Tout simplement, lentement je me suis endormi sur le clavier de mon ordinateur… ce qui explique le titre, ma gueule de bois d’acacia du matin , mes aigreurs d’estomac héritées de la veille, mes lunettes sales, l’impression d’avoir vécu encore une vie de plus, de m’être cassé la gueule dans un escalier métallique. J’ai mal au cou parce que j’étais plus que tordu, j’ai le doigt engourdi parce que j’ai tenu ma souris pour ne pas qu’elle se sauve….j’ai mal à la vie, à l’âme et au cul parce mon âme est proche de mon cul….j’ai arrêté de fumer il y a de cela 20 ans …est-ce aussi grave qu’on veut bien le dire docteur ?
En ce jour!
En ce jour, j’ai élaboré mon âme positive, découpé mon futur proche et entendu….écouté. J’en suis las mais heureux. Sur l’autoroutée, à grande vitesse autorisée, je regardais défiler ces images neutres des vides installés. Et bien oui, il y a parfois de ces moments où il ne se passe rien, où on n’ entend rien et on ne voit rien…des crises de vie de mec, regardant avec des envies de culbute, d’éjaculation violente et sirupeuse, de celles qu’elles pourraient aimer…. je m’en regarde certaines que j’eus aimé vivre. Prendre, tenir, bouger, pénétrer….encore me demanda -t-elle….en corps lui répondis-je…. ancré ainsi , mes mains sur ses hanches…je tombai en ce moment larmé, un de ces instants où vivre est synonyme d’hésiter… c’est près de son cul qu’elle m’autorisait à la faire terre….taire, errante, les yeux allumés…elle me sentit en elle finir ce que j’avais pénétré en commençant…..elle n’était pas plus remuante et sinueuse que les courbes de son corps , il n’y avait entre elle et moi qu’un instant éteint…des larmes déchauffées et des yeux que j’aurais voulu décoiffés. Je stoppai sur le bord de l’autoroute; conduire en rêvant devenait trop ange heureux. J’ouvris les yeux.![delphine-174 [1280x768] delphine-174 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/delphine-174-1280x7681.jpg?w=550)
Je me suis assis
Je me suis assis sur cette terrasse, seul, consoleillé, le temps passant semblait lourd, les êtres semblaient s’ignorer
….il y régnait une évidente immobilité. Il y eut ces deux jeunes femmes dont les images s’étaient échappées des ateliers de Rubens et Botero, elles mangeaient de petits gâteaux accompagnés de soda…fin de la première image. Il y eut aussi cette autre femme, grande, noire, au Teeshirt court qui laissait plus imaginer qu’entrevoir le bas de son dos, zébré de vergetures….fin de la seconde image. Il y eut encore cet homme, jeune, accompagné de ce petit bijou placé au-dessus de son œil droit, comme une accroche qui eut été utilisé à le maintenir ouvert , les longues nuits de veille…fin de la troisième image. Plus loin s’installèrent un homme et une femme, tous deux âgés, regardant fébrilement un petit livret annonçant le programme de certaines festivités lasses….fin de la quatrième image. Cette mère arriva accompagnée de son jeune fils, ils s’installèrent au soleil face à moi, puis se déplacèrent vers une table ombrée, pour mieux voir ce que proposait le petit appareil photo numérique en leur possession…fin de la cinquième image. Pour finir, lentement, cependant sans nonchalance, passa cette grand mère digne au lourd cabas multicolore. Elle le tenait de sa main droite et penchait du côté gauche pour maintenir un équilibre moins que certain et encore moins évident…fin de la sixième image. Tout cela ne dura pas plus que quelques secondes, pendant lesquelles , les yeux grands ouverts, à aucun moment je n’hésitai. J’étais certain que ces instants eurent pu être ceux par lesquels la fin du monde sut commencer si elle avait eu à choisir son propre début… J’étais assis au soleil, c’est à elle ou elles que je pensais…pour commencer cette fin.
