Où l’on sent la présence de l’humain… 11


Pour une fois je vais pencher du côté de  la philanthropie…. (silence) voilà  çà y est c’est fini….passons à la suite. Hier je suis allé boire l’apéro, j’étais à côté de parisiens, si je le sais c’est qu’il parlait suffisamment fort pour qu’on ne puisse pas l’ignorer….Parisiens, trentenaires ou quadragénaires, BCBG  en couples,frères ou soeurs, un lien de parenté, engaminés et en vacances dans la maison de famille de la côte atlantique avant de foncer sur Saint Trop …. nul comme endroit mais la tradition veut qu’on dépose la floppée de gamins aux grands-parents…. la rue était piétonne comme  à son habitude…. commençons par les hommes…. d’affaires affairés, c’est ce que j’ai cru comprendre, certainement très importants, tout du moins aux yeux de leurs employeurs….. « tu sais, moi je lui ai dit…. s’il veut me garder….. il avait intérêt à ce que je…. »Il y avait trois hommes et un pas un pour rattraper l’autre, je dirais d’une caste détestable de notre société, la caste de ceux  à grosse montre quand ils ont gagné du pognon ou la caste de ceux qui croient avoir accompli ce qu’ils appellent réussir…. des cons mais en pire. Des qui se feront larguer quand les affaires ne marcheront plus… par l’employeur qui a intérêt à… et leurs femmes qui ont beaucoup d’intérêts  à….Les femmes: pires que les hommes, elles n’ont pas arrêté de parler de l’argent qu’elles dépensaient, l’argent de leurs mecs qu’elles vireraient quand ils n’en auraient plus… et même s’ils en ont encore, elles le largueront quand même quand les enfants seront grands, pour un autre qui les baisera mieux et plus parce qu’eux: les hommes d’affaires pas encore cocus, quand ils auront atteint leur cinquantaine, elles en seront  à leur quarantaine et ils seront tellement stressés que ….. nenni. J’ose dire cela parce qu’ils n’ont pas arrêté de bouger sur leurs chaises en parlant haut et fort, en allumant cigarette sur cigarette ou gros cigare, en picolant vite et mal… le bide déjà bien gros et flasque. Ils n’ont même pas maté une petite nana qui passait…. désexués et surargentés…..J’ose dire cela parce qu’il y en avait une sur les trois « femmes de »…qui parlait moins et différemment, qui regardait plus, qui m’a regardé les regarder et les écouter, elle donnait le change  à ses consoeurs plus qu’elle ne participait…. elle avait des jambes splendides et une poitrine refaite en excès….elle regardait ailleurs, autrement. Je n’aimais pas la fadeur colorée de sa culotte que j’aperçus lorsqu’elle recroisa ses jambes pour la troisième fois. Je n’aimais la plasticité artificielle  de sa poitrine opulente sur sa peau bronzée de femme proche de la quarantaine, j’aimais ses yeux qui parlaient plus et mieux que la grande gueule de son mari…je m’en contenterai.

Quant aux enfants… j’ai regretté que la rue soit piétonne….

Quant aux autres femmes…. la plus blonde et la plus jeune avait une bouche (botoxée) à tailler des pipes, ce qu’elle devait mécaniquement faire  à son mari car prévu dans un contrat de mariage bien ficelé…. rien d’excitant à ce moment là …

Où l’on sent la présence de l’humain… 10


Toujours en direct de la côte atlantique, en quête de ce qu’il y a de pire chez vous, pas chez moi, puisque je ne me regarde pas vivre… J’ai trouvé le bout ! Là où je suis il y a une rue , petite dans toutes les acceptations du terme, au bout il y a la mer et tous prennent cette rue pour arriver face à la mer et s’asseoir en mangeant un glace… c’en est écoeurant. Quand ils achètent la glace, elle est encore relativement solide, mais le temps qu’ils descendent les cent mètres séparant le glacier du bout, tout  a commencé  à fondre et quand ils arrivent là où je les attends, la glace fond et coule… vous vous verriez manger….Ceci n’est qu’un détail, c’est après la glace que c’est important… vous vous asseyez sur les petits bancs et vous regardez la mer en commentant: la hauteur des vagues, le phare qui est au loin, quelques données géographiques, le que fera-t-on demain ? ponctué par un « on mangera une glace après-demain, le regret d’avoir des enfants chiants (comme s’il pouvait en être autrement). Certains se taisent: couples en rumination de divorce, maris qui matent les petits culs des jeunes femmes qui savent qu’elles ont des beaux petits culs, femmes qui rêvent de tromper leur mari, ne serait-ce qu’une fois… amants qui rêvent de les aider  à tromper les maris, cocus qui ne regardent plus rien et pour qui la mer et un bout accessible et certainement définitif, femmes qui viennent de tromper leur mari et qui savourent la moiteur extrême de leur corps, gros cons qui n’en n’ont rien à foutre de la mer et qui mériteraient d’être cocus, j’avoue qu’il y a des fois j’en assumerai bien l’entière responsabilité….Et puis il y a cette petite dame au blazer bleu marine, elle sourit, elle parle toute seule, elle habite certainement au bout de cette rue, elle ne mange pas de glace…. c’est elle qui donne tout le sens à ce bout, elle vient là  depuis si longtemps…. au bout …. la fin peut être ?

