Et alors ?… il faut bien apprendre à mourir… C’est là que tout s’y passe…. au fond de vos yeux. Il sera un soir, vieilli, assis près de votre table… vous sentirez que votre corps appesanti demandera à se coucher… vous irez… lentement. Vous saurez que ce sera le moment… il sera cette heure. Vous resterez habillés car c’est simplement que vous souhaiterez reposer….vieux et vieilles , le moment sera venu. Moment d’un sommeil qui ne vous paraîtra pas plus éternel que celui de la nuit précédente. Vos paupières en un instant étourdies vous demanderons de finir, vous résisterez. Et puis d’un moment convenu et attendu vous acquiescerez d’un antépénultième clignement de vos yeux, d’une froideur sur vos joues. Mourir en soupirant, las d’une vie passée à respirer profondément. Au fond de vos yeux s’impressionnera une dernière image, un dernier souvenir et c’en sera fini. Du fond de vos yeux on ne saura plus lire votre regard… mourir une et une seule fois.
Lieux: 10; la Terre
Je hais l’humanité galopante, sa non-diversité… son nombre de bras et de jambes, son milliard de tonnes de déjections, et plus, par jour….ses fleuves d’urine, de sperme, ses milliards de verrues….sa salive, ses idées, sa connerie…. bref, laissez-moi seul…. enfin presque….car j’aime leurs fesses. la Terre est à moi, je viens d’en prendre possession, je déclare l’humanité obsolète…..et moi seul sur ce vaisseau , je m’en irai conquérir l’éternité, celle qui ferme les yeux…seul, juste pour me savoir le dernier, après je m’éliminerai d’un sourire incertain….Je hais cette Terre là, posée dans l’espace, je hais ce que je suis et ce que je hais, ce que j’ai… ceux que je hais….Comment ne pas mourir à la vue de ce qui ne peut avoir de fin ? rien n’est plus incertain…. mourir atterré par temps de connerie….je hais !
Lieux: 9; le fond de mon verre
Pourquoi ces verres aux angles oubliés, qui n’ont pas été conçus pour que nos lèvres soient écorchées, sont-ils pourvus d’un fond…. que je ne saurai toucher. Ce fond ment, me trahit, quand il laisse le glaçon de mon whisky le heurter, s’accouplent-ils entre verre et glace ? transe ? parents incertains d’un lendemain sec et assoiffé. Le fond de mon verre me sécurise cependant, il me limite, me contraint à ne pas dépasser la dite dose, sous peine de trop boire … boit-on de trop quand le fond , si proche, si là… m’abstient ? Question de fond plus que de forme, quoique la forme du verre compte , elle procure de sensuels plaisirs pour lesquels il m’arrive de fondre, à condition que ce dit fond ne soit atteint… donc si fond, je sirote et grelotte quand après voir bu un fond de verre je m’endors profond et mens songes puisque je dors…. j’arrête cette histoire de fond de verre… je vous parlerai du fond de l’air demain … quand j’aurai fini mes vers.
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Lieux: 8; le lit
S’y retrouver allongé…. apaisé, voilà qui est humain…. et que dois-je y faire de mes mains? J’y suis couché sans y être bien, j’y pense, j’y vois…J’y vais parfois. Le lit est un moyen de transport économique, il suffit de basculer le système ondulatoire de son cerveau, de s’y allonger et partir pour un monde onirique… rêver doucement sans se fatiguer, s’épuiser de ses couleurs de corps inconnus, attendre sa fin qui la nuit peut vous prendre. Vous êtes alors resté sur une île paradisiaque, votre corps sur votre lit, votre esprit dans cet ailleurs…. voilà tout est bien qui finit bien. Dormir c’est savoir mourir de silence et de paresse… Je dors donc j’y suis.
