J-344…


et rien d’autre.

J-345…


Je suis au quotidien…. chacun des instants me signifie.

J-346…


Je suis encore vivant, malgré  mon monde qui  commence à se détruire lentement, j’en vois tous les déplacements, les fissures, les silences et les craquements. Bientôt le soleil n’aura plus la force de se lever, la lune qui parfois fut ronde saura changer de forme. Je mesurerai les formes modulantes, tiendrai les formes finissantes… ce sera la fin du monde et je n’ai pas besoin de Dieu pour en finir avec lui.

J-347…


J-348…


Je suis porté par cette attente, celle qui se précise mais qui ne m’apportera rien… J’ai envie de ces reins, les vôtres; de vos ventres d’érain, vous éreinter, vous contenter, vous attenter… mais je me tais dans cette attente, certain. Je commence  à oublier ce que fut un temps, ce que fut d’attendre…. Je plonge dans vos infimes détails et j’espère de vous que vous m’ouvriez vos cuisses, oubliez vos cuisses… viviez vos cuisses. Je regarde ce temps impassé.

J-349…


j’ai pris l’aire et je l’ai rangée dans mon sac, je me suis réfugié intimement chez une amie, je lui ai touché la peau… douceur, couleur… j’ai mesuré la lenteur du temps passé  à respirer…. ma vie n’est plus faite que de ces petits riens incertains qui encombrent ma mémoire mais qui me rassure lorsqu’ils sont à côté de nous.

J-350…


Je suis là, devant mon écran, crampoïde, cramoisi…. éructant. Non ce n’est pas fini, il me reste des images à proposer, à vous voler… j’ai toutes envie de vous prendre dans vos imparfaites et impudiques nudités, je sais que  vous aimez ces moments de  douce exaltation où vos cuisses s’attendrissent, vos ventres demandent  à se remplir, vos bouches salivent de gourmandise…Je vous donnerai un gâteau au chocolat.

J-351


Je suis là comme  à mon habitude, répétant les mêmes mots, les mêmes gestes depuis de longues années. Je donne une définition du monde, une mesure  à un espave qui m’entoure… je leur explique comment était le début, comment sont les mots lorsqu’ils sont bien écrits et joliment dessinés, je leur donne du sens là où il n’y en a plus, j’authentifie les actes, les règles, les non-dits. Je pèse leurs silences, soigne leurs blessures d’âmes et de corps, je suis leur sévérité, leur règle, leurs devoirs… leurs interdits…. je suis fatigué.

J-352…


Je me suis interrogé… je suis un sale type et j’en ai lascivement conscience. Je n’aurai donc aucun regret pour l’avenir restant, j’apprécierai à sa juste et valeureuse valeur le temps qu’il m’est imparti, je n’en abuserai pas, je le dépenserai sobrement. Je toucherai encore le corps de quelques femmes, le coeur de quelques âmes et de ma main droite, celle qui est directrice,  je frôlerai les murs de ma ville, la peau de son corps, l’intérieur de son ventre… mais c’est seul que j’en apprécierai la saveur.Il me reste encore trop de temps… Je peux approcher lentement tous vos détails.

2011 in review


Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

La salle de concert de l’Opéra de Sydney contient 2 700 personnes. Ce blog a été visité environ 8 900 fois en 2011. Si c’était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 3 représentations à guichets fermés pour pour qu’autant de personnes le voient.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

J-353…


J’ai écouté une fois de plus la radio, celle de Paris, celle qui sait. Elle est salie de Culture, comme un pauvre sur qui on lirait sa pauvreté… Elle détonne, sa sonorité est fausse, ses comiques bien pensant ou odieux de bêtise, mais toujours politiquement corrects… ils finissent pas s’excuser d’être en dehors de la ligne et de prendre plaisir à la franchir. Cette radio vend du cinéma à voir le midi, du son à écouter le plus rapidement possible, de la personne, du Paris, du vrai puisque je le dis, du culturel puisque nous le pensons… Je n’aime plus ce satisfecit immédiat de la vérité unique, de la pensée unique…

J’ai regardé comme chaque jour les femmes qui passent dans la rue, même celles qui s’y arrêtent… J’ai regardé leurs corps, écouté leur pas pour deviner la rondeur de leurs hanches, deviné leur ventre pour comprendre leur odeur, entendu leurs yeux pour, comme  à mon habitude, savoir quand elles les fermaient… J’ai mesuré le temps qu’il leur restait, le mien.

