Où l’on sent la présence de l’humain… 4


La plage, comment dire ? Ce n’est pas mon lieu de présence favori, j’y vais pour vérifier que la mode du monokini est encore d’actualité et que ma voisine de plage est bien épilée… Mais ils sont arrivés, je devrais dire il est arrivé…. le couple germanique avec ses deux jumeaux,pendant trente secondes, elle était lui, lui était elle, ce n’est que lorsqu’elle s’est retournée que j’ai vu qu’elle ne portait pas la barbe… les enfants n’étaient pas petits, ils étaient juste blonds, trop clairs, trop enfants et ils avaient un ballon de football…. Ils ont installé leur but… le dos du gardien était face à moi, j’étais en quelque sorte le fond du filet et je ne parle pas l’allemand, je le crie, je le guturalise avant de l’expulser loin de mon souffle…. STOP ai-je crié au quatrième but raté, la vie de fond de filet est relativement pénible surtout durant les vacances…. pendant quelques minutes, j’ai revécu  les cinq ans de prisonnier de guerre de feu mon père… Le silence du kapo qui vous regarde tout en vous menaçant de son arme…. là c’était un teuton, d’à peu près cent dix kilogrammes, armé de deux enfants jouant au foot. Ils ont encore marqué quelques buts. Le père, dans un français approximatif a essayé de s’excuser… ce que j’ai apprécié, mais il a laissé faire ses enfants. J’ai regretté le temps de la STASI où d’un simple coup de téléphone j’aurais pu les dénoncer…. j’ai pris ma serviette sans avoir pu vérifier que ma voisine était finement épilée….

Il n’y avait rien de terriblement excitant dans le mètre quatre-vingt-dix de la mère…. si,  peut-être son absence de barbe…

Où l’on sent la présence de l’humain… 3


Voilà, j’y suis en bord d’Atlantique… piscine au bord de l’Atlantique… Où sont passés les Atlantes? Je commencerai ma critique misanthropique et démesurée de l’espèce humaine par un représentant de choix: l’Anglais, qui quand bien même n’eut-il pas été en vacances et ce en hommage au  grand Couture, qui en des temps anciens le chanta, reste quand même un cas de figure typique du mauvais goût ou plutôt de l’absence de goût… surtout en vacances, période où les tabous sont mis  à bas, les contraintes oubliées et où le système hormonale fonctionne à plein régime. Cependant pour qu’il ne soit point argué qu’il s’agit d’un parti pris excessif de ma part, c’est avec un maximum de vocabulaire anglais que je relaterais ce que j’ai vu.

Sunday , vers 14 clock, j’éwas en train de eat dans un restaurant, de bord de sea. There were deux anglais qui eataient et qui drinkaient, qui drinkaient much trop. Ils avaient déjà piccolé deux pineaux des charente en apéro, une bottle de Bordeaux à deux, et at time of dessert, il s’attaquaient aux liqueurs, j’ai bien said auxX liqueurS… Il had une gueule d’anglais , surtout avec sa mêche bouclée à la Roger Moore ,she wasait vraiment british, because she wasait grassouillette and very mal fringuée, ses deux incisives de devant avaient du râpé de nombreuses carootes , if you see what I mean… prout ! la color de leur peau beginait  à tendre vers un rosé pré purpurin, in the text. And surtout they speakait l’anglais, peu mais assez fort pour qu’on l’entendit. She was fine drunky and she wanted to se lever la connasse… but comme she pouvait pas walk droit, she put la main dans la glace de son husband qu’il avait pas terminée. they rigolèrent and they partirent, she marchait pas droit and sa jupe était relevée jusqu’à son horrible culotte rouge; on voyait son fat hass…

C’eût pu être deux Français , j’en conviens. Le mauvais goût n’était cependant pas dans leur penchant pour l’alcool, ni pour leur état d’ivresse prononcé, non. Mais elle aurait pu faire l’effort de coordonner ses sous-vêtements… une culotte rouge en dentelles, avec un soutien gorge apparent de couleur chair …

À part cela, il ne fait pas beau et j’avoue que ses deux dents de devant avaient quelque chose de terriblement excitant…

Où l’on sent la présence de l’humain… 2


Comme à mon habitude et ce avant un départ en vacances, je suis face  à mon écran de télévision, curieux, avide de nouveauté…. la petite bête qui court, le buzz…. je suis resté silencieux face au président de l’amicale du pneumatique…. pur produit Michelin. Ainsi entre canicule alertée  à l’orange, petit vieux qui commencent doucement à se dessécher, la première de fort Boyard, il y a le président des amis du pneu…. Je l’ai écouté parlé de la première poupée gonflable, bibendum. Après, je suis descendu là où est garé mon véhicule et je suis  rentré en contact avec mes 255/50 R 19 W, assis face à l’avant gauche, je pense que nous nous sommes compris, une réelle amitié est née…. roule lui ai-je dis, tu me gonfles m’a-t-il répondu… amitié virile il se doit. Demain je mets en place l’amicale des branleurs de jantes, je présiderai.

