carnets de vacances 15: le Lieu, les Acteurs… Etat des lieux 1


Le Lieu:

C’est un bar, de soir, de nuit déjà commencée,auprès du port,  un centre externé de forme carré. Il mesure approximativement quatre mètres sur quatre.La nuit du sud vient s’y coller depuis de nombreuses années.On s’y rencontre avec des regards excessifs, on se doit d’y être même s’il y a longtemps que tout est déjà fini…. la vie.

Les Acteurs:

Ils sont nombreux, mouvants, précis, déjà écrits dans d’autres vies…. ils sont le patron au ventre maintenant si gros qu’il ne peut plus se regarder pisser, des femmes seules et vieilles ou âgées ou passées, peut être finies. Elles sont en attente des hommes pour une odeur de plaisir. Elles sont aussi des femmes jeunes, belles, excessivement belles, brillantes comme ces soirs d’été dans lesquelles elles viennent à exister. Elles se montrent, se donnent, s’offrent, se vendent pour certaines…. elles sont hôtesses de l’air en transit pour la nuit, puisque le dernier vol est tard, beautés locales à la peau cuivrée…. femmes d’espoir d’une histoire, putes sans le savoir, femmes, sexes…. Tous se connaissent ou font semblant, s’aiment ou font semblant, se touchent ou font semblant…. Qui sont-ils les hommes ? machos de blanc vêtus, tatoués pour se montrer, militaires en manque, légionnaires en manque, manque d’air en manque…..Moi, qui depuis quelques étés les regarde exister, silencieux, attentif, inexpressif….Moi, eux!

Ce sont leurs moments intenses d’histoires silencieuses……. Ce soir, passée, cette femme d’une cinquantaine d’années, en compagnie d’une autre qui, puisqu’elle lui ressemblait, devait être sa soeur. Elle s’est collée, lubriquement, certainement vulgairement, au ventre du patron, l’embrassant à pleine bouche, l’embouchant à plein bras….. ce patron, héros local du silence, qui touche le corps des femmes, puisque c’est lui qui est de droit… Cette femme, enlaidie par ses convulsions sexuantes, cette femme oubliée l’instant d’après puisqu’une autre plus jeune, aux seins plus fermes, à la croupe plus avenante s’est présentée…. Tout, à nouveau, a recommencé….. DSC04448

carnets de vacances 14


Sud, cigales et mistral, foule et machisme…. On s’y montre, on s’y exhibe…. on y vient passer des vacances au soleil cuisant et dépaysant….. concentré européen de tout ce qu’on peut trouver de modernité humaine et malsaine sans que pour autant les individus qui la composent aient pu souhaiter être les perfides acteurs de cette société excessive et grandguignolesque….J’y suis pour quelques temps l’oeil aux aguets, l’esprit à l’écoute….Le bling-bling comme contre-référence à l’absence d’existence intérieure. Les femmes y sont à l’image des voitures, carrossées, brillantes la nuit, poussiéreuses le jour, silencieuses en compagnie de leur chauffeur, bruyantes en meutes, arrondies jusqu’aux hanches pour mieux qu’on les reconnaisse comme méditerranéennes … elles prient à genoux la bouche pleine, se marient parce que c’est une tradition, présentent leur poitrine comme argument grandiloquent…. les hommes se taisent alors.Il n’y a pas besoin d’y exister , paraître peut suffire. C’est toujours ici, mais avec une certaine odeur de début de vingtième siècle…..Un lieu d’où on part difficilement quand on y est né, une différence comme un oubli._DSC1802

carnets de vacances 12


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L’eau, c’est certain me possède. Soixante-dix pour cent de mon être, s’il en existât un, est de l’eau…. à savoir quarante-neuf litres d’eau. Je vais établir une moyenne à cinquante litres par humain, trois milliards d’humains, donc cent cinquante milliards de litres d’eau, d’eaumain…. Foutre quelle piscine! Revenons à mon eau, la mienne, celle qui m’est génétiquement appropriée. Elle me sert à la cohésion de mes cellules…. C’est un peu comme si mes ancêtres avait quitté la mer avec un gros sac pour vivre à l’extérieur de leur milieu initial. Paraît-il que le niveau de la mer augmente suite au réchauffement… ainsi si chaque humain est détenteur d’une partie de l’eau présente sur cette planète, le dit niveau ne peut donc que moins augmenter …. l’avenir de l’humanité serait-il dans une surpopulation d’obèses (n’oublions pas les soixante-dix pour cent) à forte tendance à la rétention…. à réfléchir…. je vais aller pisser un coup en attendant….. Faudra-t-il se méfier des femmes fontaines ?