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recherche…
Je recherche des femmes à regarder vivre…habillées, nues, pleurantes, aimantes, absentes,parlantes, exhibées, réservées,racontantes,présentes, voilées, aimantes, fortes, énormes, timides , appeurées, impudiques, de dos, se demandant pourquoi elles ont accepté, sachant pourquoi elles ont accepté. Je veux les regarder pour les photographier, une heure durant, quelques instants, une nuit durant leur sommeil, une journée près d’un café, nues dans leur bain, habillées comme à la maison, habillées pour sortir, se déhabillant pour moi, se déshabillant pour aller se coucher, se rhabillant parce que j’arrive, ne sachant pas si elles oseront se déhabiller, ayant envie de se déshabiller….juste me regardant Je veux les photographier pour comprendre, donner une présence à ce vide qui parfois m’entoure. laissez-moi un message, une adresse, un numéro de téléphone…..je répondrai, j’expliquerai…. Laurent Robillard
Lieux: 7; le coin de ma rue
Il était sombre à cette heure de la nuit… sombre noirci. Je m’y suis arrêté avec mon chien, il a levé la patte, je lui ai botté le cul et l’ai violemment jeté contre le mur, après je l’ai caressé.. ce chien. C’était un coin anguleux qui poussait à l’interrogation métaphysique…. pourquoi ce coin connard ? pourquoi s’arrêter là où deux directions s’opposent ? J’avais l’air d’un con dans coin sombre à caresser mon chien écrasé contre un mur, le mur du coin était de briques, la rue aux briques du chien écrasé…Et ça vous fait rire ? un chien écrasé, un coin de rue, une nuit, des briques…..vous devriez avoir honte.
Lieux: 6; le couloir de l’hôpital
On y passe vivant, debout, en croisant à chaque porte ouverte, des regards atterrés….parfois proche de l’instant du départ… On y passe. Ils et elles sont assis dans de lourds fauteuils, la télé souvent allumée…mourir entre deux spots de publicité. On y passe… Les odeurs sont différentes, les corps sont courbés, appesantis… sans force pour se redresser…. On y passe…Cette fin programmée ne peut se faire oublier. Dans chacun des couloir de chacun des hôpitaux de chacune des villes de tous les pays , les silences sont les mêmes…On meurt tous pas très loin d’un couloir.
Lieux: 5; derrière…
Je n’ai jamais su ce qui se passait derrière moi, j’ai beau me retourner, cet arrière me suit presque instantanément, j’en suis tout retourné. Je ne reviendrais pas en arrière pour questionner, je me contente de rêver. Derrière moi , les femmes s’agenouillent en poussant d’obscènes râles orgasmiques, enfonçant leurs doigts, ponctués de vernis rouges , violents et outrageants, dans leur bouche ourlée. Les hommes accélèrent le pas par crainte et inquiétude, les enfants pleurent, les femmes encore les femmes … Si elles savaient comme je suis quand dans leur dos , je souffle ce souffle chaud et humide qui sied si bien aux instants de pénétrations animales. À ce moment ils constata qu’il était seul, ni derrière ni devant…seul et personne pour le suivre.
Lieux: 4; le fond du chariot
C’est ce soir que je l’ai remarqué. Il était là , sous mes yeux… le fond du chariot. Qu’ai-je pu lui trouver de si remarquable ? C’était ce petit papier, à l’écriture plus petite que la mine du crayon qui l’avait couchée sur cette friperie papiesque… je le dis.C’était ce petit papier qui ne pouvait se trouver qu’au fond du chariot. Il avait certainement été écrit par une main de petit vieux, tremblotante, hésitante, mais cependant attentive à la qualité de ce qui allait être mangé… Tout y était inscrit accompagné de la fourchette de prix dans laquelle le scripteur comptait trouvé le produit référent. Quelle attention miséreuse, quelle patience oublieuse du luxe de l’ignorance…. j’eus honte, moi qui dépensait sans même regarder le prix et puis ce fut le mépris. Pourquoi n’avait-il pas tenu compte du prix du papier sur lequel il avait écrit ?… Et puis ce fut le vide, comme celui qui tapissait le fond du chariot…. vide comme mon chariot , vide comme la vie que j’allais, de manière mytomaniaque, associé au fond de ce chariot… à cette heure là seul le petit papier restait.
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Lieux: 3; le fond de sa culotte
Elle s’y goutte … lentement au contact de ces hommes qui effleurent son air, dans cette rue…. Elle en jouirait. Du fond de sa culotte, elle sent le courant d’air qui passe par dessous sa jupe, des plus courte qu’il soit, soufflant entre ses jambes. Courant d’air qu’elle sent par les trous de cette culotte dentelée, sur ce pubis glabre…On y lit un grain de beauté… Culotte dentelée et trouée, courant d’air frais qui effleure ….Du fond de sa culotte elle sent le fond de l’air frais au contact de son sexe, limite de la chaleur à la fraîcheur…Il se passe tant et tant au fond de cette culotte….les hommes vivent pour être au fond des culottes….
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Lieux: 2; du fond de ma poche
Ma main s’y trouve souvent, reposée, inquiétée cependant. Il s’y trouve quelques poussières oubliées, un mouchoir de papier, des pièces de peu de valeur, une liasse de billets, des dollars de préférence… ma main et puis du vide , chaud ce vide. Je m’y réfugie quand j’ai envie de toucher, le corps de femmes croisées, les seins hauts placés imposant leurs présence au décolleté sillonné, des culs et des croupes, encore et toujours… et puis des hanches. Ma poche est pleine de caresses….. à donner.
