Où l’on sent la présence de l’humain… 29


C’est plus ce que c’était le sud-est… On y confond les putes qui y travaillent par deux avec les mères divorcées en quête d’un câlin de fin de semaine… à moins que cela ne soient les mêmes…On ne peut pas y draguer si on y pense de trop… il faut brasser de l’air pour faire tomber la température…. un type du coin qui commence à draguer raconte sa vie, celle de ses parents et grands-parents…MOI, je m’y tais, je bois, je regarde, j’écoute…. Et quand je parle elles ont tendance à dire: » vous n’êtes pas d’ici, vous êtes du nord… »pourtant elles sont belles les garces, quel que soit  leur âge, mais elles le savent… J’aimerais pouvoir leur dire, mais il faut crier par-dessus la musique et faire semblant… je ne supporte pas de faire semblant … vénales ? Je ne saurais le dire… Mais le mariage donne l’impression d’y être encore important….Il y a une seule manière d’être dans le sud-est….Mais ont-elles les fesses blanches ?

Où l’on sent la présence de l’humain… 28


Aujourd’hui d’un commun accord avec mon silence , je me suis interdit  à regarder, écouter, entendre…..

Tout va trop vite, trop loin et je ne saurai dire ce qui a une importance…

Où l’on sent la présence de l’humain… 26


Là je vais m’envoler, m’exalter…. un hommage aux culs, j’en vois passer en ces jours d’été. Lumières du matin effleurantes accompagnant leurs robes et tuniques blanches qui par leur transparence laissent apercevoir des formes sculptées, langoureuses, houleuses, chaloupantes. L’air frais  du matin passent sous ces tissus, caressant la peau caramel qui doucement se tend…. putain, s’il ne tenait qu’à moi, j’irais à pleine main saluer les croupes estivales.

Lumières du soir, apprêtés dans de moulantes jupes noires ou blanches, ils sont là musclés,grassouillets, haut perchés, près du sol,  en hommage  à Rubens…celui des femmes qui attendent des hommes, élégamment posé sur les tabourets des bars, légèrement désaxés parce que leur propriétaire ont leurs jambes croisés… ils sont par deux, côte à côte… nom d’odieux, s’il m’était possible de les saisir à pleines mains.

Celui de cette femme de quarante ans, venue avec sa fille de treize, boire un verre le soir…. épanoui sous son vichy, prête à se cambrer ….elle se mit à danser, tel la 7ème symphonie de Beethoven dont on dit qu’elle fut l’apothéose de la danse, son cul  fut ce soir là, l’oeuvre de toute une vie….Où l’on sent la présence de l’humaine…

C’est dans le regard des femmes qu’on lit le mieux la force de leur cul.

Où l’on sent la présence de l’humain… 25


18 h , assis à la terrasse d’un café, elles sont trois âgées d’une soixantaine d’années, elles parlent de leurs anciens maris…. leurs tromperies, leurs maîtresses, leurs amants, le pourquoi autrefois il a été voir ailleurs, le comment je l’ai trompé… Elles le disent haut et fort, en buvant du vin blanc. Après ce sont leurs enfants qui en prennent pour leur compte, leurs enfants de plusieurs maris, leurs petits enfants de plusieurs remariages…. un bordel dans lequel elles s’engouffrent avec colère et rancoeur…. elles sont désormais seules.

10 h ce matin dans un supermarché près de Toulon, une autre grand-mère, de couleur marron, plus teintée que bronzée, habillée d’un débardeur de cuir, d’un pantalon moulant semi-transparent, de talons aiguilles  à n’en plus finir, un pétard en guise de cheveux, le visage transpercé de piercings, une maigreur d’un autre temps…. un bébé dans la poussette qu’elle pousse, un bébé aux yeux de toxicomane tellement ils sont fixes et vides, un bébé qui ouvre la bouche sans qu’il en sorte un son…. une grand-mère qu’on eut appelé sorcière.

18 h 30… un acteur, ancien de cinéma, passe près des grand-mères qui trucident leur ex…. il ressemble à un petit grand-père. C’est beau une ville ce jour.

Où l’on sent la présence de l’humain… 24


Les petites vieilles revêtues de robes aux couleurs chatoyantes font tâches quand elles se promènent, tordues, soutenues par leur canne, pliées par le temps qu’elles ont vécu et qui a modelé leur corps afin qu’on puisse y lire les douleurs passées. Elles sont là cependant, rythmant la vie de cette petite ville côtière, mélangées à certaines jeunes femmes dont on sait qu’elles effaceront la moindre ride, gommeront  le moindre bourrelet, rectifieront leur nez…. elles s’uniformisent, promènent un décolleté provenant du même fabricant, la forme de leurs seins ne leur appartenant plus, la bouche définitivement figée dans une grimace à laquelle il ne faut pas sourire, encore moins pleurer…. Elles les exhibent comme elles cherchent à linéariser, infantiliser un sexe qui  ne s’expriment plus que par sa fonction et non par son état. Elles  sont monomorphes, juste différenciables par le son de leur voix, leur couleur de peau est la même, jusqu’à leur beauté cataloguée, calibrée, référencée…. leur masse corporelle ne leur indiquant plus qui elles sont par la causalité de ce qu’elles ont été. Elles cachent l’improfondeur de leur regard derrière la même paire de lunettes. Elles sont négociables par morceau ou entière, comme sur l’étal d’un boucher…Elle est une espèce en voie d’apparition…..à mi-chemin entre la gonflable et la vraie…. J’aime les gros culs de mes petites vieilles, les seins énormes d’autres, le son de leur voix haut perché….nous ne sommes plus loin du clonage.

Où l’on sent la présence de l’humain… 22


Dès qu’on arrive dans la zone méditerranéenne… tout change, surtout la façon de conduire sur l’autoroute… autour de Marseille on rentre sur un terrain de jeu… à gauche, à droite, encore  à gauche, à droite…. et puis on se rabat à 90 degrés à la sortie suivante, on a conduit cinq kilomètres à 180, on rentre  à la maison suintant la testostérone… c’était pas mal l’ouest, c’est vrai qu’on y sentait la présence de l’humain. J’en ai vu plein de ces néo-tondus tatoués à la petite barbe taillée et aux deux diamants cloués dans les oreilles… il ne peut pas y avoir plus viril, cela se saurait, couchés au volant de leur voiture, vite, encore plus vite… toujours plus con…Je ne sais quoi dire, j’ai juste l’impression que beaucoup  de femmes se sont battues pour peu et qu’il y a encore énormément de femmes qui devront se battre pour encore plus…. L’égalité de la femme passera par l’ignorance de ce type d’homme… quelque part, entre cagoles et kékés, je vous écris.

