Publicités

Place aux cons 20


Je me suis concerté avec mon chien qui me ressemble beaucoup, petit, vif, gueule après tous les cons et essaie en vain, ou presque,  de sauter tout ce qui bouge… j’ai refusé de le faire castrer, à coeur vaillant rien d’impossible… J’étais couché près de lui, je le regardais  plus qu’il ne me regardait… Il prit la parole en ces termes.

 » Si j’étais un homme fier et brave comme toi, intelligent, beau, charmant, dans la force de l’âge… je passerais beaucoup de temps à rire, rire soulage le ventre, éloigne la dépression et la maladie… je regarderais les femmes parce que lorsqu’on est un homme rien n’est mieux que de regarder les femmes, c’est encadrer du regard leur charme et leur beauté naturelle…. je visiterais leurs corps du regard, par le rêve, par mon corps… si j’avais le nez que j’ai, je sculpterais  leurs odeurs de corps jusqu’à en pleurer…. veux-tu que je te raconte comment sentent les femmes ? »

Il se mit  sur ses quatre pattes et commença cette description qui restera dans mes souvenirs.

« Sentir une femme avec l’odorat d’un chien, c’est connaître quand elle est émue, c’est connaître, les yeux fermés, du haut de son corps au bas, en connaître le goût sans l’avoir sur les lèvres, vivre son intimité en connaissant le déroulement de sa journée, pleurer avant qu’elle ne soit triste, oublier qu’on est un chien et se prendre pour un homme, regarder la porte derrière laquelle elle est nue, comprendre les vêtements qu’elle a portés… voir où elle a posé ses mains… sentir une femme… c’est bien avant l’aimer. »

Il se tut, n’hurla pas à la mort… il se coucha comme un chien, n’aboya pas comme un chien… « je sentirai ta mort me dit-il mais je ne dirai rien »…Je lui souris comme à un chien, passai ma main sur sa tête… Nous sommes tous les deux semblables… Nous aimons les femmes…. le soir tombait, le soleil refusa de se coucher… je sentis l’odeur d’une femme, assise face  à moi, qui croisait les jambes, oubliant que j’étais un homme, n’oubliant pas qu’elle était une femme jusqu’à l’odeur d’entre ses jambes, l’odeur d’outre-jambes…. accompagnant la couleur de ses cuisses… Mon  chien hurla à l’amour… un vol de gros cons passa…je tirais un coup… deux tombèrent lourdement.

Publicités

  1. Votre chien a fait vaciller mon présent…il a rapporté à mes lèvres le goût d’un corps que j’avais aimé. Insolente invisibilité qui m’émeut plus que le toucher.

  2. De retour… Sincèrement, la balade au petit matin à travers vos billets…Un délice ! Humour certes, mais beaucoup de sensualité je trouve dans vos textes et dans les détails de vos photos… une touche de miel dans mon café. Merci.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :