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argentiques… 12


vfr-4 vfr-2 vfr-3 vfr-5 vfr-6 vfr-7 vfr-8 vfr-9 vfr-10 vfr-11 vfr-12vfr-13 vfr-14 vfr-15 vfr-16 vfr-17 vfr-18 vfrCe matin, il pleuvait… un peu, suffisamment pour coller deux photos l’une à l’autre… Après une nuit blanche recouverte de nuit et de noir, à regarder un écran, à fermer les yeux, à attendre… je suis allé traîner aux Puces. On y trouve de tout, de rien… du peut-être, beaucoup de peut-être. Je me suis arrêté devant une boite en métal, style inox et boîte à gâteaux, gâteaux séchés depuis bien longtemps… ersatz de boîte aux trésors, une boîte de vies… Une boîte rouillée où l’on met les photos, en vrac… vieillies, jaunies, passées… une boîte pleine de temps de merde et de fiertés, une boîte qu’on a trouvée au fond d’un meuble à la mort d’un vieil oncle, une boîte dont on n’a plus rien à faire puisqu’on ne saurait plus reconnaître qui que ce soit. Alors on l’a fourguée dans le lot à un brocanteur qui a tout repris pour quelques sous… honte  à vous… Je l’ai marchandée cette vieille, dix euros pour quelques centaines de photos collées par une humidité de temps pourri… Et pourtant il y avait des vies dedans. Les vies passées qui vous reviennent juste avant de partir pour toujours, des images d’enfants maintenant décédés, des morts pour la France, des souvenirs à faire bander, des photos de la femme qu’il a aimée ce Lucien… Raymond… Paul ou Marcel. De toutes façons ils s’en foutent puisque cette boîte traînait parmi d’autres merdes toutes aussi innommables. Pour dix euros, j’ai racheté toute une famille, des souvenirs de vacances, des émotions, du papier moisi, de l’odeur de moisi et du passé à me faire vieillir de quelques années… de L’amour aussi; de l’amour en noir et blanc… Je ne ferais rien pour sauver le moindre connard qui se prétend photographe maintenant…je le laisse avec sa merde numérisée, sa carte SD et son disque dur qui se sera refait une virginité électrique dans quelques années… On croule sous l’image, sous l’angoisse de ce temps qui défile et fonce vers un mur qui porte le nom de fin, alors on essaie de sauvegarder une trace de notre  présence… on essaie de ne pas s’oublier… Vous pouvez tous crever, il n’y aura plus personne pour vous sauvegarder…

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