Elle est là debout, face à moi, elle a beau détourné la tête, je sais qu’elle m’a regardé. J’aime quand les femmes font semblant de ne pas m’avoir vu. J’aime son immobilisme, j’aime son évidente sensibilité qu’elle cache derrière un mutisme timide… Je la comprends.
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femme troisième
Cette jeune femme dans la rue qui s’active, en marchant… Elle est jolie, court vêtue, un décolleté qui découvre et le haut de sa poitrine et le soutien gorge qu’elle porte… Elle s’agite donc, elle téléphone de la main droite et reçoit sur un autre téléphone divers messages qu’elle lit pendant qu’elle téléphone. Elle parle fort, elle remue beaucoup, fait des allers-retours entre deux points fixes mais invisibles à mes yeux…. Elle s’emporte, reçoit encore un message puis un autre et encore un autre, surenchère de la communication, espace invisible qui relie toute une humanité…. le réseau fonctionne. Puis aussi brutalement qu’elle s’activait pour rester lier à ce flux opérationnel et immatériel, elle stoppe la communication, ne reçoit plus de message et s’immobilise. Elle reprend contact avec la réalité qui l’entoure en regardant de tous côtés à la recherche d’un impossible regard qui la reconnaîtrait… rien, toujours rien. Elle s’assoit sur un petit muret de pierres et attend….. une autre solitude.
femme deuxième
Aperçue du coin d’une rue cette femme assise à la terrasse d’un café. La lumière n’était pas violente et ce sont ses grandes lunettes de soleil qui ont attiré en premier lieu mon oeil… puis son port de tête, inclinée vers le bas, elle ne voulait pas regarder la rue passante. Je me suis assis à quelques mètres d’elles, à une table distante…silences coupés par le bruit des voitures.Elle est habillée de noir assez élégamment, absence de couleurs pour cette saison. Son corps puissant, moulé dans sa robe noire sans décolleté, est soulevé brutalement à quelques secondes d’intervalle, par de lourds spasmes respiratoires…. Elle pleure, seule, face à un verre d’alcool blanc….. une solitude.
femme première
Ce matin, tôt, trop tôt, j’aurais eu envie d’une femme aux cheveux platines, courts, extirpée d’un magazine froissé au pied de mon lit… Je l’aurais trouvée sur une page publicitaire incompréhensible, parfum ? jean ? chaussures ? Elle se serait assise à mes côtés, je lui aurai raconté…. Des clips aux sons et voix semblables défilent les uns par dessus les autres, leurs images sont inexistantes… le flux continu de ce son commercé entoure la planète… Elle l’aurait écouté, se serait levé pour éteindre l’intélé…. le moment du silence est cher payé. Je n’aurais rien eu à lui dire, on n’a jamais rien à dire à ceux qui vous côtoient, on partage les temps de silence, ce sont eux qui sont les plus dire à surmonter. Nous nous serions tus, nus… La présence de l’un justifiant l’absence de l’autre. Veux-tu de l’eau m’aurait-elle demandé. Parce que je lui aurais dit oui, elle se serait à nouveau levée…Une fois hors de ma vue, elle ne serait plus réapparue, certainement retombée dans les pages de son magazine… je l’ai dormie.
Où l’on sent la présence de l’humain… fin
De retour en mon centre…. fin de la vacance, fin du sud…je retombe devant ma télé, Arte, une école de femmes en Afganisthan….une école pour sourds et muets Palestiniens et Israéliens…. coexistence de deux religions. L’humain est partout, c’est bien là son problème, visiblement il n’a pas encore compris qu’il n’était qu’humain…avec l’aide de dieu dit ce gamin qui est sourd et qui devient progressivement aveugle…. Il n’a pas encore compris et ne comprendra jamais… saloperie d’humain.
Où l’on sent la présence de l’humain… 33
Il a plu…. dans ce haut lieu du beau temps éternel et du bronzage intemporel. J’ai pu regarder les gens sous une lumière grise, comme celle que l’on a ailleurs, parfois, une lumière de loin du fond des nuages,une lumière de foin avant l’orage, une lumière qui ne vous pousse pas à sourire, une lumière qui se contente de vous montrer les choses comme elles sont…. sans plus, sans moins. Les gens croisés dans la rue sur laquelle vous déployez vos jambes afin d’y organiser des pas, sont pareils… Ils placent leurs pieds les uns après les autres, leur peau bronzée qui avant accrochait érotiquement la lumière ne peut que laisser s’étendre le grisé de la clarté de l’avant pluie. Ils déploient maladroitement de vieux parapluies aux baleines tordues, aux pans déchirés… La pluie tombe. Leur peau se met à briller différemment, seules les vieilles femmes barbiesques qui croient encore qu’elles ont, du corps et la jeunesse et la plasticité érotique, celle la même qui donne aux mains le plaisir du tactile aphrodisiaque, seules ces femmes dont le marron épidermique sert de sous-couche à un surexpressif maquillage de vieille pute décatie mais cependant touchante, prennent la pluie avec la plus grande crainte. Elles sont si vieilles, leur peau si sèche que la moindre goutte risque d’hydrater leur derme exfolié. Elles gonfleraient alors comme de gros poissons-lunes et dans les rues on dirait d’elles qu’elles les grosses vieilles, celle que la pluie a transformées… Il a plu, je l’ai vu…
Où l’on sent la présence de l’humain… 32
J’ai bien vu aujourd’hui quelques personnes âgées faire un signe de croix en pénétrant dans une église… Peut-on leur en vouloir ? Très jeune on leur a dit qu’il fallait croire et faire ainsi… Cependant qu’en restera-t-il de ces moments à penser que c’est ailleurs qu’il faut trouver son salut… C’est cela qui est terrible, penser qu’il n’y a rien de possible sans passer par la croyance. Croire c’est imaginer, imaginer autrement autre chose, croire c’est estimer qu’il y a une et une seule vérité…Il n’y a de vrai que ce qui m’arrivera ce soir, si c’est une paire de fesses que j’ai sous mes doigts, elle sera vraie, si c’est un coup de pied au cul que je reçois, il sera vrai. Maintenant quant à savoir, pourquoi, comment je suis là… quel en est l’intérêt ? ? N’est-il pas plus important de se poser la question du comment je vais faire po
ur être encore là demain… On ne peut empêcher l’humanité de croire, j’en suis fort aise, je me poserai moins de questions face à quelqu’un qui croit pour bouffer sa part de riz quand on en sera là…. de toutes façons à bientôt sept milliards, croyants pas croyants, il faudra se poser la même question que la fourmi qui, dans une fourmilière, se demande si elle est la fourmilière ou si elle vit dans la fourmilière…. En ce qui me concerne j’ai choisi, je bouffe le riz et la main de celui ou celle qui me le tend… quoique pour celle ….
