carnets de vacances 20


Mon sud est plein, regorgeant, de ces petits lieux, petits vieux, attentifs aux temps passants. Endroits inversés où s’arrête le temps précédemment écrit, insolites, insolubles dans l’ordinaire de la vie, je m’en délecte. J’erre journellement, pas plus de quelques temps, de quelques vies, à la recherche arrêtée de ces moments  internes et éternels… J’en titube allègrement, de joie, d’ivre cécité silencieuse, de simplicité évidente. Mon sud est plein de ce vide humain, de ces instants pendus, oubliés de tous… Ce ne sont que des moments localisés, sans qu’il soit besoin de les signaler plus qu’ils ne sont. Ce ne sont que des lieux…. rien de plus, pourris parfois, glissant jusqu’à l’odieux souvent, puants, immondes, humains, par trop humains. Ces lieux où l’on ne passe que _DSC2042

si son coeur s’y sent accroché …. Lieux où vivre ne s’ y dit pas…. Mon sud …. à n’en pas perdre le Nord

carnets de vacances 19… Etat des lieux 3


Le soir….. quand tout se termine…. c’est là que la laideur apparaît. Qu’en est-il de ce besoin de troubler son corps pour rester dans une fausse jeunesse, refus de sa mort ? refuge face à une vie qui fuit ? le paradis du botox est sous mes yeux…  siliconés jusqu’aux mamelons érigés, les seins de 2009 échappent à la loi de la gravité, obus gélatineux sortis d’un magasin de poupées gonflables… les ventres thermo-lipo-sucés n’échappent à la laideur des cuisines en formica des années 60…. les bouches dites « à pipes » par le passé, sont devenues des gueules de mérou…. les fesses sont rehaussées, les culs plombés, les chattes refermées, rien ne doit dépasser. Je ne me sens pas plus vulgaire que certaines le sont par leur monstruosité inhumaine et plastifiée. Est-ce une mutation de l’humanité ? une sorte de virtuel concret…. La richesse rendrait-elle con à partir d’une certaine quantité ?

Elle s’était assise à mes côtés, je ne pouvais pas l’ignorer…. son parfum amplifié, sa poitrine Mattel redondante, ses lèvres qui occupaient la moitié de son visage, sa coiffure incluse sous résine, ses bourrelets…  traces d’un chantier global non terminé. Des seins de 20 ans, un ventre de 60, une bouche extraite d’un dessin animé… une femme en kit dont le mode d’emploi eut été oublié…Il n’y avait plus rien à espérer de ce soir…. Elle finit la soirée seule à boire du champagne, à sourire sans trop forcer…

J’aime l’âge des corps de femmes quand elles sont sujets de mes fantasmes et quand ils ne sont pas objets  de mes fantasmes…. _DSC1933

carnets de vacances 18


C’était un soir à lumière rare, rasante…… embrumée légèrement….. j’ai pris le plaisir de ne pas penser, juste regarder.YG6W4946

carnets de vacances 17… Etat des lieux 2


Là ! j’ai envie de gueuler… Là où on parle je me tais et là où on se tait je parle savamment….. Donc je me tus depuis ce matin, parce que tous n’avaient rien à dire et le faisait savoir fortement … quels cons  ! Ils étaient tous là , commençons par ce début… les femmes ce soir n’étaient ni jeunes , ni vieilles… elles bruissaient fortement  … Je les regardais, elles imposaient leurs seins décolletés, leurs poitrines à ne plus respirer et leur fadeurs de femmes de soir éteint… ce soir, cet homme plus âgé que moi se débattant pour conquérir deux femmes qui eussent pu être ses filles, maladroit, vulgaire…… Tout de blanc vêtu,la chemise cintrée, le ventre flasque boudiné, les chaînes en or sur le torse velu ou presque, la montre au poignet de la taille d’un coucou suisse…. les hommes du sud…. parlant haut et fort , les mains agitées étaient à l’origine du vent frais du soir. Quel besoin ont-ils de palabrer des heures durant pour ne parler que d’eux ? Le regard de cet homme quand ces deux jeunes femmes se sont levées pour le quitter, sans sourire, lassées de tant de vent du soir, de tant  de rien à outrance, de tant de temps perdu à ne pas les écouter…. j’ai senti alors qu’il venait de rejoindre son nord expressif, intérieur et certain…. un grand silence s’imposait à lui….. seul, il était…P8200002

carnets de vacances 16


Lumière de putain de lumière… Le sud c’est çà aussi, ces instants outrelumineux, ces ombres malsaines qui tombent dans le blanc le plus flagrant et violent. J’ai marché dans des rues attentives à ceux qui s’y trouvent, déflagrations nauséeuses au contact du safran des murs, de certains verts anisés et du vent qui balaie des tonnes de poussières …. l’espace des impressionnistes, l’impression de l’espace replié cependant, car rien ne se passe  à l’intérieur, tout y est externe et sonore…. le silence est pour ce qui ne se dit pas…. J’y ai vu des bruits de paroles dont le sens n’avait que peu d’importance. Le sud c’est un combat entre les cigales et les paroles en l’air…. même le silence y est odoramment bruyant. Putain de sud de putain!_DSC1840

carnets de vacances 15: le Lieu, les Acteurs… Etat des lieux 1


Le Lieu:

C’est un bar, de soir, de nuit déjà commencée,auprès du port,  un centre externé de forme carré. Il mesure approximativement quatre mètres sur quatre.La nuit du sud vient s’y coller depuis de nombreuses années.On s’y rencontre avec des regards excessifs, on se doit d’y être même s’il y a longtemps que tout est déjà fini…. la vie.

Les Acteurs:

Ils sont nombreux, mouvants, précis, déjà écrits dans d’autres vies…. ils sont le patron au ventre maintenant si gros qu’il ne peut plus se regarder pisser, des femmes seules et vieilles ou âgées ou passées, peut être finies. Elles sont en attente des hommes pour une odeur de plaisir. Elles sont aussi des femmes jeunes, belles, excessivement belles, brillantes comme ces soirs d’été dans lesquelles elles viennent à exister. Elles se montrent, se donnent, s’offrent, se vendent pour certaines…. elles sont hôtesses de l’air en transit pour la nuit, puisque le dernier vol est tard, beautés locales à la peau cuivrée…. femmes d’espoir d’une histoire, putes sans le savoir, femmes, sexes…. Tous se connaissent ou font semblant, s’aiment ou font semblant, se touchent ou font semblant…. Qui sont-ils les hommes ? machos de blanc vêtus, tatoués pour se montrer, militaires en manque, légionnaires en manque, manque d’air en manque…..Moi, qui depuis quelques étés les regarde exister, silencieux, attentif, inexpressif….Moi, eux!

Ce sont leurs moments intenses d’histoires silencieuses……. Ce soir, passée, cette femme d’une cinquantaine d’années, en compagnie d’une autre qui, puisqu’elle lui ressemblait, devait être sa soeur. Elle s’est collée, lubriquement, certainement vulgairement, au ventre du patron, l’embrassant à pleine bouche, l’embouchant à plein bras….. ce patron, héros local du silence, qui touche le corps des femmes, puisque c’est lui qui est de droit… Cette femme, enlaidie par ses convulsions sexuantes, cette femme oubliée l’instant d’après puisqu’une autre plus jeune, aux seins plus fermes, à la croupe plus avenante s’est présentée…. Tout, à nouveau, a recommencé….. DSC04448

carnets de vacances 14


Sud, cigales et mistral, foule et machisme…. On s’y montre, on s’y exhibe…. on y vient passer des vacances au soleil cuisant et dépaysant….. concentré européen de tout ce qu’on peut trouver de modernité humaine et malsaine sans que pour autant les individus qui la composent aient pu souhaiter être les perfides acteurs de cette société excessive et grandguignolesque….J’y suis pour quelques temps l’oeil aux aguets, l’esprit à l’écoute….Le bling-bling comme contre-référence à l’absence d’existence intérieure. Les femmes y sont à l’image des voitures, carrossées, brillantes la nuit, poussiéreuses le jour, silencieuses en compagnie de leur chauffeur, bruyantes en meutes, arrondies jusqu’aux hanches pour mieux qu’on les reconnaisse comme méditerranéennes … elles prient à genoux la bouche pleine, se marient parce que c’est une tradition, présentent leur poitrine comme argument grandiloquent…. les hommes se taisent alors.Il n’y a pas besoin d’y exister , paraître peut suffire. C’est toujours ici, mais avec une certaine odeur de début de vingtième siècle…..Un lieu d’où on part difficilement quand on y est né, une différence comme un oubli._DSC1802