« …C’est un sourire suffisamment chaleureux, parfois accompagné d’un regard si froid que parfois j’ai envie de l’entendre dire ….non… encore! la garce… »

Où l’on sent la présence de l’humain… 8


C’est bien de se promener au bord de la plage, calmement, touristiquement… et puis l’on s’assied pour être subtilement dans un état d’extase, l’iode, le vent, les poils pubiens des maillots dépassant, c’est çà les vacances…. Et puis ils sont arrivés avec leurs deux chiens, eux c’est un couple de retraités. Ils ont donc deux chiens, Trick et Norma. Trick est gros, grand, la gueule ouverte, bavant à tout va. Norma est une toute petite caniche, blanche, sa maîtresse lui ressemble ou vice  versa. Ces deux braves gens sont arrivés et se sont installés à mes côtés, juste à côté, alors qu’il y avait de la place ailleurs, beaucoup de place. Norma est restée  à terre, Trick est venu s’installer entre son maître et moi, il obéit Trick, beaucoup… Jusque là, rien de surprenant. Madame et monsieur mangeait une gauffre indélicatement recouverte de chantilly. Madame renverse une partie de sa gaufre, surtout la chantilly, monsieur continue de manger la sienne, mais pendant qu’il tourne la tête vers madame pour s’inquiéter du sort de la dite chantilly et qu’il laisse sa gaufre à l’équilibre pour qu’elle ne se renverse point, Trick vient baver juste au-dessus, mélangeant sa salive canine et quantitative avec la chantilly céleste. Monsieur, rassuré se retourne vers sa gaufre et comme monsieur est d’une taille conséquente, relative à la taille de son chien, il engloutit  tout en deux actions , salive comprise. Je ris, ce qui déplaît à Trick, qui grogne à mon encontre…Monsieur donne un ordre, Trick obéit…. madame, empotée jusqu’à  l’extrême renverse à nouveau sa gaufre, monsieur se lève pour la ramasser, Trick se remet à grogner, monsieur donne un ordre, Trick obéit.Avec toutes ces chutes de gaufre, Norma oubliée, calme et silencieuse a tiré sur sa laisse sur quelques mètres, cela a suffit pour qu’un petit mâle d’une espèce bâtarde se la goinfre en moins de deux…. madame s’en rend compte alors que monsieur est en train de ramasser la gaufre, madame crie, Trick aboie, Norma jouit, monsieur gueule, le petit bâtard se sauve en aboyant… j’arrête là, vous pourriez ne pas croire la suite, sachez que monsieur est parti à la poursuite  des maîtres de l’amant, que Norma, la salope, avait l’oeil luisant et que Trick ce gros con est resté assis à côté de moi sans bouger tout en continuant à aboyer et à baver….Madame a projeté de s’acheter une autre gaufre.

Elle est là dans cet établissement…. je l’imagine fermant les yeux sous la douceur de ma perversité…. excitée

