J’ai eu peur, ce soir, de mon silence, je ne m’en étais pas averti. Ma bouche n’a pu s’ouvrir, mais elle n’était pas fermée… J’ai regardé l’heure, c’était le moment glauque: celui des ombres passées, des instants oubliés, des corps perdus….des « encore » sans lendemain. Passe le temps, je te vois, je te sens près de mon dos, me caressant. Putain de silence, silence de putain…ne plus rien avoir à dire, se regarder se taire…la vie s’apaise, les moment deviennent le temps et on attend. On attend que tout se reproduise , comme autrefois, on veut le même temps en mieux, sans les désespoirs du corps le soir au fond des bois…une vie se rate aussi vite qu’on croit la réussir…J’attends , sans impatience, ce moment certain avec lendemain soyeux et généreux, mon café à la main.![stock-8 [1280x768] stock-8 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-8-1280x7681.jpg?w=550)
Archives de Tag: photographier
Moseph acte 4
Quand ce chien se fut vidé de son sang, que sa vie quitta ses yeux, que ses yeux arrêtèrent de bouger, qu’il n’y eut plus aucun mouvement propre à ce qui est vie… Moseph sourit lentement, muscle après muscle, comme un papier que l’on défroisse, sourire lui était douloureux, son anamorphose ne lui autorisait pas le sourire , juste le silence et la fixité du regard. Il sourit parce qu’il savait ce qu’il allait faire, là, plus tard. Sa mère dormait souvent le jour, l’alcool: antalgique , anesthésiant, antidépresseur, ne lui laissait que de très rares instants de lucidité, elle avait donc une image de la vie qui passait par sa rue, qu’elle arpentait chaotiquement, son sexe, qu’elle utilisait plus que sa bouche pour communiquer avec les hommes. elle ne leur parlait plus au sens communicatif du terme, elle donnait ses tarifs, puis un premier silence de réflexion pour l’homme, signe de tête et direction la porte de l’hôtel, elle passait devant, l’homme derrière appréciait le chaloupage du cul à hauteur de ses yeux. Une fois dans la chambre, elle ne parlait toujours pas, elle sexait ou bouchait, sans mot, méticuleusement rythmée, elle arrivait d’une manière ou d’une autre à faire jouir un homme dans le plus grand silence, quand il lui plaisait , elle en prenait un peu pour elle, c’était alors le deuxième long silence post coïtal. Une fois l’escalier descendu, ils se retrouvaient dans la rue et l’homme reprenait sa route là où il s’était arrêté. Le soir, c’était le tour de l’autre qui la prenait par derrière , selon l’orifice, elle explosait de cris ou de gémissements rauques, elle sortait de son silence, lui parlait avec des mots qui n’avaient pas plus de trois syllabes. Moseph assistait, assis à terre le dos contre le mur dans le couloir de la petite chambre. Garbiel se taisait, il la besognait, elle aimait… Quand il enjamba Moseph, comme à l’accoutumé, l’enfant lui planta le couteau du boucher encore recouvert du sang du chien entre les deux jambes , au-dessus de lui quand il passa.![carcasses-7 [1280x768] carcasses-7 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/carcasses-7-1280x768.jpg?w=550)
Des élans de conquistador
Des élans de conquistador pour embrasser les femmes comme un matador, ma cape rouge à la main, ensanglantée des hymens déchirés…me voilà donc au bout du couloir, trop dans le noir.
Des croupes à pleines mains, brulantes sous mes baisers, mon sexe tendu vers l’évier…me voilà donc seul, trop près du sol.
Des jours perdus dans mes yeux abrutis, leur couleur ébahie….me voilà ivre, à déchirer ce livre.
Des instants passés, simplement enlacés… peau saisie,poésie de merde,
me voilà donc.
