Le seul lien charnel qui me lie à un acte sensuel est ce moment où la coiffeuse me passe ses mains dans les cheveux…j’en ignore la raison même si j’en apprécie mes sensations. Ce n’est jamais la même coiffeuse, mais j’ai toujours l’impression que ce sont les mêmes mains…auxquelles j’aimerais m’abandonner…j’avoue cependant aimer plus l’été , lorsqu’elle, la coiffeuse , rafraichissement peu vêtue,
s’approche de moi pour me coiffer ….c’est son parfum alors.
j’ai eu du mal à soulever
j’ai eu du mal à soulever ce dernier verre…..j’ai encore le son de sa voix dans mes yeux
Ce soir,
Ce soir, il n’y aura rien de plus qu’un autre soir , qui lui même sera le résultat d’un autre moment. Ils passèrent leur vie à s’attendre, se croiser, se regarder, s’émouvoir, se surprendre, s’entendre, s’imaginer, s’espérer, s’oublier, se sentir, s’éloigner…sans jamais oser se toucher…pourquoi n’ont-ils pas tendu leurs mains ?
J’ai eu envie…
J’ai eu envie d’elle , sans qu’elle le sache , sans qu’elle le sente. Tout a commencé par ses yeux brillants qui se sont posés sur moi. Je me suis senti heureux.Tout a continué par ses longs instants amoureux, la tenant dans mes bras, la serrant dans mes yeux , la regardant de mon ventre. Tout s’est terminé en un instant, incompris mais senti….Ce soir, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à elle et alors j’ai failli frappé ce petit con à grande bouche qui ne savait faire que du bruit pour étonner cette jeune femme. Le frapper non pas pour qu’il souffre mais qu’il se taise et me laisse penser en silence à ce corps violent que je n’arrive pas à oublier.
quelques moments , s’il en fut…
Quelques moments, s’il en fut, je pensais à ce passé passé , inutile et cependant subtil. Ce temps allourdi qui me suit vulgairement , comme tout à chacun, au demeurant. Quelques moments passants, à ne pas vouloir le souvenir des souvenirs. Je restai là à regarder les voitures défiler dans la rue en sens unique. Elles roulaient de ma gauche vers ma droite , s’emboutissant les unes dans les autres, simplement parce qu’au bout j’avais construit un mur haut et épais pour ne pas qu’elles franchissent l’espace et le temps. Quelques moments, qui s’enfuirent, l’espace vidé tout comme mon sexe tombant…Je compris que peu de choses suffisaient à tenir
mon présent, sa présence et mon présent.
A peu près…
A peu près la fin , plus loin que le début. C’est à cette heure que je décidais comment savoir, toujours savoir! Puis je m’assis , attentif au pas martelé mais différencié des humains m’environnant. Il y en eut un plus lourd , plus lent qui écrasa le sol et s’y enfonça. J’aimais, en m’y opposant, sa légèreté presque spectrale. Elle était une femme.
J’étais , autrefois , une autre histoire…
J’étais autrefois , dans ces moments où la vie ne vous montre pas son cul, autre et imberbe. Depuis j’ai vieilli, pas grossi, menti, assis, parti….Puis je suis revenu , plus barbu que je ne l’avais jamais été,mon visage lunaire comme un soir sans lune , solaire sans peur et sans approche…plus tactile de l’être , plus berceur d’âme que jamais…Oui une autre histoire que je me raconte là où je me suis assis pour l’attendre.
Je me suis interrompu …
Je me suis interrompu pendant une seconde , juste le temps de comprendre quelle valeur donner à ce temps …J’ai compris que cela passait par le corps des femmes. dans le corps des femmes , j’oublie le temps.
à vendre , bel orgasme
ayant servi les jours de pluies grises , les soirs d’hiver et les matins d’été…orgasme de luxe, dont les yeux brillent encore. Modèle ancien dont le temps ne se compte pas, ni la douceur, ni la tendresse…orgasme commandé sur mesure un jour de coup de fou
dre nébuleux.
mise à prix: une nuit au fond d’un lit
verre de vin rouge…
Verre de vin rouge que je viens de vider sans trembler, je te remplis à nouveau sans frémir, ni penser , putain de pinard qui me rajoute du lard (juste pour la rime en art) je te bois sans t’aimer. Laisse-moi à me laisser rêver durant ces instants oubliés… Je ne souffre plus, je suis ectoplasme au rayon des serpillères…la vie en rouge , c’est comme mon nez coincé entre ses jambes.