carnets de vacances 13


Du blanc, rien que du blanc… dernière journée de montagne, de la neige, du froid, du brouillard, plus de bar, pas de hasard….. fin du monde. La vie se referme lentement à la vitesse des nuages coulant le long des parois montagneuses, petite purée noueuse, bouillie aqueuse qui se répand blanche et poisseuse au sol. Solitaire couleur de sol enneigé, je calme mes mots, mes en vie, mes instants fiévreux de citadin blasé  à l’incapacité choquable, instable et insatisfaite. je me sens couler dans le flux des nuages qui passent face à ma fenêtre, je comprends instantanément le goût de la lenteur, l’odeur hoqueteuse  des vieilles vies qui se terminent… L’altitude et sa soeur montagne vous prennent au corps , vous élèvent lentement à la hauteur de la sobriété, de la sincérité…..Il est simple d’être un homme quand on se sait et sent seul.DSC04430

carnets de vacances 12


YG6W4794

L’eau, c’est certain me possède. Soixante-dix pour cent de mon être, s’il en existât un, est de l’eau…. à savoir quarante-neuf litres d’eau. Je vais établir une moyenne à cinquante litres par humain, trois milliards d’humains, donc cent cinquante milliards de litres d’eau, d’eaumain…. Foutre quelle piscine! Revenons à mon eau, la mienne, celle qui m’est génétiquement appropriée. Elle me sert à la cohésion de mes cellules…. C’est un peu comme si mes ancêtres avait quitté la mer avec un gros sac pour vivre à l’extérieur de leur milieu initial. Paraît-il que le niveau de la mer augmente suite au réchauffement… ainsi si chaque humain est détenteur d’une partie de l’eau présente sur cette planète, le dit niveau ne peut donc que moins augmenter …. l’avenir de l’humanité serait-il dans une surpopulation d’obèses (n’oublions pas les soixante-dix pour cent) à forte tendance à la rétention…. à réfléchir…. je vais aller pisser un coup en attendant….. Faudra-t-il se méfier des femmes fontaines ?

Mon hors temps


Je me suis assis sur cette terrasse, seul, consoleillé, le temps passant semblait lourd, les êtres  semblaient s’ignorerhsbc-laurent-robillard-3-1280x768….il y régnait une évidente immobilité. Il y eut ces deux jeunes femmes dont les images s’étaient échappées des ateliers de Rubens et Botero, elles mangeaient de petits gâteaux accompagnés de soda…fin de la première image. Il y eut  aussi cette autre femme, grande, noire, au Teeshirt court qui laissait plus imaginer qu’entrevoir le bas de  son dos, zébré de vergetures….fin de la seconde image. Il y eut encore cet homme, jeune, accompagné de ce petit  bijou placé au-dessus de son œil droit, comme une accroche qui eut été utilisé  à le maintenir ouvert , les longues nuits de veille…fin de la troisième image. Plus loin s’installèrent un homme et une femme, tous deux âgés, regardant fébrilement un petit livret annonçant le programme de certaines festivités lasses….fin de la quatrième image. Cette mère arriva accompagnée de son jeune fils, ils s’installèrent au soleil face  à moi, puis se déplacèrent vers une table ombrée, pour mieux voir ce que  proposait le petit appareil photo numérique en leur possession…fin de la cinquième image. Pour finir, lentement, cependant sans nonchalance, passa cette grand mère digne  au lourd cabas multicolore. Elle le tenait de sa main droite et penchait du côté gauche pour maintenir un équilibre moins que certain et encore moins évident…fin de la sixième image. Tout cela ne dura pas plus que quelques secondes, pendant lesquelles , les yeux grands ouverts,  à aucun moment je n’hésitai. J’étais certain que ces instants eurent pu être ceux par lesquels la fin du monde sut commencer si elle avait eu  à choisir son propre début… J’étais  assis au soleil, c’est à elle ou elles que je pensais…pour commencer cette fin.

carnets de vacances 11


Ce jour, j’ai été touriste, marchant le matin, grimpant dans les arbres l’après-midi, culbutant les quilles du bowling le soir… et puis qu’en dire ? mes douleurs musculaires, mes couleurs de chair, mes odeurs corporelles mais pas pour elle…. J’ai choisi de ne pas penser, de ne pas bousculer mes idées non reçues… âpre fut cette journée, sans câpre ma pizza pour conclure, sensation de rouge, de prise d’altitude, de peur de chute, de pur, de choir à l’heure…. rien à dire, demain il va peut être neiger…. c’est çà la montagne, même l’odeur des pieds._DSC1762

carnets de vacances 10


Vert, montagne verte… grand espace, je ne pense pas être impressionné…..Je suis là-haut, au-dessus le ciel, le paradis, Dieu et tout le bordel…. paraît-il ? je suis seul… enfin pas pour longtemps, il me rejoint dieu. il s’assoit à côté de moi.

_ »Salut, tu t’emmerdes assis seul ici ?

_Pas plus que toi là-haut ou ailleurs, je n’ai jamais très bien su localiser ton lieu de travail. Je doute….

_Tu doutes de quoi?

_De l’intérêt de voir des humains poser leur cul comme moi au sommet des montagnes, seuls, à douter sur l’intérêt du genre humain.

_Mais, moi je n’ai jamais douter de l’humain…

_Ta gueule, je connais… le pacte initial entre toi et le peuple élu….foutaises…. tu vois le bordel que tu as foutu, on peut plus faire un pas sans tomber sur un de mes congénères…. même ici à trois mille mètres d’altitude, on est dix et il y a de la place pour cinq…. retourne en bas et vas faire le tri, explique leur…. Je reste ici je garde ta place en attendant…. ne te dépêche pas, j’ai tout mon temps. »

Il est descendu en bas vers l’humanité, en courant, pour tout expliquer, il s’est cassé la gueule sur  un piquet qu’un skieur avait du laissé traîner là…Le con, je crois vraiment que c’est pas gagné…YG6W4581

carnets de vacances 9


14 juillet, télé… j’ai tout regardé, les coucous, les beaux militaires, les avions invendables et invendus, les chars Leclerc…. j’en ai pas vu quand j’y suis allé la semaine dernière, les femmes militaires, on n’a pas encore d’enfants soldats, la légion étrangère, nos étrangers sans papiers, la première dame de France, j’en étais resté à l’égalité dans nos symboles, les soldats Indiens, les cow-boys, la brigade franco allemande après deux guerres mondiales, les chasseurs alpins tant qu’il y a des glaciers, les diables rouges…nom donné par les Allemands en 1915. Les régiments d’élite et à chaque fois l’Afghanistan, merci les afghans, j’ai pas vu les afghans défiler, les chiens sauveteurs…malouk le chien sauveteur, Rintintin, Milou, Rantanplan, mon chien Soja….Je m’égare, les sapeurs pompiers de Marseille pour la première fois sur les champs Elysées, les bérets verts, les seuls dans l’armée française…Bref, des hommes des vrais. j’ai vu aussi le ministre de la culture mais pas la culture, j’ai vu le haut de la pyramide régalienne….Et puis il y aura la garden partie , boire, manger, je me demande si certaines et certains se cacheront dans les bosquets pour quelques gâteries….cela se fait-il chez les grands ce ce monde ? les orgasmes sont-ils moins bruyants que chez les pauvres et les très pauvres? aucun rapport avec le 14 juillet…..Je retourne lire « voyage au bout de la nuit »._DSC1632