Où l’on sent la présence de l’humain… 31
Je suis un type d’une banalité déconcertante, je n’ai pas de piercing au nombril, pas de tatouage maori sur le corps parce que mes ancêtres sont du Perche et hier je suis resté une heure à la plage à compter et noter sur mon Iphone:
« espace couvert: environ un demi cercle d’une vingtaine de mètres de rayon, nombre de personnes: entre 120 et 130 voir plus avec ceux qui passent, nombre de gros (vraiment gros): 19, nombre de femmes aux seins nus: 7, nombre de gros culs vus: 12, nombre de gamins beuglant pour un oui ou pour un non et entendus: 6, nombre de personnes mangeant des trucs gras: 9, nombre de femmes enceintes jusqu’au cou fumant: 1, nombre de mecs à gros bras jouant au foot sur une plage où il n’y a pas de place: 3, nombre d’éventuels faux seins: 4, nombre de femmes portant un piercing visible: 19, nombre de personnes à la peau noire: 0, nombre de burqas: 0, nombre de procession religieuse: 0, nombre d’éventuelles prostituées:1, nombre d’éventuels prostitués: 0, nombre éventuels d’homosexuels tous sexes confondus: 3 (dont un qui l’ignore), nombre de mecs qui ce soir ne pourront pas encore voir leur sexe parce que leur ventre couvre leur champ de vision: 7, nombre de mec notant sur un Iphone: 1 et j’en suis fier….
Ce n’est pas moi qui suis cynique, c’est l’humanité qui est odieuse…
Où l’on sent la présence de l’humain… 30
Je me suis absenté quelques jours, je suis remonté vers le nord …. en quête de corps et d’humains. J’y ai trouvé ce que je cherchais et même un peu plus…. il y a plus d’humaines que d’humains, c’est certain et cela me fait du bien….
Ales, lundi 9, ils étaient assis à la terrasse du bar des forains, à l’heure de l’apéro du midi…. Deux hommes, celui de gauche sera insignifiant dans ce premier temps, c’est celui de droite qui m’a interressé. Il avait soixante ans ou un peu plus, peut être soixante-dix… sa chemise déboutonnée laissait s’exprimer un ventre sphérique à la blancheur évidente… le blanc de ceux qui fuient la lumière. Il était assis à une dizaine de mètres derrière une table de bar sur laquelle reposait le verre d’anisette qu’il était en train de boire. Sous la table son chien: un de ceux qui ressemblent aux buldogs mais qui n’en sont pas. Son chien et lui avaient le même faciès, tel chien, tel maître. Ils se ressemblaient de la plus grande évidence qu’il fut. Si le chien avaient eu la même moustache que le maître , on eut pu les croire frères. À sa droite dans une petite poussette spécialement aménagée par un quelconque fabricant, siégeait fièrement un petit Yorkshire de moins de trois kilogrammes…. quand cette petite chose empoussettée avait chaud, madame, vêtue anecdotiquement, d’un chapeau de paille fleuri et d’une paire de Croks, fleuris eux aussi, lui vaporisait à l’aide du matériel adéquat, une bruine aqueuse. Tous regardaient presqu’en choeur passer les gens…. un moment je constatai qu’en vieillissant les femmes du sud, avaient tendance à s’épanouir…. je fus ravi.
Où l’on sent la présence de l’humain… 29
C’est plus ce que c’était le sud-est… On y confond les putes qui y travaillent par deux avec les mères divorcées en quête d’un câlin de fin de semaine… à moins que cela ne soient les mêmes…On ne peut pas y draguer si on y pense de trop… il faut brasser de l’air pour faire tomber la température…. un type du coin qui commence à draguer raconte sa vie, celle de ses parents et grands-parents…MOI, je m’y tais, je bois, je regarde, j’écoute…. Et quand je parle elles ont tendance à dire: » vous n’êtes pas d’ici, vous êtes du nord… »pourtant elles sont belles les garces, quel que soit leur âge, mais elles le savent… J’aimerais pouvoir leur dire, mais il faut crier par-dessus la musique et faire semblant… je ne supporte pas de faire semblant … vénales ? Je ne saurais le dire… Mais le mariage donne l’impression d’y être encore important….Il y a une seule manière d’être dans le sud-est….Mais ont-elles les fesses blanches ?