Où l’on sent la présence de l’humain… 21


Fin du sud-ouest, transfert vers le sud-est dès demain…Il n’y a rien de plus jouissif que de croiser le regard d’une femme avec lequel on partage pendant  quelques secondes toute une nuit d’amour, pas besoin de langues, pas besoin de mot… juste une sensation qui permet d’imaginer que l’on a comprit ce qu’elle a comprit… de toutes façons si ce qu’on imagine ne reste qu’un fantasme c’est quand même bon…j’ai au moins croisé cinq regards hier…c’est beau une femme qui a envie.Là on y sent la présence de l’humain… Donc demain le sud-est, la manière d’y brasser l’air n’est pas la même… ici, c’est le bout du monde, là-bas c’est un autre monde à haute teneur familial encastrée. L’exhibitionnisme argentesque y est plus fréquent, la relation humaine plus artificielle  construite sur une vie extravertie parce qu’il y fait beau, chaud… On s’y croise, parle haut et fort…. Il est vrai que la chaleur, le ciel bleu ne vous incitent pas à ces comportements empreints de spiritualités et d’intellectualismes, on croise trop de femmes légèrement vêtues voir dénudées… Mais bon tout cela a peu d’importance…. on y croise  aussi des regards.

Où l’on sent la présence de l’humain… 20


Je suis encore là, au bord de la piscine, je n’y suis pas rentré dedans en trois semaines… trop de gens dans mon bain, je n’aime pas. Peut-être cette blonde à la cambrure gymnasique qui permettrait  de redéfinir le mot levrette pourrait-elle me convaincre de m’approcher de l’eau ? Mais elle parle allemand et le seul  mot dont je me souvienne ne me permettrait pas d’envisager un dialogue de plus de trois secondes… j’oublierai donc.Peut-être cependant… J’ai beau cherché ce qui a motivé la définition du sens  que j’ai donné à ma vie aujourd’hui… je ne trouve pas. Si seulement ceux qui sont dans ma piscine n’étaient pas aussi coincés, s’ils avaient  un tant soit peu le sens de la décontraction libidinale, ils commenceraient à partouzer … je les filmerais, cela ferait un buzz sur la toile , on en parlerait pendant trente secondes, on comptabiliserait le nombre de visionnements…. et j’en serais  à nouveau au même point…. Ils préfèrent rester en famille, improviser un cours d’aquagym, s’occuper de leurs enfants, bronzer en lisant des magazines sur les riches de ce monde, lire des romans achetés spécialement pour l’occasion. Je ne critique pas, je ne lis plus de livres, il y en a trop, beaucoup trop, je ne sais plus lequel choisir… dans le doute je m’abstiens. C’est comme la musique, je n’écoute plus de chanteurs pour les mêmes raisons, trop de chansons tue le  chanteur… j’écris, je photographie, laisse une trace numérique autrement dit un léger courant électrique dans le grand court-circuit planétaire…. le règne de l’immatériel, on baise sur le net, s’envoie des photos et quand on se rencontre on voudrait que la princesse ait plus de seins et que le prince charmant soit moins gras…. personnellement tant qu’elles écartent…. je plaisante, cynique c’est mon second métier et j’en subis les conséquences

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… tiens une nouvelle mère blonde se place face  à moi, petits enfants, petit cul, je préfère la cambrure de la précédente…. les mères ont-elles encore une sexualité après la sieste du petit ?

Où l’on sent la présence de l’humain… 19


C’était dans la nuit, celle qui devrait être noire mais que nous illuminons…. C’était dans ce bar où cette jeune femme tatouée sert….. C’était l’anniversaire d’un jeune, ses 18 ans. Ils étaient toute une bande de jeunes Parisiens et Bordelais, quelques jeunes mineurs, quelques jeunes majeurs, quelques jeunes cons… Ils ont bu, vite, beaucoup très vite… je ne comprends pas qu’on puisse boire vite, c’est une forme d’éjaculation précoce à mon sens. Ils étaient jeunes comme le sont jeunes les jeunes de ce moment, pour certains, des copies conformes des jeunes des années précédentes…. le cheveu blond, LA mèche , la tête penchée puisqu’il y a LA mèche, la drague…Donc on fume, on boit, on cleaneastwoode… Et puis il y a les petites pétasses blondes à grands cheveux qui bimbotent, lolitassent. Ce sont leurs jambes que les garçons aimeraient bien écarter pour voir ce qu’il y a entre. Elles, elles savent ce qu’il y a entre et elles savent que ça fait faire n’importe quoi  à un garçon envahi par un bain d’hormones toutes plus agressives les unes que les autres.Donc quand ils et elles ont bu quelques verres de vodka mélangée à un jus de fruit, n’importe quoi commence…. Ils parlent fort, très fort, disent des gros mots, remuent la tête pour remonter le mèche et essaient d’embrasser les filles. Certains de ces garçons ne savent pas encore s’il seront homosexuels ou bordélicosexuels, par contre les filles savent que la zigounette de ces jeunes garçons n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant… elles doivent tester leurs charmes. Elles se sont donc habillées léger, sexy, en rajoutent dans les effets de cheveux, de décolleté, de petits seins apparents sous une chemise blanche ouverte, de gros seins enfermés dans un soutien gorge pigeonnant… elles remuent beaucoup, se lèvent, regardent si on les regarde, ne regardent plus quand on les regarde, s’embrassent  profondément entre filles pour exciter les garçons. Eux bavent, lancent des paris entre filles, les filles pas cap de… les garçons comme des cons quand l’autre a montré ses seins, les garçons comme des cons quand l’autre quitte sa culotte qu’elle portait sous sa robe et qu’elle la montre…les garçons toujours comme des cons.