carnets de vacances 8


J’y suis allé, un peu plus haut, voir, mesurer, arpenter, contempler, cons tant pis…. montagne de haute consommation. A commencer par toutes les bites à neige, canons à neige qui restent planter été comme hiver. Je les ai vus, je n’ai pas pu les compter….Il y avait aussi tous les tuyaux, les fils, les câbles, les bouts qui restent, les bouts qui pendent, les bouts informes dont on ne connaît plus la provenance. Il y a aussi les poteaux qui tiennent les fils qui permettent aux cons d’hiver de remonter les pentes pour qu’ils puissent glisser et être un peu plus cons en bas en arrivant persuadés que la montagne ça se descend, des tires-fesses qu’ils appellent çà… moi je les nomme des pousses-culs ou des montes-cons. Et puis ces routes, ces chemins, ces câbles  qui emmènent jusqu’en haut ou presque  jusqu’en haut….Comme tout se réchauffe, la neige est de plus en plus haute l’hiver, donc il faut que les cons puissent se hisser sans trop se fatiguer…cons templer, cons templatif, cons tentés par la facilité… Tiens s’il fallait remonter toutes ces pistes jusqu’en haut à pied depuis presque le bas, il n’y aurait que les forts qui seraient en haut, les cons forts, les cons forts à tables…. je dois vraiment être un vieux con, con dansé, con sensuel, con disciple….oui certainement…. mais si j’étais une marmotte, j’irais creusé des trous dans tous les jardins de ceux qui dégueulassent mon espace et puis je chierais devant leurs portes , juste pour le plaisir…. content !_DSC1625

carnets de vacances 6


Les vacances permettent l’humidification des corps nus, en recherche de fraîcheur, absents de leurs odeurs de sueur….ils se baignent après leurs stagnations héliotonique. Le passage de la chaleur  à la fraîcheur ne se fait pas sans douleur…chaque cellule, qu’elle soit  adipeuse ou épidermique, réagit fortement  au contact de la froideur de l’eau , salée ou pas. L’essentiel est d’y rentrer, de ne pas y rester, d’en tâter, de mater, les naïadesques nudités, rubenstoïdes, giacomettitoïde ou moderno flasque, voir en forme de bouteille de rosé petillant portugais. Une fois dans l’eau on se débat pour ne pas se noyer , on s’y débat élégamment, on s’y ébat également, moi je m’en bats les couilles, parce que l’eau est froide , donc je les bats pour les réchauffer…ce qui me blesse, me fait crier….j’ai donc analysé le danger  de l’approche de la fraîcheur de l’eau des bains de mer , amers et de mères. Je me démerde pour ne pas m’en battre les couilles, pour cela je n ‘approche pas de l’eau, je ne la pénètre pas  (la mer pas la mère amère…parce que si la mère me propose un réchauffement comme suce indiqué au préliminaire lavable , ce qui en contracté donne un préalable..je ne peux ni refuser la pénétration de la mère, ni l’amertume qui en résultera)….donc les vacances et l’eau…que d’eau… que d’eau, queue d’eau…plonger dans l’humidité relative de la mère….je sais faire.ty-10 [1280x768]

carnets de vacances 5


S’asseoir lentement au fond d’un fauteuil, se couler dans l’épaisseur de la matière moelleuse… Prendre un livre, l’avoir volé au préalable, pire!  acheté, dérobé, échangé, substitué, copié, téléchargé….lire si on sait lire, lire si ce n’est pas un luxe , lire si on n’a pas trop faim, lire si on n’a pas trop faim et si l’on a quelque chose  à manger, manger si c’est plus important que lire…dévorer son livre…..comprendre ce qui est écrit, encore un luxe de pays riche….lire chez les pauvres qui eux aussi ne font rien; alors qu’ils voudraient faire quelque chose  pendant  que le riche en a trop fait et qu’il prend le temps de faire ce qui ne correspond pas à  rien puisqu’il est en train de lire….imaginer le fil du roman parce qu’on n’a pas d’autre soucis en tête…lire, dire , écrire….dernier retranchement du stoïcisme  à mettre en opposition avec le close combat et la boxe totale….lire parce qu’on n’a plus rien  à dire, s’asseoir dans ce fauteuil, s’enfoncer, s’addicter  à la pensée de l’autre… je déteste lire.ty-20 [1280x768]