Où l’on sent la présence de l’humain… 27
À la plage on y voit, on y sent, on y sait…. Hier ce couple jeune, elle, lui leurs deux enfants. Lui tatoué sur les bras, le dos, une jambe. Elle, le bas du dos, le haut, le pied; un percing au nombril. Il est seize heures et trente minutes, leurs deux enfants jouent dans les vagues, petites, sans ressac…. trop peu de danger. La mère est assise sur la plage, elle crie sans se déplacer, mettant en garde d’un danger inexistant, elle jette aux vagues ses angoisses de noyade, ses peurs, elle a un corps joli, un ventre de femme qui a porté deux enfants, rien que de l’ordinaire que j’aime… Pendant ce temps, monsieur, vêtu d’un de ces ridicules petit chapeau de paille, d’un caleçon de bain, les bras écartés pour intensifier l’explosion pectorale, le bassin expulsé vers l’avant intensifiant un écartement de jambe naturel, téléphone haut et fort…. il est à 2m de moi. Je sais tout, j’entends tout…. il n’a aucune conscience de l’espace dans lequel il vit, il raconte à son interlocuteur comme s’il était face à lui, les autres alentour n’existent pas… Cela a peu d’importance, si ce n’était qu’il commente le film porno que l’interlocuteur en question lui a prêté la veille et l’impact érotique que le visionnement en couple a eu sur sa femme, celle qui s’affaire avec les enfants, l’espace d’une conversation téléphonique son intime est mien… ils sont toujours à deux mètres de moi. Monsieur raccroche son téléphone, émoustillé par son appel téléphonique, il s’assoit sur la serviette de plage à côté de sa femme, entreprenant, caressant… Il lui propose une petite situation échangiste avec son cousin, l’homme du téléphone, et sa fiancée du moment…. entre cris vers les enfants, et proposition du mari…. elle se tait, derrière ses lunettes noires, elle regarde son mâle sans sourire…. lui répond un je sais pas… lui, ne supporte pas cette frustration, se lève, va voir ses enfants, élève la voix, revient avec l’un d’eux, lui gonfle un petit matelas bleu , lui donne, l’enfant s’en retourne jouer… Il repropose avec insistance…. elle finit par répondre sans enthousiasme: » oui, il est cool et elle est comment ?_ C’est une meuf » fin de citation. Il fête cela en ouvrant un gros paquet de bonbons au chocolat qui ne fondent pas dans la main….La mère continue de crier, les enfants aussi…. le père reprend son téléphone la bouche pleine…. »Allo… oui c’est bon…. »
Je n’aime pas les bonbons au chocolat….
Où l’on sent la présence de l’humain… 26
Là je vais m’envoler, m’exalter…. un hommage aux culs, j’en vois passer en ces jours d’été. Lumières du matin effleurantes accompagnant leurs robes et tuniques blanches qui par leur transparence laissent apercevoir des formes sculptées, langoureuses, houleuses, chaloupantes. L’air frais du matin passent sous ces tissus, caressant la peau caramel qui doucement se tend…. putain, s’il ne tenait qu’à moi, j’irais à pleine main saluer les croupes estivales.
Lumières du soir, apprêtés dans de moulantes jupes noires ou blanches, ils sont là musclés,grassouillets, haut perchés, près du sol, en hommage à Rubens…celui des femmes qui attendent des hommes, élégamment posé sur les tabourets des bars, légèrement désaxés parce que leur propriétaire ont leurs jambes croisés… ils sont par deux, côte à côte… nom d’odieux
, s’il m’était possible de les saisir à pleines mains.
Celui de cette femme de quarante ans, venue avec sa fille de treize, boire un verre le soir…. épanoui sous son vichy, prête à se cambrer ….elle se mit à danser, tel la 7ème symphonie de Beethoven dont on dit qu’elle fut l’apothéose de la danse, son cul fut ce soir là, l’oeuvre de toute une vie….Où l’on sent la présence de l’humaine…
C’est dans le regard des femmes qu’on lit le mieux la force de leur cul.
Où l’on sent la présence de l’humain… 25
18 h , assis à la terrasse d’un café, elles sont trois âgées d’une soixantaine d’années, elles parlent de leurs anciens maris…. leurs tromperies, leurs maîtresses, leurs amants, le pourquoi autrefois il a été voir ailleurs, le comment je l’ai trompé… Elles le disent haut et fort, en buvant du vin blanc. Après ce sont leurs enfants qui en prennent pour leur compte, leurs enfants de plusieurs maris, leurs petits enfants de plusieurs remariages…. un bordel dans lequel elles s’engouffrent avec colère et rancoeur…. elles sont désormais seules.
10 h ce matin dans un supermarché près de Toulon, une autre grand-mère, de couleur marron, plus teintée que bronzée, habillée d’un débardeur de cuir, d’un pantalon moulant semi-transparent, de talons aiguilles à n’en plus finir, un pétard en guise de cheveux, le visage transpercé de piercings, une maigreur d’un autre temps…. un bébé dans la poussette qu’elle pousse, un bébé aux yeux de toxicomane tellement ils sont fixes et vides, un bébé qui ouvre la bouche sans qu’il en sorte un son…. une grand-mère qu’on eut appelé sorcière.
18 h 30… un acteur, ancien de cinéma, passe près des grand-mères qui trucident leur ex…. il ressemble à un petit grand-père. C’est beau une ville ce jour.