Moseph acte 3
Moseph se mit à haïr Garbiel… son odeur, sa présence, ne serait-ce que sa lubricité permanente et insatisfaite, tout cela poussait ce petit garçon à haïr. Il commença par se haïr lui: son corps, son reflet dans la glace, son visage écrasé, la ressemblance avec sa mère, sa mère et puis il finit par Garbiel, non pas parce qu’il possédait sa mère, non, juste parce qu’il l’ignorait volontairement et totalement. Entre ses six et sept ans, Garbiel n’avait jamais posé son regard sur Moseph, on ne saurait dire s’il avait pris conscience que cet enfant était l’enfant de la femme qu’il baisait chaque soir, avant qu’elle n’aille travailler avec son cul et que l’alcool eut amoindri ses sens, sa capacité à dire non et le peu de lumière qu’il restait dans ses yeux. Garbiel une fois sa braguette remontée, enjambait Moseph, comme une valise posée, un obstacle…son pied parfois heurtait la jambe du petit…il ne s’arrêtait pas. Durant cette année passée, Moseph ne réussit jamais à croiser avec son regard cet autre, absent mais trop vivant. Et pourtant son regard, c’est ce qu’il avait de plus beau et vivant en lui, un regard qui brillait même dans le noir, un regard qui demandait, juste un mot, un geste comme une main tendue vers lui. Comme il ne pouvait pas parler il avait tout mis dans ses yeux, ses questions, ses envies , les réponses qu’il n’obtenait pas, ses larmes qu’il gardait, ses cris, ses morts, les orgasmes de sa mère, les yeux de sa mère quand. Il réussit à voler un couteau au boucher, un pas trop grand, un dont le manche pouvait être enserré par sa main d’enfant de sept ans, peut être. Il tua le chien, l’étripa plus précisément, le vida de toutes les caresses qu’il avait reçues plus exactement.
La violence de ses yeux
Si l’on m’avait dit que je ne pourrais pas croiser son regard un soir par hasard, si l’on m’avait qu’elle me ferait tituber et de plaisir et de fin, si l’on m’avait dit que je finirais par me battre contre le sens de ma vie, si l’on m’avait dit que le sens que je donne au sens de ma vie se déroulait à contre sens, si l’on mavait dit: »tais-toi », si l’on m’avait dit de lui dire , si l’on m’avait dit que vivre c’est refuser, si l’on m’avait dit: « je crois avoir compris », si j’avais pu dire….je n’aurais rien changé.
C’était bien….
Moseph acte 2
Un jour imprécis Moseph eut six ans….sa mère, plus que toute autre, était incapable de se souvenir du jour où son enfant était né: « A la fin de l’été », disait-elle. Moseph garda en mémoire ces mots et quand il fut adulte , il se choisit le 21 septembre comme date d’anniversaire. Il eut donc six ans, son visage marqué commençait à apeurer les autres enfants, les hommes de passage ne s’intéressaient plus à lui , il le repoussait plus souvent , sa mère s’en occupa de moins en moins. D’autant plus que quelques mois avant son éventuel sixième anniversaire , un homme nommé Garbiel s’était auto proclamé protecteur de sa mère, cette femme, celle-ci et pas une autre. Il est vrai que malgré son alcoolisme rédhibitoire, sa mère , cette femme, possédait des avantages qui n’appartiennent qu’aux femmes; une poitrine forte et ferme, une croupe qu’elle offrait parfois sans supplément, une bouche dont la gourmandise incontrôlable avait déjà fait le tour de la ville… Cette femme, sa mère, était connue pour ces qualités, ses qualités et ses quantités. Garbiel n’était pas le plus beau ni le plus fort, mais il lui arrivait d’être gentil, doux, prévenant, brutal, violent, pervers…..Elle s’en taisait, prenait un fort plaisir quand il la prenait. Elle n’aurait pas su dire pourquoi, mais elle savait comment, où, qui et avec quoi….Garbiel n’était donc qu’une ordure masculine qui prenait sans donner….son homme, ainsi en avait-il décidé; elle gagnait bien et ne bronchait jamais. Moseph assista donc plus souvent qu’à son tour à leurs accouplements sauvages, brutaux, souvent violents….mais il comprit vite ce que jouir voulait dire… Depuis Garbiel, elle ne lui caressait plus les cheveux comme elle le faisait encore au chien du boucher.![stock-88 [1280x768] stock-88 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-88-1280x768.jpg?w=550)
Moseph acte 1