carnets de vacances 4


C’était un instant d’attente, soudain, incertain, tragique…je m’attendais dans l’éventualité d’une autre vie…. Ils étaient tous là pour leur premier soir de vacances, enfilés sur l’autreroute, accolés sur les plages, graisse à gras, macdo dos à dos, alcoolés dans les boirs le sar…quelle viande, quels membres…. plusieurs millions de bras plus tard, quelques millions de litres de sueurs plus loin. Les vacances se résument à ce fourmillement chaotique.Je me suis donc autorisé quelques heures de silence, quelques moments d’oubli, quelques cellules cancéreuses ensoleillées, quelques regards plongeant dans les décolletés… bref une vie d’homme en attente d’une mort de super héros. Je me préparai à plonger lentement dans la couleur, leurs couleurs.tp (173)

carnets de vacances 2


Les vacances commencent toujours par le vide qui se remplit….on retourne le sablier et tout ce qui était en haut se retrouve le cul  à l’air, le sexe émulsionné…en bas là où il fait plus que chaud. On s’y épile totalement, on s’y dénude sincèrement….les ventres sont prêts à se rencontrer. Les églises sont visitées, les femmes aussi, les hommes avisés…on tolère ce qu’on s’est avant interdit….alcool, drogue, préservatifs, seins nus, ail, brochettes, rosé de Provence, coups de soleil, adultère……le tout dans un grand verre, l’ail au lit…..on est con et heureux de l’être, on se lâche, on laisse sa main glisser sous les jupes, on répond par un déboutonnage de braguette….sexe  à sexe on peut se provoquer. Les vides se remplissent , les liquides passent d’un corps  à un autre, les préservatifs se remplissent….Il n’y a pas que sur l’autoroute que les humains se croisent…Vacances, vacuités, chaleurs internes et d’extrémités, l’été laisse couler la sueur et les jambes serrées….l’été commence souvent dans sa culotte.oiu-5-2 [1280x768]

carnets de vacances 1


Sans prendre la route, pour le moment , je consacre mes vacances à l’exploration systématique de l’état humain….j’y suis, je n’en reviendrai pas. Ce jour, cette heure, j’étais en compagnie lors de rrr-3 [1280x768]

rrr-8 [1280x768]ce moment appelé barbecue convivial….la viande y était rouge comme une vierge qui ne l’est plus, les merguez grasses, sinon elles n’auraient pas été  merguez…. J’ai bu, j’ai mangé et puis j’ai fait ma sieste, en ronflant de préférence…un début de vacances  à ne pas s’y tromper, j’ai donc vaqué à ne pas considérer le temps , les actes , l’adéquation habituelle entres ces deux éléments…ne rien foutre, ne rien penser, ne rien être….assez douloureux cette sensation de vide existentiel…..

Il y a des soirs où la Terre penche…


Il y a des soirs où la Terre penche et où tout chavire m’a dit le verre de Chablis, chat bleu, chat noir…la Terre penche dans le noir et je m’accroche  à la bouteille. Je ne sais pas pourquoi mais  je sens la chute, le doute, le trouble…c’était un 4 juillet , l’un des paons day, le jour où la terre se mit  à pencher, pensées noires sans savoir pourquoi…je vais continuer  à me pencher du côté de la Terre, un tour  peut être ? un tout sur elle-même, histoire de récupérer quelques heures passées à ne rien savoir, ça boire. Je n’ai aucun problème avec l’alcool , c’est lui qui en a un avec moi. C’était un soir où la Terre penche et où je chavire dans un regard…chavire dans un égard, un soir s’enterre….il y a des soirs où je m’épanche dans un regard…atterré, interdit….un soir encore un soir…jui-19

L’Isa!


Elle fut la dernière rencontrée ce soir, la dernière vers sa tanière… Auparavant une autre à  l’opulente poitrine et au doux regard, mais certain….Le moucheron se promenait sur l’écran. L’Isa était donc là . Non! me dit-elle. L’odieuse licencieuse refusait de croiser ma vie et mon destin. Elle, si sincère, si sensible, au sang si bleu…Ses meubles , elle devait bouger! Par la fenêtre je lui aurais balancés.L’Isa  se refusa  à boire un rosé pour des meubles à bouger…. qu’elle feigne j’eus compris , qu’elle mente provoqua mon ire, Mounir passa sans thé à la menthe, santé à l’amante, sans T alarmant et sans Allemand ôté…Isa remuera, tout comme je le fais avec les mots, ses mots bleus, ses meubles, son sensible sang si bleu, ses mots sans cible, ses bouts fardés, ses fards boudés…Isa , prends soins de toi, soulage ton dos et sous l’âge ton dos souffrira…..c’est le moucheron que j’écrasi sur l’écran , j’insiste  j’écrasi…j’écrIsa…d-15