Mon hors temps


Je me suis assis sur cette terrasse, seul, consoleillé, le temps passant semblait lourd, les êtres  semblaient s’ignorerhsbc-laurent-robillard-3-1280x768….il y régnait une évidente immobilité. Il y eut ces deux jeunes femmes dont les images s’étaient échappées des ateliers de Rubens et Botero, elles mangeaient de petits gâteaux accompagnés de soda…fin de la première image. Il y eut  aussi cette autre femme, grande, noire, au Teeshirt court qui laissait plus imaginer qu’entrevoir le bas de  son dos, zébré de vergetures….fin de la seconde image. Il y eut encore cet homme, jeune, accompagné de ce petit  bijou placé au-dessus de son œil droit, comme une accroche qui eut été utilisé  à le maintenir ouvert , les longues nuits de veille…fin de la troisième image. Plus loin s’installèrent un homme et une femme, tous deux âgés, regardant fébrilement un petit livret annonçant le programme de certaines festivités lasses….fin de la quatrième image. Cette mère arriva accompagnée de son jeune fils, ils s’installèrent au soleil face  à moi, puis se déplacèrent vers une table ombrée, pour mieux voir ce que  proposait le petit appareil photo numérique en leur possession…fin de la cinquième image. Pour finir, lentement, cependant sans nonchalance, passa cette grand mère digne  au lourd cabas multicolore. Elle le tenait de sa main droite et penchait du côté gauche pour maintenir un équilibre moins que certain et encore moins évident…fin de la sixième image. Tout cela ne dura pas plus que quelques secondes, pendant lesquelles , les yeux grands ouverts,  à aucun moment je n’hésitai. J’étais certain que ces instants eurent pu être ceux par lesquels la fin du monde sut commencer si elle avait eu  à choisir son propre début… J’étais  assis au soleil, c’est à elle ou elles que je pensais…pour commencer cette fin.

carnets de vacances 8


J’y suis allé, un peu plus haut, voir, mesurer, arpenter, contempler, cons tant pis…. montagne de haute consommation. A commencer par toutes les bites à neige, canons à neige qui restent planter été comme hiver. Je les ai vus, je n’ai pas pu les compter….Il y avait aussi tous les tuyaux, les fils, les câbles, les bouts qui restent, les bouts qui pendent, les bouts informes dont on ne connaît plus la provenance. Il y a aussi les poteaux qui tiennent les fils qui permettent aux cons d’hiver de remonter les pentes pour qu’ils puissent glisser et être un peu plus cons en bas en arrivant persuadés que la montagne ça se descend, des tires-fesses qu’ils appellent çà… moi je les nomme des pousses-culs ou des montes-cons. Et puis ces routes, ces chemins, ces câbles  qui emmènent jusqu’en haut ou presque  jusqu’en haut….Comme tout se réchauffe, la neige est de plus en plus haute l’hiver, donc il faut que les cons puissent se hisser sans trop se fatiguer…cons templer, cons templatif, cons tentés par la facilité… Tiens s’il fallait remonter toutes ces pistes jusqu’en haut à pied depuis presque le bas, il n’y aurait que les forts qui seraient en haut, les cons forts, les cons forts à tables…. je dois vraiment être un vieux con, con dansé, con sensuel, con disciple….oui certainement…. mais si j’étais une marmotte, j’irais creusé des trous dans tous les jardins de ceux qui dégueulassent mon espace et puis je chierais devant leurs portes , juste pour le plaisir…. content !_DSC1625

carnets de vacances 7


_DSC4256Montagne, montagne, altitude 2300 m au dessus de la mer, quelques milliards d’années au-dessous des étoiles, le bleu du ciel, les grosses chaussures, monter, monter… Et une fois que je serai tout en haut ? Que me passera-t-il ? l’envie de descendre ? L’envie de comprendre ? l’envie d’entendre ? Montagne… Quand je serai tout là-haut, assis, le cul dans l’herbe humide et froide, à demi asphyxié, au tiers brûlé par les UV , au quart écorché par mes chutes successives…. juste un millième plus humain, plus lointain….