C’est un peu comme un magazine féminin, mais en direct…pardon en live. Tous sont de bonnes familles au regard des marques de vêtements et sacs portés, des centaines d’euros bus, des discours tenus, des lieux racontés où ils vivent, des voyages déjà faits alors qu’ils ne sont que des enfants à peine commencés… un jour certains d’entre eux réussiront à écarter les jambes de ces filles, parce qu’elles en auront envie ou besoin ou l’intérêt…. Un jour leurs enfants encore plus cons qu’eux viendront fêter leurs dix-huit ans… Un jour, une autre nuit… le monde se sera arrêté de tourner…

Où l’on sent la présence de l’humain… 18


C’est Ma femme… Le gros con de l’année 2010, il me manquait de ne pas l’avoir trouvé et c’est pour cela que je reprends la plume une deuxième fois ce jour…. Ce matin, le marché à Montalivet, pour ceux qui connaissent, c’est calme… moi, le malade, l’égotographe de service, comme d’habitude je regarde vivre, je mets en phase les couleurs des uns avec les déplacements des autres, je fixe pour une éternité numérique, j’adéquationne  et j’en conclus  que tout fuit vers une autre réalité dans laquelle je ne suis pas encore intervenu…. Passe madame X, majuscule parce qu’elle a un très gros cul qu’elle est habillée avec un pagne très coloré (rien de rédhibitoire à la réalisation d’une photographie)….  Je suis placé face  à une toile de présentoir jaune avec un soleil du matin légèrement rasant, le vent de nuit a nettoyé le ciel…. mais derrière, monsieur qui a le ventre aussi gros que le cul de sa femme veille…

« _Ça ne vous dérange pas de photographier les gens dans la rue ?

_Non, puisque cela fait partie de mon métier…

_Oui, mais là c’est MA femme et cela me dérange MOI !

_Regardez on ne voit pas son visage, elle est de dos, on devine juste les couleurs de son vêtement.

_m’en fous, c’est MA femme et…

_On pourrait peut-être lui demander son avis…

_C’est moi qui décide pour elle…

_J’avais pas vu qu’elle portait une Burqa, pardon…

_ T’effaces la photo ou je t’en colle une… »

J’ai effacé la photo, je lui ai expliqué que tant qu’on ne voyait pas le visage de sa femme elle n’avait pas le droit de me demander de l’effacer surtout que sur Ma photo on ne pouvait en aucun cas deviner qui était la personne photographiée (sous-exposée, saturée et la femme en question dans la pénombre), que lui n’en n’avait aucun droit puisque ce n’était pas lui qui était photographié… Il s’est fâché, je portais atteinte à sa virilité. Il m’était d’avis qu’il ne devait pas l’avoir vue depuis longtemps car son ventre surplombait la virilité en question… Je lui ai demandé pourquoi il s’énervait, car j’avais effacé la photo, et de quoi il avait peur pour s’énerver ainsi…. Après la virilité, le courage…. J’ai cru qu’il allait m’en coller une et comme je devais peser le quart de son poids… je me voyais finir les vacances chez le dentiste local… Je lui ai dit en souriant que c’était dommage qu’il n’aurait pas l’occasion de voir sa photo dans l’Équipe…. silence….(j’ai dit cela parce qu’il portait un maillot de pousseur de balle au pied d’une quelconque équipe de multimilliardaires sous-culturés et qu’il tenait ce journal à la main)… toujours le silence…

« _Vous faites de  la photo pour L’Équipe ? »

Il s’en suivit un mensonge et un autre, des sourires, des excuses…. je lui ai dit que je ne pourrai pas refaire une autre photo car cela se faisait dans le feu de l’action… blablabla. Il est parti le sourire aux lèvres, le gros cul de sa femme en photo dans l’Équipe…. Je hais l’espèce humaine parce qu’elle ne sait même pas qu’elle est finie…

C’est terrible ! Il fut une époque où il y avait peu d’appareils photos et les gens se bousculaient pour être photographiés dans la rue. Il n’y a jamais autant eu de moyens de faire de l’image, mais son sens, sa finalité ne correspondent plus à rien… Il n’y a plus rien à espérer de mes congénères….Je dédie donc ce texte à  ce gros con, au gros cul de sa femme, à l’enfant qu’ils n’auront pas j’espère, car il ne saura même pas lire une image ni s’émouvoir devant.

… Là à cet instant, à la piscine, j’immortaliserais bien le cul de la blondasse qui est vautrée au soleil….baisographie…

Où l’on sent la présence de l’humain… 17


Les vacances et les microcosmes familiaux, de quoi écrire un livre, je me contenterai de moins. Hier, à l’heure de l’apéro, puisque je ne vais pas  à la messe, terrasse d’un café…. Ils viennent s’asseoir: papa, maman, papi père de maman, mami mère de maman, et les deux petits, un dans une poussette qui n’aura aucune incidence sur le déroulement des évènements et celui de deux ans… celui de deux ans, je le nommerai Chiant avec un C majuscule… Dès qu’ils se sont tous quatre installés à mes côtés Chiant a mérité son nom de code. Cependant papa, petit homme, jeune, au nez trop fin et à l’allure hautaine, n’a pas cessé de dire: » je m’occupe de Chiant, tu t’occupes de Ronfle (le petit dans la poussette) ». Entre eux deux, ils étaient donc face à face, papi et mami, papi au blanc, mami à la coupe glacée chantillysée. J’ai remarqué que mami tremblait beaucoup, pas un tremblement maladif dégénérescent, un tremblement nerveux accompagné d’une hypermobilité occulaire… Donc Chiant n’arrêtait pas de toucher  à tout… papa ne disait rien, maman voyant que mami tremblait de plus en plus parce qu’elle ne supportait pas que Chiant touchât et renversât, éleva la voix sur Chiant. Chiant se mit à brailler pour la première fois. Papa fit  remarquer à maman que ce n’était pas ce qui avait été prévu au départ… mami était proche de la convulsion, papi avait sifflé son blanc. Maman rétorqua qu’il ne fallait pas que Chiant touche aux verres, qu’il  pourrait se blesser…. Status quo. Chiant en rajoute une couche puisque maintenant huit yeux attendent qu’il fasse la prochaine connerie… chose faite papa élève la voix, Chiant hurle, maman pour montrer à mami qu’elle est une maman élève aussi la voix… papi siffle son deuxième blanc, mami est prise de tics et élève aussi la voix sur  Chiant qui hurle de plus en plus fort. Ronfle ronfle…papa, sur un ton très condescendant, fait remarquer que… mami explique rageusement que sa fille était plus calme lorqu’elle était plus petite….. bref. C’est à ce moment que je souris et que je croise les deux merveilleux yeux bleus  fatigués de maman qui sourit aussi, des yeux à tromper son mari, même à changer de mari… je détourne mon regard et je les laisse finir de ne rien expliquer… l’année prochaine s’ils reviennent au même endroit, maman aura perdu les quelques kilos qu’elle avait pris pour la grossesse de Ronfle, papa sera toujours aussi chiant puisqu’atteint d’un  superbe complexe de supériorité machiste…. j’ose espérer que maman aura dit merde à ses parents, trompé son mari et qu’elle s’apprêtera à le refaire…. Chiant sera toujours chiant.

Il y a des regards qui en disent plus longs que ces silences qui les accompagnent…. Elle avait envie d’autre chose et moi aussi.

Où l’on sent la présence de l’humain… 16


Ce matin, je n’étais pas inspiré… et puis il est arrivé. Petit Belge flamand de quatre ans,ou un tout petit peu moins qui s’est planté là, face à moi…. s’il s’était contenté de me regarder sans rien dire… mais il m’a parlé, il m’interrogeait. J’ai commencé par l’ignorer, mais il est venu à mes côtés regarder ce qu’il y avait sur mon écran et il a même essayé de taper sur mes touches… Les enfants, c’est un peu comme les MST, on essaie de s’en protéger , surtout quand c’est ceux des autres. J’avoue avoir eu envie de le foutre dans la piscine. Si au moins il avait été beau… mais il était laid, blondinet style Manneken-piss, je dirais gras dans son ensemble, purpurin… Il me dérangeait physiquement. Je l’ai pris par la main, j’ai essayé de repérer la fenêtre d’une terrasse ouverte dans la direction d’où il provenait… j’ai parlé fort…. rien, je suis certain que les parents ne le supportant pas l’ont foutu dehors pour le perdre souhaitant qu’il enjamberait la barrière … même pas capable.Je suis donc revenu avec lui, je ne voulais pas qu’on m’accuse d’avoir essayé de le perdre volontairement et je l’ai posé sur une chaise…. évidemment, il n’est pas resté en place et il est revenu à côté de moi… même son odeur me dérangeait. Sa mère est arrivée, à l’image de son fils pour la forme, la couleur… elle a récupère son gamin collé à côté de moi en train de me parler en Flamand, la tétine dans le bec, me bavant  à moitié dessus… sans un sourire, pas un mot, pas un remerciement, pas un regard… même pas une petite pipe pour avoir fait le merdeux sitter pendant quinze minutes. J’ai repéré leur terrasse, si demain cela recommence, j’irai frapper  à leur fenêtre pendant qu’ils tirent leur coup…. pour éviter qu’ils en fassent un autre.



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Où l’on sent la présence de l’humain… 14


Ce fut et ce devait être… Je suis retourné dans ce bar, à l’heure de l’apéro. Ce que j’avais pris pour d’élégants dessins positionnés sur des bas n’étaient que des tatouages, j’avais raison pour leur pluralité, les percings, le manque de hanche…. mais elle avait toujours cette classe entre la vulgarité et l’extrême féminité … elle n’était pas un fragile objet sexuel… mais une femme qui travaillait, dur et vite…. L’essentiel n’est pas là. La comtesse était là… une femme d’une soixantaine d’années, alcoolique mondaine, ayant vécu par et pour les hommes… elle avait dû être splendide avant, avant avant…. elle avait dû être chiante plus qu’un homme aurait pu le supporter, elle avait été une amante extraordinaire, taillée par la nature pour être prise et se donner comme dans un film hollywoodien…. mais elle était là dans ce bar de bout de terre, expatriée de la vie, en quête d’un dernier homme qui aurait pu la faire vivre et la faire rêver… je lui rends hommage. Puis il y a eu N……. , serveuse de trente et un ans qui est venue s’asseoir  à mes côtés, serveuse d’un autre bar douze heures par jour, venue s’asseoir  à côté de moi pour se prendre une cuite parce que ce soir là elle n’avait pas son fils qu’elle élevait d’habitude seule, parce que j’avais l’air calme, plus âgé que les autres…. elle m’a raconté sa vie en buvant beaucoup, vite, des petits verres de rhum gingembre, elle était blonde, l’oeil aussi bleu que son regard, jolie, vive, elle parlait extrèmement fort, mettait sa main sur ma cuisse, m’embrassait amicalement, trinquait avec moi, me prenait par le cou, par la taille, me serrait dans ses bras… tout était aussi excessif que moi j’étais silencieux. En partant, elle m’embrassa sur la bouche sans que je le lui ai demandé…. « c’est dommage je t’aime bien, je travaille demain »et elle partit, aussi vite qu’elle arriva, portée par la foule de jeunes Hollandais qui avait envahi, pour une soirée, ce bar. Elle rentra en vélo vers la gare…. je l’admire. Quant aux petits cons d’Hollandais qui n’ont pas arrêté de brailler, aux petits cons de Parisiens à la mèche néo rebelle, au col relevé, qui marchandaient les prix pour se bourrer toujours et toujours plus et  à qui on répondaient, une fois pas deux, un non simple mais avec un regard que cette serveuse savait mélanger  à un sourire attendrissant…Je vous emmerde!

La comtesse, malgré son âge, avait un cul que de jeunes femmes adipeuses, nourries à la céréale et à la viande anglo-saxonne sandwichée, auraient pu lui envier…. mais je n’étais pas excité… sauf par son T-shirt.

