Publicités

chroniques de la haine apaisée: 4


Ce matin j’ai marché dans la rue. Pour l’occasion, j’avais revêtu mon blouson vert, celui qui appartenait à mon père, le blouson pas le vert… c’était  un blouson avec lequel il marchait dans la rue. Il croisait des gens, les gens ne le croyaient pas quand il leur disait qu’il les avait croisés… les gens ne croient jamais ceux qui croisent. Les gens souvent ne regardent pas ceux qui coupent leur chemin ou ceux qui les accompagnent sur les même files qu’eux, vous savez , ces grandes files fluctuantes qui s’étendent dans les rue des villes, ces files de gens qui se croisent, c’est incroyable qu’ils ne se heurtent pas plus souvent. Ce matin, j’ai marché dans la rue, en blouson vert , tout comme mon père. Je me suis mis à suivre pour éviter de croiser. J’ai suivi ce jeune homme au pas rapide mais mal rythmé, cette jeune fille à la jupe légère, le vent m’a fait don de la couleur de son sous-vêtement. J’ai suivi aussi cette grand-mère  pour laquelle un pas durait aussi long que trois des miens, pour elle j’ai durant quelques minutes respiré et vécu au ralenti. J’ai suivi ce chien au pas erratique, à la truffe questionnante, quelle odeur avais-je donc pour ce chien ? J’ai suivi cette autre femme dont la marche réglée par la hauteur de ses talons aiguilles lui conférait une allure animale, tout comme si une gazelle eut été vêtue d’un tailleur noir. Puis, je me suis arrêté, perdu d’avoir trop suivi… je suis reparti suivant d’autres personnes, suivant dans le sens inverse  à la marche qui m’avait perdu…. Je suis revenu vers le lieu du départ. Mais derrière moi, je sentais un rythme de pas qui perturbait ma concentration. J’ai ralenti, le rythme du pas s’est estompé, mais il était toujours présent… Je me suis arrêté de nouveau, il y eut le silence d’une ville. Je me retournai, un homme derrière moi visiblement me suivait. Je suis reparti, accompagné de celui qui derrière moi m’accompagnait;  je me suis lentement dirigé vers une ruelle sombre où là je me suis caché afin de l’étrangler, je déteste qu’on me suive. Dans le noir, derrière un porche, j’ai serré son cou aussi fort que je pus, il en est mort. Mais cet homme était suivi; je ne l’avais pas cru quand celui que j’étranglais me dit avant de mourir de faire attention  à celui qui le suivait… il m’a tué d’une balle dans le dos parce qu’il n’aimait pas le vert de mon blouson, je n’ai même pu croiser son regard.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :