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Éloge du verbe: voir
Éloge du verbe: croire
croire…. verbe qui ne se conjugue qu’à la voix passive et amorphe, extérieuro dépendant de l’éducation dite religieuse. Croire est synonyme de ne pas penser, ne pas savoir, ne pas vouloir comprendre. C’est donc par un acte éducationnel que croire est implanté dans le cerveau des plus jeunes… croire est dangereux, il est pire que le virtuel de nos ordinateurs…. croire n’est même plus un verbe puisqu’il est créateur ex-nihilo… Croyez-moi…
Il est un temps du sommeil…
il est venu ce temps, lent et chaleureux, où je saurai m’endormir, apaisé et certain d’avoir vu et vécu. Ce sera le temps du sommeil, sommeil de mes sens, sommeil de mes yeux … fermés et aveugles….je ne serais plus, ils ne me seront plus….alors c’est dans le sommeil que j’existerai….L’Ailleurs ne sera qu’ici.
j’ai de violence… envie….
Je vous hais…. poltrons de peau de bite, cul de coing de cathodique, herpès libidinal de fond de frottis, fond de culotte de la semaine dernière et en hommage à Michaux ….groins de cochons , culs de juments, vos richesses gardez les toutes pour payer vos médicaments…..bref je m’en gratte l’urètre…. Comment vont vos enfants? ceux qui le soir venu, à la sortie des lycées fument de doux pétards qui les emmènent aux portes du septième sel. Comment vont vos maris adultérins? les couilles basses qui n’hésitent pas à sodomiser de jeunes femmes qu’ils ont grassement payées….et ils vous aiment cependant. Comment vont vos femmes, érotomanes le jour, pétomanes la nuit, ottomanes le temps passé…. Mais répondez, soyez courageux, osez avouer qui vous êtes….j’ai su être lâche pour vous…. Elle pleurait cet après-midi, cette pauvre fille de 40 kg, maigre à ne pas exister, elle pleurait rue de la République à Orléans lorsque le grand policier de son âge lui passait les menottes…..elle pleurait…..5 g de schit, 20 ans de chute….et lui l’homme de loi de bon aloi qui en pesait le double et qui ce soir peut être pour oublier s’oublierait dans un lit de pastis…. je vous hais, de ne pas m’avoir soutenu, je vous hais de ne pas m’avoir dit … je me déteste encore et toujours de cette absence que tous nous recherchons….je ne suis qu’un autre comme vous êtes.
une
L’homme est passé devant moi, sa jambe manquante, coupée d’un geste précis, chirurgical se dit-il. C’est donc maintenant un homme en moins, au morceau égaré… Qu’est-il arrivé à cette jambe autrefois excisée ? Ils est donc là maintenant, attentif, sur un seul et unique axe , perpendiculaire à la Terre… Il tient , les béquilles l’aidant…. Il tient mais ne bouge plus. Sa jambe unique s’est ancrée au sol, définitivement. Il le sait qu’il restera là, unijambiste à l’avenir terrien….Il verse juste une larme pour que ses racines prennent dans ce sol désormais lien.
orgue et asthme en ut
l’orgue d’une cathédrale et l’asthme d’un petit vieux ne vont pas ensemble. Cependant….. s’ils sont liés, attachés comme deux corps qui ne voudraient pas se quitter. L’orgue asthme, celui dont les tuyaux laissent passer un souffle rauque quelque peu essoufflé et sifflant, celui dont les jeux savamment orchestrés illumine la messe du dimanche matin, l’orgue-asthme est-il soluble dans la messe du dimanche matin…. L’orgueasthme est-il moins violent quand on règle ses comptes avec les dieux (un par messeur) chaque dimanche matin ? Et si mes soeurs de la sainte trinité se laissaient aller à un orgasme, une fois, ensemble, en choeur, un dimanche matin? Quel en serait le son, quel en serait l’accompagnateur? ce tuyau d’orgue en ut ?
Je ne suis qu’un petit vieux asthmatique, dont l’orgue chromatique et charismatique est définitivement sans air…un vieux , de grandes orgues, un orgue heureux, de l’air de rien, une soeur, ses seins et ses saints…. Je sors de la cathédrale, je n’ai plus rien à y faire…
là…
Je pornographe…
Elle serait vêtue d’un tailleur Chanel…. j’en ai alors le droit… la couchant ventre reposé sur la table sur laquelle j’écris, son cul levant…. Je remonte sa jupe jusqu’à la lecture de sa croupe, son sexe me parlant…. baissant ou écartant son doux vêtement, sous-jaccent….ils sont là, las,accueillants. Ma langue est décryptante de l’ourlet de son sexe, mon doigt intrigant se sentit resserré, elle dit, elle donne, elle veut… je suis en…. je n’ai toujours pas de sexe, il viendra là où elle se le demandera…. J’aurais alors été son doux et galant pornographe.
Je bruisse
Ma vie est faite de ces silences méconnus, ces regards attardés…. je suis un artiste mondialement déconnu, abrupt, silencieux ou presque. Je bruisse quelque peu certains soirs d’euphorie, glissant sur de soudains et sereins parquets dont les craquement boiseux vous rappellent qu’il est bon de poser les pieds à terre…. surtout si l’on ne sait pas s’envoler , alors qu’on le mériterait. Je bruisse certains matins , de gris colorés, au regard de ma vertu, passée, lointaine et incertaine. Je me tais les autres moments passants, ces instants pesants, cotonneux, angoissants sans croissant… ces silences de morts…. tous les morts crient en mourant…Voyez comme elle me regarde, je suis celui qui sait comment le silence s’extirpe de la bouche des vivants.
fatigue…
Je suis un homme fatigué, fatigué… juste bon à ne plus s’éparpiller, à regarder passer les souris anamorphosées, ménopausées…. des souris brèves, rasantes. Le temps m’a épuisé, trop bouleversé… je ne lui avais pourtant rien demandé, je voulais juste qu’il ait pu m’oublier, ne pas me révolter pour que je puisse me reposer…. et puis tout s’est passé et puis j’ai tout oublié…. Je me suis retrouvé l’oeil fermé, la barbe poussée, les rêves éteints…. absent du passé, inscrit à la rubrique des chiens crevés…. collé à mes présents, elle est arrivée , virtuelle, incorporelle, émotionnelle, bordelle…. son cul sur mon écran, ses seins dans mes rêves, sa voix …. là….m’endormir près de son sexe, m’endormir.
espace du travail 1
Jour 1 d’un métier que je pratique depuis une trentaine d’années, ce n’est pas nouveau… j’ai perdu cette inquiétude que j’avais autrefois, ne plus sentir ce petit stress au ventre, cet instant de latence où le doute s’installe et si je changeais de métier ? Ne plus rien changer, il est trop tard, juste accepter désormais que ma présence ait un sens pour certains… donner du sens au devenir pour d’autres…. trentième représentation d’une pièce en un acte vital et essoufflant. Mon rideau va s’ouvrir, ils vont me regarder, je vais leur apprendre à baisser les yeux…et si seulement c’était vrai… je retourne me coucher.
j’ai vu un…
J’ai vu un être humain, ce matin , à mon réveil, embrumé…. Il hésitait . L’endroit où il devait finir ne le satisfaisait pas, c’était si loin. Il prit son journal qu’il trempa
dans sa tasse de café…. ce que l’on nomme nouvelles avaient des relans d’humanité vieillissante, trempées dans le café elles étaient vomitives… c’est ce qu’il fit, il vomit… d’une couleur de monde pas fini. Il vomit sa solitude angoissante, son désir d’autre, sa peur du vent, les pluies sous lesquelles il s’était lavé de tout cela autrefois… Il était donc nu, méconnaissable…. que pourrait-on attendre de lui ?
s’écrire…. enfin je pense…
… je suis un être fini, aux limites physiques certaines…infini dans son émotionnel, chaotique, perturbé, définitivement troublé…. l’homme vidé de son assurance certaine. Je vis de couleur en noirceur subtile, de faille en relief émoussé, de vide en plein….éteint par mes yeux fermés. Je ne suis qu’un homme replié, ses yeux fixés sur d’infimes détails que d’aucun nommeraient improbables…. inexorablement j’approche de la fin.
voyages…
vieillesse ? oui ? cane !
Là, seul attablé, accoudé, posé à cette table, le vieil homme aux yeux larmoyants s’est assis difficilement. Il a posé sa cane qui docilement marchait à ses côtés. Elle est là, le cou posé sur la petite planche de bois qui deviendra billot. il sort son vieux couteau au manche de corne élimé et tremblant, commence à l’égorger. la cane ne se débat pas, elle se sait mourir, elle se sait nourrir anciens et jeunes invités. Son dernier coin cancané dans un souffle rauque, elle s’éteint .Il la plume, couleur de sang sur le col, verre de rouge pour accompagner….magrets, foie, cuisses….carcasse, tout sera mangé. le vieil homme alors se relève, un paquet sous le bras, paquet de cane morcelée, festival de saveurs regrettées…. l’homme d’un pas hésitant, maladroit,s’enfuit, sa cane sous le bras.
carnets de vacances 42…. presque la fin
Eric…
Je lui ai dit…. Ce n’est pas facile… C’est un homme, un ami depuis peu, quelques années tout au plus…. un sensible, qui rougit peu, qui sait se taire , même s’il explose de mots, dans un français châtié, ampoulé… Un timide qui sait dire quand il le faut, quand il le sent. Un de ces hommes avare de gestes tendres envers un mâle et je le comprends… il est comme moi, interdit devant les femmes, étonné, parfois, de certaines âmes aux hanches orgiaques et aux yeux opaques. Il est de ses regards perdu à certains moments, explosé au firmament de certaines nuits
, présent, dedans…. proche du drame, comme seuls le savent, certains êtres…. par trop humains. Non, je ne lui ai pas dit, je vais lui dire…. connard, l’ami…
Explorateur de croupes
Aventurier des temps anciens, coureur des mères sans nom, vagabond des retards qui s’attardent…. Je suis l’explorateur de croupes, qu’on se le dise. Ondulation rythmée calibrée sur mon regard, c’est au son silencieux de ce mouvement éternel que l’homme y forge son destin…. repère nécessaire pour la conduire en son repaire…. la fesse exprime et domine le vague à l’âme résiduel de l’homme….Il n’est rien, obséquieux s’il se peut, talentueux s’il en fut… il s’attache, se tord à cette forme comme une nécessité exprimée….Je suis l’explorateur de croupes, mes rivages sont peuplés de monstres incertains tirés de rêves hébétés, de formes outrancières redondantes et lissées, de sphères implosantes en ma pauvre sensualité…. Je suis là assis sur mon rivage, débarquant d’un monde ancien et lointain, je suis là, seul…. les mains coupées.
liste de courses…
J’abuse journellement de ma solitude, suis un exacerbé du temps passé… avec moi…. Chaque moment que je vis en ma compagnie est un délice. Je m’aime à m’en dégoûter …. Trop de temps à élucubrationner des mots journaliers, je suis centre d’un monde qui m’appartient,Dieu plénipotentiaire, Narcisse en son nombril…. Tel Louis XIV, cousin lointain… Je danse donc je suis. Face à mon beau miroir, qu’autrefois la méchante reine m’avait volé, je regarde ma gueule, désabusé, j’ai cette tête de page blanche, vide, sans inspiration…. sans expiration, pourtant je suis un dieu …. un petit dieu… Ecce homo… Qu’ai-je fait de ma liste de course?
ce matin, je me suis senti …
Ce matin, je me suis senti vide, entravé par un profond désir d’expiation… quel con. Expier mes vies de nuit, mes morts de jour, mes instants hagards à regarder, les yeux troublés, ce qui au demeurant eut été insignifiant, mais qui se révèle être les prolégomènes nécessaires à toute décision inconsciente de la prise d’une photo…. bref parfois je plane, hésitant un bref instant et déclenchant dans le continuum de ma respiration, ainsi que mes maîtres d’autrefois, Tamura, Hikisutchi… me l’avaient enseigné… non pas à déclencher, mais a expirer…. expier une expiration, quel manque d’inspiration.
Ma photo
Telle une branche
Sous le vent
s’inspirant d’un signifiant
m’écrire
La gestation de mes mots se fait en compagnie d’êtres perceptibles mais sensibles, ils m’enveloppent sagement de leurs états humains enfumés et gélifiés pour certains. J’aime leurs proéminences, leurs silences interdits, leurs redondances journalières, leurs protubérances animalières, leurs états noctifères et instablants qui les poussent parfois aux débordements de leurs âmes égoïstes, ils en deviennent bons et cons, parfois cons et ronds, cohérents, continuons… Elles sont parfois splendides dans leurs robes nudifiantes, fragiles à l’intérieur de leurs sexes occupés par de savants hommes au ventre délabré, au sexe épatant et aux couilles pendantes comme il se doit, c’est avec leur doigt parfois qu’elles se donnent ce qui leur a été refusé, c’est avec nos mains que nous nous offrons ce que nous n’avons su donner. Elles sont là, mères solitaires, l’air solitaire, mariées dans l’attente de leur amant, de leurs amants qui galamment les prennent violemment…. prends moi s’il me plaît! les chaînes enchiennées se les libèrent…. et parfois cependant, c’est du fond de leur voix que sort la plus affable des douceurs… qu’elles ne se taisent que si je leur ordonne.
L’accouchement de mes mots se fait seul, attablé au grand matin de cette nuit finissante, le regard ahuri, l’esprit troublé par ces rêves fantasmagoriques, où toutes elles ont cédé à ma volonté mâlifiante et désordonnante de les voir assagies, après en avoir usé instamment et pas longtemps…. seul, mon nin-nin à la main, alarmé et à la ramasse, c’est d’un doigt tremblant qu’ils naissent là sous mes yeux fermés….


Quelle violence donner ?
Quelle violence donner à ces silences qui viennent s’interposer aux moments où ce qui devrait être dit ne se fait, sans exaltation, posément ils se tuèrent mutuellement. L’un comme l’autre , de part et d’autre de leur monde ils se regardaient, éloignés par le temps, éloignés par cette infime croûte nommée trottoir, ils se toisaient dans le silence…. rien, encore rien et tout à recommencer sous le bruit ambiant des véhicules se déplaçant autrement. L’arrêt mécanique des êtres s’opère selon un processus génétiquement établi depuis 1 234 456 années… Regarder, stopper, oublier….. entre le se taire et avant qu’il n’y ait le mot, mourrir l’autre si l’espace ne suffit et puis repartir dans le bruit. L’instant de communication n’est qu’un arrêt, son silence l’enveloppant l’accompagne, douloureusement souvent…. le silence est porteur d’inconnu et de méfiance. « tais-toi ! »me dit-il en pédalant.
Et s’il fallait vivre…
C’était une soirée sympathique, on y rigolait, souriait, médisait sur sa prochaine…. je ne me souviens plus des noms de celles sur qui l’opprobre fut jeté, elles le méritaient. je ne me souviens plus des blagues, lourdes, salaces que mon voisin de droite me racontait jusqu’à pleurer de rire…. je ne me souviens plus vraiment de ce que j’ai mangé, je sais que c’était bon.Il y eut donc le moment du départ, de mon départ…. je ne sais comment il s’en fut, mais à un moment j’éprouvai l’impérieux besoin de dire ce que d’aucun n’eut pu dire, puisqu’il n’en aurait pas eu l’information…. donner une information qui plombe l’atmosphère… silence puis révolte, on se refuse à sa vérité, on palabre, on argumente, on politise, le grand complot est là pour vous forcer à acheter des médicaments, vous faire vacciner…La grippe H1N1 tuera, ce que j’ai dit… honnêtement je n’en sais rien, je ne connais pas les noms des personnes qui en mourront, ni de celles qui en souffriront… seulement je sais de source sûre, ministérielle… le nombre … celui qui était écrit dans la presse quelques jours auparavant. Etait-ce pour la grippe ou pour les supporters d’un club de foot ou le nombre de touristes ayant perdu leurs papiers …. je ne me souviens plus. c’était un nombre, gros, donc important. L’ayant mis en relation avec la mort , il était douteux, violent, intolérable, improbable…. l’ayant transmis sous le sceau du presque secret il devenait affligeant de vérité…. ce soir mourir un peu…. NON, il suffit! le grand complot ressortait, on nous manipule… peut-être allez savoir. De toutes façons, nous mourrons, que cela soit de grippe portuaire, précaire, des ovaires…. de faim, de soif, de vie, de vieillesse, de solitude.. non la solitude ça n’existe pas, bref on mourra…. ceci dit, je remets mon masque, avale ma ration d’antiviraux et continue de mettre des croix en face de ceux qui auront droit au vaccin, ceux qui auront droit au médicament, ceux qui auront le droit d’être sur la prochaine liste, ceux qui auront le droit d’attendre, ceux qui y passeront, ceux qui paieront pour ne pas y passer, ceux qui passeront au travers… .rappelez-moi votre nom, je ne m’en souviens plus.
carnets de vacances 41… La Rochelle… Paris
Hier, La Rochelle… Aujourd’hui Paris! Du plein au vide. C’est vrai! Paris est vide en août, le reste du temps il peut être creux. J’étais, marchant dans une rue, calmement… stupéfait, arrêté, ni voiture, ni piéton, Paris en août outrageusement vide. Certes j’ai vu un homme se faire renverser, je pense, parce qu’il avait oublié que les voitures existaient. Je suis passé dans le 13 ème arrondissement, au pied de la prison de la Santé, en pleine santé, le bruit de la voiture blondée ou blindée qui roulait beaucoup trop vite pour amener un prisonnier, d’ailleurs , je ne sais si cette voiture était pleine … Peut être vide comme la ville de Paris. j’ai vu de petits vieux, collés au goudron brûlant, des SDF, eux aussi abandonnés, comme les chiens sur les aires d’autorpute, à moins que ce ne soit le contraire des petits chiens collés et des vieux oubliés, les SDF, justes présents pour collaborer avec la mairie afin que le ville ne soit pas vide. Paris meurtri, Paris outragé…. dit il les bras en l’air. Je me suis même assis sur un banc, j’ai senti mes pieds se coller au goudron, le chien du petit vieux est parti en courant, abandonnant son maître…. Un homme est passé, m’a donné une pièce dans la main que je tendais pour rattraper le chien. Aujourd’hui Paris, hier la Rochelle, quel est donc l’intérêt de ces déplacements… je me fais vieux, je sens mes forces m’abandonner, le chien de la voisine que je regardais parce qu’elle se déshabillait à sa fenêtre, m’a attaché à un poteau au centre de Paris en compagnie d’un homme dont l’odeur, fermentée, inhumaine, me rappelle celle du port de La Rochelle à marée basse…. je ne sais pas ce qu’il faut oublier, le vide, le plein, l’odeur….Il était souriant cet homme sur le port de La Rochelle.
La nuit pesamment passante en son plaisir
La nuit, la mienne, silencieuse et obstruée… monstruée. Ma nuit violente, sans sommeil.
Accroché à écrire ce que le jour me pousse à voir… la nuit comme une pressante présence.
La nuit, fenêtre ouverte, j’entends le silence des autres. Explosions sonores colorées de noir et de réelles solitudes. Les couples s’aiment, fenêtres ouvertes, leur chaleur s’accouplant à l’Odeur. Leurs soupirs colorés de gémissements portés par le vent frais, abjectes simulacres copulatoires pour certains, orgasmes de fin d’été pour peu d’autres, silences à oublier… Ils sont là , humains et faibles. J’attends que mon tour vienne.
carnets de vacances 40
Fini le sud, fini le beau… j’ai fait la route vers le nord, vite, embouteillée…. Les gens que l’on y croise sont fatigués, livides, décolorés par la sueur. Transhumance d’été coulant dans le dos, aigreur de la journée. je m’y suis attardé, je les ai regardés. Il n’y eut que cette jeune allemande, attendant son tour pour remplir son réservoir, vêtue d’un pantalon blanc presque translucide, ses fesses petites et potelées donnaient l’évidence du nu passé sur ce parking pour voitures assoiffées. elle est remontée dans son petit cabriolet, le sourire envolé… le sperme sur les montagnes russes, s’envoyer en l’air dans tous les sens du terme, c’est ce que m’a dit le feuilleton d’origine américaine, à ma gauche…. j’ai le regret de cette même chaleur accompagnée du bruit d’une petite vague.