Où l’on sent la présence de l’humain… 13


9 h 30…. je n’ai rien d’autre à faire que rien et je vais m’y employer. Chaque matin, je viens calmement cracher mon fiel sur l’humanité environnante au bord de la piscine de la résidence dans laquelle j’ai loué un appartement pour mes vacances…. je suis un nanti et ce matin, c’est moi que je vais tronçonné. Je suis un quinquagénaire pré-dégénéré, à l’ego surdimensionné, qui ne peut voir et comprendre le monde que par ses yeux de myope…. et presbyte depuis l’année dernière, au cas où vous ne le sauriez pas, ni ne l’auriez remarqué. Au moment où j’ai commencé à écrire ces lignes, à la table d’à côté vient de s’asseoir une femme d’une trentaine d’années dépassée, T shirt noir moulant sur une poitrine avenante, le cheveu coupé court et bordélique, le maquillage lourd pour un début de matinée et puisqu’elle vient de se lever et partir, à la fesse aussi lourde que son maquillage. Voilà c’est moi, un type en vacances dont la seule activité raisonnable est de regarder les gens vivre, regarder les gens regarder, les photographier, écrire, non pas pour les critiquer mais pour simplement constater que l’humanité est à la vie ce que le cancer  est à la mort…. et ce dans une désorganisation régulée presque semblable. Je ne suis qu’un témoin qui met en tension émotionnelle des non-moments de l’existence…. un organisateur artistique post chaos. Bref un de plus….Ce soir je retournerai dans ce bar où j’ai décris cette jeune femme hier, je la regarderai à nouveau, la mettrai  à nouveau en scène…. vous me lirez, sourirez…. pervers que  vous êtes. Puisque je vous tiens… je ne voudrais pas être  à la place du pauvre con qui, chaque matin vient taper comme un forcené, avec sa raquette de tennis et avec une guturalisation  proche des cris de guerre exprimés par les hordes Vandales au début du cinquième siècle, sur une balle que je présume jaune, contre un mur… là, de l’autre côté de la haie… je ne le vois pas….. c’est peut être sa femme qui sert au bar ?

…excitante cette paire de fesses que je vois face à moi…. dont le visage n’a certainement aucune importance…

Où l’on sent la présence de l’humain… 12


Aujourd’hui pas de soleil, du temps gris, pas de cul sur les plages, pas de plage sous les culs…. aurai-je matière  à l’exacerbation de mon cynisme apaisant et restructurant ? D’abord je vous ferai part de ma sensation ressentie au contact de la jeune femme qui servait au bar où hier au soir j’ai bu des caïpirinhas… Elle était brune aux cheveux courts, huilés et coiffés vers l’arrière. Elle avait revêtu son corps d’une jupe rouge  à pois noirs moulante, sous laquelle elle portait deux élégants bas noirs soulignés  à l’arrière de la cheville, qu’elle avait fine, d’un graphisme qui allongeait vers le haut le galbe de sa jambe. Cette jupe était si finement collée  à son corps que cela laissait supposer que le porte jarretelles suspenseur des bas était plus fin que le tissu légèrement élastique de sa jupe, on en devinait la présence par un léger dessin proche du bas relief quand elle s’adossait au bar en s’arcboutant très rapidement pour soulager son dos. Son corps eut mérité une courbe de hanche un peu plus prononcée, cela aurait fermé ainsi une ondulation harmonieuse qui existait entre le volume  expansif de ses seins emprisonnés dans un bustier noir, la forme de sa large bouche aux lèvres épanouies dont la moue naissante et incidemment  orientée vers le bas était somptueusement rehaussé d’un rouge  à lèvres épais et dessinant,le galbe de ses fesses, cependant insuffisamment rondes. Elle portait quelques tatouages sur les bras et l’épaule, un percing entre les deux seins, récent à en juger par la légère inflammation, ses lobes d’oreilles était tous deux ornés de deux écarteurs ressemblant  à deux petites cornes, on  pouvait aussi compter six anneaux divers sur le cartilage de chacune d’elle. Tout cela aurait pu être d’une vulgarité extraordinaire, mais il n’en était rien, bien au contraire… elle devait sentir bon sous les bras, même au plus fort de son activité. Il m’était évident qu’elle possédait d’autres percings, d’autres tatouages et qu’elle devait être totalement glabre au plus intime de son être… je me suis même surpris à imaginer qu’elle ne portait pas de sous-vêtements autre que son porte-jaretelles  pour ne pas perturber le flux d’érotisme qui se dégageait de son comportement au milieu de son petit bar…. Elle n’était pas femme à être prise par derrière, mais debout contre un mur pour profiter de sa bouche, la jupe juste relevée… les yeux grands ouverts.

Pour ce qui est du cynisme…. vous décrirai-je le gros connard, saoûl, qui maintes et maintes fois se laissa aller à lui lancer avec son fort accent du sud ouest des blagues salaces ? Non… Elle méritait le plus grand silence….

Où l’on sent la présence de l’humain… 10


Toujours en direct de la côte atlantique, en quête de ce qu’il y a de pire chez vous, pas chez moi, puisque je ne me regarde pas vivre… J’ai trouvé le bout ! Là où je suis il y a une rue , petite dans toutes les acceptations du terme, au bout il y a la mer et tous prennent cette rue pour arriver face à la mer et s’asseoir en mangeant un glace… c’en est écoeurant. Quand ils achètent la glace, elle est encore relativement solide, mais le temps qu’ils descendent les cent mètres séparant le glacier du bout, tout  a commencé  à fondre et quand ils arrivent là où je les attends, la glace fond et coule… vous vous verriez manger….Ceci n’est qu’un détail, c’est après la glace que c’est important… vous vous asseyez sur les petits bancs et vous regardez la mer en commentant: la hauteur des vagues, le phare qui est au loin, quelques données géographiques, le que fera-t-on demain ? ponctué par un « on mangera une glace après-demain, le regret d’avoir des enfants chiants (comme s’il pouvait en être autrement). Certains se taisent: couples en rumination de divorce, maris qui matent les petits culs des jeunes femmes qui savent qu’elles ont des beaux petits culs, femmes qui rêvent de tromper leur mari, ne serait-ce qu’une fois… amants qui rêvent de les aider  à tromper les maris, cocus qui ne regardent plus rien et pour qui la mer et un bout accessible et certainement définitif, femmes qui viennent de tromper leur mari et qui savourent la moiteur extrême de leur corps, gros cons qui n’en n’ont rien à foutre de la mer et qui mériteraient d’être cocus, j’avoue qu’il y a des fois j’en assumerai bien l’entière responsabilité….Et puis il y a cette petite dame au blazer bleu marine, elle sourit, elle parle toute seule, elle habite certainement au bout de cette rue, elle ne mange pas de glace…. c’est elle qui donne tout le sens à ce bout, elle vient là  depuis si longtemps…. au bout …. la fin peut être ?