Moseph n’avait jamais vraiment été un enfant. Sa mère , dès qu’il sut marcher, utilisa ses pas pour attirer ses clients…Elle se prostituait depuis qu’elle avait quatorze ans. Moseph était donc le fruit de l’union d’un client qui passa puis revint sur ses pas et d’un verre d’alcool pour se réchauffer durant cette froide soirée d’hiver, elle ne sut vraiment jamais si cela était un 23 ou 24 décembre… Il naquit tant bien que mal et en garda une déformation du visage. Sa mère l’avait oublié deux heures après l’accouchement, le long d’un mur… l’avait-elle oublié, perdu ou abandonné ? Toujours est-il qu’elle était revenue sur ses pas, avait trébuché sur un caillou et son pied avait écrasé le visage de son enfant, l’enfant…Deux heures après sa naissance, Moseph avait le visage ressemblant à une peinture cubiste, avait ainsi du mal à pleurer et c’est pour cela que sa mère l’accepta… pour son silence. Dès qu’il sut marcher, elle lui appris à arpenter le trottoir de long en large; pendant qu’elle attendait sous son porche, qu’aucun n’eut osé lui prendre, Moseph marchait , alpaguant les clients potentiels en les tirant par la manche. Dès qu’un homme faisait signe de compassion à l’égard du petit, elle se précipitait, faisait mine de retrouver sa progéniture égarée depuis quelques instants et essayait au plus vite de conclure la passe… Moseph , alors s’asseyait, sur la marche du porche où sa mère attendait quelques instants auparavant. Il se souvint longtemps du bruit des talons maternels montant l’escalier de bois de cet hôtel où ils vivaient tous deux. Lorsqu’elle redescendait, le bruit des talons n’était pas le même et parfois, selon la somme ou le plaisir, il avait droit à une caresse, comme celle qu’elle donnait au chien du boucher. Moseph se relevait et recommençait son déplacement chaotique sur les quelques mètres de trottoir que sa mère pouvait revendiquer. Il passa ainsi une partie de cette période qu’on eût pu appeler enfance pour un autre. ![stock-40 [1280x768] stock-40 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-40-1280x768.jpg?w=550)
Sourires…
Se levant difficilement, ce matin attardé, trébuchant sur des verres, qui la veille n’étaient pas cassés, juste pleins, opaques pour certains,démesurément vides pour d’autres; il ouvrit sa fenêtre, sans fumer, sans regarder plus loin que l’horizon découpé par ses arbres. Éventuellement le soleil brillait, le bleu du ciel , surfait depuis longtemps, lui paraissait vert, aussi vert que certains des verres étaient vides…Il se dirigea vers sa douche, noire, aux carreaux de faïence blancs….L’eau froide ne le réveilla pas plus que si elle avait été chaude, son corps engourdi par une cuite commencée vingt ans plus tôt ne répondait plus à ces stimuli. Son corps, dont il n’aimait plus l’épaisseur flasque et démesurée, le pesait; le grain de peau s’oblitérant des années passées à ne pas l’habiter semblait être un de ces négatifs anciens dont la granulation argentique laissait cette impression propre aux photos d’une époque passée, son corps s’opposait à lui. Il ne le regardait plus depuis longtemps, il n’écoutait plus son corps depuis longtemps… cependant il aimait parfois sourire, se laisser aller à ce mouvement des lèvres et joues qu’il ne pouvait s’empêcher d’accompagner de quelques larmes….Au moment où il sentit son cœur lâcher prise, commencer à ne plus pouvoir continuer de battre, ce petit pincement s’intensifiant en douleur profonde, Il sourit , pensant aux sourires d’un plaisir lointain….un verre vide reposait à ses pieds, son cœur oubliant de battre….sans rire.
je recherche 2…ceci est une annonce
Je recherche des femmes à regarder vivre…habillées, nues, pleurantes, aimantes, absentes, parlantes, exhibées, réservées, racontantes, présentes, voilées, aimantes, fortes, énormes, timides , apeurées, impudiques, de dos, se demandant pourquoi elles ont accepté, sachant pourquoi elles ont accepté.
Je veux les regarder pour les photographier, une heure durant, quelques instants, une nuit durant leur sommeil, une journée près d’un café, nues dans leur bain, habillées comme à la maison, habillées pour sortir, se déshabillant pour moi, se déshabillant pour aller se coucher, se rhabillant parce que j’arrive, ne sachant pas si elles oseront se déshabiller, ayant envie de se déshabiller….juste me regardant.![stock-30 [1280x768] stock-30 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-30-1280x768.jpg?w=550)
Je veux les photographier pour comprendre, donner une présence à ce vide qui parfois m’entoure.
laissez-moi un message, une adresse, un numéro de téléphone…..je répondrai, j’expliquerai….
Laurent Robillard
De l’improbalité des mots.
les mots dits conduisent toujours à ce que nous devions vivre, c’est par eux que véhiculent aussi les silences. L’improbable s’y présente, ce qui ne devait pas être prend forme , parce que je n’ai pas compris la parole dite…. se taire, encore se taire , ne rien laisser paraître , s’engouffrer dans un silence pour qui d’aucuns diront qu’il est solennel. Le simple mot qui donne sens à tout, l’émotion vibratoire du son ….Se taire , toujours se taire; ne pas agir. Juste prononcer le mot fin
et Dieu ….qu’en pense-t-il ?