J-354…


Je me suis arrêté face  à une vitre… mon reflet, encore mon reflet. Je me suis ignoré pendant que le vent soufflait. Autour de cette Terre où rien n’a de mesure puisque fermée et ronde, je me suis senti solitaire… Oui; j’étais isolément seul…intensément.

J-355…


Je me suis trouvé  face  à la ville, celle qui se démesure… J’ai aimé l’imprésence de dieu, j’y ai éprouvé un sentiment de quiétude. J’aime cette saine solitude sans l’affreuse et angoissante image d’un dieu qui contrôlerait tout depuis une nuit des temps… Tout a un début, tout se termine par une fin… Je laisse cette pauvre idée  à ceux qui ne peuvent croiser leur image dans une glace…. Je me suis donc trouvé seul.

J-356…


Je suis sorti de chez moi, sans pièce dans mes poches, sentir, sentir la pluie sur mon visage. Il a plu. Je suis passé dans les rues ce jour où avant celui-ci les  autres fêtaient, avant de l’avoir vécu, ce jour dont je suis tributaire pour commencer à compter le temps qu’il reste. Je compte donc. Ce matin…

31 12 2011… fin


31 12 2011… et encore


saut de con…


Derniers instants…


Bientôt la fin, mes membres commencent  à trembler, ma chair est flasque, ma vue se brouille, mon souffle est court… je ne vais plus espérer espérer… j’attends patiemment mon dernier instant avant de savoir ce qui va enfin se passer. Je fixe cette porte qui me sépare du possible… La porte s’ouvre, un homme à  la noble stature et à la longue barbe blanche  consulte une liste que laquelle figure certainement  d’autres noms que le mien… puis il s’écrie: « au suivant ».

le soir…. histoire de.


en attentendant….


plus noir que noir….


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Golgota picnic…. et autres


Ils sont de retour… les cancrelats intégristes, les lobotomisés embrigadés post natal… les touche pas à mon christ… l’avenir est sombre pour les athées de tous poils. Coincés entre tous ces religieux privés de rire, oubliés du sourire; les pauvres incroyants dubitatifs de la belle histoire sont contraints de se rendre au théâtre entre deux rangées de policiers… Ces pauvres religieux ne se rendent même pas compte qu’ils sont incapables de décrire ce à quoi ils croient. Interdire l’image, interdire la représentation, imposer le dogme, s’idéocentrer… symphonie en quatre mouvements qui vous conduisent  à genoux devant un quelconque bout de bois, bout de tissu, bout de caillou… bout de bout. L’humain éduqué à la religion est comme un ordinateur envirussé … même pas moyen de passer un coup de logiciel, il faudrait formater… Croire, encore croire… si les cons croyants pétaient on ne pourrait plus respirer…. ça pue dehors ce soir.

de travers 2011…


Comme une envie…


Là ! Comme une envie de peloter une paire de gros seins, de saisir  à pleines mains une croupe rubenoïde ou presque, d’enfoncer dans une bouche mon humanité mâle, de voir un cul et son voisin s’asseoir sur ma bouche… d’en suer, d’en rire… qui a parlé de crise ? Quelle est la femme qui n’en serait pas ravie si elle en a envie une fois dans sa vie de mon vit…. votre avis ? Je m’en fous, je profite goulument de ma liberté d’expression, de ma liberté d’émotion, tant que faire se peut et tant qu’il en est encore temps…. tout cela est bientôt fini, la fin du monde est pour l’année prochaine. J’ai, en toute simplicité, prévu d’organiser une partouze géante juste la veille, là chez vous ou à côté de chez vous, m’imaginez-vous mesdames, vous malaxant la masse fessière d’une main tout aussi délicate que lourde ? vous titiller le téton tendu et mamelonnant ? Vous manipulez le sein serti  dans un suce-vêtement pigeonnant ? vous boire à pleine lèvres….. je pense que ce 20 décembre 2012 sera fatigant…. tant qu’il y a des gens pour y croire, il y a de la poire.