Où l’on sent la présence de l’humain… 7


C’était grandiose ! Ils sont arrivés dans leur voiture couleur vert métallisé, richement décorée et rehaussée de divers accessoires … flammes, chromes, led clignotantes…. du lourd comme d’aucuns auraient dit. Ils sont sortis , je me serais cru, l’espace d’un instant dans un épisode de la non-série striptease. Lui, le mari, petit sec, la casquette trop petite, strassée, en équilibre sur son avant crâne… un short descendant sous une paire de fesses maladivement plate, torse nu, tatoué, de lourdes chaines dorées reposant sur un ensemble pectoral amoureusement construit. Elle, plus jeune que lui, grasse à souhait, rosée par les UV, la vergeture non attaquée par le rayonnement solaire, vêtue d’une jupe, mini par son appellation marketing, parachutesque par la taille  de son cul. Elle portait la paire de Rayban, objet à la mode, d’ailleurs s’il eut fallu qu’elle quittât ce qui était à la mode, elle se serait retrouvée nue… j’aime la mode, surtout en ces instants.Leur fils, quatre ans tout au plus, en phase  de morcelage intellectuel, habillé comme le père, rose et gras comme la mère. Je les ai suivis tous trois, par plaisir…. le père a commencé une partie de l’éducation de son fils. Ce petit être se devait de reconnaître de visu, les sigles des marques de voitures, il eut bon pour Peugeot, Renault, Citroën… mais a confondu Mercedes et Toyota…. t’es con lui a-t-il dit sans pour autant le rabrouer.Je prends plaisir à imaginer le dialogue que cet homme et son fils instaureront dans quelques années, les insultes entrecoupées par quelques mots simples…. je hais l’espèce humaine et ne me demandez pas pourquoi…. confondre Mercedes et Toyota… p’tit con !

Il y a des femmes à qui l’on voudrait ne donner que du plaisir, en silence…. terrible l’excitation que cela procure…. il faisait si chaud dans sa culotte.

Où l’on sent la présence de l’humain… 6


Pas facile, chaque jour de trouver une raison valable de détester l’espèce humaine confinée dans cet espace humain… pris seul, l’humain communiquant est acceptable. Mais, dès qu’il se laisse aller  à son instinct grégaire, dès qu’il se croit être unique parmi la masse dans laquelle il exulte….. en quelques mots , on peut définir un sous-groupe. Le crâne lisse, tatoué sur le bras, portant un maillot aux couleurs nationalusées, je suis …? un gros connard de supporter d’équipe de foot ball ? Cela se peut, mais si le tatouage est ancien, du temps où c’est dans un stade qu’on rassembla des enfants, peut-on encore être un gros connard de supporter d’équipe de foot ? Oui… mais, si le maillot n’est que son seul bien en rempart d’une nudité relative, cependant non tatoué, peut-on encore être …. oui. Il n’y a pas de doute, ce n’est pas qu’à l’enveloppe externe qu’il se reconnaît , c’est aussi à sa capacité  à commettre les pires choses en groupe… me direz-vous, il est ainsi facile de les repérer, ils sont ensemble… je crois que la pire des choses que l’humain puisse commettre en groupe, en meute, c’est sa capacité à se taire et laisser faire…

J’ai aimé le regard fatigué, las, absent de cette femme, mère de trois enfants, quatre avec son mari…. prête  à jouir d’un autre homme, là, après sa cigarette…excitable et atterrante.

Appel à la lutte N°15: boire un coup à ma santé.


Sincèrement, n’en avez vous pas marre de tout ce langage humaniste, cette impression de rédemption du bout du bulletin de vote ? Si et je vous comprends… l’avenir n’est pas dans l’humanité. Personnellement , j’ai opté pour  l’asticot, premier recycleur avant  l’heure. J’ai donc fait don de mon corps, non pas à la science qui serait foutue de trouver une solution pour sauver  l’humanité avec mon code génétique et mon sperme gélifié. J’ai donc  fait don de mon corps aux asticots, qui lorsqu’il sera l’heure sauront m’apprécier  à ma juste valeur. Ils seront donc les seuls, après les nombreuse femmes qui ont eu cette chance, à connaître le goût  de mon âme et de mon cor (celui de mon pied droit) et de mon corps, celui sous lequel se situe le cor suce nommé. Donc le jour, où par ma volonté dernière et certaine, il sera le moment de les voir passer  à table , je vous prierai de bien vouloir lever un verre et de boire un coup à ma santé. Mais rassurez-vous, le moment n’est pas encore venu et les asticots qui commenceront le premier petit morceau non plus…. par contre si certaines femmes ont envie, je peux leur signer exceptionnellement un droit de passage et non de repassage… Était-ce vraiment un appel à la lutte ?