Où l’on sent la présence de l’humain…1


Cinq jours que je ralentis mon métabolisme  à grands renforts de rosés et d’eau. Cinq jours que nonchalamment , je tourne ma tête de droite  à gauche en suivant d’un regard quasi obsessionnel les croupes des passantes alanguies sous la chaleur caniculaire de ce début d’été. Cinq jours que je me laisse tomber dans le sommeil  à n’importe quelle heure de la journée…. 5 jours , et je n’ai pas vu ce temps passé… Il est lent, long, comme les cheveux d’une femme nue qui les laisserait tomber sur mon ventre…. J’aime  l’incidence de ce temps sur mon espace, tout comme j’aime l’incidence de la chaleur sur la légèreté des robes qui passent, leur transparence face  au soleil, les seins nus qui sous de romaines mousselines font à penser  qu’elle sont toutes d’expertes Messalines…. Décrivons un cul récemment entraperçu. Il était l’heure  à laquelle les verres se remplissent  pour abreuver  de sages  hommes à l’esprit hautain. Elle s’est posée là , sous mes yeux, entre elle et moi; mon verre rempli d’un liquide bleu… blanche était sa robe, si légère que le battement de l’aile droite du papillon qui, jadis, provoqua par  le battement de sa gauche une tempête équatoriale eut suffi à la soulever  jusqu’à son ventre…. il était l’heure  où le soleil rase le sol, son cul libéré par le port d’un string charnel était parfait, posé à l’arrière de son corps comme celui d’une callipyge grecque, j’étais alors une colonne dorique et elle l’exaltation d’une vénus corinthienne … ma vacuité estivale venait de débuter.

chroniques de la haine apaisée: 20 la mienne


Ce sera la dernière de la série… dernière chronique avant de passer  à mes désespoirs de vacances… cette année, immergé dans un camping je serai  à la pointe du dialogue social de proximité… j’écouterai, j’acquiescerai au moindre mot prônant que la révolution est proche…. J’en choisirai un, peut-être une et je l’écorcherai verbalement, lui arrachant sa cellulite vacancière, son bourrelet de congés payés…. Je serai odieux, cynique  à souhait… imposant mes mots comme  d’autres ont oublié les leurs. C’était hier, lors d’un concert de Jazz, je discutais avec deux êtres, avinés, embièrés… le nez rouge et bourgeonnant pour l’un, l’oeil méchant et éternellement bête pour l’autre… de gros foies prouvant l’hydropisie  dans ces deux cas. Systématiquement je m’opposais aux dire de l’un, sans le provoquer, juste en argumentant  à l’encontre de ce qu’il prétendait être un bon musicien…. je ne donnais que des contre-sens à ses définitions…. en trois minutes il devint vulgaire par manque de vocabulaire, agressif par élévation de sa connerie  à la hauteur de son alcoolémie…. con parce qu’il l’était  avant de me rencontrer … je n’y fus pour rien. Cet être fait partie de ceux qui ne supportent pas les frustrations de base, celles qui l’ont conduit  à dire qu’il aime les femmes et qui a compris qu’aucune femme n’a pu et ne pourra l’aimer. J’ai continué à  élever son taux d’hormones par de savantes vérités amphigouriques …. il a glissé dans une pré-violence, contrôlée par le gros ventre de son camarade de beuverie…. je me suis glissé vers un espace vide, satisfait de l’avoir conduit là où il en était…. Le pire c’est qu’en aucun cas je n’ai parlé de sa personne, j’ai juste dit et référé à des contraires, ses mots étaient insignifiants… mes contraires aussi…. Je n’aimais pas son odeur de sueur, acide et vieille, je n’aimais la certitude de son inintelligence, je n’aimais pas sa manière d’être violemment ivre, je n’aimais pas la couleur de son T-shirt, je n’aimais pas sa manière de parler des femmes, je n’aimais pas sa vulgarité de bas -étage, je n’aimais pas son absence de mots, la couleur rosée de sa peau…. cependant il avait raison.

chroniques de la haine apaisée: 18


Il s’était mis au soleil… pour suer, sentir son corps se liquéfier. Il s’était  mis au soleil de midi, celui qui perce la peau , l’enrougit par delà le muscle et la viande…. Il s’y était endormit. Le soleil chauffant plus qu’à son habitude… Il était entouré de ses herbes dites de Provence qu’il aimait tant  à sentir  au début de l’été: romarin , basilic…. le vent souffla fort malgré la limpidité du ciel bleu, si fort que fleurs et plantes, arrachées par le vent, recouvrirent son corps brûlant… mais il continuait de dormir sous ce soleil plus puissant que jamais. Les odeurs de son corps chauffant exaltées par la puissance odorifère des plantes qui, de par le vent et la sueur s’étaient accolées à la chair de l’homme qui, au soleil, s’était endormi… Il fut mort  à la nuit tombante en ce premier jour d’été, mort mais sentant bon… les jours passèrent d’une chaleur violente…. son corps rôtit. ON retrouva ses os, quelques uns rongés, d’autres avec un peu de viande que les fourmis avaient fini de récupérer…. c’est son chien qui avait beaucoup grossi.

chroniques de la haine apaisée: 17


« Quand bien même ce chien vous aurait mordu, il ne fallait pas le tuer… et surtout pas comme vous l’avez fait. » leur dit la grosse dame

Il est vrai que les deux gamins s’étaient acharnés sur le pauvre canidé, il ne ressemblait plus vraiment  à un chien. Ils l’avaient frappé à coups de battes de base ball, il avait bien essayé de les mordre , mais leurs coups étaient précis et ils avaient donné l’impression, à ceux qui les avaient vus agir, qu’ils maîtrisaient avec efficacité l’art de tuer vite et bien.

« Alors pourquoi l’avez-vous tué ?