je n’ai pas eu
Je n’ai pas eu cette vie à émotion linéaire…né sous le signe du chaos accordant l’ espace, j’ai convulsé, erratique… en attente de ce que l’art pouvait m’offrir. Ce grand espace que voilà ! Toujours moins sobre dans ma démesure , je m’y suis réfugié pour peser l’âme de mes congénères, respirant difficilement. Je m’y meurs chaque jour, le regard troublé par certaines larmes incontrôlées. Ma solitude , je ne la partage qu’avec les femmes que j’ai pu aimées, toujours plus tendres, sans pour autant comprendre qui j’étais. Je racontai, ces moments exaltés où je cherchais ce sentir de mon corps, intérieur et rupestre…un mur en mon ventre se dessinait pour que j’y pus exprimer l’état de mon être subtil….sans prétention….je ne suis ici que pour comprendre le pourquoi de ma présence. C’est alors que je me mis à blémir, que manquait-il pour que je n’ai conscience de toutes ces absences ? Qui eût pu prétendre savoir ce qu’un homme souffrait en son âme ?
A cette heure glissante, toujours plus fermé de par la vie, je respire si lentement face à ce miroir que ma seule respiration ne peut suffire à l’embuer….C’est en rêvant chaque matin, durant les trente minutes de sommeil que je m’accorde langoureusement, que ces femmes m’observent jalousement….Pour être un homme leur dis-je, il me faut d’abord savoir être femme. Cette seule respiration profonde et indolore me rappelle , ce doux son des femmes qui ferment les yeux au moment où seul je respire leur profonde intimité… Je ne suis qu’un homme au simple contact de ces femmes….laissez moi finir de respirer.
finir…
Finir m’est impossible, je ne fais que l’emporter loin de moi pour ne pas devoir , chaque soir, ne pas dormir pour ne pas la rêver. Il m’est impossible d’oublier l’intense de ces instants passés à ses cotés, rêves, couleurs et odeurs de peau collées à ma vie, j’en suis le garant dans mon futur. Je suis obligé de m’ éloigner loin de son silence pour ne pas douter, pour ne pas tomber. Je suis faible de son être , faible de sa vie….elle me veut vivant.J’ai plus souvent titubé de son absence que douté de sa présence. Il n’y a pas de fin à tout cela, juste sentir le besoin certain de respirer, je me suis trop alarmé sur les images de mon passé. Je suis un homme , plus écorché que vif, plus décidé que certain….un homme prisonnier dans son présent qui s’éloigne de son passé….qu’on me laisse vivre, mais je ne peux être loin. J’en tremble.

en hommage….
En hommage à cette femme , quelque court moment cachée derrière ses lunettes, quelque court instant suspendue à son incertitude. J’ai décidé d’écrire cette page , la racontant. Légèrement voilée par la lumière du temps vécu, je ne sus que la regarder. Elle, simplement féminine, sans outrance , sans importance, femme qui se sait sans pour autant s’éblouir. Une femme avec qui j’ai passé mon temps, lumineux et chaleureux. Une femme qui s’est assisie à mes côtés……en hommage à ce moment court, intense et profondément intérieur pendant lequel je n’ai pas osé toucher sa main.
Mettre fin à ces jours
J’ai mis fin à ces jours obscurs et lointains, oubliés par ma mémoire, étourdis par mon vin. Seul , abreuvé à l’oubli de mes images passées, je ne veux plus qu’ils pointent à l’horizon. Je me suis enfermé dans un espace contraint, je me suis interdit la lumière du lointain…présent, présentement, je me suis disponible.
_ » Que fais-tu donc assis sur ce bord de fenêtre ?
_ Je regarde ce que la lumière n’a pas su me montrer.
_ Cette même lumière que je regarde tout comme toi chaque matin?
_Oui, la même, celle que nous partageons toi et moi avec tous ceux que nous croisons, jour après jour…
_ et que va-t-il advenir de ce jour passé, éteint, se noyant dans le fond de l’océan ?
