il avait beau se retourner dans son lit pour rechercher un sommeil qui s’éloignait de plus en plus au regard du jour qui se levait, il se leva donc, donc il se leva… Il était debout, face à sa fenêtre, le jour était là, encore une fois…Il fit comme à son habitude, il alla se recoucher pour rechercher un sommeil qui ne pourrait plus venir, le jour étant là, sans soleil, plus grisé que gris. Une fois couché, il se retourna quelques fois, regarda la fenêtre, ferma les yeux, imagina une fenêtre puis les rouvrit…Encore debout, les yeux fermés, face à la fenêtre et puis le lit, encore une nuit… tout cela se répéta une éternité et puis une autre encore…. changer de sens pour se retourner pensa-t-il…
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chroniques de la haine apaisée: 15
Elle était enfin là… attachée, liée, de ses pieds à son ventre nu, la corde passant par sa nuque qu’elle courbait afin qu’elle ne puisse se dégager. Elle le regardait, violente, insoumise… Il s’en délectait, il la savait désormais sienne, à terre. Du sang coulait le long de ses lèvres, le lien remontait, avec une forte contrainte, ses deux bras dans son dos. Ainsi attachée, son cul s’en trouvait sublimé, c’était la seule partie de son corps qui présentait une visibilité et une accessibilité totale… il se préparait….Mais il fallait au préalable qu’il apaise l’hémorragie provoquée par le sectionnement de son sexe…. Elle avait encore la bouche fermée, il fallait qu’elle crache le morceau d’une manière ou d’une autre…
chroniques de la haine apaisée: 13
Et pourtant il n’était pas grand, mais il avait tenu à le faire lui-même…. Il descendit donc l’escalier de sa petite maison, sous le regard attendri de ses parents. C’était la première fois qu’il partait ainsi seul, chasser. Il était équipé de son petit attirail de prédation que lui avait confectionné son père…. la chasse était désormais leur seul moyen de subsistance; à eux comme à tous les survivants de la grande extermination, celle de la fin d’avant, celle qui avait conduit la vie à presque totalement disparaître. Cela avait été le choix des nations, la planète étant exsangue, infertile, surpeuplée…. définitivement exploitée; les grands hommes de ce monde avaient tous appuyé sur le bouton ensemble , celui qui avait permis l’explosion finale, celle qui eût pu laisser une chance à quelques-uns par un retour légitime à la sélection naturelle…Les doses massives de radiations avaient provoqué des mutations, prévues et attendues… la vie devait continuer quelque soit la forme dans laquelle elle habitait. Il partit donc à la chasse dans la ville, là où il y avait encore du gibier, essentiellement des bipèdes, difficile à chasser mais goûteux avant tout. Il les piégeait avec un peu de nourriture qu’il plaçait sur un bout de soie, généralement ils se retrouvaient pris dans l’engluement de la soie et il n’avait plus qu’à les piquer. Ce soir-là il en ramena deux: une femelle à poils blonds et un mâle des montagnes. Il déposa les cocons sur la table, sa mère l’enlaça de ses huit pattes…en l’embrassant, les cocons bougeaient derrière eux…
chroniques de la haine apaisée: 11
Cela faisait longtemps que je me taisais, quelques jours tout au plus et vous me manquiez, vous… mon international réseau de lecteurs, mes millions de fanatiques… que dis-je mes milliards, sans compter les peuples extra-terrestres qui m’ont déjà sacralisé et qui ont élevé des statues à mon effigie… OUI parfaitement sur des planètes lointaines mon auguste Moi est divinisé et je tiens à préciser que je ne touche pas de royalties ni de droit à l’image… ils ont juste fait une image tri-dimensionnelle de me mon onde subspatiale…. cela ressemble à une petite vaguelette, plus précisément une rondelette ondelette et ils l’ont imprimée avec une carte sidérale sur des petits paquets qu’ils vendent dans d’énormes hangars ressemblant beaucoup à nos supermarchés…. Cela me fait un peu peur, surtout depuis qu’ils ont débarqué dans mon jardin et qu’ils ont réquisitionné mon barbecue… Il sont là, derrière la fenêtre, je ne sais pas s’ils essaient de rentrer…. il y a visiblement une famille , ils ont l’air de vacanciers…. à l’heure du repas.