carnets de vacances 6


Les vacances permettent l’humidification des corps nus, en recherche de fraîcheur, absents de leurs odeurs de sueur….ils se baignent après leurs stagnations héliotonique. Le passage de la chaleur  à la fraîcheur ne se fait pas sans douleur…chaque cellule, qu’elle soit  adipeuse ou épidermique, réagit fortement  au contact de la froideur de l’eau , salée ou pas. L’essentiel est d’y rentrer, de ne pas y rester, d’en tâter, de mater, les naïadesques nudités, rubenstoïdes, giacomettitoïde ou moderno flasque, voir en forme de bouteille de rosé petillant portugais. Une fois dans l’eau on se débat pour ne pas se noyer , on s’y débat élégamment, on s’y ébat également, moi je m’en bats les couilles, parce que l’eau est froide , donc je les bats pour les réchauffer…ce qui me blesse, me fait crier….j’ai donc analysé le danger  de l’approche de la fraîcheur de l’eau des bains de mer , amers et de mères. Je me démerde pour ne pas m’en battre les couilles, pour cela je n ‘approche pas de l’eau, je ne la pénètre pas  (la mer pas la mère amère…parce que si la mère me propose un réchauffement comme suce indiqué au préliminaire lavable , ce qui en contracté donne un préalable..je ne peux ni refuser la pénétration de la mère, ni l’amertume qui en résultera)….donc les vacances et l’eau…que d’eau… que d’eau, queue d’eau…plonger dans l’humidité relative de la mère….je sais faire.ty-10 [1280x768]

carnets de vacances 5


S’asseoir lentement au fond d’un fauteuil, se couler dans l’épaisseur de la matière moelleuse… Prendre un livre, l’avoir volé au préalable, pire!  acheté, dérobé, échangé, substitué, copié, téléchargé….lire si on sait lire, lire si ce n’est pas un luxe , lire si on n’a pas trop faim, lire si on n’a pas trop faim et si l’on a quelque chose  à manger, manger si c’est plus important que lire…dévorer son livre…..comprendre ce qui est écrit, encore un luxe de pays riche….lire chez les pauvres qui eux aussi ne font rien; alors qu’ils voudraient faire quelque chose  pendant  que le riche en a trop fait et qu’il prend le temps de faire ce qui ne correspond pas à  rien puisqu’il est en train de lire….imaginer le fil du roman parce qu’on n’a pas d’autre soucis en tête…lire, dire , écrire….dernier retranchement du stoïcisme  à mettre en opposition avec le close combat et la boxe totale….lire parce qu’on n’a plus rien  à dire, s’asseoir dans ce fauteuil, s’enfoncer, s’addicter  à la pensée de l’autre… je déteste lire.ty-20 [1280x768]

carnets de vacances 4


C’était un instant d’attente, soudain, incertain, tragique…je m’attendais dans l’éventualité d’une autre vie…. Ils étaient tous là pour leur premier soir de vacances, enfilés sur l’autreroute, accolés sur les plages, graisse à gras, macdo dos à dos, alcoolés dans les boirs le sar…quelle viande, quels membres…. plusieurs millions de bras plus tard, quelques millions de litres de sueurs plus loin. Les vacances se résument à ce fourmillement chaotique.Je me suis donc autorisé quelques heures de silence, quelques moments d’oubli, quelques cellules cancéreuses ensoleillées, quelques regards plongeant dans les décolletés… bref une vie d’homme en attente d’une mort de super héros. Je me préparai à plonger lentement dans la couleur, leurs couleurs.tp (173)