« …C’est un sourire suffisamment chaleureux, parfois accompagné d’un regard si froid que parfois j’ai envie de l’entendre dire ….non… encore! la garce… »

Où l’on sent la présence de l’humain… 8


C’est bien de se promener au bord de la plage, calmement, touristiquement… et puis l’on s’assied pour être subtilement dans un état d’extase, l’iode, le vent, les poils pubiens des maillots dépassant, c’est çà les vacances…. Et puis ils sont arrivés avec leurs deux chiens, eux c’est un couple de retraités. Ils ont donc deux chiens, Trick et Norma. Trick est gros, grand, la gueule ouverte, bavant à tout va. Norma est une toute petite caniche, blanche, sa maîtresse lui ressemble ou vice  versa. Ces deux braves gens sont arrivés et se sont installés à mes côtés, juste à côté, alors qu’il y avait de la place ailleurs, beaucoup de place. Norma est restée  à terre, Trick est venu s’installer entre son maître et moi, il obéit Trick, beaucoup… Jusque là, rien de surprenant. Madame et monsieur mangeait une gauffre indélicatement recouverte de chantilly. Madame renverse une partie de sa gaufre, surtout la chantilly, monsieur continue de manger la sienne, mais pendant qu’il tourne la tête vers madame pour s’inquiéter du sort de la dite chantilly et qu’il laisse sa gaufre à l’équilibre pour qu’elle ne se renverse point, Trick vient baver juste au-dessus, mélangeant sa salive canine et quantitative avec la chantilly céleste. Monsieur, rassuré se retourne vers sa gaufre et comme monsieur est d’une taille conséquente, relative à la taille de son chien, il engloutit  tout en deux actions , salive comprise. Je ris, ce qui déplaît à Trick, qui grogne à mon encontre…Monsieur donne un ordre, Trick obéit…. madame, empotée jusqu’à  l’extrême renverse à nouveau sa gaufre, monsieur se lève pour la ramasser, Trick se remet à grogner, monsieur donne un ordre, Trick obéit.Avec toutes ces chutes de gaufre, Norma oubliée, calme et silencieuse a tiré sur sa laisse sur quelques mètres, cela a suffit pour qu’un petit mâle d’une espèce bâtarde se la goinfre en moins de deux…. madame s’en rend compte alors que monsieur est en train de ramasser la gaufre, madame crie, Trick aboie, Norma jouit, monsieur gueule, le petit bâtard se sauve en aboyant… j’arrête là, vous pourriez ne pas croire la suite, sachez que monsieur est parti à la poursuite  des maîtres de l’amant, que Norma, la salope, avait l’oeil luisant et que Trick ce gros con est resté assis à côté de moi sans bouger tout en continuant à aboyer et à baver….Madame a projeté de s’acheter une autre gaufre.

Elle est là dans cet établissement…. je l’imagine fermant les yeux sous la douceur de ma perversité…. excitée

Où l’on sent la présence de l’humain… 7


C’était grandiose ! Ils sont arrivés dans leur voiture couleur vert métallisé, richement décorée et rehaussée de divers accessoires … flammes, chromes, led clignotantes…. du lourd comme d’aucuns auraient dit. Ils sont sortis , je me serais cru, l’espace d’un instant dans un épisode de la non-série striptease. Lui, le mari, petit sec, la casquette trop petite, strassée, en équilibre sur son avant crâne… un short descendant sous une paire de fesses maladivement plate, torse nu, tatoué, de lourdes chaines dorées reposant sur un ensemble pectoral amoureusement construit. Elle, plus jeune que lui, grasse à souhait, rosée par les UV, la vergeture non attaquée par le rayonnement solaire, vêtue d’une jupe, mini par son appellation marketing, parachutesque par la taille  de son cul. Elle portait la paire de Rayban, objet à la mode, d’ailleurs s’il eut fallu qu’elle quittât ce qui était à la mode, elle se serait retrouvée nue… j’aime la mode, surtout en ces instants.Leur fils, quatre ans tout au plus, en phase  de morcelage intellectuel, habillé comme le père, rose et gras comme la mère. Je les ai suivis tous trois, par plaisir…. le père a commencé une partie de l’éducation de son fils. Ce petit être se devait de reconnaître de visu, les sigles des marques de voitures, il eut bon pour Peugeot, Renault, Citroën… mais a confondu Mercedes et Toyota…. t’es con lui a-t-il dit sans pour autant le rabrouer.Je prends plaisir à imaginer le dialogue que cet homme et son fils instaureront dans quelques années, les insultes entrecoupées par quelques mots simples…. je hais l’espèce humaine et ne me demandez pas pourquoi…. confondre Mercedes et Toyota… p’tit con !

Il y a des femmes à qui l’on voudrait ne donner que du plaisir, en silence…. terrible l’excitation que cela procure…. il faisait si chaud dans sa culotte.

Où l’on sent la présence de l’humain… 6


Pas facile, chaque jour de trouver une raison valable de détester l’espèce humaine confinée dans cet espace humain… pris seul, l’humain communiquant est acceptable. Mais, dès qu’il se laisse aller  à son instinct grégaire, dès qu’il se croit être unique parmi la masse dans laquelle il exulte….. en quelques mots , on peut définir un sous-groupe. Le crâne lisse, tatoué sur le bras, portant un maillot aux couleurs nationalusées, je suis …? un gros connard de supporter d’équipe de foot ball ? Cela se peut, mais si le tatouage est ancien, du temps où c’est dans un stade qu’on rassembla des enfants, peut-on encore être un gros connard de supporter d’équipe de foot ? Oui… mais, si le maillot n’est que son seul bien en rempart d’une nudité relative, cependant non tatoué, peut-on encore être …. oui. Il n’y a pas de doute, ce n’est pas qu’à l’enveloppe externe qu’il se reconnaît , c’est aussi à sa capacité  à commettre les pires choses en groupe… me direz-vous, il est ainsi facile de les repérer, ils sont ensemble… je crois que la pire des choses que l’humain puisse commettre en groupe, en meute, c’est sa capacité à se taire et laisser faire…

J’ai aimé le regard fatigué, las, absent de cette femme, mère de trois enfants, quatre avec son mari…. prête  à jouir d’un autre homme, là, après sa cigarette…excitable et atterrante.