_Nous avons faim…  »

29-05-2010


Il eut été si facile d’avoir l’air d’un con devant mon bout de saucisson que j’aurais aimé me voir  face  à lui l’espace d’un instant…. mais j’en ai refusé l’image, comme je réfute le sens qu’on peut donner  à cette image… Je resterai stoïque et incertain.Le saucisson, amalgame de viande et de sang porcin… c’est bon. Le plus con n’est pas de manger du saucisson …. mais seul, face  à un saucisson, vous mesurez, l’espace d’un moment court, combien il doit être dur d’être moine en une abbaye cistercienne ….combien il doit être dur d’être prêcheur dans le désert, comme il doit être dur d’être femme dans certaines lointaines contrées montagneuses…. comme il est dur ce saucisson.

29-05-2010


France un zéro….. que dire ?

chroniques de la haine apaisée: 16


il avait beau se retourner dans son lit pour rechercher un sommeil qui s’éloignait de plus en plus au regard du jour qui se levait, il se leva donc, donc il se leva… Il était debout, face à sa fenêtre, le jour était  là, encore une fois…Il fit comme à son habitude, il alla se recoucher pour rechercher un sommeil qui ne pourrait plus venir, le jour étant là, sans soleil, plus grisé que gris. Une fois couché, il se retourna quelques fois, regarda la fenêtre, ferma les yeux, imagina une fenêtre puis les rouvrit…Encore debout, les yeux fermés, face à la fenêtre et puis le lit, encore une nuit… tout cela se répéta une éternité et puis une autre encore…. changer de sens pour se retourner pensa-t-il…

chroniques de la haine apaisée: 15


Elle était enfin là… attachée, liée, de ses pieds  à son ventre nu, la corde passant par sa nuque qu’elle courbait afin qu’elle ne puisse se dégager. Elle le regardait, violente, insoumise… Il s’en délectait, il la savait désormais sienne, à terre. Du sang coulait le long de ses lèvres, le lien remontait, avec une forte contrainte, ses deux bras dans son dos. Ainsi attachée, son cul s’en trouvait sublimé, c’était la seule partie de son corps qui présentait une visibilité et une accessibilité totale… il se préparait….Mais il fallait au préalable qu’il  apaise l’hémorragie provoquée par le sectionnement  de son sexe…. Elle avait encore la bouche fermée, il fallait qu’elle  crache le morceau d’une manière ou d’une autre…

chroniques de la haine apaisée: 14


Et puis les abeilles moururent toutes… il n’y eut plus de fruits. Les insectes qui mangeaient les fruits disparurent à leur tour, ainsi que les oiseaux qui mangeaient les insectes qui mangeaient les fruits. Comme il n’y avait plus de fruits, il n’y eut plus de graines, il n’y eut donc plus de plantes…. il y eut moins d’air, il y eut moins d’hommes, il n’y eut plus de vie…. je la regardai mourir, enfermée sous son verre retourné, il n’y aura plus de vie lui dis-je…

chroniques de la haine apaisée: 13


Et pourtant  il n’était pas grand, mais il avait tenu à le faire lui-même…. Il descendit donc l’escalier de sa petite maison, sous le regard attendri de ses parents. C’était la première fois qu’il partait ainsi seul, chasser. Il était équipé de son petit attirail de prédation que lui avait confectionné son père…. la chasse était désormais leur seul moyen de subsistance; à eux comme  à tous les survivants de la grande extermination, celle de la fin d’avant, celle qui avait conduit  la vie à presque totalement disparaître. Cela avait été le choix des nations, la planète étant exsangue, infertile, surpeuplée…. définitivement exploitée; les grands hommes de ce monde avaient tous appuyé sur le bouton ensemble , celui qui avait permis l’explosion finale, celle qui eût pu laisser une chance à  quelques-uns par un retour  légitime à la sélection naturelle…Les doses massives de radiations avaient provoqué des mutations, prévues et attendues… la vie devait continuer quelque soit la forme dans laquelle elle habitait. Il partit donc  à la chasse dans la ville, là où il y avait encore du gibier, essentiellement des bipèdes, difficile  à chasser mais goûteux avant tout. Il les piégeait avec un peu de nourriture qu’il plaçait sur un bout de soie, généralement ils se retrouvaient pris dans l’engluement de la soie et il n’avait plus qu’à les piquer. Ce soir-là il en ramena deux: une femelle à poils blonds et un mâle des montagnes. Il déposa les cocons sur la table, sa mère l’enlaça de ses huit pattes…en l’embrassant, les cocons bougeaient derrière eux…

chroniques de la haine apaisée: 12


Il se tordait de douleur, empoignant sa barre de lard ventral de ses dix doigts crochus et noueux. Durant un court instant il se pencha face  à terre, cherchant un souffle second, un de ceux qui vous permet de gagner  dix ou quinze secondes durant une fin de vie. C’est en relevant son visage vers cette porte d’un jaune éteint qu’il retrouva un faciès  moins contraint, crispé, violenté. Il sentait venir l’instant où ce serait fini, fin d’une douleur, fin d’un spasme, fin de sa faim toujours incontrôlée. Il y avait aussi cette lame, plantée juste dans son nombril… Il ne sentait pas la douleur , mais le lent écoulement de ses intestins vers le sol, écoulement chaud comme une  défécation ordinaire d’un lendemain de banquet. L’autre, celui qui avait tué souriait…. Vint l’instant où il aurait dû lâcher son dernier soupir, mais cet ultra mangeur, cet ogre construit à coup de petits sablés, de viandes en sauce et de fromages entiers se contenta d’un pet foireux pour dernière expiration…