Lieux: 1; le sac des filles
Dans le sac des filles on y trouve …. ce rouge qui sied aux lèvres serrées, juste avant qu’elles embrassent les bouches des hommes, s’y piquant au contact des poils de barbe, s’enrougissant à l’occasion. On y trouve ces petits objets ouatés, cotonneux que des doigts pousseront, sans douleur, pour stopper un flux menstrué…. c’est du sang que nous parlons, je parle. On y trouve des téléphones qui, si on les écoutait pourraient nous raconter des vies, des séparations, des interdits, des rougeurs de joues, des larmes aussi. Dans ce sac de fille, on s’y perd, toujours plus profond, toujours plus encombré…. des instants oubliés s’y entrechoquent, des couleurs passées s’y étonnent…. c’est un sac de fille dont on parle , ne nous y oublions pas. Parfois y traîne un de ces instants caoutchouté qu’elles offrent , ou dans l’ennui ou dans le plaisir éphémère…. Le sac des filles est lourd, pesant, tentant, j’y glisserais bien mes doigts engourdis, comme un instant approfondi ou sa chaleur de femme se laisse ouverte et parlée…. j’aimerais me glisser dans ce sac de fille, pénétrant, comme il se doit, de mes doigts, ce sac, donc… je salirais, s’il se pouvait, de mes cinq doigts, le sac des filles.
ad libitum
Un infini qui ne saurait attendre, des instants apeurés…. pourquoi toujours et encore…. je ne comprends plus , je ne sais plus …..Laissez-moi
écouter mon silence
Éloge du verbe: poéter
Femmes! femelles! fessiers….(silences); j’écarterai vos cuisses à grands coups de mots profondément articulés, de verbes activement encastrés dans vos idées, de gestes ancestraux élégamment gesticulés… vous aimerez! Je prononcerai vos odes amoureuses que d’autres n’auront même pas su imaginer, je crierai vos orgasmes verbaux dont moi seul ait le son silencieux qui se porte en votre regard… vous fermerez les yeux au contact de ces mots lus….(silences). Vos culs épanouis, croupes élogieuses, hémistiches de vos alexandrins sexués, seront haut perchés….tenus dès demain par mes deux mains enfantines. Vos esprits libertins s’ouvriront comme vos cuisses à l’odeur de ce verbe pour l’instant silencé…Là et lasses de mes mots pétisyques et poétiques, de mes silences… ma bouche ne prononçant que vos sexes en osmoses… je vous liquéfierai houleuses, silencieuses mais baveuses et heureuses… chaleureuses gourmandes…. je finirai en silence dans vos bouches, prononcé par vos langues comme le verbe poéter… qui pour l’instant n’est que fruit de mon silence parce que je peine à l’inventer…. femmes, femelles, fesseuses beautés!
Pourquoi les femmes aiment-elles danser ?
Si je le savais, je ne poserais pas cette question… Chaque fois que je suis en face de corps qui dansent, je repère immédiatement qui sont les femmes, où sont les hommes…Les femmes sont là , les hommes ne pensent qu’à être au sein et pas toujours sainement de ce là précédemment nommé. Les femmes s’habitent, se vivent. les hommes ne s’habitent pas …transférant leur cerveau au pli près de leur prépuce, pour autant qu’il leur en reste un….pli ou prépuce….Une femme s’habite, un homme…… Donc, quand elles dansent….je savais bien que c’était une histoire d’habiter.
..
