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Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 19


 Le fleuve prit le souvenir de ce corps. Clémence retourna chez elle comme si de rien n’était, elle y resta une dizaine de jours, couvant ses mots. Elle ne sortit pas, resta visiblement dans sa chambre. Au matin du onzième jour, elle sortit… plus belle qu’elle ne l’avait jamais été. Elle avait coupé ses cheveux très courts, les avait teints en un orange vif qui contrastait fortement avec le vert émeraude  de ses yeux . On apercevait l’aréole  tourmentée de ses deux seins pointant victorieusement sous une robe  blanche librement transparente. À  son regard lumineux et vorace, je sentis qu’elle avait besoin d’hommes… Durant le mois qui suivit, chaque soir fut l’occasion d’en rencontrer un différent. Elle commença par de  gros et forts mâles  à la carrure impressionnante qui ne l’impressionnèrent nullement, ils finirent  à genoux, devant elle, plus soumis que  des chiens qui attendent leur pâté. Elle continua avec de beaux ténébreux, cachés derrière leur lunettes noires, leurs vestes noires dont le col remonté masquait des chemises aux cols élimés… Ils finirent par chanter « y’a d’la joie » le matin au lever. Elle  s’enticha quelques heures d’un quadra, conquérant, roulant dans une grosse voiture  achetée avec la prime que son entreprise lui avait donnée parce qu’il avait doublé son objectif annuel dès le mois de mars…. Alors qu’il roulait sur l’autoroute et que Clémence s’occupait de l’exaltation du conducteur, il eut le malheur, accidentel ? de laisser son téléphone portable  sonner  à son domicile, sa femme enceinte eut l’orgasme en direct, la comparaison  entre elle et Clémence aussi… Le lendemain quand il rentra chez lui, tout du moins ce qu’il en restait, il apprécia la blancheur des murs, la  sémantique complexe du mot « enculé »  enregistré sur le répondeur du téléphone, les notes de frais chargées volontairement que sa femme avait balancées au service comptable de  son entreprise… Il regretta que sa compagne, avocate douée, se chargea elle même de leur divorce.  J’envoyai par pur plaisir et respect de mes convictions, anonymement, des photos prises alors qu’il côtoyait  dans un mélange salivaire avancé, une autre femme, avant que Clémence ne l’enlève  à l’insu de son plein gré. Clémence essaya toutes les couleurs de peau, toutes les tailles de corps, de sexes, remarqua que les plus gros n’étaient pas forcément les plus efficaces, que les hommes qui prenaient le temps de s’occuper d’elle et qui savaient contenir leur propre excitation étaient ceux qui lui donnaient les plus beaux orgasmes et étaient ceux qui avaient les plus beaux orgasmes. Elle les abandonna avant qu’ils ne se réveillent, les laissa  le pantalon sur les chaussures avant  qu’ils aient fini d’éjaculer, leur cracha parfois leur sperme au visage, l’avala devant eux glorieusement… Et puis un soir elle fut repue, ses vêtements sentaient sa propre odeur de sexe, son ventre sentait le sexe et le sperme, elle avait outrebaisé, outresucé, outrejoui… il lui fallait se reposer. Durant toutes ces semaines, une fois je la vis  regarder la carte que je lui avais laissée, elle était seule  à posséder ce numéro, ce téléphone était pour elle, elle le regarda et le rangea précautionneusement dans un porte feuille rose qu’elle portait à même les poches de son jean parfois ou alors dans la poche d’une veste… jamais je ne la vis porter un sac. Je sentais la maturité émotionnelle et physique de Clémence s’accomplir là sous mes yeux. Alors elle s’en retourna chez ses parents pour leur annoncer qu’elle allait déménager, prendre un petit appartement, qu’elle avait bientôt dix-neuf ans et qu’il fallait qu’elle apprenne à  vivre seule. Ses parents s’inquiétèrent du problème financier. Clémence avait reçu de sa grand-mère un petit héritage suffisant pour vivre et se loger pendant deux années au moins et elle leur dit qu’ils n’auraient aucun effort  à faire. Ils s’en trouvèrent soulagés. Ils prirent leur dernier repas ensemble. Le lendemain , elle boucla sa valise pour une grande ville, n’oublia pas un bougeoir à quatre branches qu’elle avait toujours vu chez ses parents et qu’elle aimait plus que n’importe quoi, elle ne s’en était  jamais servie et avait toujours imaginé qu’elle pourrait le mettre dans son jardin plus tard.  Clémence prit le train, oublia l’université qui ne lui avait rien apporté, juste sa première voix et son premier meurtre qui n’en était pas un, c’était une pulsion de sauvegarde comme une pulsion de plaisir. Je la suivis dans cette ville…

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