On y passe vivant, debout, en croisant à chaque porte ouverte, des regards atterrés….parfois proche de l’instant du départ… On y passe. Ils et elles sont assis dans de lourds fauteuils, la télé souvent allumée…mourir entre deux spots de publicité. On y passe… Les odeurs sont différentes, les corps sont courbés, appesantis… sans force pour se redresser…. On y passe…Cette fin programmée ne peut se faire oublier. Dans chacun des couloir de chacun des hôpitaux de chacune des villes de tous les pays , les silences sont les mêmes…On meurt tous pas très loin d’un couloir.
Archives de Tag: photographe
Lieux: 5; derrière…
Je n’ai jamais su ce qui se passait derrière moi, j’ai beau me retourner, cet arrière me suit presque instantanément, j’en suis tout retourné. Je ne reviendrais pas en arrière pour questionner, je me contente de rêver. Derrière moi , les femmes s’agenouillent en poussant d’obscènes râles orgasmiques, enfonçant leurs doigts, ponctués de vernis rouges , violents et outrageants, dans leur bouche ourlée. Les hommes accélèrent le pas par crainte et inquiétude, les enfants pleurent, les femmes encore les femmes … Si elles savaient comme je suis quand dans leur dos , je souffle ce souffle chaud et humide qui sied si bien aux instants de pénétrations animales. À ce moment ils constata qu’il était seul, ni derrière ni devant…seul et personne pour le suivre.
Lieux: 4; le fond du chariot
C’est ce soir que je l’ai remarqué. Il était là , sous mes yeux… le fond du chariot. Qu’ai-je pu lui trouver de si remarquable ? C’était ce petit papier, à l’écriture plus petite que la mine du crayon qui l’avait couchée sur cette friperie papiesque… je le dis.C’était ce petit papier qui ne pouvait se trouver qu’au fond du chariot. Il avait certainement été écrit par une main de petit vieux, tremblotante, hésitante, mais cependant attentive à la qualité de ce qui allait être mangé… Tout y était inscrit accompagné de la fourchette de prix dans laquelle le scripteur comptait trouvé le produit référent. Quelle attention miséreuse, quelle patience oublieuse du luxe de l’ignorance…. j’eus honte, moi qui dépensait sans même regarder le prix et puis ce fut le mépris. Pourquoi n’avait-il pas tenu compte du prix du papier sur lequel il avait écrit ?… Et puis ce fut le vide, comme celui qui tapissait le fond du chariot…. vide comme mon chariot , vide comme la vie que j’allais, de manière mytomaniaque, associé au fond de ce chariot… à cette heure là seul le petit papier restait.
http://euxetelles.wordpress.com
http://1entropie.wordpress.com

Lieux: 3; le fond de sa culotte
Elle s’y goutte … lentement au contact de ces hommes qui effleurent son air, dans cette rue…. Elle en jouirait. Du fond de sa culotte, elle sent le courant d’air qui passe par dessous sa jupe, des plus courte qu’il soit, soufflant entre ses jambes. Courant d’air qu’elle sent par les trous de cette culotte dentelée, sur ce pubis glabre…On y lit un grain de beauté… Culotte dentelée et trouée, courant d’air frais qui effleure ….Du fond de sa culotte elle sent le fond de l’air frais au contact de son sexe, limite de la chaleur à la fraîcheur…Il se passe tant et tant au fond de cette culotte….les hommes vivent pour être au fond des culottes….
http://www.euxetelles.wordpress.com
http://www.1entropie.wordpress.com

Lieux: 2; du fond de ma poche
Ma main s’y trouve souvent, reposée, inquiétée cependant. Il s’y trouve quelques poussières oubliées, un mouchoir de papier, des pièces de peu de valeur, une liasse de billets, des dollars de préférence… ma main et puis du vide , chaud ce vide. Je m’y réfugie quand j’ai envie de toucher, le corps de femmes croisées, les seins hauts placés imposant leurs présence au décolleté sillonné, des culs et des croupes, encore et toujours… et puis des hanches. Ma poche est pleine de caresses….. à donner.