Tout a commencé par une discussion téléphonique, souriante, mais avec un problème sous-jacent ….le lendemain et le dire. Nous avons alors dérivé sur quelques idées de fond, de base….le pourquoi, le comment, et si…..? C’est à ce moment que s’est interposé, entre elle et moi le Concept….
Au début, à l’origine, outre le Chaos, il y a l’entropie : »Plus l’entropie du système est élevée, moins ses éléments sont ordonnés, liés entre eux, capables de produire des effets mécaniques, et plus grande est la part de l’énergie inutilisée pour l’obtention d’un travail ; c’est-à-dire gaspillée de façon incohérente….En effet, selon le second principe de la thermodynamique, l’entropie d’un système isolé ne peut pas diminuer, elle augmente ou elle reste constante si la transformation est réversible. »(fin de citation). Bref , c’est le bordel au niveau microscopique, un manque de logistique dans le travail et la volonté de cohérence….les atomes sont bordéliques et fainéants voir feignants, je vous le dis.Et puis , il y a l’Homme, ….qui passe son temps à ranger, organiser , structurer. On est passé du monocellulaire au monokini en quelques milliards d’années…. les cellules se sont associées, les êtres vivants se sont regroupés, les chaines alimentaires se sont établies (rien ne se perd, tout se récupère). L’homme, évènement tout puissant, est arrivé; il construit, prévoit, pense, gère, établit, structure…..bref malgré lui une sorte de contre force à notre entropie de base. Résumons, la planète va mal, la vie va mal…l’entropie veut que cela soit normal ou inéluctable, mais malgré notre farouche inconscience à détruire sans que pour autant nous en ayons eu conscience au bon moment….notre petite force réussit à coup d’idées et de battement d’ailes de papillon à organiser dans un à peu près et un un peu plus tard temporel, la vie de l’humanité…Dieu était là comme grand régulateur, à mi-chemin entre le thermomètre et la sonde spatiale….plan quinquennal à l’appui, grand pourvoyeur de volonté, grand boutonneux génial à l’équation pluri-dimensionnel…Mais lui a-t-on demandé ce qu’il en pensait…? Ce ne sont pas les quelques génuflexions et autres qui ont été à l’origine de sa réponse….non, c’est ce coup de téléphone.
Dieu, qu’en pense-t-il….. ?
D’abord , ne m’appelez plus Dieu…..J’ai toujours préféré les femmes…. question suivante ?![03_Laurent_Robillard [350x550] 03_Laurent_Robillard [350x550]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/03_laurent_robillard-350x5501.jpg?w=550)
J’ai l’envie…
J’ai l’envie toute masculine d’une femme nue, endormie, les fesses charnues, endormie , ne me sachant pas qui je pense être…femme couchée, mes mains pénétrantes, femme éveillée, m’invitant à cette brusquerie des moments intimes où l’odeur des sueurs se sent au plus près….envie de son intimité humide, de son intimité larmoyante, envie de son envie. Une femme, croupe cambrée, m’invitant à sa violence interne, acteur de ce qu’elle sait être bon, femme profitante, femme donnante bouche enveloppante….femme regardant les moments de mes yeux ouverts où il ne me semble plus rien voir, femme témoin de mon esprit assombri, de mes couleurs de rire et de mes moments de fin…. femme à la main dans mes cheveux me demandant comment ou pourquoi….j’ai cette envie toute masculine de les aimer toutes….ma petite bite à la main.
0000000000…………………………………………………………………………………………….
Tout simplement, lentement je me suis endormi sur le clavier de mon ordinateur… ce qui explique le titre, ma gueule de bois d’acacia du matin , mes aigreurs d’estomac héritées de la veille, mes lunettes sales, l’impression d’avoir vécu encore une vie de plus, de m’être cassé la gueule dans un escalier métallique. J’ai mal au cou parce que j’étais plus que tordu, j’ai le doigt engourdi parce que j’ai tenu ma souris pour ne pas qu’elle se sauve….j’ai mal à la vie, à l’âme et au cul parce mon âme est proche de mon cul….j’ai arrêté de fumer il y a de cela 20 ans …est-ce aussi grave qu’on veut bien le dire docteur ?
En ce jour!