De l’oubli sans plus…


Elle n’était plus là, partie juste à temps par devant l’orage de fin de soirée qui trempa mon os resté sec jusqu’à cet instant…Elle n’était donc plus là, l’orgueilleuse, la pédante aux gros seins qui croyait que son espace mammaire lui eut donné un ascendant sur ma fébrilité masculine…l’orgueilleuse à l’orgasme lointain et oublié…putain notoire , de quel droit effeuilles-tu les souvenirs des âmes incertaines, les soir d’orages ?…femme esseulée, humaine nanifiée dans sa sclérose sans plaque ni place pour un autre… pauvre conne, lapinifiée dans une reproduction exutoire de sa seule féminité absente. Quel besoin as-tu de promener ton gros ventre comme une décoration de place de 14 juillet, ton ventre plein serait-il une victoire? Porte ton enfant en silence, ne t’en sers pas pour avouer…..Hitler lui aussi en son temps fut porté. Que son nom  soit oublié…jjjj-7

Orléans festival de jazz 3


Il y en avait…. et j’y étais….battant, orguant, de bels et forts morceaux…..qu’il se le disent les cancrelats jusqu’à l’éjaculation. Qu’en sera -t-il dans ce futur ? mécréant et hautain

stock

De l’orgasme féminin…


Jesa-97 [1024x768]e n’en ai rien à  dire , juste le désir

Sortant de mon trou….


Sortant de mon trou, dans lequel je me suis retiré durant cinq longues journées , j’ai été  rejeté par l’humanité. Ils m’avaient oublié, subtils connards….La fête de la musique m’avait remplacé… La musique….cette facilité du silence, cette politesse du bruit. Je ne peux l’aimer que si elle est digne….Faites de la musique , apprenez au conservatoire, le pourquoi , le comment, soufflez, touchez avec légèreté, frappez en rythme….au son du canon et du tambour l’homme se déplaçait en marchant. Je n’ai rien contre, mais sa multiplicité me pousse  à la rejeter au rythme de sa répétition….ce soir là, calmement, même s’il y a bien longtemps que J’ai oublié ce que d’aucun nomme dieu….j’ai eu souvenance de l’appel du chant grégorien….et avec mon harmonica , sous ma couette j’ai joué la danse des canards rien que pour moi.jjjj-26 [1280x768]

Orléans festival de jazz 1


Soir, lumière, espace festif. On y boit, on y écoute, on y parle….chaleur d’été, comme un vent de liberté, de vacances….. »doum doum doum », jazz, contrebasse et batterie, putain de musique , quand elle t’embarque, c’est comme une femme qui vient de commencer  à te regarder. Elles, ils sont tous là, rien de plus à dire,c’est un incontournable….serais-je le seul à avoir le blues ?….putain de musique…j-33 [1280x768]

l’orgasme…


Venu, velu, il est un son ténébreux entrecoupé d’une expiration attentive. Je m’arrête sur moi, attentif au corps éteint, en phase avec mon dos de là et d’ailleurs. Entré, enfoncé, accroché…entendre le corps vibrer. Phase 2, la chute des vertèbres, le spasme des muscles, le chant hautain du corps qui dit…je suis tombé, haletant…emphase 3, je me sens homme reproductible , l’odeur, le sexe qui retombe sans départ pour l’outre tombe, je suis là tendu et attendu…tout est à  recommencer….toujours ce sentiment de tristesse, perturbé, je place ma main pour qu’elle se sente voilée…esa-125 [1024x768]

Moseph acte 16 et fin


Garbiel , prit la parole , il ne l’avait pas perdue, il l’avait gardée pour cette seule et unique fois.

_ »Maintenant, il est là! »

El Hoïm se releva, passa sa main sur la tête de garbiel , plus vieux que jamais et lui dit.