Lieux: 1; le sac des filles
Dans le sac des filles on y trouve …. ce rouge qui sied aux lèvres serrées, juste avant qu’elles embrassent les bouches des hommes, s’y piquant au contact des poils de barbe, s’enrougissant à l’occasion. On y trouve ces petits objets ouatés, cotonneux que des doigts pousseront, sans douleur, pour stopper un flux menstrué…. c’est du sang que nous parlons, je parle. On y trouve des téléphones qui, si on les écoutait pourraient nous raconter des vies, des séparations, des interdits, des rougeurs de joues, des larmes aussi. Dans ce sac de fille, on s’y perd, toujours plus profond, toujours plus encombré…. des instants oubliés s’y entrechoquent, des couleurs passées s’y étonnent…. c’est un sac de fille dont on parle , ne nous y oublions pas. Parfois y traîne un de ces instants caoutchouté qu’elles offrent , ou dans l’ennui ou dans le plaisir éphémère…. Le sac des filles est lourd, pesant, tentant, j’y glisserais bien mes doigts engourdis, comme un instant approfondi ou sa chaleur de femme se laisse ouverte et parlée…. j’aimerais me glisser dans ce sac de fille, pénétrant, comme il se doit, de mes doigts, ce sac, donc… je salirais, s’il se pouvait, de mes cinq doigts, le sac des filles.
ad libitum
Un infini qui ne saurait attendre, des instants apeurés…. pourquoi toujours et encore…. je ne comprends plus , je ne sais plus …..Laissez-moi
écouter mon silence
Éloge du verbe: poéter
Femmes! femelles! fessiers….(silences); j’écarterai vos cuisses à grands coups de mots profondément articulés, de verbes activement encastrés dans vos idées, de gestes ancestraux élégamment gesticulés… vous aimerez! Je prononcerai vos odes amoureuses que d’autres n’auront même pas su imaginer, je crierai vos orgasmes verbaux dont moi seul ait le son silencieux qui se porte en votre regard… vous fermerez les yeux au contact de ces mots lus….(silences). Vos culs épanouis, croupes élogieuses, hémistiches de vos alexandrins sexués, seront haut perchés….tenus dès demain par mes deux mains enfantines. Vos esprits libertins s’ouvriront comme vos cuisses à l’odeur de ce verbe pour l’instant silencé…Là et lasses de mes mots pétisyques et poétiques, de mes silences… ma bouche ne prononçant que vos sexes en osmoses… je vous liquéfierai houleuses, silencieuses mais baveuses et heureuses… chaleureuses gourmandes…. je finirai en silence dans vos bouches, prononcé par vos langues comme le verbe poéter… qui pour l’instant n’est que fruit de mon silence parce que je peine à l’inventer…. femmes, femelles, fesseuses beautés!
Pourquoi les femmes aiment-elles danser ?
Si je le savais, je ne poserais pas cette question… Chaque fois que je suis en face de corps qui dansent, je repère immédiatement qui sont les femmes, où sont les hommes…Les femmes sont là , les hommes ne pensent qu’à être au sein et pas toujours sainement de ce là précédemment nommé. Les femmes s’habitent, se vivent. les hommes ne s’habitent pas …transférant leur cerveau au pli près de leur prépuce, pour autant qu’il leur en reste un….pli ou prépuce….Une femme s’habite, un homme…… Donc, quand elles dansent….je savais bien que c’était une histoire d’habiter.
..