chroniques de la haine apaisée: 11


Cela faisait longtemps que je me taisais, quelques jours tout au plus et vous me manquiez, vous… mon international réseau de lecteurs, mes millions de fanatiques… que dis-je mes milliards, sans compter les peuples extra-terrestres qui m’ont déjà sacralisé et qui ont élevé des statues à mon effigie… OUI parfaitement sur des planètes lointaines mon auguste Moi est divinisé et je tiens  à préciser que je ne touche pas de royalties ni de droit  à l’image… ils ont juste fait une image tri-dimensionnelle  de me mon onde subspatiale…. cela ressemble à une petite vaguelette, plus précisément une rondelette ondelette et ils l’ont imprimée avec une carte sidérale sur des petits paquets qu’ils vendent dans d’énormes hangars ressemblant beaucoup à nos supermarchés…. Cela me fait un peu peur, surtout depuis qu’ils ont débarqué dans mon jardin et qu’ils ont réquisitionné mon barbecue… Il sont là, derrière la fenêtre, je ne sais pas s’ils essaient de rentrer…. il y a visiblement une famille , ils ont l’air de vacanciers…. à l’heure du repas.

chroniques de la haine apaisée: 10


Ils se tenaient tous face à lui, équipés de leurs stylos et bloc-notes appropriés. Ils étaient  là, dans la phase ultime de l’observation… Lui, était un petit garçon de 7 ans, blond aux yeux noirs… Il était le dernier  cas observé et répertorié de déviance comportementale. Depuis dix ans déjà, grâce au progrès de la science et de la médecine ou plutôt de la médecine et de la science… Il n’y avait plus aucun cas de violence, de différence, d’exaltation artistique. Il n’y avait que des êtres en accord avec l’Idée, il n’y avait qu’une solution, qu’une question  à la fois et qu’une réponse possible…Une société sans remous, sans larmes, sans avenir imprévisible. Lui avait été repéré dans une école, ses parents morts très tôt  d’un regrettable accident que personne n’avait sincèrement regretté. Lui avait dit « grosse conne »  à sa maîtresse, lui avait frappé ses camarades, lui avait fait caca dans un couloir. Deux jours après, les plus grandes sommités scientifiques mondiales s’étaient rassemblées pour élucider son cas. Lui résistait  à toutes les molécules, Lui résistait  à toute forme d’imprégnation psychiatrique, Lui leur disait merde en souriant…. et tous étaient  face  à Lui sans comprendre… Dieu, dans son infini sagesse avait enfin envoyer son fils sur terre pour remettre en marche le processus vital….. Lui leur cracha  à la gueule et rota un coup.

chroniques de la haine apaisée: 9


Geneviève tenait dans sa main droite, fortement resserrée sur l’enveloppe siliconée de l’objet, la télécommande de la télévision, neuve. Elle ne laissait personne choisir les programmes… le programme. Elle n’en regardait qu’un, une sorte de feuilleton qui depuis vingt ans  permettait à des acteurs, désormais vieux, de jouer au jeu de la vérité vécue…Ils vivaient devant les caméras et étaient donc regardés par une bonne partie du pays selon les sondages, une partie aussi âgé que les acteurs. Elle tenait donc sa télécommande, maladivement… Elle ne se levait de son fauteuil que pour se coucher dans son lit,  à la fin du programme, dormait ses six heures et se relevait pour s’asseoir dans son fauteuil… tout cela sans lâcher la télécommande. Un soir, elle ne se leva pas, elle venait de mourir, juste avant la fin de l’épisode. Elle vivait depuis longtemps avec sa fille, toutes deux avaient fini par se détester en silence, une haine de trente ans dans un silence coupé par la voix des acteurs. Sa fille, Anne, se rendit compte que sa mère venait de décéder. Elle  se dirigea alors vers son fauteuil, prit la main de sa mère, celle qui tenait la télécommande, appuya sur son index, celui qui aurait pu  changer de chaine, avant. Elle se contenta d’appuyer dessus… changeant ainsi de chaine, puis elle alla se coucher.

chroniques de la haine apaisée: 8


Il était face à moi depuis quelques instants, sans bouger. Il monopolisait l’espace, de par sa taille, de par le bruit qu’il prenait plaisir  à laisser échapper de son corps… Son immobilité relative m’inquiétait,  je l’avoue. Il me fixait de ses gros yeux; je n’aime pas qu’on me toise. Je décidai, à mon tour, d’opter pour un immobilisme certain. Il fit un quart de tour vers sa droite, mais rien ne changea, si ce n’est qu’il était désormais totalement face  à moi, il s’opposait le pauvre… Sa taille ne me faisait pas peur, son prognathisme non plus…. je n’avais pas cligné des paupières depuis plus de trente secondes. Maladroitement il fit acte de s’intéresser à quelque chose de virtuel, sur sa droite, mais je ne le quittais pas des yeux et ma haine montait, elle était passée d’épidermique  à pré-consulvive, je sentais mon adrénaline imprégné mes cellules corporelles, mon coeur battre sourdement, mon ventre se gonfler pour absorber toutes les ondes de stress environnantes… Il exhiba son gros dard, mais rien ne me fit baisser les yeux… je me préparais à passer  à l’action. Je fus pris d’une crise de mon syndrome de Gilles de la Tourette, mais mes yeux ne le quittèrent pas et plus il s’immobilisait plus je me sentais près  à agir, je conclus ma crise par un « fils de pute de ta mère mal léchée », je me sentis presque apaisé. Mes muscles saillis, ma main paume ouverte, j’allais le frapper.Il me fallait encore deux secondes, une pour me remémorer la scène d’apocalypse now, avec la bande sonore, quand les hélicoptères arrivent, l’autre, une scène du Napoléon de Fritz lang… je ne sais toujours pas pourquoi… Je ne ressentais plus de haine, je n’étais plus qu’une machine  à tuer compulsionnelle. J’écrasai ce frelon d’un revers de la main droite… il eut le temps de me piquer ce connard.