Où l’on sent la présence de l’humain… 24
Les petites vieilles revêtues de robes aux couleurs chatoyantes font tâches quand elles se promènent, tordues, soutenues par leur canne, pliées par le temps qu’elles ont vécu et qui a modelé leur corps afin qu’on puisse y lire les douleurs passées. Elles sont là cependant, rythmant la vie de cette petite ville côtière, mélangées à certaines jeunes femmes dont on sait qu’elles effaceront la moindre ride, gommeront le moindre bourrelet, rectifieront leur nez…. elles s’uniformisent, promènent un décolleté provenant du même fabricant, la forme de leurs seins ne leur appartenant plus, la bouche définitivement figée dans une grimace à laquelle il ne faut pas sourire, encore moins pleurer…. Elles les exhibent comme elles cherchent à linéariser, infantiliser un sexe qui ne s’expriment plus que par sa fonction et non par son état. Elles sont monomorphes, juste différenciables par le son de leur voix, leur couleur de peau est la même, jusqu’à leur beauté cataloguée, calibrée, référencée…. leur masse corporelle ne leur indiquant plus qui elles sont par la causalité de ce qu’elles ont été. Elles cachent l’improfondeur de leur regard derrière la même paire de lunettes. Elles sont négociables par morceau ou entière, comme sur l’étal d’un boucher…Elle est une espèce en voie d’apparition…..à mi-chemin entre la gonflable et la vraie…. J’aime les gros culs de mes petites vieilles, les seins énormes d’autres, le son de leur voix haut perché….nous ne sommes plus loin du clonage.
Où l’on sent la présence de l’humain… 22
Dès qu’on arrive dans la zone méditerranéenne… tout change, surtout la façon de conduire sur l’autoroute… autour de Marseille on rentre sur un terrain de jeu… à gauche, à droite, encore à gauche, à droite…. et puis on se rabat à 90 degrés à la sortie suivante, on a conduit cinq kilomètres à 180, on rentre à la maison suintant la testostérone… c’était pas mal l’ouest, c’est vrai qu’on y sentait la présence de l’humain. J’en ai vu plein de ces néo-tondus tatoués à la petite barbe taillée et aux deux diamants cloués dans les oreilles… il ne peut pas y avoir plus viril, cela se saurait, couchés au volant de leur voiture, vite, encore plus vite… toujours plus con…Je ne sais quoi dire, j’ai juste l’impression que beaucoup de femmes se sont battues pour peu et qu’il y a encore énormément de femmes qui devront se battre pour encore plus…. L’égalité de la femme passera par l’ignorance de ce type d’homme… quelque part, entre cagoles et kékés, je vous écris.
Où l’on sent la présence de l’humain… 21
Fin du sud-ouest, transfert vers le sud-est dès demain…Il n’y a rien de plus jouissif que de croiser le regard d’une femme avec lequel on partage pendant quelques secondes toute une nuit d’amour, pas besoin de langues, pas besoin de mot… juste une sensation qui permet d’imaginer que l’on a comprit ce qu’elle a comprit… de toutes façons si ce qu’on imagine ne reste qu’un fantasme c’est quand même bon…j’ai au moins croisé cinq regards hier…c’est beau une femme qui a envie.Là on y sent la présence de l’humain… Donc demain le sud-est, la manière d’y brasser l’air n’est pas la même… ici, c’est le bout du monde, là-bas c’est un autre monde à haute teneur familial encastrée. L’exhibitionnisme argentesque y est plus fréquent, la relation humaine plus artificielle construite sur une vie extravertie parce qu’il y fait beau, chaud… On s’y croise, parle haut et fort…. Il est vrai que la chaleur, le ciel bleu ne vous incitent pas à ces comportements empreints de spiritualités et d’intellectualismes, on croise trop de femmes légèrement vêtues voir dénudées… Mais bon tout cela a peu d’importance…. on y croise aussi des regards.
Où l’on sent la présence de l’humain… 20

… tiens une nouvelle mère blonde se place face à moi, petits enfants, petit cul, je préfère la cambrure de la précédente…. les mères ont-elles encore une sexualité après la sieste du petit ?
Où l’on sent la présence de l’humain… 19
C’était dans la nuit, celle qui devrait être noire mais que nous illuminons…. C’était dans ce bar où cette jeune femme tatouée sert….. C’était l’anniversaire d’un jeune, ses 18 ans. Ils étaient toute une bande de jeunes Parisiens et Bordelais, quelques jeunes mineurs, quelques jeunes majeurs, quelques jeunes cons… Ils ont bu, vite, beaucoup très vite… je ne comprends pas qu’on puisse boire vite, c’est une forme d’éjaculation précoce à mon sens. Ils étaient jeunes comme le sont jeunes les jeunes de ce moment, pour certains, des copies conformes des jeunes des années précédentes…. le cheveu blond, LA mèche , la tête penchée puisqu’il y a LA mèche, la drague…Donc on fume, on boit, on cleaneastwoode… Et puis il y a les petites pétasses blondes à grands cheveux qui bimbotent, lolitassent. Ce sont leurs jambes que les garçons aimeraient bien écarter pour voir ce qu’il y a entre. Elles, elles savent ce qu’il y a entre et elles savent que ça fait faire n’importe quoi à un garçon envahi par un bain d’hormones toutes plus agressives les unes que les autres.Donc quand ils et elles ont bu quelques verres de vodka mélangée à un jus de fruit, n’importe quoi commence…. Ils parlent fort, très fort, disent des gros mots, remuent la tête pour remonter le mèche et essaient d’embrasser les filles. Certains de ces garçons ne savent pas encore s’il seront homosexuels ou bordélicosexuels, par contre les filles savent que la zigounette de ces jeunes garçons n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant… elles doivent tester leurs charmes. Elles se sont donc habillées léger, sexy, en rajoutent dans les effets de cheveux, de décolleté, de petits seins apparents sous une chemise blanche ouverte, de gros seins enfermés dans un soutien gorge pigeonnant… elles remuent beaucoup, se lèvent, regardent si on les regarde, ne regardent plus quand on les regarde, s’embrassent profondément entre filles pour exciter les garçons. Eux bavent, lancent des paris entre filles, les filles pas cap de… les garçons comme des cons quand l’autre a montré ses seins, les garçons comme des cons quand l’autre quitte sa culotte qu’elle portait sous sa robe et qu’elle la montre…les garçons toujours comme des cons.