_ rien de plus que cet hier, rien de plus que ce demain, il finira. »
J’ai mis fin à ces jours, ces jours de peu de temps, ces jours de peu de vie, ces jours pour lesquel il a fallu naitre et se sentir heureux. Je suis cet homme qui chaque jour passant, aimant, amant de ce temps douloureux , ce temps vécu et haï, attends ce passant instant. Je suis cet homme qui mettra fin à ces jours…. Combien de temps me reste-t-il à vivre ?
Oubliant, chaque court moment…il rassembla en un seul instant ce temps qu’il allait finir.
il n’est pas vain de vouloir
Martyrisant chaque noirceur de mes nuits, je me glisse hors mes draps pour ne pas continuer ce sommeil qui comme chaque matin m’a quitté mollement. Je ne sais pas dormir,toujours peu, toujours sans rêve, il ne me reste plus que ces cauchemars titanesques qui ne sont que des folies de simplicité, de simple. Rêver des bulles dans un verre d’eau gazeuse, m’emprisonnant hors l’espace du gaz respirable. Je me refuse à rêver courageusement. J’ai donc opté pour le rêve érotique, impudique, révoltant s’il en fût… Ce rêve qui laisse couler le long de mes joues une rougeur équivalente à la chaleur de mon sexe. Je ne suis qu’un homme, j’en veux toujours plus, érotisant mes draps, m’accrochant à mon oreiller, je suis en tendre contact avec une peau rêvée. Je lutte ergonomiquement avec la courbure de mon ventre, la chaleur de sa main, l’humidité de sa salive, elle m’avale …. et j’en rougis.
Ce n’est qu’un matin boiteux, sans sonorité victorieuse, sans râle…..simple vie d’un étalon oublié, ce matin là j’enfilais mes chaussettes colorées…le ridicule , une fois de plus ne réussit pas à me tuer. Mon arme, plus acérée que la sienne, le tua cyniquement….j’étais un homme sans sa peau à embrasser.Il n’est pas vain de vouloir encore et encore ce toujours plus qui ne manque pas à certains.
l’instant
L’instant vécu, par sa douceur, sa lenteur; j’eus aimé qu’il continuât… Cette légèreté, ressentie, de l’être en mouvement, d’une femme sans attente. Je marchais dans cette rue, sans recherche… sans recherche, présent dans l’instant, la regardant. L’instant du charme opérant….Elle était là quelque peu évidente, naturelle à mes yeux, ma vie de ce jour…..
Je ne peux rien dire d’autre, j’ai senti ce léger frisson qui vous donne envie de rester , de toucher, de regarder toujours plus en avant… l’instant où cela se sent….elle est de ces femmes qui porte le vent…..Je me sens analgésié, perturbé, posé sur mon triste espace, engourdi de regard.
je me retournerai sur ces instants pour anesthésier le temps.
Yes oui cane…
Ce soir ….j’ai mis le mot fin….qu’on me laisse !!!!!
il y eut un début de fin du monde.
je vivais ce soir là sur une autre planète , replié, insatisfait, oubliant, oublié… je me battais contre mon humanité….j’aurais aimé violemment la caresser…il ne m’en était pas donné la possibilité….j’attendis, j’attendais, le vent, le moment où je me sens, le moment où le sang coule, l’innocent ne sait pas quand …J’ouvris les yeux, l’heure passée, le moment fini…je décidai de finir le monde dans lequel j’avais toujours vécu. Comment vous expliquer ce qui à ce moment manquait à mon existence, ce qui vibrait encore en moi sans que je sus le contrôler…tous étaient dans un état d’insuffisance intellectuelle, considérant l’importance du passé comme la prégnance du présent. Je m’arrêtai à ce moment opportun pour satisfaire à son baiser… Je n’étais qu’un pauvre homme mélancolique…considérant l’humanité dans sa plus vaste médiocrité…..je choisis quand la fin du monde commencerait….Elle survivrait peut-être.