tiens parlons art et culture….


Ce n’est pas que je sois contre mais cependant… force est de constater… Outre le grand flux mondial qui englue la planète dans une quête honteuse du beau, du bien fait et  du génial à outrance… On entend tout et pire encore, on voit tout,  même les yeux fermés… on pourrait passer son temps à lire et en mourir. Quand l’Art était l’apanage des élus, de ceux qui avaient eu la chance d’apprendre  à lire et écrire on en avait certes  moins  à se mettre  sous la dent, l’oeil, l’oreille… mais c’est cette rareté qui en faisait sa richesse et sa beauté. Aujourd’hui, là à portée de mains quelques milliards de musiques, quelques milliards de chansons, quelques milliards d’images…. je n’ai même pas le temps de tout voirentendrelire….. Mais soyons juste, il y a beaucoup de déchets, beaucoup d’éléments indigestes qui s’ils n’existaient pas ne m’auraient pas empêché de respirer…. plus on ingurgite plus on produit de déchets, bref le caca est gros. On a l’impression qu’on ne peut pas s’empêcher d’écouter, d’accompagner sa vie avec une multitude d’images fixes ou mouvantes, j’ai fait le tour du monde en trente minutes, sans bouger mon cul de ma chaise… bref tout cet art s’est démocratisé, il est aussi simple d’accéder au son musical de nos jours pour un quidam que de signer un document pour un autre quidam du 18ème siècle…  qui va être encore être génial, exceptionnel…? Si ce n’était que cela… cette démocratie redonne naissance  à une nouvelle aristocratie…. « les fils et filles de… » les M, H, Ours, Gains…, chich, réalisatrices, créateurs de tout poil….comme s’il existait une obligation régalienne de reprendre la boutique, génial de père en fils…. Ils sont certainement géniaux, admirables, fantastiques… Ils sont quelque part dans le grand mix numérique mis en réseau autour de la planète… Il faut plonger sa main et on retire un fils ou fille de, attaché à un carnet d’adresses dont on ne peut connaître avec précision l’origine… le de n’étant qu’une néo particule…. Qu’en dire ? après la politique, l’industrie, l’économique… la culture ? on critique les castes indiennes, mais nous avons les nôtres plus insidieuses, moins voyantes…. la pensée unique nous chie sur la gueule…. et si les maquettes de disque étaient présentées de manière anonyme, les budgets de production aussi…. et si la fin d’un monde devenait nécessaire ?

Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 24


Le lundi matin suivant, je l’appelai sur son portable. Elle répondit avec un ton de voix qui ne lui ressemblait pas, comme un bon petit soldat elle me disait oui, sur un ton sec d’enfant obéissant. Je lui proposai un rendez-vous dans un café au centre de la rue principale. Elle arriva à l’heure exacte, vêtue d’un jean et d’un blouson de cuir…. simplissime, banale, érotiquement paisible…. mais son sourire rayonnait. Durant deux heures nous parlâmes, elle questionnant, moi répondant au plus juste. Clémence comprenait parole après parole l’importance du choix qu’elle avait fait. Je sentais qu’elle appréciait ma présence avec un respect que je ne lui avais pas connu jusqu’à ce moment. Elle s’était faite absente juste pour cette rencontre, sans effort son féminin s’était placé  à la surface de sa peau, reléguant  au second plan le parfum de celle-ci, son grain épidermique laissant suinter une légère sueur dont l’odeur très légèrement acide me laissait à penser que Clémence était légèrement stressée. Mais aucun geste parasite n’entravait la logique de ses questions. Elle portait un soutien gorge noir à balconnet sous son blouson de cuir noir dont elle avait descendu la fermeture… il faisait chaud dans ce café. Ce matin là, je lui demandai de se rendre au plus tôt dans une église et d’y rencontrer un  prêtre qui n’avait d’intéressant que le fait d’être le petit cousin d’un cardinal pour qui le siège papal serait un jour une réalité. Je pense sincèrement qu’elle fut déçue de ma première demande, s’attendant sans doute à plus d’action ou de mystère. Elle savait cependant que le cheminement labyrinthique que sa vie allait prendre ne serait pas sans surprise. Quand je sortis du café, la femme en noir était dans la rue, elle l’attendait. Clémence chercha à croiser mon regard, je n’étais déjà plus visible à ses yeux… j’étais fasciné par les courbes de la femme en noir.

Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 23


Elle saisit son téléphone, sans aucune hésitation, composa le numéro, mon numéro… Mon téléphone sonna, je le laissai sonner trois fois avant de décrocher.

 » Bonjour Clémence, heureux de vous entendre

_ Bonjour… Comment dois-je vous appeler ?

_ Vous, me suffira. Vous vous êtes enfin décidée à accepter ma proposition ?

_ Il y a de fortes chances, mais j’aimerais à nouveau vous rencontrer.

_ ce ne sera pas possible de suite… Je veux juste vous dire que depuis trois ans,  je vous observe, je vous protège de certaines personnes et de certains déroulements de situations dans lesquels vous pourriez choir, mais je vous laisse affronter votre réalité telle que vous l’avez envisagée. Je ne suis près de vous que pour protéger ce que vous représenter pour notre congrégation…Quand vous aurez acceptez, je préviendrai mes pairs et vous pourrez commenc…

_ Comment êtes-vous certain  de ne pas vous tromper ?

_ Je ne suis certain de rien, vous êtes celle sur qui mon regard s’est arrêté, mon intime conviction, ma certitude faite femme… Si vous acceptez et que vous rompez notre contrat sans nous trahir, je me contenterai de passer  à une autre recherche.

_ C’est oui… mais à condition que nous commencions de suite. Je veux commencer  à devenir…

_ C’est l’effet de quelques jours, je dois d’abord en informer mes pairs, obtenir leur assentiment et seulement après je te dirais que faire. Je te téléphonerai… »

Je raccrochai  et repris son observation de la fenêtre qui donnait sur la cour intérieure de son bar d’où elle venait de me téléphoner. Elle ne chercha pas à me repérer, elle raccrocha en souriant, leva les yeux vers les immeubles qui  entouraient sa cour. Elle était vêtue d’une robe rouge, ses cheveux étaient d’un roux plus auburn que d’habitude. Elle releva sa robe sans dévoiler son ventre et quitta adroitement, tout en se déhanchant harmonieusement au son de la musique que l’on entendait par la porte de secours ouverte, sa culotte de soie noire qu’elle laissa au milieu de la cour non sans  s’être essuyée la bouche avec… Je fis mes courriers, les postai. Les réponses revinrent, toutes, une petite dizaine de jours plus tard. Désormais je ne m’occuperai que de Clémence. Je lui téléphonai, il était six heures du matin, elle était couchée depuis quelques heures. Je dormais quand elle dormait, ouvrais les yeux quand elle se réveillait, me réveillais quand elle ouvrait les yeux…

Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 22


Clémence continua  sa vie prestement commencée, les trois derniers mois qui la conduisaient  à sa vingtième année se passèrent silencieusement en observant le monde qui l’entourait, en téléphonant à la femme en noir qui avait commencé  à écrire l’histoire de sa vie. Elle avait plutôt écrit ce qu’elle pouvait penser de la vie de Clémence, peut-être se pensait-elle capable de lui imaginer un passé qui serait plus intense que la vie d’enfant que Clémence avait vécue, mais il ne m’était pas possible de savoir ce qu’elle écrivait sur ses feuilles de, papier qu’elle conservait dans un semainier de cuir noir  qu’elle s’empressait de confier  à son garde du corps, géant de son état, armé et méfiant de par la fonction qui lui était attribuée. J’attendais que ce livre soit publié pour comprendre ce que cette femme pouvait souhaiter de Clémence ou peut-être n’était-ce qu’un simple désir sexuel sublimé que cette femme exultait  à travers un écrit qu’elle semblait prendre  à coeur ?… Plusieurs fois je la regardai écrire, il y avait parfois un début de sourire qui illuminait son visage et puis cela devenait un réelle tension qui se présentait  à ses sourcils, alors elle  se concentrait encore plus et au bout d’une dizaine de lignes elle se dépêchait de  ranger sa feuille dans son  classeur noir, l’homme le prenait sous le bras et il était très dur d’envisager une quelconque prise de l’objet, ses deux mètres étaient un frein  à toute tentative. Un soir elle lui fit lire les trente premières pages. Clémence se concentra, effort qui disparu au bout d’une dizaine de secondes, elle sourit, s’apaisa encore plus lorsqu’elle finit de lire. Elle se retourna vers la femme et l’embrassa à ma grande stupeur sur ses lèvres qu’elle avait recouvert d’un puissant rouge à lèvres pourpre… elle en trembla, j’en frémis… Clémence  retourna sur ses pas, vêtue d’une robe fourreau mordorée, à la transparence certaine, transparence qui exaltait ce soir là la puissance érotique de ses courbes… Je fus pris d’une érection soudaine  que je me refusai à  accepter. La femme en noir se propulsa auprès de son garde du corps, elle essuya une larme. Clémence  sortit de son tiroir de bureau le portefeuille rose dans lequel elle rangeait la carte que je lui avais confiée quelques années plus tôt.

Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 21


Elle la regarda, et de nouveau la rangea au même endroit. Sa vingtième année approchait et elle commençait à saisir  avec la plus grande finesse, l’impact qu’elle avait sur son entourage, pour preuve sa micro réussite sociale, qui certes ne lui apportait aucun satisfecit d’ordre  matériel et personnel, si ce n’est certainement la compréhension intelligible de ce que sa féminité donnait  à la lisibilité à moyen terme de sa vie. Elle installa trois autres jeunes femmes en lieu et place de sa personne qui s’acquittèrent avec la plus grande diligence et vélocité de la fabrication des cocktails. Clémence gérait, créait d’autres boissons sexuées… donnait l’impression d’attendre une suite  à sa vie.

  La femme en noir réapparut, toujours vêtue de cette même robe noire, qui j’ose espérer était un duplicata d’une nombreuse série que son tailleur avait conçue pour elle. Je ne sais comment elle avait trouvé Clémence, mais quand je la vis entrer dans le bar de nuit qui désormais s’appelait … »Clémence », elle donna l’impression de connaître les lieux, pour preuve elle se dirigea de suite vers l’une des nombreuses portes qui abritait le bureau de Clémence. Malheureusement  pour moi, le micro que j’avais réussi  à installer une nuit d’un dimanche de fermeture  cessa de fonctionner au milieu de leur conversation. Je n’eus droit qu’à la moitié de leur dialogue. Elle se présenta  à Clémence comme un écrivain qui l’avait croisée au coin d’une rue  il y a presque deux années auparavant, qu’elle avait été marquée par sa beauté et qu’elle voulait écrire un livre sur sa vie. Clémence résuma le fait en quatre mots:

« Vous serez ma biographe…

_ En quelque sorte… peut-être un peu plus romancé que vous ne l’imaginez.

_ Vous n’aurez pas besoin d’ajouter du sens  littéraire et  romancé  à ma vie, elle vous paraîtra suffisamment haletante pour que vous vous contentiez de simplement la raconter.

