentait, l’élasticité de la peau, et quand bien même si avant ce moment ces deux repères avaient été des synonymes de fuites et de dérobades de la part des autres,et bien là cela le rassurait désormais.Il laissa sa main posée sur cet autre enfant et entreprit un voyage en profondeur dans la chaleur de sa peau. Ce n’était pas l’odeur de l’autre , ce n’était pas l’éventuelle appétence que pouvait procurer son jeune et beau visage… c’était en premier lieu, la sensation d’une chaleur corporelle différente de la sienne. La différence thermique qui existait entre leurs deux êtres suffisait à lui donner la certitude d’une autre réalité, presque semblable  à la sienne…. pendant que l’autre enfant le griffait, il laissa sa main posée sur son ventre  à  contempler de sa paume son  étonnante chaleur existante .

Autobiographie d’un autre: 9


Elle ne se  retourna pas mais pensa pendant un temps long et pesant à cette chose, lui, et à ce moment où elle avait été nommée maman, de nombreuses fois elle pleura de ne pas avoir su le prendre dans ses bras et de l’avoir étouffé… C’est de sa mort qu’elle pleurait, sa mort qu’elle lui avait refusée.

Lui, resta sur son sol, ayant déjà oublié, oublié et encore oublié. Il n’avait ni passé ni futur. Son existence se limitait à  un passé exact, ne se souvenant de rien de ce qu’il avait vécu, ne se projetant pas dans le  temps pour exister. Il  était au sens  le plus précis de ce verbe, il était là. C’est cet état de présence totale , non inscrit dans le devenir ou l’avoir été du temps qui le rendait invisible aux yeux de tous…. Cependant, au moment où d’autres eurent dit qu’il avait peut être cinq ans, il se passa un changement dans sa vie. Un autre enfant prit conscience de cette existence parallèle et vint s’asseoir  à ses côtés. Il le regardait , le touchait, le griffait, le mordait, le goûta…. l’autre alors laissa quelques terminaisons nerveuses explorer le champ de la communication tactile… il toucha.

Appel à la lutte ….. le treizième: penser à en ériger


Penser , toujours penser à  en ériger… Je le pense à  en bander….. se reposer des efforts à venir, déconstruire ce qui pourrait être , rien n’est plus convaincant que de se dire que ce qui est ne sera plus …. et je m’arrête là ! Cependant, je vous regarde, noyés dans votre blancheur hivernal, regroupés au pied des machines à  vous remonter le gras et le poil , vers des sommets enneigés à  coups de canons , tel des phallus érigés qui l’été  enlaidissent les pentes montagneuses …. tout cela est bien mérité. Moutons fébriles qui se précipitent là où on vous le dit, laisser moi penser  à votre place , je saurai vous convaincre de votre inutilité formelle. Penser , encore penser….. penser pour que tout puisse continuer autrement… J’en appelle à  vous autres, soeurs humaines , qui par le bout de la queue, tenez souvent les hommes que nous sommes,hormonalement prévisibles et   humainement accesssibles. J’en appelle à vous pour qu’avant que vous nous laissiez coïter…. laissez-nous nous taire et penser.

Autobiographie d’un autre: 8


Maman, maman… puis il se tut. Elle s’en approcha lentement; comme si elle n’avait jamais  vu d’être aussi différent, aussi loin de la perfection qu’il était proche de la ressemblance à tout autre existant… Elle le regarda mais n’en sourit pas pour autant, elle ne savait que dire. Était-il un enfant ? était-il encore un enfant….  elle se pencha sur lui, déjà, il ne la regardait plus, il ne la savait plus. Son mot dit n’avait pas été empreint de sens , juste de la saveur qu’il y a à le prononcer. Cela faisait bien deux minutes qu’elle l’observait, elle ne l’avait pas encore touché. Elle le prit  à bout de bras… leurs yeux regardants se croisèrent… Elle continua à  se taire, il continua  à être ailleurs, peut être à l’intérieur de la couleur de ses yeux… Le temps lui parut infini. Cette petite chose l’avait appelé maman. Elle n’avait pas d’enfant, croyait ne pas pouvoir en avoir et avait compris qu’elle n’en désirait pas. En échange de cette volonté de ne pas participer à la surpopulation de la planète, elle avait le choix de travailler dans un orphelinat, centre de tri, de vente et de location d’enfants sages et moins sages… mais lui, il avait dit ce qu’elle ne voulait pas entendre…. Elle le laissa retomber à terre lourdement, repartit vers d’autres occupations. Il regarda de son sol, la forme des talons aiguilles de cette femme qui s’éloignait en souriant…. « il y a des choses impensables » dit-elle entre ses lèvres…. Il répéta maman pour la seconde fois, plus fortement que la première. elle l’entendit mais ne se retourna pas…

Appel à la lutte N°12: se savoir


Il est essentiel de se connaître pour évoluer dans sa vie…. pour peu qu’évoluer soit le propre de l’homme, j’en connais certains qui de révolution en révolution sont passés  à l’involution…donc se connaître c’est jouer le jeu de ceux qui veulent vous voir évoluer dans le sens prévu de l’évolution…. le mieux pour le mieux. Tandis que se savoir, c’est savoir quand se connaître, quand  évoluer, involuer…..il y a une simplicité dans la connaissance, alors qu’il y a une sapience dans le savoir, une profondeur…. se savoir ignorant peut paraître incohérent, mais ignorer qu’on se sait, certainement dangereux…j’en sais rien.

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