Appel à la lutte N°14: Savoir qu’on est le con de quelqu’un


Aïe ! sujet qui fâche la connerie, pourtant bien répartie  à la surface de la terre. Moins on pense avec ses neurones et plus on se réfère à  ce qu’un quidam a pondu avec ses propres neurones plus on est con … je pense… Plus on est dans la pensée de masse plus on est con … je pense…. Plus on est certain d’être le con de quelqu’un plus on a une juste  image  symétrique de la connerie de l’autre… je pense… Autrement, dit plus vous êtes sûr d’être le gros con de quelqu’un plus vous savez où  votre gros con  à vous se situe…en face… je pense…  Donc c’est rassurant d’être le con de quelqu’un, cela vous donne une juste image référencée de ce que vous pouvez accepter comme dose de connerie de la part de l’Autre…. un point éloigné de votre centre, centre  à partir duquel vous pouvez tracer un cercle incluant et excluant au delà  de la limite de la dite connerie … les autres…. Je pense … Je n’ai jamais trouvé aussi con que moi…. je me sens libre seul!

Appel à la lutte ….. le treizième: penser à en ériger


Penser , toujours penser à  en ériger… Je le pense à  en bander….. se reposer des efforts à venir, déconstruire ce qui pourrait être , rien n’est plus convaincant que de se dire que ce qui est ne sera plus …. et je m’arrête là ! Cependant, je vous regarde, noyés dans votre blancheur hivernal, regroupés au pied des machines à  vous remonter le gras et le poil , vers des sommets enneigés à  coups de canons , tel des phallus érigés qui l’été  enlaidissent les pentes montagneuses …. tout cela est bien mérité. Moutons fébriles qui se précipitent là où on vous le dit, laisser moi penser  à votre place , je saurai vous convaincre de votre inutilité formelle. Penser , encore penser….. penser pour que tout puisse continuer autrement… J’en appelle à  vous autres, soeurs humaines , qui par le bout de la queue, tenez souvent les hommes que nous sommes,hormonalement prévisibles et   humainement accesssibles. J’en appelle à vous pour qu’avant que vous nous laissiez coïter…. laissez-nous nous taire et penser.

Appel à la lutte N°12: se savoir


Il est essentiel de se connaître pour évoluer dans sa vie…. pour peu qu’évoluer soit le propre de l’homme, j’en connais certains qui de révolution en révolution sont passés  à l’involution…donc se connaître c’est jouer le jeu de ceux qui veulent vous voir évoluer dans le sens prévu de l’évolution…. le mieux pour le mieux. Tandis que se savoir, c’est savoir quand se connaître, quand  évoluer, involuer…..il y a une simplicité dans la connaissance, alors qu’il y a une sapience dans le savoir, une profondeur…. se savoir ignorant peut paraître incohérent, mais ignorer qu’on se sait, certainement dangereux…j’en sais rien.

Appel à la lutte N°11: refuser la pensée de masse.


Toute masse soumise  à une pensée exécutée du haut vers la bas, sans volonté de nuire, mais surtout avec l’envie d’annihiler toute autre forme de pensée transitoire dans notre monde, ne vaut le coup d’être mémorisé. Ainsi, Étant donné une simple idée, dont la banalité est outrageante, peut, si elle est soumise à l’adéquation de masse, devenir un instrument de non-réflexion et de précipitation collective.Ainsi il serait occasionné sur un individu dont l’état réflexif est proche du zéro, une force cognitive qui prendrait place en lieu de la pensée du dit individu, ce qui pour conclure nous conduit  à conclure que la masse est au repos de l’esprit ce que l’idée est à la torture de l’âme…voilà…. enfin, c’est que je pense, je vais relire le début…

Appel à la lutte N° 10: répéter et oublier


L’opulence de la femme en fleur, voilà qui est joliment dit… ce n’est pas moi qui l’ai prononcé en premier, je me le suis approprié et je viens de l’oublier… c’est ainsi que je lutte: répéter ce que la masse impose  à mes oreilles par sa force et ses moyens connexes de communication… ainsi j’ouvre mes canaux communicatifs, même les déférents s’il faut aller jusqu’à plus si affinités et puis j’oublie interdisant par la suite toute possibilité d’unification… ce qui est multiple ne sera pas moi ni mien…on recommence depuis le début, vous le dites si je me répète…

Appel à la lutte N°9: de moitié


Après avoir appris qu’ Egon Schiele était né un 12 juin comme moi, 1890 cependant, je n’ai pu m’empêcher d’en ressentir une certaine fierté… Alors j’ai décidé que j’écrirai un demi texte, proposerai une moitié d’idée tout comme lui qui fit des demis nus. J’en appellerai à mes congénères pour que cette lutte se fasse de moitié, mi cheminante entre le début, mi oubliante d’une fin qui n’aboutira jamais. Ne pensez qu’à moitié, n’agissez qu’à 50 %, commencez mais ne finissez pas, vous prolongerez  votre vie d’autant puisque rien n’étant fini, vous n’aurez plus de destin…j’en arrête là, à mi-chemin. Egon Schiele est mort le octobre 1918 d’une grippe espa….et quelques milliers de dessins, toutes moitiés confondues…Toutes vos idées, de moitié préambulées, vous les achèverez plus tard….pour peu que vous soyez encore vivants.