C’est un peu comme un magazine féminin, mais en direct…pardon en live. Tous sont de bonnes familles au regard des marques de vêtements et sacs portés, des centaines d’euros bus, des discours tenus, des lieux racontés où ils vivent, des voyages déjà faits alors qu’ils ne sont que des enfants à peine commencés… un jour certains d’entre eux réussiront à écarter les jambes de ces filles, parce qu’elles en auront envie ou besoin ou l’intérêt…. Un jour leurs enfants encore plus cons qu’eux viendront fêter leurs dix-huit ans… Un jour, une autre nuit… le monde se sera arrêté de tourner…
Où l’on sent la présence de l’humain… 17
Les vacances et les microcosmes familiaux, de quoi écrire un livre, je me contenterai de moins. Hier, à l’heure de l’apéro, puisque je ne vais pas à la messe, terrasse d’un café…. Ils viennent s’asseoir: papa, maman, papi père de maman, mami mère de maman, et les deux petits, un dans une poussette qui n’aura aucune incidence sur le déroulement des évènements et celui de deux ans… celui de deux ans, je le nommerai Chiant avec un C majuscule… Dès qu’ils se sont tous quatre installés à mes côtés Chiant a mérité son nom de code. Cependant papa, petit homme, jeune, au nez trop fin et à l’allure hautaine, n’a pas cessé de dire: » je m’occupe de Chiant, tu t’occupes de Ronfle (le petit dans la poussette) ». Entre eux deux, ils étaient donc face à face, papi et mami, papi au blanc, mami à la coupe glacée chantillysée. J’ai remarqué que mami tremblait beaucoup, pas un tremblement maladif dégénérescent, un tremblement nerveux accompagné d’une hypermobilité occulaire… Donc Chiant n’arrêtait pas de toucher à tout… papa ne disait rien, maman voyant que mami tremblait de plus en plus parce qu’elle ne supportait pas que Chiant touchât et renversât, éleva la voix sur Chiant. Chiant se mit à brailler pour la première fois. Papa fit remarquer à maman que ce n’était pas ce qui avait été prévu au départ… mami était proche de la convulsion, papi avait sifflé son blanc. Maman rétorqua qu’il ne fallait pas que Chiant touche aux verres, qu’il pourrait se blesser…. Status quo. Chiant en rajoute une couche puisque maintenant huit yeux attendent qu’il fasse la prochaine connerie… chose faite papa élève la voix, Chiant hurle, maman pour montrer à mami qu’elle est une maman élève aussi la voix… papi siffle son deuxième blanc, mami est prise de tics et élève aussi la voix sur Chiant qui hurle de plus en plus fort. Ronfle ronfle…papa, sur un ton très condescendant, fait remarquer que… mami explique rageusement que sa fille était plus calme lorqu’elle était plus petite….. bref. C’est à ce moment que je souris et que je croise les deux merveilleux yeux bleus fatigués de maman qui sourit aussi, des yeux à tromper son mari, même à changer de mari… je détourne mon regard et je les laisse finir de ne rien expliquer… l’année prochaine s’ils reviennent au même endroit, maman aura perdu les quelques kilos qu’elle avait pris pour la grossesse de Ronfle, papa sera toujours aussi chiant puisqu’atteint d’un superbe complexe de supériorité machiste…. j’ose espérer que maman aura dit merde à ses parents, trompé son mari et qu’elle s’apprêtera à le refaire
…. Chiant sera toujours chiant.
Il y a des regards qui en disent plus longs que ces silences qui les accompagnent…. Elle avait envie d’autre chose et moi aussi.
Où l’on sent la présence de l’humain… 15
Sentir la présence de l’humain… Si je pouvais ne parler que des odeurs des femmes, même celles de fin de journée, celle de dessous de bras, d’entre… j’aurais à dire du bonheur de vivre et de savoir ce qui m’attend… Non, il faut aussi que je me gave le gros suant, le celui qui croit péter discrètement mais qui a oublié le vent, le T-shirt à la sueur séchée, le dessous de bras sans pitié, le maillot de foot pas lavé depuis la coupe du monde 1998….Si ce n’était que cela sentir la présence de l’humain, le pourrais encore m’en contenter. Mais c’est aussi ces fois où l’on sait qu’un autre est en train de penser, pire que ce qu’on peut faire… seulement lui ne le fait pas par luxe, il le fait par vie… je ne vais pas penser aujourd’hui ni me laver pour ne pas m’insupporter.