carnets de vacances 3… C’était ce soir…


C’était ce soir, à un feu rouge qui ne voulait pas passer au vert. L’homme est arrivé de la gauche, sa jambe gauche ne suivait plus sa jambe droite, il était 1h45 ce matin las. Il passa chaotique, hermétique, hépatique, tragique… le feu était vert et je continuai à le regarder passer. Ce n’était pas tituber, ni trembler , juste associer des mouvements désordonnés. Au moment où son regard se détacha de mon corps, il passa lentement, me regardant tout aussi lentement, précautionneusement, il ne savait plus, cet homme, quel sens donner  à l’humanité. Son regard resta attaché  à mes yeux,ignoré, ignorés… il ne se passait rien puisqu’il était déjà inclus dans un départ…les jambes devant, les yeux en arrière sans trembler…. mais il était trop lourdement tard….il avançait ainsi! Je ne savais que dire, ni frémir… je pris peur  à ne pas sentir sa fin du monde! J’étais l’oublié du moment éteint, celui qui assistait cet homme  dans sa lente descente mortuaire….Il était déjà passé ailleurs, au delà, seul son corps se trouvait en ma présence, imbibé d’alcool. Il traversa lentement cette rue , le feu était redevenu  rouge, il venait de tomber en enjambant le trottoir, mais il s’était relevé, parti lentement par le chemin le plus long, celui de la fineer-11 [1280x768]…Il continua, moi aussi….

carnets de vacances 2


Les vacances commencent toujours par le vide qui se remplit….on retourne le sablier et tout ce qui était en haut se retrouve le cul  à l’air, le sexe émulsionné…en bas là où il fait plus que chaud. On s’y épile totalement, on s’y dénude sincèrement….les ventres sont prêts à se rencontrer. Les églises sont visitées, les femmes aussi, les hommes avisés…on tolère ce qu’on s’est avant interdit….alcool, drogue, préservatifs, seins nus, ail, brochettes, rosé de Provence, coups de soleil, adultère……le tout dans un grand verre, l’ail au lit…..on est con et heureux de l’être, on se lâche, on laisse sa main glisser sous les jupes, on répond par un déboutonnage de braguette….sexe  à sexe on peut se provoquer. Les vides se remplissent , les liquides passent d’un corps  à un autre, les préservatifs se remplissent….Il n’y a pas que sur l’autoroute que les humains se croisent…Vacances, vacuités, chaleurs internes et d’extrémités, l’été laisse couler la sueur et les jambes serrées….l’été commence souvent dans sa culotte.oiu-5-2 [1280x768]

carnets de vacances 1


Sans prendre la route, pour le moment , je consacre mes vacances à l’exploration systématique de l’état humain….j’y suis, je n’en reviendrai pas. Ce jour, cette heure, j’étais en compagnie lors de rrr-3 [1280x768]

rrr-8 [1280x768]ce moment appelé barbecue convivial….la viande y était rouge comme une vierge qui ne l’est plus, les merguez grasses, sinon elles n’auraient pas été  merguez…. J’ai bu, j’ai mangé et puis j’ai fait ma sieste, en ronflant de préférence…un début de vacances  à ne pas s’y tromper, j’ai donc vaqué à ne pas considérer le temps , les actes , l’adéquation habituelle entres ces deux éléments…ne rien foutre, ne rien penser, ne rien être….assez douloureux cette sensation de vide existentiel…..

L’Isa!