Appel à la lutte N°8: retourner se coucher les pieds devant


Je suis descendu de mon lit, nu, les pieds devant… avec une certaine fierté.  Je me suis interrogé, quel va être le sens de ma lutte contre la pensée unifiante aujourd’hui ? C’est un jour sans travail pour moi, c’est un lieu où mon esprit agit; s’il le peut encore en mon corps. Je réfléchis en direct, à l’instant où j’écris et  à l’instant où vous lirez ces lignes, je réfléchirai… Mais  à quoi, mais à qui ? Ma pensée doit-elle avoir un objet ou peut-elle être l’objet de sa propre pensée… mais alors est-ce encore lutter contre la pensée unifiante que de prendre sa propre réflexion comme objet de sa propre pensée, j’y pense… silence.

Après avoir réfléchi… je suis retourné me coucher les pieds devant sans fierté.

Appel à la lutte N°7: Prendre plaisir à te taire


Communiquer, communiquer… communiquant, communication….. mon cul niqué oui… cul et niquer, çà je sais… Mais que de bruit pour en arriver là, que de mots échangés, que de temps perdus dont je ne pourrai partir  à leurs recherches, que de futiles promesses, que de oui, queue de nom de dieu qui pousse toujours et toujours… Je hais les paroles prises, les communications superfétatoires, les instants d’écoute. Le mot use l’esprit s’il est prononcé et dilué dans la masse, la pensée disparaît si elle devient action oubliée…. Sans bouger, sans être… je prendrai mon plaisir  à te taire.

Faites de même regardez celui ou celle qui se tait de vous, prenez ce plaisir profond et lointain dans l’autre…. mais taisez-vous! Il y a quelque chose d’odieux dans ce bruit roulant de l’humanité qui n’arrive plus  à penser… j’aime l’apaisement du silence  intérieur de mon sommeil.

Appel à la lutte N°5: lentement faire ses courses.


J’y suis allé d’un pas reculant cet après midi… quand tout est fermé; luttant ainsi pour la décroissance…Il était là, esseulé, attaché au pied d’un arbre. Ses quatre membres reposaient  à terre, il regardait vers l’Ouest, là où le soleil , ce soir présent, insistait pour montrer qu’il se couchait…connard. Je lui ai expliqué comment lutter contre ou pour selon son taux d’adrénaline… sa fièvre. Il m’écoutait, puis m’écouta et promit, enfin raconta comment il raconterait à ses congénères cette nécessité de la lenteur….Lentement tu feras les courses lui dis-je. Il ne me répondit pas, mais je savais qu’il m’avait écouté et Ô combien il m’avait entendu… tendu, métallique, pathétique et autistique. Ce fut l’heure du départ. Je partis les bras vides, heureux de ma victoire pour la décroissance, il resta en arrière, je sentis un regard pesant atteindre mon âme…. mes bras vides flottaient contre mon corps…De feu il se nommait.

Appel à la lutte N°4: intensifier son regard perdu


Trop de gens qui s’assemblent, s’accolent… Ils n’ont plus parfois qu’un seul et unique regard….. Ces 100 000 yeux qui vous observent. Regardez vivre, regardez mourir…osez cette différence qui vous mènera à  ne pas comprendre là où vous êtes. Ne regardez plus par le regard des autres, ne soyez plus référencés à… Voyez au plus simple de votre évidence émotionnelle….osez ce détail qui n’a que l’importance que vous lui donnez .Vous êtes seuls à voir ce que vous voyez  à l’instant qu’il est, vous êtes irrémédiablement seul jusqu’à votre dernier jour… laissez planer votre regard pour que ce monde ne soit que le vôtre…. Je vous le prête ce court instant.