Où l’on sent la présence de l’humain…5


L’essentiel dans la recherche de la présence de l’humain, c’est l’écoute et l’observation, tenez, par exemple, hier…. j’étais tranquillement en train de lire mes mails à l’heure du repas, au-dessus de moi, calmement, une famille dînait sur sa terrasse, je n’entendais que les bruits de couverts les accompagnant. D’un seul coup, d’un seul, une voix que j’ai présumée adolescente, de par son ton et son contenu, déclare entre deux bouchées:

_ »Maman, je vais coucher avec…..(je tairai le nom de l’heureux élu). »

Je crois que la mère a commencé en quelques secondes et un ulcère et un début de dépression. La suite fut plus mouvementée et sans intérêt.

Hier, toujours, alors que je rentrais de la plage, le couple sexagénaire qui loge en dessous de mon estival appartement, une fois, belge de surcroît, s’adresse à moi en me disant qu’il fallait que j’arrête de claquer les portes et que mon chien gueulait trop fort…. je leur ai promis d’arrêter de donner des claques aux portes car je ne savais pas que cela pouvait leur faire mal et que j’allais tuer mon chien dès que possible…. je ne les ai pas vus sourire, ils n’ont même pas pu se plaindre  à la direction de la résidence….Ai-je osé, moi, me plaindre du fait qu’ils regardaient la télévision assis sur la terrasse, alors qu’elle, la télé, se situe à l’intérieur de leur pièce et tout cela en se tenant la main et en commentant tout ? j’ai bien dit tout… si bien que moi nuitamment assis sur ma mienne terrasse, au-dessus d’eux, je peux suivre, commentée en wallon je vous prie, la plus infime des blagues du « gendarme à Saint-Tropez »…. j’ai cependant téléphoné au consulat de Belgique pour leur demander où en était l’idée de la scission et que je leur apportais tout mon soutien…

Et puis il y a les petites vieilles qui viennent s’asseoir au bord de la mer, élégantes et prêtes à mourir….Cette femme d’une quarantaine d’année, qui derrière ses lunettes noires, prenait plaisir à sucer une glace, j’ai bien dit sucer….excitante et terrible.

Où l’on sent la présence de l’humain… 4


La plage, comment dire ? Ce n’est pas mon lieu de présence favori, j’y vais pour vérifier que la mode du monokini est encore d’actualité et que ma voisine de plage est bien épilée… Mais ils sont arrivés, je devrais dire il est arrivé…. le couple germanique avec ses deux jumeaux,pendant trente secondes, elle était lui, lui était elle, ce n’est que lorsqu’elle s’est retournée que j’ai vu qu’elle ne portait pas la barbe… les enfants n’étaient pas petits, ils étaient juste blonds, trop clairs, trop enfants et ils avaient un ballon de football…. Ils ont installé leur but… le dos du gardien était face à moi, j’étais en quelque sorte le fond du filet et je ne parle pas l’allemand, je le crie, je le guturalise avant de l’expulser loin de mon souffle…. STOP ai-je crié au quatrième but raté, la vie de fond de filet est relativement pénible surtout durant les vacances…. pendant quelques minutes, j’ai revécu  les cinq ans de prisonnier de guerre de feu mon père… Le silence du kapo qui vous regarde tout en vous menaçant de son arme…. là c’était un teuton, d’à peu près cent dix kilogrammes, armé de deux enfants jouant au foot. Ils ont encore marqué quelques buts. Le père, dans un français approximatif a essayé de s’excuser… ce que j’ai apprécié, mais il a laissé faire ses enfants. J’ai regretté le temps de la STASI où d’un simple coup de téléphone j’aurais pu les dénoncer…. j’ai pris ma serviette sans avoir pu vérifier que ma voisine était finement épilée….

Il n’y avait rien de terriblement excitant dans le mètre quatre-vingt-dix de la mère…. si,  peut-être son absence de barbe…

Où l’on sent la présence de l’humain… 2


Comme à mon habitude et ce avant un départ en vacances, je suis face  à mon écran de télévision, curieux, avide de nouveauté…. la petite bête qui court, le buzz…. je suis resté silencieux face au président de l’amicale du pneumatique…. pur produit Michelin. Ainsi entre canicule alertée  à l’orange, petit vieux qui commencent doucement à se dessécher, la première de fort Boyard, il y a le président des amis du pneu…. Je l’ai écouté parlé de la première poupée gonflable, bibendum. Après, je suis descendu là où est garé mon véhicule et je suis  rentré en contact avec mes 255/50 R 19 W, assis face à l’avant gauche, je pense que nous nous sommes compris, une réelle amitié est née…. roule lui ai-je dis, tu me gonfles m’a-t-il répondu… amitié virile il se doit. Demain je mets en place l’amicale des branleurs de jantes, je présiderai.

Où l’on sent la présence de l’humain…1


Cinq jours que je ralentis mon métabolisme  à grands renforts de rosés et d’eau. Cinq jours que nonchalamment , je tourne ma tête de droite  à gauche en suivant d’un regard quasi obsessionnel les croupes des passantes alanguies sous la chaleur caniculaire de ce début d’été. Cinq jours que je me laisse tomber dans le sommeil  à n’importe quelle heure de la journée…. 5 jours , et je n’ai pas vu ce temps passé… Il est lent, long, comme les cheveux d’une femme nue qui les laisserait tomber sur mon ventre…. J’aime  l’incidence de ce temps sur mon espace, tout comme j’aime l’incidence de la chaleur sur la légèreté des robes qui passent, leur transparence face  au soleil, les seins nus qui sous de romaines mousselines font à penser  qu’elle sont toutes d’expertes Messalines…. Décrivons un cul récemment entraperçu. Il était l’heure  à laquelle les verres se remplissent  pour abreuver  de sages  hommes à l’esprit hautain. Elle s’est posée là , sous mes yeux, entre elle et moi; mon verre rempli d’un liquide bleu… blanche était sa robe, si légère que le battement de l’aile droite du papillon qui, jadis, provoqua par  le battement de sa gauche une tempête équatoriale eut suffi à la soulever  jusqu’à son ventre…. il était l’heure  où le soleil rase le sol, son cul libéré par le port d’un string charnel était parfait, posé à l’arrière de son corps comme celui d’une callipyge grecque, j’étais alors une colonne dorique et elle l’exaltation d’une vénus corinthienne … ma vacuité estivale venait de débuter.

chroniques de la haine apaisée: 14


Et puis les abeilles moururent toutes… il n’y eut plus de fruits. Les insectes qui mangeaient les fruits disparurent à leur tour, ainsi que les oiseaux qui mangeaient les insectes qui mangeaient les fruits. Comme il n’y avait plus de fruits, il n’y eut plus de graines, il n’y eut donc plus de plantes…. il y eut moins d’air, il y eut moins d’hommes, il n’y eut plus de vie…. je la regardai mourir, enfermée sous son verre retourné, il n’y aura plus de vie lui dis-je…

Appel à la lutte N°15: boire un coup à ma santé.