En ce jour, j’ai élaboré mon âme positive, découpé mon futur proche et entendu….écouté. J’en suis las mais heureux. Sur l’autoroutée, à grande vitesse autorisée, je regardais défiler ces images neutres des vides installés. Et bien oui, il y a parfois de ces moments où il ne se passe rien, où on n’ entend rien et on ne voit rien…des crises de vie de mec, regardant avec des envies de culbute, d’éjaculation violente et sirupeuse, de celles qu’elles pourraient aimer…. je m’en regarde certaines que j’eus aimé vivre. Prendre, tenir, bouger, pénétrer….encore me demanda -t-elle….en corps lui répondis-je…. ancré ainsi , mes mains sur ses hanches…je tombai en ce moment larmé, un de ces instants où vivre est synonyme d’hésiter… c’est près de son cul qu’elle m’autorisait à la faire terre….taire, errante, les yeux allumés…elle me sentit en elle finir ce que j’avais pénétré en commençant…..elle n’était pas plus remuante et sinueuse que les courbes de son corps , il n’y avait entre elle et moi qu’un instant éteint…des larmes déchauffées et des yeux que j’aurais voulu décoiffés. Je stoppai sur le bord de l’autoroute; conduire en rêvant devenait trop ange heureux. J’ouvris les yeux.![delphine-174 [1280x768] delphine-174 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/delphine-174-1280x7681.jpg?w=550)
Je me suis assis
Je me suis assis sur cette terrasse, seul, consoleillé, le temps passant semblait lourd, les êtres semblaient s’ignorer
….il y régnait une évidente immobilité. Il y eut ces deux jeunes femmes dont les images s’étaient échappées des ateliers de Rubens et Botero, elles mangeaient de petits gâteaux accompagnés de soda…fin de la première image. Il y eut aussi cette autre femme, grande, noire, au Teeshirt court qui laissait plus imaginer qu’entrevoir le bas de son dos, zébré de vergetures….fin de la seconde image. Il y eut encore cet homme, jeune, accompagné de ce petit bijou placé au-dessus de son œil droit, comme une accroche qui eut été utilisé à le maintenir ouvert , les longues nuits de veille…fin de la troisième image. Plus loin s’installèrent un homme et une femme, tous deux âgés, regardant fébrilement un petit livret annonçant le programme de certaines festivités lasses….fin de la quatrième image. Cette mère arriva accompagnée de son jeune fils, ils s’installèrent au soleil face à moi, puis se déplacèrent vers une table ombrée, pour mieux voir ce que proposait le petit appareil photo numérique en leur possession…fin de la cinquième image. Pour finir, lentement, cependant sans nonchalance, passa cette grand mère digne au lourd cabas multicolore. Elle le tenait de sa main droite et penchait du côté gauche pour maintenir un équilibre moins que certain et encore moins évident…fin de la sixième image. Tout cela ne dura pas plus que quelques secondes, pendant lesquelles , les yeux grands ouverts, à aucun moment je n’hésitai. J’étais certain que ces instants eurent pu être ceux par lesquels la fin du monde sut commencer si elle avait eu à choisir son propre début… J’étais assis au soleil, c’est à elle ou elles que je pensais…pour commencer cette fin.
je n’ai pas eu
Je n’ai pas eu cette vie à émotion linéaire…né sous le signe du chaos accordant l’ espace, j’ai convulsé, erratique… en attente de ce que l’art pouvait m’offrir. Ce grand espace que voilà ! Toujours moins sobre dans ma démesure , je m’y suis réfugié pour peser l’âme de mes congénères, respirant difficilement. Je m’y meurs chaque jour, le regard troublé par certaines larmes incontrôlées. Ma solitude , je ne la partage qu’avec les femmes que j’ai pu aimées, toujours plus tendres, sans pour autant comprendre qui j’étais. Je racontai, ces moments exaltés où je cherchais ce sentir de mon corps, intérieur et rupestre…un mur en mon ventre se dessinait pour que j’y pus exprimer l’état de mon être subtil….sans prétention….je ne suis ici que pour comprendre le pourquoi de ma présence. C’est alors que je me mis à blémir, que manquait-il pour que je n’ai conscience de toutes ces absences ? Qui eût pu prétendre savoir ce qu’un homme souffrait en son âme ?