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Appel à la lutte N° 3: la main dans la culotte


Ce soir sera le réveillon, poil aux cons, quoique je les préférasse sans.. poils comme il se doigt, dans le con. Ce soir pour ne pas oublier que les quelques 6 milliards 500 000 000 d’êtres humains , tous équipés de doigts ou presque ne forment qu’un tas grouillant de cloportes qui pour certains se prosternent devant des idoles, des idées ou je ne sais quoi de plus inhumains….. je serai moi auprès de moi ne pensant qu’à moi et je mettrai ma main dans ma culotte… Qu’y  ferai-je ? j’y serai en révolte contre le grand brassage de l’humanité qui passe d’une année  à l’autre…. messe expiatoire du bordel commencé , il y a quelques millions d’années. L’humanité grouillante, croissante et croassante; ce soir s’embrassera en se souhaitant bonne année….. tant de temps qu’elle  a déjà gaspillé, raz de marée incontrôlable… l’humanité est.

je mettrai ma main dans ma culotte pour me tenir face à ce flux ininterrompu .

Appel à la lutte N°2: se gratter le dos… seul


Face  à l’uniformatisation de la conscience, j’ai déconsciencé… J’ai pris le parti de brumer, flotter sur les limbes des ex-pris morts durant les chèques passés…. je ne suis que le résultat d’une expérience tubulaire vouée  à la recherche de l’existence de l’âme  à fond perdu, je suis un être  à but non lucratif mais lubricatif, lubrifiant. Rien de ce qui est  autre ne m’est étranger, ni le doute , ni la certitude. Je ne suis que le vecteur d’une chaine ganglionnaire dédiée à la propagation de l’activité neuronale en milieu oxygéné… Rien de plus s’il en fut je vous prie…être et ne pas bouger, voir et ne pas sentir… humanifier magnifiant…. Le refus de la masse-meute commence par l’obligation de se gratter le dos seul, de ses deux mains, torturé et entier gesticulé… refusez qu’on vous le gratte, qu’on vous le touche. Vous n’en serez que plus stupéfait lorsque vous l’offrirez par amour. Je me gratte le dos donc je suis sera la pensée du jour.

Appel à la lutte N°1


Je pars en croisade…bien que je n’ai ni dieu , ni maître… juste un chien qui remue la queue, un peu plus souvent que moi ces temps courant… bref…..Je pars en croisade contre , contre…. l’un, l’une, l’unité sécurisante… la pensée unique, le « Je pense donc ils sont ». Pensez différemment, regardez différemment, dites oui à ceux pour qui autrefois vous auriez jeté l’opprobre, dites non  à ceux qui donnent, offrez votre corps… de préférence  à ma personne, donnez votre âme… à qui vous voulez. Soyez autres… aimez vous les uns les autres, encore et encore, jusqu’à épuisement de la boite de capotes… soyez humains, trop humains. Dites non aux religions, à la croyance, oui aux vertiges de l’Art, créez, pensez le contraire, refaites votre crise d’adolescence…. allez embrasser votre voisin ou votre voisine, ce qui me semblerait plus agréable….ne me lisez plus….. apprenez moi par coeur….Le monde vous appartient…. arrêtez de vous reproduire, arrêtez de respirer une fois sur deux, plantez tous un arbre , ne pissez plus contre les murs, ne crachez plus par terre, arrêtez de croire en dieu….. non continuez mais allez vous battre plus loin… sur une autre planète. Arrêtez de dire « on » passez  à « je »…. Nous nous chargerons du reste.

Lieux: 19; mon écran ou mes écrans….


C’était une nuit , comme les autres, où je me suis réveillé face à mon écran de télé, le même qui me tient compagnie  pour mon endormissement…  De Nuremberg à Nuremberg défilait sous mes yeux, 4 heures du matin, l’histoire du monde dans toute sa splendeur ou son horreur… au choix, selon ses tendances philanthropiques ou misanthropiques… Je ne dirai rien, je ne pense rien… je laisse juste 1 lien qui vous conduira sur 1page internet…..une manière très réductrice de vous dire que tout cela est  horriblement normal… Je ne vous aime pas… Mais je n’ai d’autre choix que de vivre avec vous…L’humanité n’est pas ce qu’elle a fait de mieux.

http://www.poodwaddle.com/clocks2.htm

Noël….et plus si affinité.