_ »te voilà arrivé  à ta fin, tu m’as dit, je te rends à ton état premier…que tu sois poussière et rien d’autre. »

Le vieux s’écroula, se pulvérisa. il n’en resta plus rien , si ce n’est une couleur poussiéreuse un peu plus marquée, couleur du temps fini.

_ »Noé, arrête la machine sur la prochaine planète que tu croises…on est en zone ennemie, on va leur débarquer cette saloperie d’arme biologique….devrait pas y en avoir pour longtemps avant qu’elle pourrisse cette planète! Encore une de moins que ce salopard D’el Diablo ne récupèrera pas. »

En bas, Moseph et Jarie, en compagnie de leur fils qui n’avait pas encore de nom, se retrouvèrent en compagnie d’une troupe animale, tous attendaient face  à ce mur….il finit par s’ouvrir et tous sortirent….le gigantesque objet qui les avait déposé reparti dans le même silence qu’à l’aller…il étaient désormais sur Terre. En haut dans son vaisseau, Noé maugréait, il gueulait  qu’il en avait marre de tous ces voyages qu’il y  avait deux éternités qu’il n’avait pas vu ses familles, ses femmes….. El Hoïm, regardait par la vitre , en réfléchissant  à voix haute.

_ »J’ai peut être poussé le bouchon un peu trop loin cette fois ci….On verra bien, je suis quand même doué, inventer des armes capables de s’autoreproduire et de tout détruire…y a qu’un Dieu pour faire çà! »rr [Résolution de l'écran]

Qu’en est-il de ce passage…?


Lourdement attablé et attaché  à ma chaise plastique enmarronée, j’observe nonchalamment le lent passage défilant des acheteurs de vieux objets. C’est aujourd’hui le vide grenier…vie de grenier, vue  de gros nez…Ils vont passer et repasser, ces cons endimanchés. Non , tu n’auras pas ma paire de godasses pour la modique somme de 1 noros…marchandeur de lacets, acheteur de cartons délabrés et de ressorts de matelas défoncés par de bonnes baises de jour de foire du temps où l’on sentait sous les bras et l’on puait entre les jambes. Toi le collecteur d’enveloppes léchées par des langues adolescentes, anaconda visqueux! Vous n’aurez rien de moi, je suis attaché  à mon fauteuil de plastique enmarronée et je vous défie de m’en détacher…je donne mes roues de vélo, mes pneus séchés et usagés, mes vêtements sales , je donne  ce que je n’ai pas , je donne ce que je sens, je sens ce que je donne, je donne, je donne aux nonnes, des pommes , ces connes… Je donne! vous comprenez, donner , donner….pour un euri, pour un heureux, un euro pour un heureux, cette jambe de bois qui ne marche pas, ce godemichet  au fil dénudé, c’est mon temps que je vous donne…. , j’ai tant donné.rr-13 [Résolution de l'écran]

Non!!!!!!!


Non , ce n’est pas de la poésie!! C’est du ventre, de la tripe, de l’existence qui s’enfuit…du verbe créatif. Non ce n’est pas de la poésie, juste de la peau saisie, tendue, ventrue, quasi merdeuse. Et alors, je mords …? J’endors…? qui sait ce qu’est une existence ? Les morts ne sont plus là pour nous le dire. Non ce n’est pas de la poésie ! Actions de grosses et autres peaux tendues…Tordre ses mains et ses mots , souffrir des sons emprisonnés en mon cerveau, dégénérescence servile avant d’être sénile, le parler  n’est pas une fin  en soie et surtout pas ce soir. Venez écouter mes silences, regardez mes soupirs, entendez mes absences…Ces manques de mots , de peau et de pots…Ces manques contraints, ces espaces sans sidération de con… Je chie de néologisme, je crée du mot pour votre plus grand plaisir, mes nuits sont lasses, mes  mots sans attention. Je blesse, je torture, je bats lettres et virgules, suspends points et  virgules….ronds, ventrus, glabres, je vous offre les mots les plus gros qui soient, abusez de leur insignifiance, abusez de leur inexistence….mes mots de peur vous feront honneur…. dormez braves gens, je pense pour vous….hsbc laurent robillard (20) [1280x768]