Elle fut la dernière rencontrée ce soir, la dernière vers sa tanière… Auparavant une autre à  l’opulente poitrine et au doux regard, mais certain….Le moucheron se promenait sur l’écran. L’Isa était donc là . Non! me dit-elle. L’odieuse licencieuse refusait de croiser ma vie et mon destin. Elle, si sincère, si sensible, au sang si bleu…Ses meubles , elle devait bouger! Par la fenêtre je lui aurais balancés.L’Isa  se refusa  à boire un rosé pour des meubles à bouger…. qu’elle feigne j’eus compris , qu’elle mente provoqua mon ire, Mounir passa sans thé à la menthe, santé à l’amante, sans T alarmant et sans Allemand ôté…Isa remuera, tout comme je le fais avec les mots, ses mots bleus, ses meubles, son sensible sang si bleu, ses mots sans cible, ses bouts fardés, ses fards boudés…Isa , prends soins de toi, soulage ton dos et sous l’âge ton dos souffrira…..c’est le moucheron que j’écrasi sur l’écran , j’insiste  j’écrasi…j’écrIsa…d-15

De l’oubli sans plus…


Elle n’était plus là, partie juste à temps par devant l’orage de fin de soirée qui trempa mon os resté sec jusqu’à cet instant…Elle n’était donc plus là, l’orgueilleuse, la pédante aux gros seins qui croyait que son espace mammaire lui eut donné un ascendant sur ma fébrilité masculine…l’orgueilleuse à l’orgasme lointain et oublié…putain notoire , de quel droit effeuilles-tu les souvenirs des âmes incertaines, les soir d’orages ?…femme esseulée, humaine nanifiée dans sa sclérose sans plaque ni place pour un autre… pauvre conne, lapinifiée dans une reproduction exutoire de sa seule féminité absente. Quel besoin as-tu de promener ton gros ventre comme une décoration de place de 14 juillet, ton ventre plein serait-il une victoire? Porte ton enfant en silence, ne t’en sers pas pour avouer…..Hitler lui aussi en son temps fut porté. Que son nom  soit oublié…jjjj-7

Orléans festival de jazz 3


Il y en avait…. et j’y étais….battant, orguant, de bels et forts morceaux…..qu’il se le disent les cancrelats jusqu’à l’éjaculation. Qu’en sera -t-il dans ce futur ? mécréant et hautain

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Elle m’a parlé au ventre…


C’était samedi soir, lors d’un concert, l’orchestre des mariages et des enterrements….C’est avec mon ventre que je les ai écoutés. Les Balkans, là-bas en bas, des lamentations de trompettes, des larmes de cuivre, des odeurs d’alcool et d’herbe brûlée….c’est à  mon ventre qu’elle s’est adressée cette musique qui fait passer. Elle fait passer de la vie  à la mort de la mort  à l’infini, le temps s’arrête alors, musique de l’oubli touchant au plus profond de ma vie.Musique des sentiments qui extirpe de mes tripes des nuits sans sommeil, des verres vidés, des matins seul dans la rue, des souvenirs de sourire… des silences, encore des silences. Cette musique de folie qui me remue , me brasse , me concasse, me laisse là et épuisé, les yeux retournés, en route vers mon passé….danser les bras levés, lever son verre, vider son verre et encore danser. Un moment, juste un court moment tout est là , face  à moi, elle me regarde, musique d’un non mariage, musique d’un enterrement…. je lève les bras, je vide mon verre….putain de musique le temps d’un enterrement…faim de mes nuits sans finjjjj-10 [1280x768]

De l’orgasme féminin…


Jesa-97 [1024x768]e n’en ai rien à  dire , juste le désir

Le goût du beurre……


Je suis de retour, sans détour, je reprends mon clavier, bande de lecteurs numérisables… vous m’attendiez.

Qu’en est-il du goût beurre ? ce truc gras et jaune  à l’odeur de ventre flasque et de sueur refroidie. Je le hais! synonyme des années fastes où il fallait beurrer son saucisson, son camembert et son morceau de bœuf sanguinolant… Beurre je te hais. Conçu au départ par dame nature pour imperméabiliser les parois intestinales des veaux, ton frère le cholestérol t’habite comme une âme hante un château écossais. Beurre, ennemi, cœur de mon ressentiment profond et sincère, ton odeur hante mon esprit depuis que je suis né. Ton odeur est improbablement  grasse, lourde…comme une effluve d’huile dans un garage automobile, tu envahis certaines cuisines …..tu te vends en plaquettes au volume  contraint dans des dimensions de petits pavés soixantehuitards, tu es à  la cuisine ce que l’auteur est à  l’écriture …indigeste. Je ne peux te sentir , ni te goûter…fonds! Arrose le brochet de mon étang, sers de lubrifiant aux sodomites culinistes….je suis heureux que les femmes n’aient pas le goût du beurrestock-112 [1280x768] à  certaines heures.