chroniques de la haine apaisée: 7


Il aimait  à se gratter le cul… odieusement en présence d’un public.Il n’aimait pas que cela…se curer le nez, profondément, en extraire sa sousbtantifique moelle et l’absorber, de préférence face  à un enfant qui le regardait avec un sourire d’étonnement, à moins qu’il ne fut au bord des larmes, d’effroi. Il aimait son odeur pestilentielle qu’il travaillait depuis de nombreuses années à  grand renfort de T-shirt crasseux, dont la sueur imprégnée avait longuement séché au soleil comme un de ces vins de Rivesaltes. Il s’aimait s’entendre péter, modulant foireusement le plus souvent, rougissant convulsivement dans un dernier effort pour chasser tout le gaz de ses intestins mal nourris. Il ne buvait que du vin, du lever au coucher du soleil, ne se lavait jamais les dents, parfois  le corps quand les démangeaisons devenaient ultimes et inconfortables… Il rotait grassement, ravalait son vomis, mangeait la bouche ouverte. Personne ne l’aimait, on changeait de trottoir quand on le croisait, prévenait la police quand il en rajoutait. Pourtant c’est lui qui ce soir là s’est jeté  à l’eau pour sauver la petite adolescente amoureuse qui voulait en finir avec la vie, c’est lui qui ne sachant pas nager , s’est débattu de longs instants pour la ramener au bord, si jolie, ses cheveux blonds mouillées. C’est lui qui l’a sauvée, c’est lui qui est mort sur le bord de la berge, le coeur arrêté par cet effort de Titan qu’il ne lui avait jamais proposé. Elle était seule  à côté de lui, sauvée, lui mort. Il y eut  encore longtemps avant que d’autres  viennent  la secourir… lui déjà fini et bientôt oublié. Chez lui, quand on a ouvert la porte, tout était propre… sur de beaux cahiers blancs, écrits  à la plume, des milliers de poèmes …. d’amour, encore d’amour.

chroniques de la haine apaisée: 6


J’étais une femme… je marchais, attentive et improductive. J’étais une femme désireuse d’un homme, pas n’importe quel homme… pas un de ceux pour qui leur sexe leur sert de mémoire, pas un de ceux pour qui éjaculer signifie me parler… un homme plus féminin que moi était ma quête. Je le croisai, il était incertain et portait son regard alentour en quête d’une odeur de femelle, cela se voyait qu’il en voulait une. Je m’en suis approché, face à lui, mon regard prêt  à capturer le sien. Je m’offris  à lui dans l’immédiat… un homme ne sait pas refuser une femme qui s’offre, une femme qui veut. Il m’a prise comme j’ai voulu, quand j’ai voulu, je n’ai pas entendu le son de sa voix, il n’a pas entendu la mienne, mes lèvres sont restées serrées autour de son sexe.Je suis rentée chez moi, après… Mon mari, mes enfants, mon autre vie, mon autre moi, mon corps replié, mes orgasmes, seule, dans la cuisine, mes orgasmes seuls dans la cuisine… et mon mari me demandant ce qui m’arrivait. J’ai alors répondu par le déni, le rien de grave coutumier… je jouissais en mon intérieur… ma cul, comme dit une amie, sur la chaise de ma cuisine. J’ai consommé beaucoup d’autres hommes, de voiture en terrain vague, de chambre d’hôtel en porte, d’ascenseur en cave, de sol en sous-sol… Je n’étais pas une salope, juste un enveloppe qui ramenait ses orgasmes  à la maison pour les jouir tranquillement  assise sur sa chaise une tasse de café  à la main… comme tout a une fin, il y en a un, qui un soir avant de rentrer chez moi, m’a tuée. J’en suis morte, il n’y a pas d’enfer, pas de paradis, juste la sensation infinie du dernier moment vécu… ce soir là, j’ai joui…