chroniques de la haine apaisée: 9
Geneviève tenait dans sa main droite, fortement resserrée sur l’enveloppe siliconée de l’objet, la télécommande de la télévision, neuve. Elle ne laissait personne choisir les programmes… le programme. Elle n’en regardait qu’un, une sorte de feuilleton qui depuis vingt ans permettait à des acteurs, désormais vieux, de jouer au jeu de la vérité vécue…Ils vivaient devant les caméras et étaient donc regardés par une bonne partie du pays selon les sondages, une partie aussi âgé que les acteurs. Elle tenait donc sa télécommande, maladivement… Elle ne se levait de son fauteuil que pour se coucher dans son lit, à la fin du programme, dormait ses six heures et se relevait pour s’asseoir dans son fauteuil… tout cela sans lâcher la télécommande. Un soir, elle ne se leva pas, elle venait de mourir, juste avant la fin de l’épisode. Elle vivait depuis longtemps avec sa fille, toutes deux avaient fini par se détester en silence, une haine de trente ans dans un silence coupé par la voix des acteurs. Sa fille, Anne, se rendit compte que sa mère venait de décéder. Elle se dirigea alors vers son fauteuil, prit la main de sa mère, celle qui tenait la télécommande, appuya sur son index, celui qui aurait pu changer de chaine, avant. Elle se contenta d’appuyer dessus… changeant ainsi de chaine, puis elle alla se coucher.
chroniques de la haine apaisée: 8
Il était face à moi depuis quelques instants, sans bouger. Il monopolisait l’espace, de par sa taille, de par le bruit qu’il prenait plaisir à laisser échapper de son corps… Son immobilité relative m’inquiétait, je l’avoue. Il me fixait de ses gros yeux; je n’aime pas qu’on me toise. Je décidai, à mon tour, d’opter pour un immobilisme certain. Il fit un quart de tour vers sa droite, mais rien ne changea, si ce n’est qu’il était désormais totalement face à moi, il s’opposait le pauvre… Sa taille ne me faisait pas peur, son prognathisme non plus…. je n’avais pas cligné des paupières depuis plus de trente secondes. Maladroitement il fit acte de s’intéresser à quelque chose de virtuel, sur sa droite, mais je ne le quittais pas des yeux et ma haine montait, elle était passée d’épidermique à pré-consulvive, je sentais mon adrénaline imprégné mes cellules corporelles, mon coeur battre sourdement, mon ventre se gonfler pour absorber toutes les ondes de stress environnantes… Il exhiba son gros dard, mais rien ne me fit baisser les yeux… je me préparais à passer à l’action. Je fus pris d’une crise de mon syndrome de Gilles de la Tourette, mais mes yeux ne le quittèrent pas et plus il s’immobilisait plus je me sentais près à agir, je conclus ma crise par un « fils de pute de ta mère mal léchée », je me sentis presque apaisé. Mes muscles saillis, ma main paume ouverte, j’allais le frapper.Il me fallait encore deux secondes, une pour me remémorer la scène d’apocalypse now, avec la bande sonore, quand les hélicoptères arrivent, l’autre, une scène du Napoléon de Fritz lang… je ne sais toujours pas pourquoi… Je ne ressentais plus de haine, je n’étais plus qu’une machine à tuer compulsionnelle. J’écrasai ce frelon d’un revers de la main droite… il eut le temps de me piquer ce connard.
chroniques de la haine apaisée: 7
Il aimait à se gratter le cul… odieusement en présence d’un public.Il n’aimait pas que cela…se curer le nez, profondément, en extraire sa sousbtantifique moelle et l’absorber, de préférence face à un enfant qui le regardait avec un sourire d’étonnement, à moins qu’il ne fut au bord des larmes, d’effroi. Il aimait son odeur pestilentielle qu’il travaillait depuis de nombreuses années à grand renfort de T-shirt crasseux, dont la sueur imprégnée avait longuement séché au soleil comme un de ces vins de Rivesaltes. Il s’aimait s’entendre péter, modulant foireusement le plus souvent, rougissant convulsivement dans un dernier effort pour chasser tout le gaz de ses intestins mal nourris. Il ne buvait que du vin, du lever au coucher du soleil, ne se lavait jamais les dents, parfois le corps quand les démangeaisons devenaient ultimes et inconfortables… Il rotait grassement, ravalait son vomis, mangeait la bouche ouverte. Personne ne l’aimait, on changeait de trottoir quand on le croisait, prévenait la police quand il en rajoutait. Pourtant c’est lui qui ce soir là s’est jeté à l’eau pour sauver la petite adolescente amoureuse qui voulait en finir avec la vie, c’est lui qui ne sachant pas nager , s’est débattu de longs instants pour la ramener au bord, si jolie, ses cheveux blonds mouillées. C’est lui qui l’a sauvée, c’est lui qui est mort sur le bord de la berge, le coeur arrêté par cet effort de Titan qu’il ne lui avait jamais proposé. Elle était seule à côté de lui, sauvée, lui mort. Il y eut encore longtemps avant que d’autres viennent la secourir… lui déjà fini et bientôt oublié. Chez lui, quand on a ouvert la porte, tout était propre… sur de beaux cahiers blancs, écrits à la plume, des milliers de poèmes …. d’amour, encore d’amour.
