Lieux: 12, là


Réfugié d’un sous-continent intellectuel, je me bats  à chaque respiration pour ne pas mourir étouffé par ce que je vois… il y a tant d’instants qui ne cessent de m’émouvoir que lorsque je trouve refuge au fond de mon cerveau…là!… où vous n’êtes… Et cependant, je vous vois encore, filigranes existentiels, trames humanitantes et mutantes…là au fond de mon cerveau. Nous nous retrouvons alors enfermés, vous l’humanité et moi l’inhumain, enfermés dans les terres fertiles de mon imaginaire décousu, parfois le cul à l’air et manquant d’air… J’exècre ce que vous me prenez de si fluide et imperceptible… mon âme visuelle, mon silence  de noir et de blanc, mes vies de couleur….vos corps ondulants, cahotant, titubant dans ces rues… là, noctambules introvertis. Je suis seul de mon espèce, refusant toute promiscuité tactile avec la masse, ersatz nietzschéen , ogre de toutes les religions, bouffon littéraire, l’inhumain ne se plaint que de votre présence…odieux, là , sans dieu ni maître et sans rien omettre… je me suis réfugié ce soir au fond de ma tête, seul et empreint de cette tendre inhumanité qui me pousse  à vous détester…. passez votre chemin, n’encombrez pas mes rêves , laissez-moi vous vomir… là, seul, je vous regarde passer … mes mains tremblent, mon corps fond, je suis là… l’inhumain dernier de mon espèce à s’émouvoir d’un rien qui vous appartient.

Lieux: 11; le fond de vos yeux


Et alors ?… il faut bien apprendre  à mourir… C’est là que tout s’y passe…. au fond de vos yeux. Il sera un soir, vieilli, assis près de votre table… vous sentirez que votre corps appesanti demandera à se coucher… vous irez… lentement. Vous saurez que ce sera le moment… il sera cette heure. Vous resterez habillés car c’est simplement que vous souhaiterez reposer….vieux et vieilles , le moment sera venu. Moment d’un sommeil qui ne vous paraîtra pas plus éternel que celui de la nuit précédente. Vos paupières en un instant étourdies vous demanderons de finir, vous résisterez. Et puis d’un moment convenu et attendu vous acquiescerez  d’un  antépénultième clignement de vos yeux, d’une froideur sur vos joues. Mourir en soupirant, las d’une vie passée à respirer profondément. Au fond de vos yeux s’impressionnera une dernière image, un dernier souvenir et  c’en sera fini. Du fond de vos yeux on ne saura plus lire votre regard… mourir une et une seule fois.

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