chroniques de la haine apaisée: 5


Angélina… je lis ! dit-il à sa compagne qui l’importunait par de subtiles caresses aphrodisiaques. Il était absorbé par la complexité de l’ouvrage, là d’où je vous écris, je ne pouvais en lire le titre. Elle tournait autour de lui, lui caressant la nuque de ses doigts insistants, laissant ses ongles courir sur une peau refermée, cependant ses ongles laissaient une trace rose, trace qui s’amplifiait le temps passant. Arrête…! je lis. Il répéta ces quelques  mots  à nouveau, mais Angélina avait commencé  à déboutonner les boutons qui maintenaient fermement sa poitrine sculpturale… elle ne portait pas de soutien-gorge et il n’y avait que deux petits boutons de plastique simili nacrés qui le séparait du bas-relief égyptien à une interprétation contemporaine d’un volume de Brancusi. Seul le galbe interne de son sein gauche s’épancha  dans son champ visuel de  lecteur dévorant. Arrête…! ! Elle s’assit devant lui , en remontant sa jupe jusqu’à l’hémisphère de ses hanches qui rendait impossible toute fuite  de cette jupe par le haut, de toutes façons elle eut rencontré ses seins avant sa bouche qu’elle avait ce jour recouvert d’un rouge  à lèvres des plus putassier qui  fut. Sa jupe retroussée s’arrêta au niveau du fond de sa culotte de mousseline chaire… On eut cru qu’elle était entièrement nue de sexe et de lèvres. Elle vint s’asseoir sur un des genoux sur lequel ne reposait pas le livre qu’il lisait. Ça suffit…!!! Il se releva fermement, elle en aurait chu si ses cuisses n’avaient été musclées et galbées, elle se tint droite, le jupe relevée, le sein nu, l’autre  à peine couvert. Il s’était précipité dans la cuisine avec son livre… Elle le suivit, non sans avoir auparavant quitté sa fine culotte. Quand elle y pénétra  , il était assis sur l’une des chaises de Formica jaune, épidermiquement concentré sur son ouvrage. Elle laissa tombé sa culotte sur les deux pages qu’il était en train de lire. Il la prit alors par les cheveux, lui fit faire  un demi-tour en appuyant violemment sur sa hanche gauche, la coucha face sur la table, s’empara d’un rouleau  à pâtisserie qui était rangé sur l’une des étagères au-dessus et la frappa de quatre coups sur la tête au rythme de la cinquième de Beethoven qui passait en fond musical sur l’une des radios  locales qu’ils écoutaientt auparavant. Elle glissa  à terre, la jupe relevée laissant apparaître un pubis glabre surmontant  un sexe aux lèvres symétriquement dessinées. Le sang, couleur du rouge de sa bouche désormais ouverte, coula, maculant le sol. Il reprit son livre.

_ »B et A, ça fait donc BA… »

chroniques de la haine apaisée: 4


Ce matin j’ai marché dans la rue. Pour l’occasion, j’avais revêtu mon blouson vert, celui qui appartenait à mon père, le blouson pas le vert… c’était  un blouson avec lequel il marchait dans la rue. Il croisait des gens, les gens ne le croyaient pas quand il leur disait qu’il les avait croisés… les gens ne croient jamais ceux qui croisent. Les gens souvent ne regardent pas ceux qui coupent leur chemin ou ceux qui les accompagnent sur les même files qu’eux, vous savez , ces grandes files fluctuantes qui s’étendent dans les rue des villes, ces files de gens qui se croisent, c’est incroyable qu’ils ne se heurtent pas plus souvent. Ce matin, j’ai marché dans la rue, en blouson vert , tout comme mon père. Je me suis mis à suivre pour éviter de croiser. J’ai suivi ce jeune homme au pas rapide mais mal rythmé, cette jeune fille à la jupe légère, le vent m’a fait don de la couleur de son sous-vêtement. J’ai suivi aussi cette grand-mère  pour laquelle un pas durait aussi long que trois des miens, pour elle j’ai durant quelques minutes respiré et vécu au ralenti. J’ai suivi ce chien au pas erratique, à la truffe questionnante, quelle odeur avais-je donc pour ce chien ? J’ai suivi cette autre femme dont la marche réglée par la hauteur de ses talons aiguilles lui conférait une allure animale, tout comme si une gazelle eut été vêtue d’un tailleur noir. Puis, je me suis arrêté, perdu d’avoir trop suivi… je suis reparti suivant d’autres personnes, suivant dans le sens inverse  à la marche qui m’avait perdu…. Je suis revenu vers le lieu du départ. Mais derrière moi, je sentais un rythme de pas qui perturbait ma concentration. J’ai ralenti, le rythme du pas s’est estompé, mais il était toujours présent… Je me suis arrêté de nouveau, il y eut le silence d’une ville. Je me retournai, un homme derrière moi visiblement me suivait. Je suis reparti, accompagné de celui qui derrière moi m’accompagnait;  je me suis lentement dirigé vers une ruelle sombre où là je me suis caché afin de l’étrangler, je déteste qu’on me suive. Dans le noir, derrière un porche, j’ai serré son cou aussi fort que je pus, il en est mort. Mais cet homme était suivi; je ne l’avais pas cru quand celui que j’étranglais me dit avant de mourir de faire attention  à celui qui le suivait… il m’a tué d’une balle dans le dos parce qu’il n’aimait pas le vert de mon blouson, je n’ai même pu croiser son regard.

chroniques de la haine apaisée:3


Tout avait commencé par un orgasme de fin de soirée, un orgasme convenu, attendu… nous l’appellerons plaisir, il avait été respiratoire, en accord avec ma vie du moment… il sera oublié, malgré la volonté que je développais  à vouloir mémoriser tous mes instants de plaisir. Celui-ci ne fut donc qu’une respiration plus longue, un incertain soupir. Après m’être rhabillé, après qu’elle soit revêtue, nous étions sortis hors cette chambre d’hôtel qui pendant un temps court mais lourd avait été l’espace de nos ébats amoureux, je ne l’aimais pas, elle ne m’aimait pas, cependant nos corps s’étaient touchés… au moment de nous quitter, elle se retourna vers moi qui ne m’étais pas retourner pour partir… nous étions face  à face…un silence de  trente secondes sans lourdeur. On y retourne ? me dit-elle. Comme nous n’avions pas encore rendu les clefs, nous entrâmes dans cette même chambre. Ce deuxième orgasme fut plus violent que le premier, à la fois dans le contact physique et dans l’expiation de la tension sensuelle accumulée… Nous fûmes  à l’unisson, à l’unisexe, à l’unisens…un accord encore. Il s’en suivit une petite heure de sommeil partagé, un sommeil profond qui nous paralysa. Nos corps étaient nus, froids… au réveil nous retrouvâmes de nouveau visage contre visage , elle n’était pas belle, je n’avais rien de beau. Nos corps étaient plutôt lourds, sa poitrine tombante, une légère adiposité nous caractérisait… la violence du troisième orgasme nous amena à nous frapper, nous mordre jusqu’au sang, nous griffer… nous oubliâmes certains tabous… ces prémisses douloureux  aboutirent à une violence orgasmique que je n’avais jamais connue… je n’avais jamais battu une femme, je n’avais jamais été frappé par une femme. Nous étions assis dos à dos, assis chacun sur le bord de notre lit. Je n’aimais pas son odeur ni son corps, elle avait recraché  mon sperme comme un vomissement… je ne pourrai localiser l’épicentre du quatrième orgasme, je serre son cou si fort qu’elle semble ne plus respirer, je suis si profondément ancré en elle que je ne peux plus localiser d’où je ressens… je n’aime son gros cul de toutes façons.