chroniques de la haine apaisée: 5
Angélina… je lis ! dit-il à sa compagne qui l’importunait par de subtiles caresses aphrodisiaques. Il était absorbé par la complexité de l’ouvrage, là d’où je vous écris, je ne pouvais en lire le titre. Elle tournait autour de lui, lui caressant la nuque de ses doigts insistants, laissant ses ongles courir sur une peau refermée, cependant ses ongles laissaient une trace rose, trace qui s’amplifiait le temps passant. Arrête…! je lis. Il répéta ces quelques mots à nouveau, mais Angélina avait commencé à déboutonner les boutons qui maintenaient fermement sa poitrine sculpturale… elle ne portait pas de soutien-gorge et il n’y avait que deux petits boutons de plastique simili nacrés qui le séparait du bas-relief égyptien à une interprétation contemporaine d’un volume de Brancusi. Seul le galbe interne de son sein gauche s’épancha dans son champ visuel de lecteur dévorant. Arrête…! ! Elle s’assit devant lui , en remontant sa jupe jusqu’à l’hémisphère de ses hanches qui rendait impossible toute fuite de cette jupe par le haut, de toutes façons elle eut rencontré ses seins avant sa bouche qu’elle avait ce jour recouvert d’un rouge à lèvres des plus putassier qui fut. Sa jupe retroussée s’arrêta au niveau du fond de sa culotte de mousseline chaire… On eut cru qu’elle était entièrement nue de sexe et de lèvres. Elle vint s’asseoir sur un des genoux sur lequel ne reposait pas le livre qu’il lisait. Ça suffit…!!! Il se releva fermement, elle en aurait chu si ses cuisses n’avaient été musclées et galbées, elle se tint droite, le jupe relevée, le sein nu, l’autre à peine couvert. Il s’était précipité dans la cuisine avec son livre… Elle le suivit, non sans avoir auparavant quitté sa fine culotte. Quand elle y pénétra , il était assis sur l’une des chaises de Formica jaune, épidermiquement concentré sur son ouvrage. Elle laissa tombé sa culotte sur les deux pages qu’il était en train de lire. Il la prit alors par les cheveux, lui fit faire un demi-tour en appuyant violemment sur sa hanche gauche, la coucha face sur la table, s’empara d’un rouleau à pâtisserie qui était rangé sur l’une des étagères au-dessus et la frappa de quatre coups sur la tête au rythme de la cinquième de Beethoven qui passait en fond musical sur l’une des radios locales qu’ils écoutaientt auparavant. Elle glissa à terre, la jupe relevée laissant apparaître un pubis glabre surmontant un sexe aux lèvres symétriquement dessinées. Le sang, couleur du rouge de sa bouche désormais ouverte, coula, maculant le sol. Il reprit son livre.
_ »B et A, ça fait donc BA… »
chroniques de la haine apaisée:3
Tout avait commencé par un orgasme de fin de soirée, un orgasme convenu, attendu… nous l’appellerons plaisir, il avait été respiratoire, en accord avec ma vie du moment… il sera oublié, malgré la volonté que je développais à vouloir mémoriser tous mes instants de plaisir. Celui-ci ne fut donc qu’une respiration plus longue, un incertain soupir. Après m’être rhabillé, après qu’elle soit revêtue, nous étions sortis hors cette chambre d’hôtel qui pendant un temps court mais lourd avait été l’espace de nos ébats amoureux, je ne l’aimais pas, elle ne m’aimait pas, cependant nos corps s’étaient touchés… au moment de nous quitter, elle se retourna vers moi qui ne m’étais pas retourner pour partir… nous étions face à face…un silence de trente secondes sans lourdeur. On y retourne ? me dit-elle. Comme nous n’avions pas encore rendu les clefs, nous entrâmes dans cette même chambre. Ce deuxième orgasme fut plus violent que le premier, à la fois dans le contact physique et dans l’expiation de la tension sensuelle accumulée… Nous fûmes à l’unisson, à l’unisexe, à l’unisens…un accord encore. Il s’en suivit une petite heure de sommeil partagé, un sommeil profond qui nous paralysa. Nos corps étaient nus, froids… au réveil nous retrouvâmes de nouveau visage contre visage , elle n’était pas belle, je n’avais rien de beau. Nos corps étaient plutôt lourds, sa poitrine tombante, une légère adiposité nous caractérisait… la violence du troisième orgasme nous amena à nous frapper, nous mordre jusqu’au sang, nous griffer… nous oubliâmes certains tabous… ces prémisses douloureux aboutirent à une violence orgasmique que je n’avais jamais connue… je n’avais jamais battu une femme, je n’avais jamais été frappé par une femme. Nous étions assis dos à dos, assis chacun sur le bord de notre lit. Je n’aimais pas son odeur ni son corps, elle avait recraché mon sperme comme un vomissement… je ne pourrai localiser l’épicentre du quatrième orgasme, je serre son cou si fort qu’elle semble ne plus respirer, je suis si profondément ancré en elle que je ne peux plus localiser d’où je ressens… je n’aime son gros cul de toutes façons.