Si vous saviez….
Comment ne pas savoir me direz-vous ? Ne pas voir, ne pas se voir , ne pas s’avoir , ne rien savoir, ne plus l’avoir….Cependant la vie est belle, vaste entreprise de recyclage de la matière organique …pourquoi l’Homme a-t-il ce regard apitoyé sur sa propre disparition?
Et puis j’ai éteint la télé, j’ai
refusé de participer à l’internationale sous-communicante, j’ai préféré regardé mon chien mourrir droit dans les yeux…
les bobos….
Je viens d’observer des bobos, jeunes, en train de sauver le monde, écolos de pères en fils et en comptant les filles….bobos. Je viens de ne pas comprendre. Ils font attention à leur non-apparence, sont esthétiquement sales mais ne sentent pas mauvais sous les bras.Ils réfléchissent, écologisent, sauvent la planète Terre par des constructions à développement durable, communiquent, projettent…les cons…ont-ils conscience qu’ils sont les cellules du cancer de cette planète …l’Homme est là sur cette planète pour détruire la diversité..il est l’Unité….l’Un face à la diversité…Je déteste faire l’amour avec une bobo, elle fait l’amour comme elle vit , elle réfléchit avant , pendant, après….Je hais cette espèce humaine, je ne suis qu’un bonobo parmi tant d’autres.
Là, maintenant…
là, maintenant , j’aimerais arrêter mon temps pour me plonger dans une tendresse qui fuit , qui me fuit. Là maintenant, j’aimerais retrouver ses yeux , ces yeux…sa main tenir maintenant.
J’ai pris le risque…
J’ai pris ce risque de la voir plus qu’une autre , j’ai pris le risque de ne pas savoir lui interdire et alors je me suis vu nu. Elle ne pourra pas m’en vouloir de l’avoir choisie ne serait-ce qu’un centième de seconde, de l’avoir élue plus belle qu’une autre , plus présente parmi la foule. Je prends ce risque de la montrer parce que photographe je suis et photographe je mourrai…Ce n’était qu’un champagne à petites bulles avec des notes d’amandes.
la tête dans le cul
je l’avoue, il y a bien quelques culs dans lesquels j’aimerai glisser ma tête….ce n’est même pas un fantasme , juste une fausse idée saugrenue…. Je viens de le penser en ouvrant la boite de paracétamol qui va certainement soulager ma boite cranienne. S’ils sont aussi ronds et doux à l’intérieur qu’à l’extérieur , cela vaut peut être le déplacement….j’y penserai.Pourquoi ce vide ce matin ?
Ce temps
Certes, je n’avais pas d’avenir avec elle, mais il me restait alors un présent…
C’était un dimanche
C’était un dimanche , jour de pluie noire, sans chaleur, sans temps qui passe , un jour sale…Il ne s’est rien passé, je n’ai rien voulu savoir. Je me suis contenté d’accepter ce temps encré. 
surpris….par ce vaste monde
Il ne me resta rien à dire , juste à comprendre….j’étais à ce moment satisfait de sa présence et de mon absence d’illusion. Je pointais mon doigt vers sa joue tendre et douce…il se passa un bref instant de fusion.Le monde était grand, orgueuilleux, à ma démesure d’être humain…ce monde qui se limita à mon ombre.
chien…
petite pompe psychologique qui trotte à mes côtés, rien à me dire , rien à penser , il est…. entre crottes et patte levée…..un chien, un autre chien.
mise à mort
que dire ? …que je me suis arrêté de respirer l’espace d’une seule seconde allongée de temps perdu…Oui , je me suis arrêté de respirer, prémices d’une mort annoncée. Alors j’ai vu ce que je ne saurais nommé , rien de plus que le quotidien blaffard et enfoui… J’ai vu ce que d’aucuns nomment le paradis, le bar d’un pub où la bière est servie tiède. J’ai bu.Ce temps perdu que d’autres cherchent à rattraper… Il m’a filé entre les yeux.Cette nuit passante , je n’ai pas vue celle que j’aurais aimé voir…elle s’est enfuie trop près. Non! c’est moi qui suis resté là, ce lieu d’où je ne peux partir… Je te reviendrai. Tout doucement, j’ai commencé à mourir le jour de ma naissance.
En équilibre
Il est huit heures , debout, je suis debout….penché vers l’après. Que dire , que faire, recommencer, appuyer, tendre mon bras…..une non-envie , une non érection…..dormir , encore dormir.
la chute
Le jour qui précéda la veille du moment où je chus, je sus que je ne regarderais plus la lumière avec mes yeux , mais aussi avec mes mains. Je me rendis dans l’escalier d’une maison abandonnée, les yeux fermés….je roulai
inspirer
Rien de plus que cette tranquillité assourdissante du matin…..en attente de ce début de journée , je n’ai pas sommeillé. Je suis là , assis , pesant et pensant, sans air,assis à oublier. je ne me suis pas levé pour ne pas avoir à m’asseoir à nouveau , je ne me suis pas regardé pouir ne pas avoir à m’ignorer . Je n’ai pas dormi pour ne pas être enclin au rêve inassouvi.
se mouvoir dans un espace…
Un soir plus qu’un autre , j’ai eu envie de retrouver sa respiration. Celle que je sentais dans ma bouche , lorsque je l’embrassais. Un soir plus qu’un autre , j’ai eu envie de caresser ses fesses, ni parfaites , ni merveilleuses; simplement vraies et en odeur de femme….Seulement le temps était passé, partie avec celui-ci.
J’ai retourné mon objectif sur mes yeux et je me suis regardé
Comment dire ?
Comment dire ce ressenti du soir? Celui qui vous pousse à sortir pour sentir ce qui se comprend dehors. Comment expliquer ces instants passés à ne pas comprendre son passé, le regarder les yeux fermés. Comment ne pas savoir exprimer ce simple qui vous force à tituber dans un couloir…dans l’image qui vous hante. Comment et pourquoi ?
Qu’en est-il de ce moment présent qui ne se comprend qu’avec les yeux fermés, le regard tourné vers celui que je ne veux pas être.
C’était un soir sans plus d’espoir que les autres, le temps ne passait plus, les heures se collaient à mes yeux… J’eus aimé à cet instant ignorer pourquoi je respirai mieux.
tout faire pour ne pas se sentir tomber…
« Auprès de l’âme à l’heure où les corps sont couchés, c’est là que j’ai vu fleurir le regard des gens perdus. L
e vent s’est alors levé, ce sont ses yeux qu’en premier j’ai vus. Ils étaient là, affleurants, me regardant. C’est ainsi que j’ai compris qu’une seule nuit ne suffirait pas à l’aimer, moins encore une vie. C’est l’image de ses yeux cherchants qui m’est restée. Que pouvaient-ils comprendre ces aveugles déambulants ?
Une nuit, passant, j’ai su que toute ma vie était là… »
justement, parlons en !
Il fut un matin, ignorant ce que l’émotion me couterait en larmes et vides, je sortis, mon appareil à la main…juste pour sentir ce que la rue proposait de neuf et de violent à mon esprit vide de toute turbulence. Je respirai hasardeusement comme à l’accoutumé, cherchant du regard ce que je ne pouvais voir et comprendre. Je tombai , comme irradié, devant un tissu rouge posé sur un mur gris. Je pris une photo, j’inventai un nouveau mot….je soupirai.Tout cela ne pouvait remplacer l’éclair de ses yeux. je m’autodétruisis tout au bord d’un verre d’alcool improbablement buvable…même les mots me dégoutaient. je choisis un bruyant silence intérieur.
c’est ainsi
émotions anciennes qui remontent le plus souvent quand on ne les souhaite pas …..je hais ma mémoire
je m’enfuyais
Photographier ce jour, c’est d’abord avoir senti qu’il m’existait un chemin pour m’y conduire , je ne sais ce qu’il adviendra de moi , mais je veux être témoin de mon propre cheminement existentiel
ce sentiment

l'attente