Ne pas pas à pas
J’ai eu du mal à ma douleur, ce jour tombé. Cette douleur tombante, glissante le long de ma jambe… celle qui ne sent plus, celle pour qui les fourmis sont amies. Cette douleur me presse, m’oppresse…Je la sens pleine, dévorant mon muscle , s’accrochant à mes tendons. Je ne
peux donc que peu marcher, trop lentement….cela me laisse le temps de m’arrêter pour regarder ce qui est immobile…Je suis ainsi tel un chien en arrêt. Foutaise que cette douleur obséquieuse … j’ai décidé de m’en séparer, pas à pas , je la laisse s’avachir sur le sol goudronné…je me sens à nouveau disponible à la course du lévrier, le rut du cerf et la mise bas de la génisse…et s’il m’était aussi facile de me débarrasser de ma connerie que de cette douleur ,quelle serait désormais ma couleur… je hais ce temps qui ne peut me laisser sentir et qui ne sait que mentir. Je ne suis pas celui que vous me demandez d’être , n’est-ce pas ?…
Éloge du verbe: jouir
Ce plaisir intense qui satisfait au son de cette femme….. Je veux qu’elle me fasse jouir…. je le conjuguerai plus tard au passé quand je m’en souviendrai, d’elle et de cet instant. Je jouis, j’ai joui…. ce n’est pas au hasard, c’est au bout de ses lèvres à la violente couleur du don. C’est au bout de m
a queue, à la profonde douceur de sa pénétration… Je la jouis……seul
La chute du mur….loin du Rhin
Je préfère les chutes de reins contre un mur que le contraire….allez savoir pourquoi. Que de bruits pour un mur qui tombe…que de silences pour ceux qui n’ont pas de mur, que de murmures éreintés pour une liberté dite retrouvée…Est-on libre sur une sphère chimiquement engagée vers une fin de civilisation annoncée…? j’arrêterai de respirer. Ce mur dont tout le monde parle, il séparait, sans lui d’aucuns se seraient éparpillés sans séparation ni réparation….la tête dans le mur. maintenant que ce mur a chu, que de nouveau Est et Ouest se sont retrouvés pour ne pas perdre le Nord, qu’ils peuvent à loisir descendre dans le Sud pour leurs vacances ensoleillées….que les quatre points dits cardinaux sont en phase….et bien rien de plus ….la liberté n’est qu’illusoire, sans argent pour se la payer. Certains, de derrière le mur autrefois, sont désormais derrière leur fenêtre à regarder les autres et d’autres sont derrière leur télé pour apprendre à consommer… On a le mur qu’on mérite…
Éloge du verbe: finir
Ne peut se comprendre qu’avec la participation effective du verbe commencer … On ne peut finir que ce que l’on a commencé, même les commencements ont une fin.
La dernière bulle
Après quelques heures de champagne, de blondes épilées pour ne pas qu’elles se devinent brunes, de brunes délavées pour se forcer à s’épiler….de fin , de début de fin, de fin terminée et de respiration éteinte, je me suis rageusement endormi, rêvant contre l’humanité… Il ne me restait plus rien si ce n’est cette douce sensation que ces quelques milliards de solitudes devaient disparaitre pour laisser place à de savants et doctes papillons colorés.
Éloge du verbe: boire
Encore et encore,j’y retourne en quête d’ivresse, en quête d’absence…la présence de mon absence. Boire pour savoir voir. Se conjugue le verre à la main, tremblante, le doute abreuvé, l’émotion exacerbée…boire pour s’oublier. À la deuxième et singulière personne du passé, je bois parce que je ne peux plus parler, juste se taire de mon silence….J’ai le goût incertain d’un vin qui me déposa au pied d’une vie…la mienne.
Le lien entre l’espace extérieur et intérieur.
Se lier à ce qui nous entoure ne présuppose pas qu’on soit attentif à l’espace extérieur… il faut commencer par attendre sans prétendre, comprendre. Se lier, s’aliéner à l’espace me force à….Je ne sais plus ce terme exact qui jadis se permettait de hanter mon esprit. Tendre espace extérieur qui tend à l’intérieur de mon hors… restreint et atteint. J’en suis donc contrit…Où est-il ce lien qui me lie à ces eux espaces? Humain ou humaine… je peine à comprendre ce qui me lie.
Éloge du verbe:respirer
Impossible à prononcer si l’on ne commet pas l’action signifiée, impossible à conjuguer si l’on ne sait pas faire….se bloque parfois, durant l’angoisse, l’orgasme, un coup dans le ventre….Généralement on arrête de le conjuguer le jour où on arrête définitivement d’appliquer l’acte référent au dit verbe… mourir empêche de conjuguer… Faites passer le message….respirez, je me charge de vous faire transpirer.
Altération des émotions face à une mangue… un soir d’automne.