A cette heure glissante, toujours plus fermé de par la vie, je respire si lentement face à ce miroir que ma seule respiration ne peut suffire à l’embuer….C’est en rêvant chaque matin, durant les trente minutes de sommeil que je m’accorde langoureusement, que ces femmes m’observent jalousement….Pour être un homme leur dis-je, il me faut d’abord savoir être femme. Cette seule respiration profonde et indolore me rappelle , ce doux son des femmes qui ferment les yeux au moment où seul je respire leur profonde intimité… Je ne suis qu’un homme au simple contact de ces femmes….laissez moi finir de respirer.
finir…
Finir m’est impossible, je ne fais que l’emporter loin de moi pour ne pas devoir , chaque soir, ne pas dormir pour ne pas la rêver. Il m’est impossible d’oublier l’intense de ces instants passés à ses cotés, rêves, couleurs et odeurs de peau collées à ma vie, j’en suis le garant dans mon futur. Je suis obligé de m’ éloigner loin de son silence pour ne pas douter, pour ne pas tomber. Je suis faible de son être , faible de sa vie….elle me veut vivant.J’ai plus souvent titubé de son absence que douté de sa présence. Il n’y a pas de fin à tout cela, juste sentir le besoin certain de respirer, je me suis trop alarmé sur les images de mon passé. Je suis un homme , plus écorché que vif, plus décidé que certain….un homme prisonnier dans son présent qui s’éloigne de son passé….qu’on me laisse vivre, mais je ne peux être loin. J’en tremble.

en hommage….
En hommage à cette femme , quelque court moment cachée derrière ses lunettes, quelque court instant suspendue à son incertitude. J’ai décidé d’écrire cette page , la racontant. Légèrement voilée par la lumière du temps vécu, je ne sus que la regarder. Elle, simplement féminine, sans outrance , sans importance, femme qui se sait sans pour autant s’éblouir. Une femme avec qui j’ai passé mon temps, lumineux et chaleureux. Une femme qui s’est assisie à mes côtés……en hommage à ce moment court, intense et profondément intérieur pendant lequel je n’ai pas osé toucher sa main.
Mettre fin à ces jours
J’ai mis fin à ces jours obscurs et lointains, oubliés par ma mémoire, étourdis par mon vin. Seul , abreuvé à l’oubli de mes images passées, je ne veux plus qu’ils pointent à l’horizon. Je me suis enfermé dans un espace contraint, je me suis interdit la lumière du lointain…présent, présentement, je me suis disponible.
_ » Que fais-tu donc assis sur ce bord de fenêtre ?
_ Je regarde ce que la lumière n’a pas su me montrer.
_ Cette même lumière que je regarde tout comme toi chaque matin?
_Oui, la même, celle que nous partageons toi et moi avec tous ceux que nous croisons, jour après jour…
_ et que va-t-il advenir de ce jour passé, éteint, se noyant dans le fond de l’océan ?
_ rien de plus que cet hier, rien de plus que ce demain, il finira. »
J’ai mis fin à ces jours, ces jours de peu de temps, ces jours de peu de vie, ces jours pour lesquel il a fallu naitre et se sentir heureux. Je suis cet homme qui chaque jour passant, aimant, amant de ce temps douloureux , ce temps vécu et haï, attends ce passant instant. Je suis cet homme qui mettra fin à ces jours…. Combien de temps me reste-t-il à vivre ?
Oubliant, chaque court moment…il rassembla en un seul instant ce temps qu’il allait finir.
il n’est pas vain de vouloir
Martyrisant chaque noirceur de mes nuits, je me glisse hors mes draps pour ne pas continuer ce sommeil qui comme chaque matin m’a quitté mollement. Je ne sais pas dormir,toujours peu, toujours sans rêve, il ne me reste plus que ces cauchemars titanesques qui ne sont que des folies de simplicité, de simple. Rêver des bulles dans un verre d’eau gazeuse, m’emprisonnant hors l’espace du gaz respirable. Je me refuse à rêver courageusement. J’ai donc opté pour le rêve érotique, impudique, révoltant s’il en fût… Ce rêve qui laisse couler le long de mes joues une rougeur équivalente à la chaleur de mon sexe. Je ne suis qu’un homme, j’en veux toujours plus, érotisant mes draps, m’accrochant à mon oreiller, je suis en tendre contact avec une peau rêvée. Je lutte ergonomiquement avec la courbure de mon ventre, la chaleur de sa main, l’humidité de sa salive, elle m’avale …. et j’en rougis.
Ce n’est qu’un matin boiteux, sans sonorité victorieuse, sans râle…..simple vie d’un étalon oublié, ce matin là j’enfilais mes chaussettes colorées…le ridicule , une fois de plus ne réussit pas à me tuer. Mon arme, plus acérée que la sienne, le tua cyniquement….j’étais un homme sans sa peau à embrasser.Il n’est pas vain de vouloir encore et encore ce toujours plus qui ne manque pas à certains.
l’instant
L’instant vécu, par sa douceur, sa lenteur; j’eus aimé qu’il continuât… Cette légèreté, ressentie, de l’être en mouvement, d’une femme sans attente. Je marchais dans cette rue, sans recherche… sans recherche, présent dans l’instant, la regardant. L’instant du charme opérant….Elle était là quelque peu évidente, naturelle à mes yeux, ma vie de ce jour…..