Où l’on sent la présence de l’humain… 14
Ce fut et ce devait être… Je suis retourné dans ce bar, à l’heure de l’apéro. Ce que j’avais pris pour d’élégants dessins positionnés sur des bas n’étaient que des tatouages, j’avais raison pour leur pluralité, les percings, le manque de hanche…. mais elle avait toujours cette classe entre la vulgarité et l’extrême féminité … elle n’était pas un fragile objet sexuel… mais une femme qui travaillait, dur et vite…. L’essentiel n’est pas là. La comtesse était là… une femme d’une soixantaine d’années, alcoolique mondaine, ayant vécu par et pour les hommes… elle avait dû être splendide avant, avant avant…. elle avait dû être chiante plus qu’un homme aurait pu le supporter, elle avait été une amante extraordinaire, taillée par la nature pour être prise et se donner comme dans un film hollywoodien…. mais elle était là dans ce bar de bout de terre, expatriée de la vie, en quête d’un dernier homme qui aurait pu la faire vivre et la faire rêver… je lui rends hommage. Puis il y a eu N……. , serveuse de trente et un ans qui est venue s’asseoir à mes côtés, serveuse d’un autre bar douze heures par jour, venue s’asseoir à côté de moi pour se prendre une cuite parce que ce soir là elle n’avait pas son fils qu’elle élevait d’habitude seule, parce que j’avais l’air calme, plus âgé que les autres…. elle m’a raconté sa vie en buvant beaucoup, vite, des petits verres de rhum gingembre, elle était blonde, l’oeil aussi bleu que son regard, jolie, vive, elle parlait extrèmement fort, mettait sa main sur ma cuisse, m’embrassait amicalement, trinquait avec moi, me prenait par le cou, par la taille, me serrait dans ses bras… tout était aussi excessif que moi j’étais silencieux. En partant, elle m’embrassa sur la bouche sans que je le lui ai demandé…. « c’est dommage je t’aime bien, je travaille demain »et elle partit, aussi vite qu’elle arriva, portée par la foule de jeunes Hollandais qui avait envahi, pour une soirée, ce bar. Elle rentra en vélo vers la gare…. je l’admire. Quant aux petits cons d’Hollandais qui n’ont pas arrêté de brailler, aux petits cons de Parisiens à la mèche néo rebelle, au col relevé, qui marchandaient les prix pour se bourrer toujours et toujours plus et à qui on répondaient, une fois pas deux, un non simple mais avec un regard que cette serveuse savait mélanger à un sourire attendrissant…Je vous emmerde!
La comtesse, malgré son âge, avait un cul que de jeunes femmes adipeuses, nourries à la céréale et à la viande anglo-saxonne sandwichée, auraient pu lui envier…. mais je n’étais pas excité… sauf par son T-shirt.
Où l’on sent la présence de l’humain… 13
9 h 30…. je n’ai rien d’autre à faire que rien et je vais m’y employer. Chaque matin, je viens calmement cracher mon fiel sur l’humanité environnante au bord de la piscine de la résidence dans laquelle j’ai loué un appartement pour mes vacances…. je suis un nanti et ce matin, c’est moi que je vais tronçonné. Je suis un quinquagénaire pré-dégénéré, à l’ego surdimensionné, qui ne peut voir et comprendre le monde que par ses yeux de myope…. et presbyte depuis l’année dernière, au cas où vous ne le sauriez pas, ni ne l’auriez remarqué. Au moment où j’ai commencé à écrire ces lignes, à la table d’à côté vient de s’asseoir une femme d’une trentaine d’années dépassée, T shirt noir moulant sur une poitrine avenante, le cheveu coupé court et bordélique, le maquillage lourd pour un début de matinée et puisqu’elle vient de se lever et partir, à la fesse aussi lourde que son maquillage. Voilà c’est moi, un type en vacances dont la seule activité raisonnable est de regarder les gens vivre, regarder les gens regarder, les photographier, écrire, non pas pour les critiquer mais pour simplement constater que l’humanité est à la vie ce que le cancer est à la mort…. et ce dans une désorganisation régulée presque semblable. Je ne suis qu’un témoin qui met en tension émotionnelle des non-moments de l’existence…. un organisateur artistique post chaos. Bref un de plus….Ce soir je retournerai dans ce bar où j’ai décris cette jeune femme hier, je la regarderai à nouveau, la mettrai à nouveau en scène…. vous me lirez, sourirez…. pervers que vous êtes. Puisque je vous tiens… je ne voudrais pas être à la place du pauvre con qui, chaque matin vient taper comme un forcené, avec sa raquette de tennis et avec une guturalisation proche des cris de guerre exprimés par les hordes Vandales au début du cinquième siècle, sur une balle que je présume jaune, contre un mur… là, de l’autre côté de la haie… je ne le vois pas….. c’est peut être sa femme qui sert au bar ?