A l’origine une quelconque fête païenne, on fête la fin de l’hiver ou le début d’une nouvelle saison… rien que du normal quand on se contente de regarder le ciel pour tout livre, les étoiles parce qu’il fait beau dans ces contrées là … ici au nord, le froid , les nuages, le brouillard… la boue, le manque de lumière. Donc quand il s’agit de passer  au plus chaud , plus lumineux… fête. Voilà, voilà. Et puis Jésus est arrivé, enfin pas lui; ceux qui ont dit qu’il était arrivé…. ceux qui font croire. Donc Jésus est né, poil au nez… il est né Jésus, poil au cul…L’étable par manque de place dans les maternités, l’âne par manque d’ambulance, le boeuf…bof… Dieu en stand by dans la salle d’attente fumant havane sur havane, Marie dans tous ses états…. Joseph, Youssef pour les intimes, bricolant sa charpente, paraît-il qu’il était sous-traitant de l’armée romaine, je crois… Judas  regardant par  le trou de la serrure…. Bref une banale histoire de famille.On ne me croit pas quand je raconte cela… Ah la croyance, cette vague sublime qui fait et défait les vérités…. si tous les cons qui croient volaient je serais contrôleur aérien, non terrien sans aile…Je me demande…. Si Jésus avait été empalé au lieu de crucifié, qu’en serait-il devenu de cette religion? Il est né le divin empalé…. Noël et plus si affinité…. qui l’eut cru?

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Lieux: 17; le lieu-dit


Dire un lieu , sans  y  être. Autrefois un nom fut dit, donné: cul sans fond, trou de rien, vide de tout… mais cependant là, à l’endroit où il fallait vivre. Des hommes s’y sont donc posés pour y vivre….et alors ? Ils sont ponctué leur espace de noms  descriptifs. petits lieux volés à l’espace, petits noms collés sur l’image du monde.Et puis plus rien.

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lieux: 16; l’océan


500 000 000 d’années que j’en suis sorti, c’est pas pour y retourner…. l’eau, dire qu’il y en a qui aiment. Liquide insidieux, pénétrant froid, humide… je sais pourquoi je suis sur Terre maintenant.J’ai passé neuf mois dans un liquide semblable, certes plus chaud mais cependant liquide….je ne m’en souviens pas, trop de sel sans doute, je ne mouviens pas de ce silence qui me poussait à un immobilisme ventral, formation de mon être, partage de mes cellules… ma vie a commencé dans l’autre…. l’eau de ma mère, l’eau de mer…… l’eau c’est lent.

Lieux: 14; ici


Ici est différent de là… ici n’est pas là…. je le sens plus proche, plus immédiat, plus précis. Il n’y a pas qu’ici que tout puisse se passer, là peut procurer de forts instants d’intensité hormonale. Je m’en vais fuir loin d’ici pour me retrouver là, plus incertain et commun…seul et là. De toutes manières , il ne me reste rien pas plus ici que là…. je vais donc continuer  à élaborer de l’incertain ici et là  pour continuer ma quête… ici n’est que l’ailleurs de là…et si ici était là sans pour autant se trouver plus loin…. Je déteste ces équivoques.

Lieux: 13; la rue…. la nuit quand il neige et que les gants ont des trous… le fond de l’air donc.


C’est avec ces trous que je rentre en relation avec le fond de l’air….. en tendant la main, un peu plus loin. La rue est seule, sale , noire …. j’y fréquente un lampadaire  de facture ancienne à l »ampoule grossière, il glauquifie ce qui me stupéfait. Mes gants ont des trous de vent, des mailles…. détricotées. C’est ainsi que le fond de l’air se localise,  en tendant la main pour toucher le frais et le vrai. Il n’y a rien d’absurde  à ce que je dis… je vous en prie! Cessez d’embuer, ne respirez plus , vous allez troubler le fond, si le frais vient du fond.Le fond de mon air est chaud, féminin, c’est avec délectation que j’y plonge ma main et mes doigts gantés et cependant troué, tout comme mon air puisque j’y peux y précipiter mes doigts, ma peau pour sentir…..C’est une rue dans la nuit, un homme seul  dans la rue plonge ses bouts de doigt, le bras tendu dans un air dit frais mais cependant moiteusement féminin… l’air con au fond, au fond du con , il ne manque pas d’air.

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Lieux: 12, là


Réfugié d’un sous-continent intellectuel, je me bats  à chaque respiration pour ne pas mourir étouffé par ce que je vois… il y a tant d’instants qui ne cessent de m’émouvoir que lorsque je trouve refuge au fond de mon cerveau…là!… où vous n’êtes… Et cependant, je vous vois encore, filigranes existentiels, trames humanitantes et mutantes…là au fond de mon cerveau. Nous nous retrouvons alors enfermés, vous l’humanité et moi l’inhumain, enfermés dans les terres fertiles de mon imaginaire décousu, parfois le cul à l’air et manquant d’air… J’exècre ce que vous me prenez de si fluide et imperceptible… mon âme visuelle, mon silence  de noir et de blanc, mes vies de couleur….vos corps ondulants, cahotant, titubant dans ces rues… là, noctambules introvertis. Je suis seul de mon espèce, refusant toute promiscuité tactile avec la masse, ersatz nietzschéen , ogre de toutes les religions, bouffon littéraire, l’inhumain ne se plaint que de votre présence…odieux, là , sans dieu ni maître et sans rien omettre… je me suis réfugié ce soir au fond de ma tête, seul et empreint de cette tendre inhumanité qui me pousse  à vous détester…. passez votre chemin, n’encombrez pas mes rêves , laissez-moi vous vomir… là, seul, je vous regarde passer … mes mains tremblent, mon corps fond, je suis là… l’inhumain dernier de mon espèce à s’émouvoir d’un rien qui vous appartient.