Tondre sa Pelouse, tuer son chien,mater sa voisine…
J’ai tondu ma pelouse, je n’ai pas tué mon chien, je n’ai pas de voisine…..mais si j’en avais une je la regarderais se déshabiller à sa fenêtre , non , je la regarderais tondre sa pelouse, je la regarderais avec son chien … mon chien et moi la regarderions tondre sa pelouse à la fenêtre. Je déteste tondre ma pelouse. Je déteste cette sensation crasseuse de l’herbe verte qui vous colle aux mains, je déteste ma voisine que je n’ai pas… plus… et qui ne se déshabille pas à sa fenêtre…Je tue le temps que ma voisine m’a laissé en partant, elle m’a laissé son chien aussi, elle m’a donc laisssé mon chien que je n’ai pas arrivé à tuer, elle m’a privé de sa pelouse tendre sur laquelle nous nous couchions…mon chien et moi le soir nous nous déshabillons à la fenêtre quand le temps le permet….Nous tuons le temps à regarder le temps passé , le beau et le mauvais…..J’aimerais encore plonger dans la pelouse de ma voisine, cette chienne….Une fois la radio éteinte, il dirigea l’arme sur sa tempe, seules les larmes de son chien réussirent à l’en empêcher, il le tua pour ne plus avoir à hésiter. Sa voisine entra par la fenêtre.
grippe porcine
Faut-il en rire ou en pleurer ?
Je ne suis qu’un cochon sommeillant attaché à mon sens des valeurs….le monde se nourrit de ses grandes peurs. Après la grippe du Poulet, celle du cochon. Sachant qu’en tout homme sommeille un cochon latent, d’après ce que d’aucuns en disent, serions nous les plus touchés ?
L’ère du préservatif touche à sa fin, celui du masque bucal arrive. Embrasser profondément à travers un papier cellulosé….Il sera un temps où nous serons nus, tels au paradis, nus enveloppés du dernier gel bactérien, de la dernière crème antisolaire, recouverts du dernier épiderme artificiel filtrant, ayant englouti ma dernière ration de nourriture totalement irradiée. La bite à l’air mais sous cinq centimètres d’épaisseur d’improbable existence ….Tant pis je prends le risque cet après midi, je lui toucherai les seins , le sexe, son air….C’est bien parce qu’ils ont toujours pris des risques que les humains sont encore là, le risque de vivre entre autre…c’est décidé, je continuerai à être un cochon qui s’agrippe, je n’y peux rien elles aiment çà.
de retour
De retour…..je regrette….elles étaient si belles , si blondes…..il y avait si peu d’agressivité dans leurs vies……
Je recherche…
Je recherche des femmes à regarder vivre…habillées, nues, pleurantes, aimantes, absentes,parlantes, exhibées, réservées,racontantes,présentes, voilées, aimantes, fortes, énormes, timides , appeurées, impudiques, de dos, se demandant pourquoi elles ont accepté, sachant pourquoi elles ont accepté.
Je veux les regarder pour les photographier, une heure durant, quelques instants, une nuit durant leur sommeil, une journée près d’un café, nues dans leur bain, habillées comme à la maison, habillées pour sortir, se déhabillant pour moi, se déshabillant pour aller se coucher, se rhabillant parce que j’arrive, ne sachant pas si elles oseront se déhabiller, ayant envie de se déshabiller….juste me regardant
Je veux les photographier pour comprendre, donner une présence à ce vide qui parfois m’entoure.
laissez-moi un message, une adresse, un numéro de téléphone…..je répondrai, j’expliquerai….
Laurent Robillard
Cependant…
j’aime les femmes pour leur odeur, leur regard, leurs gouts, leur capacité à refuser et se détourner, leur capacité à accepter et se donner, j’aime les femmes parce qu’elles sont ce que je ne suis pas….