Ne pas pas à pas
J’ai eu du mal à ma douleur, ce jour tombé. Cette douleur tombante, glissante le long de ma jambe… celle qui ne sent plus, celle pour qui les fourmis sont amies. Cette douleur me presse, m’oppresse…Je la sens pleine, dévorant mon muscle , s’accrochant à mes tendons. Je ne
peux donc que peu marcher, trop lentement….cela me laisse le temps de m’arrêter pour regarder ce qui est immobile…Je suis ainsi tel un chien en arrêt. Foutaise que cette douleur obséquieuse … j’ai décidé de m’en séparer, pas à pas , je la laisse s’avachir sur le sol goudronné…je me sens à nouveau disponible à la course du lévrier, le rut du cerf et la mise bas de la génisse…et s’il m’était aussi facile de me débarrasser de ma connerie que de cette douleur ,quelle serait désormais ma couleur… je hais ce temps qui ne peut me laisser sentir et qui ne sait que mentir. Je ne suis pas celui que vous me demandez d’être , n’est-ce pas ?…
Éloge du verbe: jouir
Ce plaisir intense qui satisfait au son de cette femme….. Je veux qu’elle me fasse jouir…. je le conjuguerai plus tard au passé quand je m’en souviendrai, d’elle et de cet instant. Je jouis, j’ai joui…. ce n’est pas au hasard, c’est au bout de ses lèvres à la violente couleur du don. C’est au bout de m
a queue, à la profonde douceur de sa pénétration… Je la jouis……seul
La chute du mur….loin du Rhin
Je préfère les chutes de reins contre un mur que le contraire….allez savoir pourquoi. Que de bruits pour un mur qui tombe…que de silences pour ceux qui n’ont pas de mur, que de murmures éreintés pour une liberté dite retrouvée…Est-on libre sur une sphère chimiquement engagée vers une fin de civilisation annoncée…? j’arrêterai de respirer. Ce mur dont tout le monde parle, il séparait, sans lui d’aucuns se seraient éparpillés sans séparation ni réparation….la tête dans le mur. maintenant que ce mur a chu, que de nouveau Est et Ouest se sont retrouvés pour ne pas perdre le Nord, qu’ils peuvent à loisir descendre dans le Sud pour leurs vacances ensoleillées….que les quatre points dits cardinaux sont en phase….et bien rien de plus ….la liberté n’est qu’illusoire, sans argent pour se la payer. Certains, de derrière le mur autrefois, sont désormais derrière leur fenêtre à regarder les autres et d’autres sont derrière leur télé pour apprendre à consommer… On a le mur qu’on mérite…
Éloge du verbe: finir
Ne peut se comprendre qu’avec la participation effective du verbe commencer … On ne peut finir que ce que l’on a commencé, même les commencements ont une fin.
La dernière bulle
Après quelques heures de champagne, de blondes épilées pour ne pas qu’elles se devinent brunes, de brunes délavées pour se forcer à s’épiler….de fin , de début de fin, de fin terminée et de respiration éteinte, je me suis rageusement endormi, rêvant contre l’humanité… Il ne me restait plus rien si ce n’est cette douce sensation que ces quelques milliards de solitudes devaient disparaitre pour laisser place à de savants et doctes papillons colorés.
Éloge du verbe: boire
Encore et encore,j’y retourne en quête d’ivresse, en quête d’absence…la présence de mon absence. Boire pour savoir voir. Se conjugue le verre à la main, tremblante, le doute abreuvé, l’émotion exacerbée…boire pour s’oublier. À la deuxième et singulière personne du passé, je bois parce que je ne peux plus parler, juste se taire de mon silence….J’ai le goût incertain d’un vin qui me déposa au pied d’une vie…la mienne.
Le lien entre l’espace extérieur et intérieur.
Se lier à ce qui nous entoure ne présuppose pas qu’on soit attentif à l’espace extérieur… il faut commencer par attendre sans prétendre, comprendre. Se lier, s’aliéner à l’espace me force à….Je ne sais plus ce terme exact qui jadis se permettait de hanter mon esprit. Tendre espace extérieur qui tend à l’intérieur de mon hors… restreint et atteint. J’en suis donc contrit…Où est-il ce lien qui me lie à ces eux espaces? Humain ou humaine… je peine à comprendre ce qui me lie.
Altération des émotions face à une mangue… un soir d’automne.
Tout a commencé par ce soir automnal….il pleuvait et a plu à ceux qui aimaient la pluie tombante. J’avais, suite à une aberration optique colorée, décider de faire l’acquisition de fruits. Il me fallait adjoindre à cette grisaillante lumière environnante quelques touches de couleur….condescendantes, jusqu’à me faire croire qu’il y aurait un sentier lumineux conduisant jusqu’à ma cuisine, ce n’eut pas été le Pérou. Je portai mon choix sur une mangue… verte, dure, réfrigérée, certainement gazée, irradiée, partie de son Brésil natal quelques jours auparavant, rattachée à son arbre géniteur il a plus d’une semaine. Un fruit , c’est pulpeux, doux, odorant, sensuel, indélicat dans sa fronde gourmande… C’était une mangue de jour de pluie , blafarde, dure comme un kyste cancéreux, vert immature….je ne ressentis rien, pas l’envie de la mettre dans ma bouche… pas de sexualité frugiphile…..Pourquoi pas une pomme de chez moi? rouge feu, rouge vagin, rouge bout de bite juste avant l’éjaculation, rouge pute à cinquante euros et un heureux…verte, dure…..j’en tremble encore, toujours assis face à elle. Je ne pourrais dormir avant de savoir pourquoi je me suis laisser aller (sans éloge aucune) à ce fruit disgracieux…. J’ai cependant le souvenir d’une mangue dont la sensualité intrabucale aurait pu me rappeler une amie… une amangue sans doute.