chroniques de la haine apaisée:2


J’étais assis dans le métropolitain suburbain, je voyageais de chez moi à chez lui, pour ce je m’étais vêtu d’un pantalon  de laine gris, d’une veste sombre… mes chaussures brillaient, je les avais cirées le matin passé… j’aimais ce brillant mordoré qui enveloppait le cuir vieilli de mes fausses chaussures anglaises. Mes lunettes étaient propres, sans taches aucunes, je prenais loisir et plaisir chaque matin  à les ultrasonnées,leur écaille translucide était assortie à la couleur du cuir brillant de mes chaussures. J’étais assis, petitement, je ne regardais rien, je ne pensais qu’à la satisfaction naissante qui emplissait mon corps, j’allais jouer au Scrabble chez lui et  je savais que j’allais encore gagné, je m’y préparais depuis de nombreux jours. Chaque mois, je retrouvais mon père, pour une partie de Scrabble, chaque mois je gagnais cette partie, j’allais encore gagner celle-ci.

Je frappai  à sa porte , il m’ouvrit et me tourna le dos immédiatement sans me parler comme  à son habitude… Le jeu était préparé sur la table de chêne doré de la salle à manger, il avait recouvert celle-ci d’une toile cirée  à l’imprimé boisé imitant le contreplaqué de hêtre. Le jeu était posé, le tirage n’avait pas encore été fait, il m’attendait. Nous nous assîmes, face  à face, toujours dans ce silence propre aux grands évènements et propices aux grandes concentrations. La partie commença comme d’habitude , si ce n’est un tirage qui fut dès le départ plus favorable à mon père… mais mon vocabulaire plus riche devait me permettre finalement de gagner. La partie dura une heure et trente-huit minutes, à la fin de celle-ci, j’avais une petite avance sur mon père et il me paraissait improbable qu’il put placer un  mot entier, tout au plus une lettre… j’avais analysé toutes les possibilités, comptabilisé toutes les lettres… il ne pouvait pas en être autrement. Il plaça un petit mot, simple, auquel j’avoue je n’avais pas pensé: con… l’une de ses lettres comptait triple. Au total mon père avait un point de plus que moi. J’ai gagné dit-il avec un large et franc sourire  remontant jusqu’à ses yeux qui me fixaient  exaltés. Je me levai, pris ma chaise de chêne, la levai au-dessus de ma tête et le frappai plusieurs fois, à mort… son sang tachait le faux tapis persan de la salle  à manger… Il m’avait parlé pour la première fois et je n’aimais pas le son de sa voix…

chroniques de la haine apaisée:1


Je suis abasourdi par ce petit bruit de grignotement qui provient du corps de mon ennemi, les vers et les rats ont commencé  à le recycler… le recyclage, la consommation du 21 ème siècle. Il est donc là, à côté de moi, définitivement éteint, son léger courant électrique qui parcourait son regard quelques jours auparavant, s’est évanoui dans la nature, il a rejoint le flux constant. Nous étions ennemis, sans pour autant se connaître… il habitait en face, de l’autre côté de la rue, je me souviens de sa silhouette sombre qui passait devant sa fenêtre, le fusil à la main, parfois il ouvrait les battants, sortait le canon de son arme et tirait. Je ne l’ai jamais dénoncé, je le comprenais… en silence. Je comprenais cette pulsion de mort qui l’habitait, je le regardais et au moment où les corps tombaient, je souriais… Un jour, c’est vers mes fenêtres qu’il a ouvert le feu, il m’a raté mais la balle a traversé la pièce et est allée briser la vitre qui protégeait le maillot de l’équipe de Rance qui trônait en l’exact milieu du mur situé  à l’opposé de la porte fenêtre de mon appartement… J’ai pris le couteau de cuisine, j’ai descendu sans me presser les quarante-huit étages de ma tour, j’ai traversé la place et j’ai rejoint, sans prendre l’ascenseur, la porte de l’appartement derrière laquelle vivait la silhouette, j’ai frappé  à la porte, il ou elle a ouvert, je n’ai pas cherché  à savoir, j’ai frappé d’un vingtaine de coups profondément portés… Il ou elle est tombé. Je me suis alors autorisé  à pénétrer dans son salon. Sur le mur à l’opposé de sa porte-fenêtre, exactement au milieu du mur, protégé par une vitre  à l’épaisseur conséquente, le maillot de l’équipe de Rance maladroitement rapiécé vers l’emplacement du coeur, une taille au dessous de la mienne….

