J’ai vendu mon âme…


J’ai vendu mon âme de putain au diable , celle qui traînait au fond de mon sac d’os, impossible  à caresser, inavouable et délavée par ses pêchers de toute ma vie… ma salope d’âme… Il n’en a pas voulu. J’ai vendu mon âme de putain au bas de ma rue au plus offrant, c’est une plus offrante qui est venue. Elle l’a endossée comme un vieux manteau dont la laine eut senti la sueur et l’odeur du temps, elle a marché quelques pas dans la rue… certains se sont arrêtés, d’autres ont ri en la voyant. Elle m’a l’a rendue en criant: »trop noire, trop sale, trop vieille »… Putain sans âme. J’ai vendu mon âme de putain…. contre une poignée de roupies leur ai-je crié, une poignée sale et puante…. Ils n’en ont pas voulu de mon âme, pourtant elle a vu des instants qui auraient fait pleurer ces  mécréants. Cette âme, leur-ai je crié, elle vous a regardés depuis si longtemps que vos yeux sont devenus ses yeux et elle sait qui vous observe….Putain de poignée de roupies. J’ai donné mon âme de putain à cette vieille décatie qui dans ce train ce matin  s’est maquillée une heure durant jusqu’à que sa peau soit aussi lisse que la peau de mon cul, ma peau de bébé de cul… et bien elle n’en a pas voulu… trop sévère m’a t’elle écrit au rouge  à lèvres de catin sur la peau de mon cul…. Alors , je l’ai rangée mon âme, non pas sans l’avoir replié douze fois jusqu’à ce qu’elle ressemble à une dragée de première communion; enragée…. et puis je l’ai bouffée, aussitôt dans le trou de mon ventre elle s’est débattue, à en crever…. j’en suis resté lent et plié, assis et tourbillonné. Et puis un matin je l’ai chiée plus noire que noire, plus putain que celle du coin….Elle est partie dans ces longs tuyaux qui s’enfilent sous terre loin vers l ‘enfer, là où les âmes de putains dansent en se tenant la main en regardant le diable qui  en a enfin voulu de cette putain d’âme… mais il était trop tard, je l’avais digérée, oubliée… et je suis assis là, la photo de mon âme  à la main, je la pleure…

Ce n’était qu’un instant…


C’était un de ces soirs hasardeux où la neige peut tomber sans qu’on l’entendit, c’est un de ces soirs hasardeux où la lumière pue et peut s’attacher rayon après rayon aux flocons qui descendent catholiquement du ciel, en procession, froidement… c’est con comme çà la neige. Elle passa, il la regarda… il ne lui resta  à lui que les yeux printaniers de cette femme qu’elle dirigeait vers le sol, parce  qu’elle fuyait son passé. Alors elle marchait heure après heure dans la rue, ses yeux verts vers le bas, ses yeux bas vers le vert.Il la croisa encore en encore, en son esprit, pendant dix ou mille pas, puis il s’arrêta, juste avant de faire demi-tour , complètement j’insiste, et repartir dans le direction de cette femme qui avait ralenti le pas car elle savait qu’il l’avait vue… Elle sentit sa main d’homme qui lui prit non pas le bras, non pas la main, mais la nuque, la nuque comme une chaleur autour du cou… Il aurait pu l’étrangler, mais il ne le fit pas. Bien au contraire, il laissa sa main sentir la chaleur qui remontait du corps de cette femme. Elle remontait par le dos d’entre ses fesses et et venait se poser sous sa main. Ils restèrent ainsi quelques instants sous la neige conne… elle fondit autour d’eux. Ils se dirigèrent sans un mot dit vers un hôtel … L’homme parla juste pour demander une chambre, elle ne dit rien, le laissant faire. Quand ils furent enfermés, isolés du reste et du bruit, il commença à la déshabiller, juste pour voir la finesse de ses seins…. qu’il ne toucha pas. Il se dirigea vers elle, il aurait pu la violer. Il se contenta d’approcher ses lèvres auprès de la peau fine et parfumée, il ne l’embrassa pas, c’était sa chaleur qui l’intéressait. Il la sentit de haut en bas, de son intime à  son infime, de son corps à ses envies de femmes, de ses encore jusqu’à  ses désordres émotionnels… elle ne parla toujours pas, jouit simplement de sa nudité sereine et de la respiration chaude et enveloppante de cet homme… Puis il partit, il n’avait trompé personne et ne s’était pas trompé… l’odeur des femmes qu’il  volait et enfermait dans sa mémoire était sa manière d’abuser de leur corps….Il les sentait et elles toutes ne pouvaient s’empêcher la nuit venue de rêver orgasmiquement et organiquement de cet homme….Il n’était qu’un rêve, elles n’étaient plus que des femmes sans odeur…. Il mourut un soir rêvé par une femme.

Ah putain de bordel à bite de queue de couille de merde !… éloge du complément du nom.


Mourir, mourir…. la belle affaire que voilà … Il suffit de fermer les yeux, arrêter de respirer et ne plus péter pendant un certain temps… et puis après…. ceindre ses lèvres d’une couleur pâle et insignifiante qui vous fait ressembler à ces instants givrés de fin d’automne…. il vous suffit de  regarder fixement  le soleil qui se couche , vaguement lointain, un soir d’été… et puis quoi d’autre encore… Ce vin que  vous buviez, ce soir là, juste avant de vous écrouler au milieu du caniveau de la rue où  vous passiez tous les jours, ce vin que vous ne sentirez plus couler sur vos lèvres…  Ces corps de femmes que vous respiriez au plus près de leur intimité; ils ne seront plus que de pâles souvenirs de soir d’hivers quand vous vous couchiez seul… sans intérieur de corps  à caresser… Aimer, aimer  à en mourir… quelle prétention, quel obsession…. Ce contact qui par votre sexe passait jusqu’à votre cerveau, qu’en reste-t-il ? Cette peau finement granuleuse sur laquelle vous laissiez courir votre bouche … et ce cul ample et féminin qui par ses courbes vous imposait sa matière à  explorer, ses courbes  à dessiner… ce cul  que vous teniez odieusement lorsque vous jouissiez…. il est au-delà puisque la mort vous a saisi…. Putain mourir, mourir c’est  con…. mesdames ouvrez-moi vos cuisses…. laissez-moi vivre….

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