…excitante cette paire de fesses que je vois face à moi…. dont le visage n’a certainement aucune importance…
Où l’on sent la présence de l’humain… 10
Toujours en direct de la côte atlantique, en quête de ce qu’il y a de pire chez vous, pas chez moi, puisque je ne me regarde pas vivre… J’ai trouvé le bout ! Là où je suis il y a une rue , petite dans toutes les acceptations du terme, au bout il y a la mer et tous prennent cette rue pour arriver face à la mer et s’asseoir en mangeant un glace… c’en est écoeurant. Quand ils achètent la glace, elle est encore relativement solide, mais le temps qu’ils descendent les cent mètres séparant le glacier du bout, tout a commencé à fondre et quand ils arrivent là où je les attends, la glace fond et coule… vous vous verriez manger….Ceci n’est qu’un détail, c’est après la glace que c’est important… vous vous asseyez sur les petits bancs et vous regardez la mer en commentant: la hauteur des vagues, le phare qui est au loin, quelques données géographiques, le que fera-t-on demain ? ponctué par un « on mangera une glace après-demain, le regret d’avoir des enfants chiants (comme s’il pouvait en être autrement). Certains se taisent: couples en rumination de divorce, maris qui matent les petits culs des jeunes femmes qui savent qu’elles ont des beaux petits culs, femmes qui rêvent de tromper leur mari, ne serait-ce qu’une fois… amants qui rêvent de les aider à tromper les maris, cocus qui ne regardent plus rien et pour qui la mer et un bout accessible et certainement définitif, femmes qui viennent de tromper leur mari et qui savourent la moiteur extrême de leur corps, gros cons qui n’en n’ont rien à foutre de la mer et qui mériteraient d’être cocus, j’avoue qu’il y a des fois j’en assumerai bien l’entière responsabilité….Et puis il y a cette petite dame au blazer bleu marine, elle sourit, elle parle toute seule, elle habite certainement au bout de cette rue, elle ne mange pas de glace…. c’est elle qui donne tout le sens à ce bout, elle vient là depuis si longtemps…. au bout …. la fin peut être ?
« …C’est un sourire suffisamment chaleureux, parfois accompagné d’un regard si froid que parfois j’ai envie de l’entendre dire ….non… encore! la garce… »

Où l’on sent la présence de l’humain… 9
Ce que je vais vous en dire, c’est ce que j’en pense…. après vous verrez bien. Tout a commencé quand j’ai vu les cinq adolescentes dans la piscine, cinq pré-figures utérines héroïques, c’est à qui voudrait le plus d’enfants… Moi, je veux bien… Mais, elles étaient déjà cinq plus une dizaine d’autres personnes dans la piscine, ce qui fait quinze… dans dix ans, lorsqu’elle auront réalisé leur rêve d’enfants, disons deux chacune, si on les retrouve dans cette même piscine, le nombre de personnes dans cette même piscine aura doublé au minimum. Il faudra donc agrandir la piscine, donc prendre sur l’espace avoisinant. Çà, c’est le scénario optimiste, celui qui rentre dans notre système de rassurance collective, celui des lois, des règles, des équations, on contrôle tout; n’ayez crainte…. la vie , qu’elle soit humaine ou autre a pour seuls buts: 1 la captation d’énergies pour se nourrir, 2: afin de se reproduire…. tout le reste n’est qu’un affinement de ces deux problématiques de départ. Nous sommes donc , d’une manière ou l’autre en concurrence avec tout ce qui vit, on a beau dire qu’il faut préserver la vie, la biodiversité… mon cul, ces foutaises néo édenistes à hautes teneur intégriste ne résolvent rien le fait que nous sommes le problème à notre existence…. tout système reposant sur une croissance reproductive exponentielle est à court terme condamné à une régulation…. On a inventé la religion et ses règles qui a conduit à des guerres: monothéistes 1 contre monothéistes 2, puis des règles raciales et les génocides qui vont avec, je me permets de rappeler que ceux qui sont à l’origine de ces crimes entre voisins sont aussi humains que vous et moi et qu’ils n’agissent donc que comme des êtres humains; on a aussi les virus, mais la grippe A a beaucoup déçu… donc nous nous régulons entre gens de la même espèce, ce qui est en soi est plutôt sain. Imaginez un seul instant que les crocodiles, des anciens parmi les anciens sur la boule aient eu le même taux de réussite que nous à la reproduction, l’adaptation…. j’en vois venir avec les lumières divines…. ben voyons…. le crocodile, si je le plonge dans la piscine il va très bien s’en sortir, tandis que le quidam si je plonge dans le tas de boue qui lui sert de fleuve, je ne donne pas cher de sa peau…. C’est le bordel, je vous le dis, et c’est ce bordel qui nous fait vivre….qu’on ne m’accuse pas d’eugénisme ou de fascisme, je me contente de vous regarder vivre en attendant ma mort certaine. Pour en revenir à ma piscine de départ…. si elles ont trois enfant chacune, c’est le bordel, si un type passe et tue tout le monde c’est le bordel… et c’est d’autant plus le bordel que du crocodile au tueur en série tout est globalement imprévisible, on aura beau réguler, quantifier…. trois milliards et plus d’années que cela dure, nous autres humains profitons-en, parce tout me laisse à penser qu’il n’y aura bientôt plus que des crocodiles dans la piscine…Et si je pissais dans la piscine ?
Elle avait une fesse droite agréablement ourlée à son entre jambe, elle dorait au soleil…. tenté.
Où l’on sent la présence de l’humain…5
L’essentiel dans la recherche de la présence de l’humain, c’est l’écoute et l’observation, tenez, par exemple, hier…. j’étais tranquillement en train de lire mes mails à l’heure du repas, au-dessus de moi, calmement, une famille dînait sur sa terrasse, je n’entendais que les bruits de couverts les accompagnant. D’un seul coup, d’un seul, une voix que j’ai présumée adolescente, de par son ton et son contenu, déclare entre deux bouchées:
_ »Maman, je vais coucher avec…..(je tairai le nom de l’heureux élu). »
Je crois que la mère a commencé en quelques secondes et un ulcère et un début de dépression. La suite fut plus mouvementée et sans intérêt.