Éloge du verbe: créer
Non-verbe, acte de première instance, ne se prononce pas sauf en cas de crise pédante, imbuesque….mais cependant se conjugue à ma première personne. Je crée, je crie, j’écris, récré, j’exècre….Je. La création est nihilo-narcissique incluante… Bref une histoire de nombril enchâssé dans un trou du cul…. rien de plus con qu’un créatif qui dit qu’il l’est. Donc pour conclure, créer se conjugue et j’en suis désolé. Qui l’eut cru que créer était creux ?
Adoration du soleil
C’est un cas parmi tant d’autres, mais pas sans lunettes de soleil…..ainsi parlait Pisaro, Francisco de son prénom….. ordure conquérante. Il fait gris sombre, jour sans lumière, jour à pleurer….je m’y refuse . je vais aller à l’endroit où je sacrifierai au soleil, plongeant ma lame d’obsidienne dans le coeur de mon croissant, mélangeant à l’occasion pastèque et lin, cas fait… Je devrais dormir la nuit pour sortir de mon champ illusoire, de mes cordillères andines, de mes épuisantes marches forestières…. ventre à terre, je m’abreuve dans l’eau d’un caniveau, sans lune, je ne serai plus loup garou…. ouvrir mes yeux. Le soleil s’est levé, sans lumière…
Éloge du verbe: se laisser aller
Ne se conjugue pas, se monojugue à une ou plusieurs personnes…comme toujours ces verbes dits « propriosensitifs », et même si on ne les dit pas, ils sont, je pense; sont des verbes difficiles à jauger, interpréter, comprendre….se taire alors est peut être préférable. Je me souviens en 1954, je n’étais pas né, je n’avais pas de nez, je n’avais rien à donné, j’aimais déjà les nénés, les gros à vue de nez.. Voilà il y a du laisser aller dans mon écrit, saloperie de verbe inconjugable ….Allez, je vous laisse… Allez-y vous dis-je….font chier les gens.
lever de soleil un jour de nuit… fini!
J’ai l’air con assis sur le bord de mon pont à regarder le soleil se lever… Il fait nuit….Le soleil ne veut pas se lever…. fainéant! bon à rien! Soleil éteint! froideur nocturne…. Et voilà, la fin du monde vient de commencer, je m’en doutais que cela commencerait ainsi, connement, presque logiquement…. refus de la part du soleil de se lever. Voilà ce que j’écrirai sur mon journal intime, si j’arrive à voir clair pour le commencer, il n’y a plus de lumière. Je m’étais promis de photographier la fin du monde…. même pas de lumière. Ras le bol de la fin du monde, j’aimerais y voir plus clair…. il est peut être trop tôt pour la fin de monde, 3 heures du matin , ce doit être l’heure à laquelle le soleil se couche.
C’est à ce moment que l’heure a sonné.
Ils étaient tous là, comme ils devaient être, apaisés, abrutis par l’alcool bue et sentie. Ils attendaient, comme une odeur, comme une couleur, comme une voix.C’était l’instant où ils allaient chuter , dans ce sommeil, cet autre monde… certainement plus lointain qu’absent. Une femme pour parachever leurs solitudes, une odeur pour coexister leurs inquiétudes, Une heure sonnée pour se réveiller d’exister.
Éloge du verbe: simplifier
Est-il possible de simplifier, regarder avec simplicité ? verbe incertain se conjuguant au doute de la première personne… Et pourtant elle aurait intérêt à…verbe plus facile à prononcer qu’à exécuter, j’avoue… Cependant simplifier ne signifie pas annihiler tout espoir pour ne plus rien avoir à voir…simplifier, c’est souvent patienter, se contenter… Il y a du complexe dans ce verbe surtout pour l’employer…répéter après moi… je…
Éloge du verbe:juger
État intime et critique du sentiment humain et à deux mains qui pousse, ce que des culs bénis nomment l’âme, à choisir entre le plaisir de la sodomie et l’orgasme du ou de la sodomisé(e)…. je conjugue ce verbe entouré de vaseline essentiellement à la première personne et les jours de grande folie libidino-intellectuelle…. le reste du temps je reste assis sur mon cul, dans un coin, ne souhaitant pas être jugé. J’embrasse sur les fesses pour rester dans les règles de l’accord, la juge qui s’occupera de mon cas et non de mon cul…. j’ai bien dit la juge , je ne coopte pas les conjugaisons ni les cons jugés et jugeant si ils sont équipés d’un membre érigeable que j’aurais du mal à digérer… qu’il en soit ainsi!