Et bien , j’ai réussi à danser un rock’n roll avec une suédoise, dans un dancing où la moyenne d’âge devait tourner autour de soixante-cinq ans…Elle n’en avait pas moins et elle était bourrée comme il se doit…c ‘est elle qui est venue me chercher, elle m’a pris par les mains et en avant….Je ne suis pas un pro du rock’n roll, mais je suis le tempo….j’ai du oublier les croches et ne m’attarder que sur les blanches pointées…Malgré cela elle trouvait que j’allais trop vite… alors comme dans un film au ralenti…la musique finie, elle m’a prise dans ses bras et m’a dit un truc en suédois avec un super regard bleu féminin, un de ceux qui ne trompe pas, un de ceux dont je souhaiterais qu’il ne trompât point…Elle attendit une réponse….j’ai essayé, en anglais, de lui dire que je n’avais pas compris…C’est à ce moment qu’elle est tombée sur le cul aidée par l’alcool et mon charme évident. Je l’ai aidée à se relever et puis elle est partie vers les toilettes….Je crois avoir compris ce qu’elle avait envie de dire: » je suis bourrée comme pas possible, je crois que je vais gerber mon mélange vin rouge acide et bière sucrée, si tu m’emmènes aux toilettes je te ferai une petite gâterie »
… Jacques Martin est intervenu, l’école des fans se terminait, je retournai me rasseoir sur mon podium …
Elle était suédoise, elle avait soixante cinq-ans, des yeux merveilleux, un regard coquin, elle s’était fait mal au cul en tombant….Elle avait quelque chose de merveilleusement féminin.
Elles boivent….
j’en ai vu une, une blonde, la quarantaine, splendide, bourrée …. avec un groupe d’hommes, elle s’endormait sur la table….. aucun n’a réagi, ils étaient peut être aussi saoul qu’elle…..quand elle s’est levée, elle est tombée….ils ne se sont pas plus levés….elle s’est accrochée au mur et s’est autodirigée vers la sortie….dehors les taxis attendent tout ce petit monde…Je ne sais pas de quoi sont capables les suédoises quand elles ont bu. Quand elles sont sobres, elles baissent les yeux, quand elles sont ivres, elles se cassent la gueule…. elles doivent avoir plein de bleus sur les fesses….Difficile de communiquer avec cette société
Stockholm by nuit…
Il devait être vingt heures quand la nuit est tombée… « sclöng » en suédois , fait la nuit quand elle tombe. Personne ne la ramasse, elle erre comme une pauvre âme en peine dans les caniveaux tous plus propres les uns que les autres.
J’avoue!!
J’ai trouvé un super jazz pub où l’on y joue une musique avec des musiciens aussi vieux que le pub l’est…. mais l’ambiance est là, on y boit de grosses bières et la nuit passant on commence à y parler fort et rire…. J’ai même essayé de dire à une suédoise qu’elle était belle, j’ai dû me tromper de mot en anglais… pretty doit être synonyme de frigide, j’ai pourtant été cool, aimable, souriant, je n’ai pas parlé avec mes mains, elle m’a parlé dans un anglais plus correct que le mien, mais quand je luis ai dit « pretty woman », c’est comme si je lui avais proposé de la culbuter sur le bar, ce qui n’aurait pas été pour me déplaire éventuellement au regard de son tour de hanche et de la chute de reins qui l’accompagnait…., ce n’était qu’une vue de l’esprit, sans véléité autre que de vouloir être aimable. Elle est partie aussi rapidement qu’elle avait accepté de me parler. C’est décidé , je ne mets plus mes préservatifs au frigidaire, ils se conservent très bien sans…
Stockholm….deux jours.