_ Mais d’abord il faut que je vous racon….. »

La micro tomba  en panne à cet instant et la femme en noir sortit une trentaine de secondes plus tard. Je ne pense pas qu’elle ait pu lui dire quelque chose d’important, mais désormais, je surveillais  aussi cette romancière…

Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 20


Elle s’installa dans un F1 assez banal, elle se contenta de repeindre les murs dans un ton rose plus chair que saumon… elle s’y sentit bien. Durant une semaine  elle chercha quel métier elle aurait  pu bien faire, passant de petites annonces  en petites annonces… Elle ne pouvait être vendeuse, elle n’avait rien  à vendre. Elle ne pouvait être  boulangère elle n’aimait pas le pain, elle ne pouvait qu’être serveuse dans un bar de nuit. Quand le patron la vit, il fut choqué, non pas par son physique mais plutôt par le potentiel de gain numéraire qu’elle représentait. Clémence était derrière un comptoir un investissement d’une rentabilité certaine un 200% assuré surtout si elle s’habillait avec la même petite robe dont le dos nu s’arrêtait exactement là où  commençait sa raie interfessière qu’elle avait haute placée et axée dans l’exacte courbe de sa chute de rein… elle était un volume géométriquement stable  mais à l’émotionnalité instable. Le premier soir, elle vint avec cette petite robe dont le décolleté invitait à la consommation  à outrance, ses seins trempaient dans le whisky… Au bout de  huit jours elle avait renommé tous les cocktails du bar et en avait inventé de nombreux autres. Le bloody mary se nommait « l’in-Clémence », elle y plongeait en direct le téton de son sein droit…  pour  trente euros de plus , le client goûtait au breuvage en tétant son sein, elle inventa le « fucking-me »: derrière le bar elle plongeait un doigt dans le cocktail, doigt qu’elle introduisait ensuite dans son sexe, elle finissait par le retremper dans le breuvage et le faisait boire au client en le regardant dans les yeux… il en coûtait cinquante euros. Le summum était le fellation-one: pour cent cinquante d’euros Clémence urinait quelques gouttes dans le verre, masturbait le client qui éjaculait dans le shaker , elle mélangeait le tout  à une fine champagne, quelques gouttes de curaçao du Guatemala, quelques gouttes de salive qu’elle laissait tomber sur le sexe en érection, son verre dessous se remplissait, alors pour finir elle ajoutait  un peu de citron, cinq gouttes de Grand-marnier, du piment d’Espelette  et un dé  à coudre de vodka… Elle en faisait jusqu’à 30 par nuit. Les hommes buvaient, les femmes de ces hommes buvaient… les femmes demandaient  à boire des verres d’hommes au hasard… Elle finit par exiger cinquante pour cent de chacun des verres qu’elle servait. Le patron ne sut refuser… il s’enrichit, elle se rendit indépendante  à outrance et finit par augmenter librement le prix de ses cocktails. La police ne trouvait rien  à redire, on leur servait des verres gratuits. Elle inventa même en leur honneur un spécial, le « twenty two » qu’elle fabriquait  à partir de salive de femme, cinq au maximum, d’urine purifiée de femmes fontaines qui se masturbaient au-dessus du verre, elle avait ses habituées et de trois vodkas différentes, le tout agrémenter d’un jus de goyave fraîche qu’elle faisait venir du Venezuela pour l’occasion… C’était gratuit pour les deux policiers qui passaient une fois tous les quinze jours et payant  à outrance pour les traders enrichis qui  ne savaient plus quel sens donné au mot foutre d’une femme… Elle finit par racheter la boite de nuit de son patron qui après un infarctus préféra se retirer  à la campagne. Elle était chez elle, elle choisirait qui entrerait… Au bout de neuf mois, elle quitta son F1 pour un six pièces… Elle regarda  à nouveau  ma carte toujours rangée dans son portefeuille rose.