carnets de vacances 39… Etat des lieux 9
Ils existent ces types, le coeur sur la main, bavards de fin de nuit.Leurs vies, souvent dures, parfois sales…. oubliés à un moment du temps déroulant. Ils explosent de sincérité, s’étendent amicalement devant vous…. Je me laisse aussi à raconter, comme une nuit qui tombe, des détails dits, qui peut être seront oubliés au matin, mais alors je me suis senti glisser jusqu’à la fin de la nuit… Ils existent et vous embrassent sur les joues en partant…. merci l’ami.
carnets de vacances 38
carnets de vacances…. 37 ad libitum
Marseille, le 10 août, 14h30… Je suis assis à une terrasse de café sur le vieux port, je bois un coca cahin-cola-caha-molah… Je photographie les passants qui passent devant ma table, objectif Nikkor 35 mm à décentrement, diaphragme 5.6, vitesses diverses. Je photographie à l’arrache , j’ai quelque part dans ma tête le cadre correspondant à mon 35 mm… Je sais donc qu’il n’y aura que des corps colorés, des flous de premier plan, des surexpositions torrides, des courbes éventuellement… Je photographie des femmes, des enfants, un chien, quelques hommes… tous morcelés. Arrivent deux policiers, l’un d’eux me demande ce que je fais… explications simples, je montre, je démontre… Une femme s’est plainte du fait que j’ai photographié son enfant… à vrai dire, juste sa robe colorée, la main de son enfant tenant sa main maternelle dont le poignet est équipé d’un gros et large bracelet argenté…contrôle d’identité… Il y a environ quinze minutes qu’elle est passée et je l’ai vue se retourner juste après le bruit du déclenchement de mon D3.
C’est la quatrième fois en trois ans que je suis interpellé parce que je photographie des êtres humains sans autre but que de les voir autres. Les trois premières fois, à Paris, lorsque je photographiais un modèle… 3 fois lors de la même séance, dans une toute petite rue, dans le quatrième arrondissement de Paris, par deux patrouilles différentes… 6 à 7 policiers au total et par la brigade fluviale sur les bords de Seine… peur d’une pornographie en plein jour ? d’un monde différent ?… cette femme que je photographiais n’était que belle et habillée… et puis ce jour. Les deux policiers ont été gentils, ils ont compris de suite…. Cependant…
Je suis fier d’être ainsi arrêté , fier de pratiquer une activité si dangereuse pour l’humanité…. je sais qu’il est interdit de toucher à l’image d’autrui…. Cependant, je n’en ai rien à foutre parce que je ne fais que montrer ce qui est, sans chercher à gagner, je ne prends pas possession des images, je les utilise partiellement pour les magnifier … Je dédie donc ces images aux autres pour lesquels la force publique ne peut, ou ne veut, intervenir… je dédie ces images et ce texte à tous ceux qui par émotion, un jour, ont pris le risque de montrer autrement cette réalité certaine… aux photographes qui voient ce qui ne se voit pas …. et en particulier, par respect pour eux… parce que je ne les ai pas photographiés ce même jour, j’ai refusé… Ce petit Roumain de sept ans qui ne disait que monnaie, monnaie, monnaie… sa mère ne se serait pas déplacée pour me pédophiler de sale gueule. Cette toute petite vieille, assise sur une chaise, dont la tête ne dépassait pas le haut du dossier… elle dévorait un kebab. Je ne l’ai pas photographiée parce qu’elle avait faim. J’ai cependant photographié cet homme, élégamment habillé, d’une autre époque, marchant lentement…. il était là comme une âme
. Je lui dédie cette photo. C’était en France un dix août 2009…
































