Les Chinois ne boivent pas d’eau pure mais du thé vert.
5h04….je suis réveillé par cette télé non éteinte, cette culture, ce canon à électron qui chaque nuit m’électrone plus qu’il ne m’étonne. J’ai encore eu mal au sommeil… Je viens d’apprendre que les Chinois ne boivent pas d’eau pure mais du thé vert même refroidi, c’est ce qu’elle m’a dit….j’ai dormi en chine, je ne le savais pas ….je t’embrasse.
De par ma violence internée, j’ai vu un oiseau voler
Là ou ici, parfois, au fond de moi… j’ai cette peur du soir, seul, solitaire sans me sentir solidarisé…j’attends encore. Ailleurs, essoufflé, finissant ce long parcours commencé par ma naissance donnée, j’hésite, je m’espudrine, j’alicabore….encore et toujours. Ce temps flagrant qui saute à mes yeux, je vous le vole conchiures d’humains avec qui je dois partager mon air et mes aires… je vous laisse vos ères passées et à venir. Je vis, dans cette solitude acccablée, qui sans moi ne serait que de l’isolement mérité… je vous mots dits , humains entardés qui gaspillez ce temps que moi seul, égoïstement, j’aiguise afin qu’il soit coupant sur le fil de l’Être. Taisez- vous et écoutez, qu’avez-vous à me proposer en échange de mon silence…? je veux le temps de comprendre , le temps d’attendre et celui de m’étendre… Il est désormais l’heure. Laissez-moi seul à garder ce secret, dévorez moi mais ne me prenez pas le 27!
Éloge du verbe: attendre
Il n’y aura rien à dire.
Éloge du verbe: être
Être ou à deux pas d’être…. ? Se conjugue toujours à la tournure d’angle interrogative. Nul n’est certain d’être sauf si l’autre lui dit qu’il est, cependant tout autre est lui même soumis à ce questionnement corrélatif…. Donc être est un verbe foutrement dur à conjuguer. Je suis parce que tu me le dis…..tu es parce tu t’interroges… es-tu ?… têtu, il l’est laid, parce qu’on lui fait remarquer, nous sommes, à l’heure de la sieste, vous êtes , comme si je le savais … Ils sont… je ne vois pas l’intérêt d’un tel verbe dans le discours amoureux , c’est bien prétentieux. Je suis, je suis, je finirai au pied d’un hêtre sans con à juger.
De l’autre côté de l’arbre, il y en a un.
Je me promenais, un soir, la nuit presque tombante. Je me suis arrêté crédule, dubitatif, violemment incertain….j’y étais… là ! face à l’arbre qui barrait le juste chemin que j’avais choisi, le rectiligne déplacement vers le soleil couchant…. écrasant les écureuils, martelant de mon lourd pas paysan les bourguignons escargots et effleurant de mon souffle, râle orgasmique pour d’aucunes qui l’eurent entendu et dit, asthmatique à l’entente d’un passé lointain, donc effleurant de ce dit souffle les feuilles tombantes au rythme de la nuit titubante d’une inclarté noctufère. Me faisant douce et amère violence, je contournai le tronc par la droite, inversant comme il se devait l’ordre des choses…inquiet, troublé, livide, je parvins après quelques pas à couper l’angle qui m’eut permis un juste retour vers ma droite originelle… je continuai, hasardeux… au delà des quatre-vingt-dix degrés propres à toute circonférence. Continuant sur ma circonvolution, je parvins de l’autre côté de l’arbre, suant à grosses gouttes, l’angoisse me troublant plus qu’elle ne m’effrayait. J’étais là au delà de l’arbre et là…. il y en avait un autre… un autre
côté.

![img153 [1280x768] img153 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/11/img153-1280x768.jpg?w=550&h=334)
