Hier, toujours, alors que je rentrais de la plage, le couple sexagénaire qui loge en dessous de mon estival appartement, une fois, belge de surcroît, s’adresse à moi en me disant qu’il fallait que j’arrête de claquer les portes et que mon chien gueulait trop fort…. je leur ai promis d’arrêter de donner des claques aux portes car je ne savais pas que cela pouvait leur faire mal et que j’allais tuer mon chien dès que possible…. je ne les ai pas vus sourire, ils n’ont même pas pu se plaindre à la direction de la résidence….Ai-je osé, moi, me plaindre du fait qu’ils regardaient la télévision assis sur la terrasse, alors qu’elle, la télé, se situe à l’intérieur de leur pièce et tout cela en se tenant la main et en commentant tout ? j’ai bien dit tout… si bien que moi nuitamment assis sur ma mienne terrasse, au-dessus d’eux, je peux suivre, commentée en wallon je vous prie, la plus infime des blagues du « gendarme à Saint-Tropez »…. j’ai cependant téléphoné au consulat de Belgique pour leur demander où en était l’idée de la scission et que je leur apportais tout mon soutien…
Et puis il y a les petites vieilles qui viennent s’asseoir au bord de la mer, élégantes et prêtes à mourir….Cette femme d’une quarantaine d’année, qui derrière ses lunettes noires, prenait plaisir à sucer une glace, j’ai bien dit sucer….excitante et terrible.
Où l’on sent la présence de l’humain…1
Cinq jours que je ralentis mon métabolisme à grands renforts de rosés et d’eau. Cinq jours que nonchalamment , je tourne ma tête de droite à gauche en suivant d’un regard quasi obsessionnel les croupes des passantes alanguies sous la chaleur caniculaire de ce début d’été. Cinq jours que je me laisse tomber dans le sommeil à n’importe quelle heure de la journée…. 5 jours , et je n’ai pas vu ce temps passé… Il est lent, long, comme les cheveux d’une femme nue qui les laisserait tomber sur mon ventre…. J’aime l’incidence de ce temps sur mon espace, tout comme j’aime l’incidence de la chaleur sur la légèreté des robes qui passent, leur transparence face au soleil, les seins nus qui sous de romaines mousselines font à penser qu’elle sont toutes d’expertes Messalines…. Décrivons un cul récemment entraperçu. Il était l’heure à laquelle les verres se remplissent pour abreuver de sages hommes à l’esprit hautain. Elle s’est posée là , sous mes yeux, entre elle et moi; mon verre rempli d’un liquide bleu… blanche était sa robe, si légère que le battement de l’aile droite du papillon qui, jadis, provoqua par le battement de sa gauche une tempête équatoriale eut suffi à la soulever jusqu’à son ventre…. il était l’heure où le soleil rase le sol, son cul libéré par le port d’un string charnel était parfait, posé à l’arrière de son corps comme celui d’une callipyge grecque, j’étais alors une colonne dorique et elle l’exaltation d’une vénus corinthienne … ma vacuité estivale venait de débuter.
chroniques de la haine apaisée: 18
Il s’était mis au soleil… pour suer, sentir son corps se liquéfier. Il s’était mis au soleil de midi, celui qui perce la peau , l’enrougit par delà le muscle et la viande…. Il s’y était endormit. Le soleil chauffant plus qu’à son habitude… Il était entouré de ses herbes dites de Provence qu’il aimait tant à sentir au début de l’été: romarin , basilic…. le vent souffla fort malgré la limpidité du ciel bleu, si fort que fleurs et plantes, arrachées par le vent, recouvrirent son corps brûlant… mais il continuait de dormir sous ce soleil plus puissant que jamais. Les odeurs de son corps chauffant exaltées par la puissance odorifère des plantes qui, de par le vent et la sueur s’étaient accolées à la chair de l’homme qui, au soleil, s’était endormi… Il fut mort à la nuit tombante en ce premier jour d’été, mort mais sentant bon… les jours passèrent d’une chaleur violente…. son corps rôtit. ON retrouva ses os, quelques uns rongés, d’autres avec un peu de viande que les fourmis avaient fini de récupérer…. c’est son chien qui avait beaucoup grossi.
chroniques de la haine apaisée: 17
« Quand bien même ce chien vous aurait mordu, il ne fallait pas le tuer… et surtout pas comme vous l’avez fait. » leur dit la grosse dame
Il est vrai que les deux gamins s’étaient acharnés sur le pauvre canidé, il ne ressemblait plus vraiment à un chien. Ils l’avaient frappé à coups de battes de base ball, il avait bien essayé de les mordre , mais leurs coups étaient précis et ils avaient donné l’impression, à ceux qui les avaient vus agir, qu’ils maîtrisaient avec efficacité l’art de tuer vite et bien.
« Alors pourquoi l’avez-vous tué ?
_Nous avons faim… »

29-05-2010
Il eut été si facile d’avoir l’air d’un con devant mon bout de saucisson que j’aurais aimé me voir face à lui l’espace d’un instant…. mais j’en ai refusé l’image, comme je réfute le sens qu’on peut donner à cette image… Je resterai stoïque et incertain.Le saucisson, amalgame de viande et de sang porcin… c’est bon. Le plus con n’est pas de manger du saucisson …. mais seul, face à un saucisson, vous mesurez, l’espace d’un moment court, combien il doit être dur d’être moine en une abbaye cistercienne ….combien il doit être dur d’être prêcheur dans le désert, comme il doit être dur d’être femme dans certaines lointaines contrées montagneuses…. comme il est dur ce saucisson.
29-05-2010
France un zéro….. que dire ?