Sortant de mon trou….


Sortant de mon trou, dans lequel je me suis retiré durant cinq longues journées , j’ai été  rejeté par l’humanité. Ils m’avaient oublié, subtils connards….La fête de la musique m’avait remplacé… La musique….cette facilité du silence, cette politesse du bruit. Je ne peux l’aimer que si elle est digne….Faites de la musique , apprenez au conservatoire, le pourquoi , le comment, soufflez, touchez avec légèreté, frappez en rythme….au son du canon et du tambour l’homme se déplaçait en marchant. Je n’ai rien contre, mais sa multiplicité me pousse  à la rejeter au rythme de sa répétition….ce soir là, calmement, même s’il y a bien longtemps que J’ai oublié ce que d’aucun nomme dieu….j’ai eu souvenance de l’appel du chant grégorien….et avec mon harmonica , sous ma couette j’ai joué la danse des canards rien que pour moi.jjjj-26 [1280x768]

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Deuxième soir, la musique a oublié d’être noire. Peut être merveilleuse, virtuose, étonnante….mais elle ne m’a pas emporté. Je suis resté planté comme un vieil arbre….trop européenne, pas de blues, pas de négritude, politiquement correct…..Et puis ce publique qui se doigt d’être là….comme un souffle d’ennui, entre vin rouge biologique, bière  à deux euros et sandwich SNCF…mais il faut applaudir, être émerveillé. Je ne dois être qu’un vieux con sans souplesse, je me reconnais au fait que j’ose tout….j’eus aimé qu’elle me prenne les oreilles sans avoir au préalable choisi de l’écouter,que son rythme me botte le cul et me donne envie de danser, qu’elle ait eu des rires, des hoquets…..j’oserai chiante, bloquée au fond de ma tête…..un peu comme si cette musique n’était plus de la musique…..Ils étaient tous assis au fond de leur transat , cons centrés en phase auditionnante….je ne dois être qu’un vieux con qui n’a rien compris, cela me rassure.jj-28 [1280x768]

Orléans festival de jazz 1


Soir, lumière, espace festif. On y boit, on y écoute, on y parle….chaleur d’été, comme un vent de liberté, de vacances….. »doum doum doum », jazz, contrebasse et batterie, putain de musique , quand elle t’embarque, c’est comme une femme qui vient de commencer  à te regarder. Elles, ils sont tous là, rien de plus à dire,c’est un incontournable….serais-je le seul à avoir le blues ?….putain de musique…j-33 [1280x768]

l’orgasme…


Venu, velu, il est un son ténébreux entrecoupé d’une expiration attentive. Je m’arrête sur moi, attentif au corps éteint, en phase avec mon dos de là et d’ailleurs. Entré, enfoncé, accroché…entendre le corps vibrer. Phase 2, la chute des vertèbres, le spasme des muscles, le chant hautain du corps qui dit…je suis tombé, haletant…emphase 3, je me sens homme reproductible , l’odeur, le sexe qui retombe sans départ pour l’outre tombe, je suis là tendu et attendu…tout est à  recommencer….toujours ce sentiment de tristesse, perturbé, je place ma main pour qu’elle se sente voilée…esa-125 [1024x768]

Moseph acte 16 et fin


Garbiel , prit la parole , il ne l’avait pas perdue, il l’avait gardée pour cette seule et unique fois.

_ »Maintenant, il est là! »

El Hoïm se releva, passa sa main sur la tête de garbiel , plus vieux que jamais et lui dit.

_ »te voilà arrivé  à ta fin, tu m’as dit, je te rends à ton état premier…que tu sois poussière et rien d’autre. »

Le vieux s’écroula, se pulvérisa. il n’en resta plus rien , si ce n’est une couleur poussiéreuse un peu plus marquée, couleur du temps fini.