Sincèrement, n’en avez vous pas marre de tout ce langage humaniste, cette impression de rédemption du bout du bulletin de vote ? Si et je vous comprends… l’avenir n’est pas dans l’humanité. Personnellement , j’ai opté pour  l’asticot, premier recycleur avant  l’heure. J’ai donc fait don de mon corps, non pas à la science qui serait foutue de trouver une solution pour sauver  l’humanité avec mon code génétique et mon sperme gélifié. J’ai donc  fait don de mon corps aux asticots, qui lorsqu’il sera l’heure sauront m’apprécier  à ma juste valeur. Ils seront donc les seuls, après les nombreuse femmes qui ont eu cette chance, à connaître le goût  de mon âme et de mon cor (celui de mon pied droit) et de mon corps, celui sous lequel se situe le cor suce nommé. Donc le jour, où par ma volonté dernière et certaine, il sera le moment de les voir passer  à table , je vous prierai de bien vouloir lever un verre et de boire un coup à ma santé. Mais rassurez-vous, le moment n’est pas encore venu et les asticots qui commenceront le premier petit morceau non plus…. par contre si certaines femmes ont envie, je peux leur signer exceptionnellement un droit de passage et non de repassage… Était-ce vraiment un appel à la lutte ?

Appel à la lutte ….. le treizième: penser à en ériger


Penser , toujours penser à  en ériger… Je le pense à  en bander….. se reposer des efforts à venir, déconstruire ce qui pourrait être , rien n’est plus convaincant que de se dire que ce qui est ne sera plus …. et je m’arrête là ! Cependant, je vous regarde, noyés dans votre blancheur hivernal, regroupés au pied des machines à  vous remonter le gras et le poil , vers des sommets enneigés à  coups de canons , tel des phallus érigés qui l’été  enlaidissent les pentes montagneuses …. tout cela est bien mérité. Moutons fébriles qui se précipitent là où on vous le dit, laisser moi penser  à votre place , je saurai vous convaincre de votre inutilité formelle. Penser , encore penser….. penser pour que tout puisse continuer autrement… J’en appelle à  vous autres, soeurs humaines , qui par le bout de la queue, tenez souvent les hommes que nous sommes,hormonalement prévisibles et   humainement accesssibles. J’en appelle à vous pour qu’avant que vous nous laissiez coïter…. laissez-nous nous taire et penser.

Appel à la lutte N°11: refuser la pensée de masse.


Toute masse soumise  à une pensée exécutée du haut vers la bas, sans volonté de nuire, mais surtout avec l’envie d’annihiler toute autre forme de pensée transitoire dans notre monde, ne vaut le coup d’être mémorisé. Ainsi, Étant donné une simple idée, dont la banalité est outrageante, peut, si elle est soumise à l’adéquation de masse, devenir un instrument de non-réflexion et de précipitation collective.Ainsi il serait occasionné sur un individu dont l’état réflexif est proche du zéro, une force cognitive qui prendrait place en lieu de la pensée du dit individu, ce qui pour conclure nous conduit  à conclure que la masse est au repos de l’esprit ce que l’idée est à la torture de l’âme…voilà…. enfin, c’est que je pense, je vais relire le début…

Appel à la lutte N°9: de moitié


Après avoir appris qu’ Egon Schiele était né un 12 juin comme moi, 1890 cependant, je n’ai pu m’empêcher d’en ressentir une certaine fierté… Alors j’ai décidé que j’écrirai un demi texte, proposerai une moitié d’idée tout comme lui qui fit des demis nus. J’en appellerai à mes congénères pour que cette lutte se fasse de moitié, mi cheminante entre le début, mi oubliante d’une fin qui n’aboutira jamais. Ne pensez qu’à moitié, n’agissez qu’à 50 %, commencez mais ne finissez pas, vous prolongerez  votre vie d’autant puisque rien n’étant fini, vous n’aurez plus de destin…j’en arrête là, à mi-chemin. Egon Schiele est mort le octobre 1918 d’une grippe espa….et quelques milliers de dessins, toutes moitiés confondues…Toutes vos idées, de moitié préambulées, vous les achèverez plus tard….pour peu que vous soyez encore vivants.

Appel à la lutte N°8: retourner se coucher les pieds devant


Je suis descendu de mon lit, nu, les pieds devant… avec une certaine fierté.  Je me suis interrogé, quel va être le sens de ma lutte contre la pensée unifiante aujourd’hui ? C’est un jour sans travail pour moi, c’est un lieu où mon esprit agit; s’il le peut encore en mon corps. Je réfléchis en direct, à l’instant où j’écris et  à l’instant où vous lirez ces lignes, je réfléchirai… Mais  à quoi, mais à qui ? Ma pensée doit-elle avoir un objet ou peut-elle être l’objet de sa propre pensée… mais alors est-ce encore lutter contre la pensée unifiante que de prendre sa propre réflexion comme objet de sa propre pensée, j’y pense… silence.

Après avoir réfléchi… je suis retourné me coucher les pieds devant sans fierté.

Appel à la lutte N°6: avoir peur d’un bon rien


Le rien, ce qui occupe tout ou partie de nos vies, ces instants de latence existentielle…. vous connaissez ? Vous savourez parfois ces petits instant de vacuité intellectuelle …. n’en avez-vous pas honte ? se délecter du rien, voilà qui est indigne des humains polytâches que nous sommes…. Restez interdits, apeurez-vous de ces petits riens de la vie qui nous la rendent si belle… Ils sont insidieux , nous cache la véracité des choses…et si rien n’était si beau qu’on nous le dit; juste horrifiantifère. Avoir peur du rien bénéfique, aimez ces instants où rien n’est qu’à son juste sens…là, sans sens…vivre… rien à vivre.