Je ne peux rien dire d’autre, j’ai senti ce léger frisson qui vous donne envie de rester , de toucher, de regarder toujours plus en avant… l’instant où cela se sent….elle est de ces femmes qui porte le vent…..Je me sens analgésié, perturbé, posé sur mon triste espace, engourdi de regard.
je me retournerai sur ces instants pour anesthésier le temps.
Yes oui cane…
Ce soir ….j’ai mis le mot fin….qu’on me laisse !!!!!
il y eut un début de fin du monde.
je vivais ce soir là sur une autre planète , replié, insatisfait, oubliant, oublié… je me battais contre mon humanité….j’aurais aimé violemment la caresser…il ne m’en était pas donné la possibilité….j’attendis, j’attendais, le vent, le moment où je me sens, le moment où le sang coule, l’innocent ne sait pas quand …J’ouvris les yeux, l’heure passée, le moment fini…je décidai de finir le monde dans lequel j’avais toujours vécu. Comment vous expliquer ce qui à ce moment manquait à mon existence, ce qui vibrait encore en moi sans que je sus le contrôler…tous étaient dans un état d’insuffisance intellectuelle, considérant l’importance du passé comme la prégnance du présent. Je m’arrêtai à ce moment opportun pour satisfaire à son baiser… Je n’étais qu’un pauvre homme mélancolique…considérant l’humanité dans sa plus vaste médiocrité…..je choisis quand la fin du monde commencerait….Elle survivrait peut-être.
Tondre sa Pelouse, tuer son chien,mater sa voisine…
J’ai tondu ma pelouse, je n’ai pas tué mon chien, je n’ai pas de voisine…..mais si j’en avais une je la regarderais se déshabiller à sa fenêtre , non , je la regarderais tondre sa pelouse, je la regarderais avec son chien … mon chien et moi la regarderions tondre sa pelouse à la fenêtre. Je déteste tondre ma pelouse. Je déteste cette sensation crasseuse de l’herbe verte qui vous colle aux mains, je déteste ma voisine que je n’ai pas… plus… et qui ne se déshabille pas à sa fenêtre…Je tue le temps que ma voisine m’a laissé en partant, elle m’a laissé son chien aussi, elle m’a donc laisssé mon chien que je n’ai pas arrivé à tuer, elle m’a privé de sa pelouse tendre sur laquelle nous nous couchions…mon chien et moi le soir nous nous déshabillons à la fenêtre quand le temps le permet….Nous tuons le temps à regarder le temps passé , le beau et le mauvais…..J’aimerais encore plonger dans la pelouse de ma voisine, cette chienne….Une fois la radio éteinte, il dirigea l’arme sur sa tempe, seules les larmes de son chien réussirent à l’en empêcher, il le tua pour ne plus avoir à hésiter. Sa voisine entra par la fenêtre.
grippe porcine
Faut-il en rire ou en pleurer ?
Je ne suis qu’un cochon sommeillant attaché à mon sens des valeurs….le monde se nourrit de ses grandes peurs. Après la grippe du Poulet, celle du cochon. Sachant qu’en tout homme sommeille un cochon latent, d’après ce que d’aucuns en disent, serions nous les plus touchés ?
L’ère du préservatif touche à sa fin, celui du masque bucal arrive. Embrasser profondément à travers un papier cellulosé….Il sera un temps où nous serons nus, tels au paradis, nus enveloppés du dernier gel bactérien, de la dernière crème antisolaire, recouverts du dernier épiderme artificiel filtrant, ayant englouti ma dernière ration de nourriture totalement irradiée. La bite à l’air mais sous cinq centimètres d’épaisseur d’improbable existence ….Tant pis je prends le risque cet après midi, je lui toucherai les seins , le sexe, son air….C’est bien parce qu’ils ont toujours pris des risques que les humains sont encore là, le risque de vivre entre autre…c’est décidé, je continuerai à être un cochon qui s’agrippe, je n’y peux rien elles aiment çà.
Je recherche…
Je recherche des femmes à regarder vivre…habillées, nues, pleurantes, aimantes, absentes,parlantes, exhibées, réservées,racontantes,présentes, voilées, aimantes, fortes, énormes, timides , appeurées, impudiques, de dos, se demandant pourquoi elles ont accepté, sachant pourquoi elles ont accepté.