Appel à la lutte N°15: boire un coup à ma santé.


Sincèrement, n’en avez vous pas marre de tout ce langage humaniste, cette impression de rédemption du bout du bulletin de vote ? Si et je vous comprends… l’avenir n’est pas dans l’humanité. Personnellement , j’ai opté pour  l’asticot, premier recycleur avant  l’heure. J’ai donc fait don de mon corps, non pas à la science qui serait foutue de trouver une solution pour sauver  l’humanité avec mon code génétique et mon sperme gélifié. J’ai donc  fait don de mon corps aux asticots, qui lorsqu’il sera l’heure sauront m’apprécier  à ma juste valeur. Ils seront donc les seuls, après les nombreuse femmes qui ont eu cette chance, à connaître le goût  de mon âme et de mon cor (celui de mon pied droit) et de mon corps, celui sous lequel se situe le cor suce nommé. Donc le jour, où par ma volonté dernière et certaine, il sera le moment de les voir passer  à table , je vous prierai de bien vouloir lever un verre et de boire un coup à ma santé. Mais rassurez-vous, le moment n’est pas encore venu et les asticots qui commenceront le premier petit morceau non plus…. par contre si certaines femmes ont envie, je peux leur signer exceptionnellement un droit de passage et non de repassage… Était-ce vraiment un appel à la lutte ?

autobiographie d’un autre:11


Toucher ce ventre l’emplissait d’une couleur rose, d’une chaleur sonore…. il déplaça sa main de ce ventre vers son ventre, il ressentait l’amplitude de la respiration, l’autre enfant face  à lui commença  à le frapper de  petits coups de poings placés au-dessus de la joue droite. Il ne constata la douleur que lorsque le sang commença à  couler le long de sa joue. Le dernier coup posé de l’autre enfant s’ensuivit d’un geste réflex de notre enfant, un geste qui parti de la main de son ventre, posée. Celle-ci termina sa course, refermée en un poing qui enfonça l’estomac obstacle qui se trouvait en face… Il y eut des pleurs, des cris, un hurlement… du silence avant une fuite en courant.Il sourit…

Appel à la lutte N°14: Savoir qu’on est le con de quelqu’un


Aïe ! sujet qui fâche la connerie, pourtant bien répartie  à la surface de la terre. Moins on pense avec ses neurones et plus on se réfère à  ce qu’un quidam a pondu avec ses propres neurones plus on est con … je pense… Plus on est dans la pensée de masse plus on est con … je pense…. Plus on est certain d’être le con de quelqu’un plus on a une juste  image  symétrique de la connerie de l’autre… je pense… Autrement, dit plus vous êtes sûr d’être le gros con de quelqu’un plus vous savez où  votre gros con  à vous se situe…en face… je pense…  Donc c’est rassurant d’être le con de quelqu’un, cela vous donne une juste image référencée de ce que vous pouvez accepter comme dose de connerie de la part de l’Autre…. un point éloigné de votre centre, centre  à partir duquel vous pouvez tracer un cercle incluant et excluant au delà  de la limite de la dite connerie … les autres…. Je pense … Je n’ai jamais trouvé aussi con que moi…. je me sens libre seul!

Autobiographie d’un autre: 10


Le premier contact fut, pour lui, tout aussi surprenant que déplaisant. Il était habitué à une certaine froideur des objets inanimés et toutes les sensations  de contact physique qu’il avait pu avoir auparavant n’avait toujours été que des instants de peurs et d’angoisses… La chaleur qu’il sentait, l’élasticité de la peau, et quand bien même si avant ce moment ces deux repères avaient été des synonymes de fuites et de dérobades de la part des autres,et bien là cela le rassurait désormais.Il laissa sa main posée sur cet autre enfant et entreprit un voyage en profondeur dans la chaleur de sa peau. Ce n’était pas l’odeur de l’autre , ce n’était pas l’éventuelle appétence que pouvait procurer son jeune et beau visage… c’était en premier lieu, la sensation d’une chaleur corporelle différente de la sienne. La différence thermique qui existait entre leurs deux êtres suffisait à lui donner la certitude d’une autre réalité, presque semblable  à la sienne…. pendant que l’autre enfant le griffait, il laissa sa main posée sur son ventre  à  contempler de sa paume son  étonnante chaleur existante .

Autobiographie d’un autre: 9


Elle ne se  retourna pas mais pensa pendant un temps long et pesant à cette chose, lui, et à ce moment où elle avait été nommée maman, de nombreuses fois elle pleura de ne pas avoir su le prendre dans ses bras et de l’avoir étouffé… C’est de sa mort qu’elle pleurait, sa mort qu’elle lui avait refusée.

Lui, resta sur son sol, ayant déjà oublié, oublié et encore oublié. Il n’avait ni passé ni futur. Son existence se limitait à  un passé exact, ne se souvenant de rien de ce qu’il avait vécu, ne se projetant pas dans le  temps pour exister. Il  était au sens  le plus précis de ce verbe, il était là. C’est cet état de présence totale , non inscrit dans le devenir ou l’avoir été du temps qui le rendait invisible aux yeux de tous…. Cependant, au moment où d’autres eurent dit qu’il avait peut être cinq ans, il se passa un changement dans sa vie. Un autre enfant prit conscience de cette existence parallèle et vint s’asseoir  à ses côtés. Il le regardait , le touchait, le griffait, le mordait, le goûta…. l’autre alors laissa quelques terminaisons nerveuses explorer le champ de la communication tactile… il toucha.