Tout a commencé par ce soir automnal….il pleuvait et a plu à ceux qui aimaient la pluie tombante. J’avais, suite à une aberration optique colorée, décider de faire l’acquisition de fruits. Il me fallait adjoindre à cette grisaillante lumière environnante quelques touches de couleur….condescendantes, jusqu’à me faire croire qu’il y aurait un sentier lumineux conduisant jusqu’à ma cuisine, ce n’eut pas été le Pérou. Je portai mon choix sur une mangue… verte, dure, réfrigérée, certainement gazée, irradiée, partie de son Brésil natal quelques jours auparavant, rattachée à son arbre géniteur il a plus d’une semaine. Un fruit , c’est pulpeux, doux, odorant, sensuel, indélicat dans sa fronde gourmande… C’était une mangue de jour de pluie , blafarde, dure comme un kyste cancéreux, vert immature….je ne ressentis rien, pas l’envie de la mettre dans ma bouche… pas de sexualité frugiphile…..Pourquoi pas une pomme de chez moi? rouge feu, rouge vagin, rouge bout de bite juste avant l’éjaculation, rouge pute à cinquante euros et un heureux…verte, dure…..j’en tremble encore, toujours assis face à elle. Je ne pourrais dormir avant de savoir pourquoi je me suis laisser aller (sans éloge aucune) à ce fruit disgracieux…. J’ai cependant le souvenir d’une mangue dont la sensualité intrabucale aurait pu me rappeler une amie… une amangue sans doute.
Éloge du verbe: créer
Non-verbe, acte de première instance, ne se prononce pas sauf en cas de crise pédante, imbuesque….mais cependant se conjugue à ma première personne. Je crée, je crie, j’écris, récré, j’exècre….Je. La création est nihilo-narcissique incluante… Bref une histoire de nombril enchâssé dans un trou du cul…. rien de plus con qu’un créatif qui dit qu’il l’est. Donc pour conclure, créer se conjugue et j’en suis désolé. Qui l’eut cru que créer était creux ?
Adoration du soleil
C’est un cas parmi tant d’autres, mais pas sans lunettes de soleil…..ainsi parlait Pisaro, Francisco de son prénom….. ordure conquérante. Il fait gris sombre, jour sans lumière, jour à pleurer….je m’y refuse . je vais aller à l’endroit où je sacrifierai au soleil, plongeant ma lame d’obsidienne dans le coeur de mon croissant, mélangeant à l’occasion pastèque et lin, cas fait… Je devrais dormir la nuit pour sortir de mon champ illusoire, de mes cordillères andines, de mes épuisantes marches forestières…. ventre à terre, je m’abreuve dans l’eau d’un caniveau, sans lune, je ne serai plus loup garou…. ouvrir mes yeux. Le soleil s’est levé, sans lumière…
Éloge du verbe: se laisser aller
Ne se conjugue pas, se monojugue à une ou plusieurs personnes…comme toujours ces verbes dits « propriosensitifs », et même si on ne les dit pas, ils sont, je pense; sont des verbes difficiles à jauger, interpréter, comprendre….se taire alors est peut être préférable. Je me souviens en 1954, je n’étais pas né, je n’avais pas de nez, je n’avais rien à donné, j’aimais déjà les nénés, les gros à vue de nez.. Voilà il y a du laisser aller dans mon écrit, saloperie de verbe inconjugable ….Allez, je vous laisse… Allez-y vous dis-je….font chier les gens.
lever de soleil un jour de nuit… fini!
J’ai l’air con assis sur le bord de mon pont à regarder le soleil se lever… Il fait nuit….Le soleil ne veut pas se lever…. fainéant! bon à rien! Soleil éteint! froideur nocturne…. Et voilà, la fin du monde vient de commencer, je m’en doutais que cela commencerait ainsi, connement, presque logiquement…. refus de la part du soleil de se lever. Voilà ce que j’écrirai sur mon journal intime, si j’arrive à voir clair pour le commencer, il n’y a plus de lumière. Je m’étais promis de photographier la fin du monde…. même pas de lumière. Ras le bol de la fin du monde, j’aimerais y voir plus clair…. il est peut être trop tôt pour la fin de monde, 3 heures du matin , ce doit être l’heure à laquelle le soleil se couche.
C’est à ce moment que l’heure a sonné.
Ils étaient tous là, comme ils devaient être, apaisés, abrutis par l’alcool bue et sentie. Ils attendaient, comme une odeur, comme une couleur, comme une voix.C’était l’instant où ils allaient chuter , dans ce sommeil, cet autre monde… certainement plus lointain qu’absent. Une femme pour parachever leurs solitudes, une odeur pour coexister leurs inquiétudes, Une heure sonnée pour se réveiller d’exister.
Éloge du verbe: simplifier
Est-il possible de simplifier, regarder avec simplicité ? verbe incertain se conjuguant au doute de la première personne… Et pourtant elle aurait intérêt à…verbe plus facile à prononcer qu’à exécuter, j’avoue… Cependant simplifier ne signifie pas annihiler tout espoir pour ne plus rien avoir à voir…simplifier, c’est souvent patienter, se contenter… Il y a du complexe dans ce verbe surtout pour l’employer…répéter après moi… je…

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