_ »Noé, arrête la machine sur la prochaine planète que tu croises…on est en zone ennemie, on va leur débarquer cette saloperie d’arme biologique….devrait pas y en avoir pour longtemps avant qu’elle pourrisse cette planète! Encore une de moins que ce salopard D’el Diablo ne récupèrera pas. »

En bas, Moseph et Jarie, en compagnie de leur fils qui n’avait pas encore de nom, se retrouvèrent en compagnie d’une troupe animale, tous attendaient face  à ce mur….il finit par s’ouvrir et tous sortirent….le gigantesque objet qui les avait déposé reparti dans le même silence qu’à l’aller…il étaient désormais sur Terre. En haut dans son vaisseau, Noé maugréait, il gueulait  qu’il en avait marre de tous ces voyages qu’il y  avait deux éternités qu’il n’avait pas vu ses familles, ses femmes….. El Hoïm, regardait par la vitre , en réfléchissant  à voix haute.

_ »J’ai peut être poussé le bouchon un peu trop loin cette fois ci….On verra bien, je suis quand même doué, inventer des armes capables de s’autoreproduire et de tout détruire…y a qu’un Dieu pour faire çà! »rr [Résolution de l'écran]

Qu’en est-il de ce passage…?


Lourdement attablé et attaché  à ma chaise plastique enmarronée, j’observe nonchalamment le lent passage défilant des acheteurs de vieux objets. C’est aujourd’hui le vide grenier…vie de grenier, vue  de gros nez…Ils vont passer et repasser, ces cons endimanchés. Non , tu n’auras pas ma paire de godasses pour la modique somme de 1 noros…marchandeur de lacets, acheteur de cartons délabrés et de ressorts de matelas défoncés par de bonnes baises de jour de foire du temps où l’on sentait sous les bras et l’on puait entre les jambes. Toi le collecteur d’enveloppes léchées par des langues adolescentes, anaconda visqueux! Vous n’aurez rien de moi, je suis attaché  à mon fauteuil de plastique enmarronée et je vous défie de m’en détacher…je donne mes roues de vélo, mes pneus séchés et usagés, mes vêtements sales , je donne  ce que je n’ai pas , je donne ce que je sens, je sens ce que je donne, je donne, je donne aux nonnes, des pommes , ces connes… Je donne! vous comprenez, donner , donner….pour un euri, pour un heureux, un euro pour un heureux, cette jambe de bois qui ne marche pas, ce godemichet  au fil dénudé, c’est mon temps que je vous donne…. , j’ai tant donné.rr-13 [Résolution de l'écran]

Non!!!!!!!


Non , ce n’est pas de la poésie!! C’est du ventre, de la tripe, de l’existence qui s’enfuit…du verbe créatif. Non ce n’est pas de la poésie, juste de la peau saisie, tendue, ventrue, quasi merdeuse. Et alors, je mords …? J’endors…? qui sait ce qu’est une existence ? Les morts ne sont plus là pour nous le dire. Non ce n’est pas de la poésie ! Actions de grosses et autres peaux tendues…Tordre ses mains et ses mots , souffrir des sons emprisonnés en mon cerveau, dégénérescence servile avant d’être sénile, le parler  n’est pas une fin  en soie et surtout pas ce soir. Venez écouter mes silences, regardez mes soupirs, entendez mes absences…Ces manques de mots , de peau et de pots…Ces manques contraints, ces espaces sans sidération de con… Je chie de néologisme, je crée du mot pour votre plus grand plaisir, mes nuits sont lasses, mes  mots sans attention. Je blesse, je torture, je bats lettres et virgules, suspends points et  virgules….ronds, ventrus, glabres, je vous offre les mots les plus gros qui soient, abusez de leur insignifiance, abusez de leur inexistence….mes mots de peur vous feront honneur…. dormez braves gens, je pense pour vous….hsbc laurent robillard (20) [1280x768]

Après…


hsbc laurent robillard (12) [1280x768]Après avoir bu, rebuts, imbu sans début, rébus aux morceaux éclatés et disparus, bu….vomir, vomir, vomir…en silence ouaté absent mais respiré….il s’est assis  face à la télé, les yeux fermés et l’a écoutée sans l’avoir allumer….fin, fin, fi de fin, comme un orgasme convulsé en un con valsant, j’ai dit haut et fort que plus jamais je poserai ma tête sur un ventre attendri….qu’on me le dise , si au grand jamais , moi, je, se laissait aller  à ne pas convulser avec ces morceaux de chair éclatés.il me reste le Simple , il vous reste l’étatique…..

je me suis attardé au bord d’un verre.