Je veux les regarder pour les photographier, une heure durant, quelques instants, une nuit durant leur sommeil, une journée près d’un café, nues dans leur bain, habillées comme à la maison, habillées pour sortir, se déhabillant pour moi, se déshabillant pour aller se coucher, se rhabillant parce que j’arrive, ne sachant pas si elles oseront se déhabiller, ayant envie de se déshabiller….juste me regardant
Je veux les photographier pour comprendre, donner une présence à ce vide qui parfois m’entoure.
laissez-moi un message, une adresse, un numéro de téléphone…..je répondrai, j’expliquerai….
Laurent Robillard
Cependant…
j’aime les femmes pour leur odeur, leur regard, leurs gouts, leur capacité à refuser et se détourner, leur capacité à accepter et se donner, j’aime les femmes parce qu’elles sont ce que je ne suis pas….
Et bien , j’ai réussi à danser un rock’n roll avec une suédoise, dans un dancing où la moyenne d’âge devait tourner autour de soixante-cinq ans…Elle n’en avait pas moins et elle était bourrée comme il se doit…c ‘est elle qui est venue me chercher, elle m’a pris par les mains et en avant….Je ne suis pas un pro du rock’n roll, mais je suis le tempo….j’ai du oublier les croches et ne m’attarder que sur les blanches pointées…Malgré cela elle trouvait que j’allais trop vite… alors comme dans un film au ralenti…la musique finie, elle m’a prise dans ses bras et m’a dit un truc en suédois avec un super regard bleu féminin, un de ceux qui ne trompe pas, un de ceux dont je souhaiterais qu’il ne trompât point…Elle attendit une réponse….j’ai essayé, en anglais, de lui dire que je n’avais pas compris…C’est à ce moment qu’elle est tombée sur le cul aidée par l’alcool et mon charme évident. Je l’ai aidée à se relever et puis elle est partie vers les toilettes….Je crois avoir compris ce qu’elle avait envie de dire: » je suis bourrée comme pas possible, je crois que je vais gerber mon mélange vin rouge acide et bière sucrée, si tu m’emmènes aux toilettes je te ferai une petite gâterie »
… Jacques Martin est intervenu, l’école des fans se terminait, je retournai me rasseoir sur mon podium …
Elle était suédoise, elle avait soixante cinq-ans, des yeux merveilleux, un regard coquin, elle s’était fait mal au cul en tombant….Elle avait quelque chose de merveilleusement féminin.
Elles boivent….
j’en ai vu une, une blonde, la quarantaine, splendide, bourrée …. avec un groupe d’hommes, elle s’endormait sur la table….. aucun n’a réagi, ils étaient peut être aussi saoul qu’elle…..quand elle s’est levée, elle est tombée….ils ne se sont pas plus levés….elle s’est accrochée au mur et s’est autodirigée vers la sortie….dehors les taxis attendent tout ce petit monde…Je ne sais pas de quoi sont capables les suédoises quand elles ont bu. Quand elles sont sobres, elles baissent les yeux, quand elles sont ivres, elles se cassent la gueule…. elles doivent avoir plein de bleus sur les fesses….Difficile de communiquer avec cette société
Stockholm by nuit…
Il devait être vingt heures quand la nuit est tombée… « sclöng » en suédois , fait la nuit quand elle tombe. Personne ne la ramasse, elle erre comme une pauvre âme en peine dans les caniveaux tous plus propres les uns que les autres.
J’avoue!!
J’ai trouvé un super jazz pub où l’on y joue une musique avec des musiciens aussi vieux que le pub l’est…. mais l’ambiance est là, on y boit de grosses bières et la nuit passant on commence à y parler fort et rire…. J’ai même essayé de dire à une suédoise qu’elle était belle, j’ai dû me tromper de mot en anglais… pretty doit être synonyme de frigide, j’ai pourtant été cool, aimable, souriant, je n’ai pas parlé avec mes mains, elle m’a parlé dans un anglais plus correct que le mien, mais quand je luis ai dit « pretty woman », c’est comme si je lui avais proposé de la culbuter sur le bar, ce qui n’aurait pas été pour me déplaire éventuellement au regard de son tour de hanche et de la chute de reins qui l’accompagnait…., ce n’était qu’une vue de l’esprit, sans véléité autre que de vouloir être aimable. Elle est partie aussi rapidement qu’elle avait accepté de me parler. C’est décidé , je ne mets plus mes préservatifs au frigidaire, ils se conservent très bien sans…