Lieux: 11; le fond de vos yeux


Et alors ?… il faut bien apprendre  à mourir… C’est là que tout s’y passe…. au fond de vos yeux. Il sera un soir, vieilli, assis près de votre table… vous sentirez que votre corps appesanti demandera à se coucher… vous irez… lentement. Vous saurez que ce sera le moment… il sera cette heure. Vous resterez habillés car c’est simplement que vous souhaiterez reposer….vieux et vieilles , le moment sera venu. Moment d’un sommeil qui ne vous paraîtra pas plus éternel que celui de la nuit précédente. Vos paupières en un instant étourdies vous demanderons de finir, vous résisterez. Et puis d’un moment convenu et attendu vous acquiescerez  d’un  antépénultième clignement de vos yeux, d’une froideur sur vos joues. Mourir en soupirant, las d’une vie passée à respirer profondément. Au fond de vos yeux s’impressionnera une dernière image, un dernier souvenir et  c’en sera fini. Du fond de vos yeux on ne saura plus lire votre regard… mourir une et une seule fois.

Lieux: 10; la Terre


Je hais l’humanité galopante, sa non-diversité… son nombre de bras  et de jambes, son milliard de tonnes de déjections, et plus, par jour….ses fleuves d’urine, de sperme, ses milliards de verrues….sa salive, ses idées, sa connerie…. bref, laissez-moi seul…. enfin presque….car j’aime leurs fesses. la Terre est à moi, je viens d’en prendre possession, je déclare l’humanité obsolète…..et moi seul sur ce vaisseau , je m’en irai conquérir  l’éternité, celle qui ferme les yeux…seul, juste pour me savoir le dernier, après je m’éliminerai d’un sourire incertain….Je hais cette Terre là,  posée dans l’espace, je hais ce que je suis et ce que je hais, ce que j’ai… ceux que je hais….Comment ne pas mourir  à la vue de ce qui ne peut avoir de fin ? rien n’est plus incertain…. mourir atterré par temps de connerie….je hais !

Lieux: 9; le fond de mon verre


Pourquoi  ces verres aux angles oubliés, qui n’ont pas  été conçus pour que nos lèvres soient écorchées, sont-ils pourvus d’un fond…. que je ne saurai toucher. Ce fond ment, me trahit, quand il laisse le glaçon de mon whisky le heurter, s’accouplent-ils entre verre et glace ? transe ? parents incertains d’un lendemain sec et assoiffé. Le fond de mon verre me sécurise cependant, il me limite, me contraint  à ne pas dépasser la dite dose,  sous peine de trop boire … boit-on de trop quand le fond , si proche, si là… m’abstient ? Question de fond plus que de forme, quoique la forme du verre compte , elle procure de sensuels plaisirs pour lesquels il m’arrive de fondre, à condition que ce dit fond ne soit atteint… donc si fond, je sirote  et grelotte quand  après voir bu un fond de verre je m’endors profond et mens songes puisque je dors…. j’arrête cette histoire de fond de verre… je vous parlerai du fond de l’air demain … quand j’aurai fini mes vers.

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Lieux: 8; le lit


S’y retrouver allongé…. apaisé, voilà qui est humain…. et que dois-je y  faire de mes mains? J’y suis couché sans y être bien, j’y pense, j’y vois…J’y vais parfois. Le lit est un moyen de transport économique, il suffit de basculer le système ondulatoire de son cerveau, de s’y allonger et partir pour un monde onirique… rêver doucement sans se fatiguer, s’épuiser de ses couleurs de corps inconnus, attendre sa fin qui la nuit peut vous prendre. Vous êtes alors resté sur une île paradisiaque, votre corps sur votre lit, votre esprit dans cet ailleurs…. voilà tout est bien qui finit bien. Dormir c’est savoir mourir de silence et de paresse… Je dors donc j’y suis.

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