Stockholm….? Que dire ? On y marche, encore et encore, vite et revite….Quand on s’y arrête , il ne se passe rien de plus. Les gens y sont bruyants , le plus souvent au téléphone , ainsi ils ne sont jamais seuls, ni au restaurant , ni dans la rue, ils parlent haut et fort….Elles sont souvent splendides , mais pas un homme ne se retourne sur leurs passages, dans les restaurants personne ne les regarde…dans le rue personne n’ose croiser leur regard…. Moi, j’ai regardé leurs culs, comme un bon latin formé à la statuaire grecque, un homme de l’oeil soupesant…certaines s’en sont rendues compte…. sourires, rougissements, bavardages avec les copines, hôtel de police, prison…. nous sommes en terre protestante, on se tait sur ce genre de chose ou on porte plainte.
A 17h30, ils sont déjà à table , à vingt heures les rues sont désertes , à 22 h froid extérieur, quelques personnes marchent encore plus vite que le jour.
Dans les restaurants, ils sont en groupe… se serrent dans les bras quand ils se retrouvent, mais pas de baiser en publique, pas de tendresse exprimée… Elles sont belles, mais elles doivent s’emmerder…. les hommes qui ne sont pas gros sont effiminés….ou absents, loin, en communication à l’oreillette… blasés peut être ?
Bref, ville à base d’HetM, de téléphone portable, d’ordi portable… une de ces villes autiste, repliée sur elle même mais qui par son inertie réussit à faire parler le suédois aux émigrés nord-africains. Architecture droite , perpendiculaire, rectiligne, pas de baroque, pas d’erreur, tout est autorisé à condition qu’on ne le fasse pas trop savoir. Je vais continuer à marcher plus lentement que les autres, me retourner sur les jolies blondes….Je ne me
sure qu’un mètre 69, c’est peut être pour cela que personne ne m’a vu!
19 avril, novotel de Roissy
![stock-130 [1280x768] stock-130 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/04/stock-130-1280x768.jpg?w=550)
Il était l’heure du repas, six tables m’ont alors parlé. A ma gauche les japonais d’affaires en compagnie du jeune européen d’affaires… le plus jeune des japonais hochant la tête, acquiesçant, à chaque phrase anglicisée de son patron quinquagénaire. Une fonction adjointe comme un rémora.
Les deux espagnols ou autres faisant leur prière, juste avant de consommer leur mesclun de salade…. je n’avais pas invité machin dieu.
Les sportifs jeunes à gueule de premier de la classe, grands, trop grands….mais déjà finis.
Les deux petits vieux en route pour Miami, dansant sur leur Iphone, virtuels, cherchant je ne sais quelle route….
La famille américaine, la jeune bouche gourmande auscultant systématiquement le cul du serveur passant, la mère refaite, encore et encore…..liftée comme un jour de deuil.
les commerciaux néerlando-toulousain….ou l’anglais sans peine, moins l’accent.
Moi et encore moi, espérant toujours.
Elle est toujours
Elle est toujours présente……ce moment passé à ne pas comprendre. Je sus comment j’étais dans les yeux des femmes.
Et bien là maintenant…
Au moment où je tape rageusement sur les notes touchées de mon clavier , je pense fiévreusement que la vie vaut le coup d’être vécue, encore et encore, du haut de mon palmier. J’aime à me savoir attendri par certains sourires, certaines couleurs , certains moments dont je ne peux connaître encore l’exitence… Elle prit délicatement ses yeux d’hommes dans ses mains de femme, lui caressa fortement les cheveux et se donna à lui sans oublier qu’elle était elle aussi une femme….il plut ce jour là, tous deux furent mouillés plus qu’il n’était souhaitable; les yeux se fermèrent.
j’avoue…
Hier, pendant une seule seconde , je n’ai plus eu envie de vivre.
ad libitum
Ma main ne caressant pas son sein, mes yeux frôlant ses courbes, mon regard enfuit en son intime ….je respire. Elle n’est à ce moment qu’un corps et j’en sors…je suis là anorexique de douceur, boulimique de son odeur…je plonge. Je ne m’intéresse plus à autre chose que la pleine inspiration de mon élan hormonal, en apnée , les bars écartés et les bras éclatés, je plonge sans angoisse au fond de mon vide, seul à dormir, l’érection oubliée.
la relation au corps
La relation au corps n’est pas toujours celle que l’on croit…il a beau être là , présent, troublant, impactant, odorant, ce ne peut être qu’un simple accompagnement des yeux dans sa déambulation quotidienne. Je l’avoue , j’aime à regarder , souplement s’éloignant, les culs des femmes croisées. Mon regard est alors bercé par ces courbes ….là où la taille s’arrête et la hanche qui s’enfuit , mon oeil se pose pour mieux me sentir
…encore
Commencer à mourir…?
Pour cela , il faut se taire , regarder plus bas que l’horizon, par dessous les vagues humaines qui cherchent le sens du mot plus. Entendre le son des corps étourdis se caressant ce soir d’incertitude. Vivre, sans obscénité intellectuelle, son orgasme présent et sincère. Regarder cette femme passée , étourdie , non oubliée mais chaude de par son sexe….savoir cette dépendance à la douceur des corps féminins…N’être qu’un homme en manque de cette douceur offerte et maniplulée jusqu’à l’affect….n’être qu’un homme , toujours un homme, ce salaud , cette salope aimée.
Commencer à mourir ….
Pour apprendre à commencer à mourir, il faut d’abord se savoir né sans pour autant être nouveau, il faut aussi comprendre que rien n’est plus qu’un long silence interprété en solo, comprendre que savoir n’est pas voir, que voir n’est pas pouvoir de même. Il faut aussi avoir tenu longuement quelqu’un dans ses bras, aussi avoir regardé longuement quelqu’un au fond de ses yeux, aussi avoir perdu son odeur , son son, son ombre….alors seulement vous pourrez commencer très lentement à commencer à mourir en regardant les autres vivre.
petit voyage au centre de moi
Après avoir posé ce noyau dont la forme oblongue incommodait mon sens velouté de la courbe , je ne pensai plus. Mes yeux vides de sens et insensés s’arrêtèrent sur ces rondeurs féminines que le printemps me laissait à observer .Je repris mon noyau , celui de mon centre ,que je localisai juste au-dessus de mon vide.Je repris vie en mon centre noyauté…m’accrochant alors à mon nombril qui désignait approximativement le lieu confus de ma naissance. Ce ne fut qu’une petite douleur passagère.
yeahhh….
j’ai pris plaisir à écouter mon silence boiteux, dégustant un verre de vin rouge, à la main. Il m’arrive sereinement de me voir chaotique , extatique, déambulant à travers les espaces nécrologiques de ma vie passée, écouter le son des orgasmes oubliés. Je ne suis qu’un homme aimant ces instants profondément emboités dans le corps féminin. J’ai ce besoin de pousser à travers ses cris, ce moment où je vais m’écrouler tout en tenant son corps qui ne me laissera pas choir…j’aime en cette femme ce que je peux détester de masculin chez ces mâles inactifs….il éteignit la télé , la France venait de perdre par sa faute.
Il ne vous sera rien demandé
Il ne vous sera rien demandé en échange de mon silence, il ne vous sera rien dit en échange de ma respiration cahotique. Je suis venu, j’ai vu vingt culs et je suis reparti les mains dans les poches…ainsi ma vie défila devant mes yeux , le soir où cette petite femme disparut de mon espace. Un autre espace essouflé…..Il releva la tête qui venait de plonger dans son assiette de soupe, cinquante-trois secondes apnéotiques venaient de se passer, des filaments de céleris innondaient sa face purpurine fièrement gagnée à la sueur de ses mains lors de ses masturbations vieillissantes et essouflées.Il décida qu’il venait d’arrêter et le tabac et l’alcool, surtout celui qu’il fabriquait dans sa cave, à base de betteraves glanées sur le bord des chemins de traverses , les soirs des mois de novembre et décembre.Il ne savait plus de toutes façons quel sens il fallait donner à sa vie … Il se dirigea vers sa fenêtre , l’ouvrit et se
vomit les yeux fermés, oublié.