Où l’on sent la présence de l’humain… 14


Ce fut et ce devait être… Je suis retourné dans ce bar, à l’heure de l’apéro. Ce que j’avais pris pour d’élégants dessins positionnés sur des bas n’étaient que des tatouages, j’avais raison pour leur pluralité, les percings, le manque de hanche…. mais elle avait toujours cette classe entre la vulgarité et l’extrême féminité … elle n’était pas un fragile objet sexuel… mais une femme qui travaillait, dur et vite…. L’essentiel n’est pas là. La comtesse était là… une femme d’une soixantaine d’années, alcoolique mondaine, ayant vécu par et pour les hommes… elle avait dû être splendide avant, avant avant…. elle avait dû être chiante plus qu’un homme aurait pu le supporter, elle avait été une amante extraordinaire, taillée par la nature pour être prise et se donner comme dans un film hollywoodien…. mais elle était là dans ce bar de bout de terre, expatriée de la vie, en quête d’un dernier homme qui aurait pu la faire vivre et la faire rêver… je lui rends hommage. Puis il y a eu N……. , serveuse de trente et un ans qui est venue s’asseoir  à mes côtés, serveuse d’un autre bar douze heures par jour, venue s’asseoir  à côté de moi pour se prendre une cuite parce que ce soir là elle n’avait pas son fils qu’elle élevait d’habitude seule, parce que j’avais l’air calme, plus âgé que les autres…. elle m’a raconté sa vie en buvant beaucoup, vite, des petits verres de rhum gingembre, elle était blonde, l’oeil aussi bleu que son regard, jolie, vive, elle parlait extrèmement fort, mettait sa main sur ma cuisse, m’embrassait amicalement, trinquait avec moi, me prenait par le cou, par la taille, me serrait dans ses bras… tout était aussi excessif que moi j’étais silencieux. En partant, elle m’embrassa sur la bouche sans que je le lui ai demandé…. « c’est dommage je t’aime bien, je travaille demain »et elle partit, aussi vite qu’elle arriva, portée par la foule de jeunes Hollandais qui avait envahi, pour une soirée, ce bar. Elle rentra en vélo vers la gare…. je l’admire. Quant aux petits cons d’Hollandais qui n’ont pas arrêté de brailler, aux petits cons de Parisiens à la mèche néo rebelle, au col relevé, qui marchandaient les prix pour se bourrer toujours et toujours plus et  à qui on répondaient, une fois pas deux, un non simple mais avec un regard que cette serveuse savait mélanger  à un sourire attendrissant…Je vous emmerde!

La comtesse, malgré son âge, avait un cul que de jeunes femmes adipeuses, nourries à la céréale et à la viande anglo-saxonne sandwichée, auraient pu lui envier…. mais je n’étais pas excité… sauf par son T-shirt.

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