Je me suis attardé au bord d’une verre, un soir de grande misère, de grand vent et de sensualité attardée, attardé à ne pas écouter qui était ailleurs. Je fus donc l’homme, entier post pubère, accueilli au comptoir d’un bar sans histoire autres que celles que j’avais  à raconter. Ils ne m’ont pas entendu les attendus détendus, ces pendus, vendus, tordus, dodues , même fessues je les aurais bandues et plus si l’infini tue…. Laissons passer le temps, regardons les enfants jouer, asseyons nous sur les marches de l’escalier…

Rêvez-vous ? m’a-t-elle demandé. Je ne rêve pas pour ne pas avoir à m’en souvenir.Elle m’a cependant réveillé…

Accoudé au comptoir de ce bar, je suis parti, à cheval sur mon verre, au pays des pères verts, des noëls en juillet et des soleils qui se lèvent  à l’heure du coucher…accoudé au comptoir, je n’avais qu’à entendre, attendre, plus incertain que mon dernier lendemain. C’est à  l’antépénultième verre de vie rouge et de vin, en vain, que j’ai déclamé cette ode au silence, sans mot dire ni maudire…je me suis tu, l’âme en paix….Le grand silence et son secret errent dans mes rêves…se taire  sur terre est un  luxe que désormais moi seul peux me payer… Ta gueule connard.jjj

Moseph acte 15


Garbiel monta un escalier, près du mur qui touchait ce qu’ils avaient pensé être le ciel pendant longtemps… Garbiel monta, pas eux, car une fois le boiteux rapide engagé, l’escalier se déroba en direction de la tour et elle fut inaccessible. Ils restèrent tous deux avec leur enfant, Adamah les avait quittés, à  vrai dire il était redevenu poussière terreuse , lui le glébeux, gardien de la féminité avait rejoint ce en quoi il avait été constitué, la terre, sa terre….Ils attendirent.

quand Garbiel fut arrivé au sommet de la tour qui pénétrait le ciel qui n’était pas le ciel, il se trouva face  à une porte. Elle s’ouvrit, il entra, passa de sas en sas qui se succédaient , d’ouvertures en ouvertures qui se fermaient  sur son passage et enfin se retrouva dans une pièce qu’on aurait dit sombre si on avait su qu’elle avait existé. Il avança sans voir, ses yeux étaient plus habitués à la lumière qu’au noir. Face  à lui , un mur transparent laissait entrevoir le noir de l’espace, quelques étoiles et galaxies lointaines… Sur un grand fauteuil  El Hoïm ronflait, sur un autre fauteuil  en contrebas, un autre homme s’affairait rageusement face à  de gigantesques cadrans lumineux….il dirigeait. Garbiel approcha d’El Hoïm , le réveilla. Celui  ouvrit la bouche en marmonnant:

_ » Te voilà enfin coulure de vermine, tu viens me le dire. »dds [1280x768]

Sauver le monde…..


Sauver le monde, j’en suis resté sur le cul….la belle affaire que voilà. Dès le départ le monde était foutu, laisser vivre des humains , c’est une gageure….pires que des cellules cancéreuses, notre reproduction est chaotique, incontrôlée et incontrôlable, chaque pseudo orgasme peut donner naissance à  un  petit qui produit des déchets , lui apprendre  à s’autorecycler….La Terre était foutue dès que la vie est apparue….aucune stabilité,  que du devenir en puissance. Devenir quoi ? après les milliards , des dizaines de milliards?…..Moi je vous le dis on est foutu, c’est  la chance de la Terre, notre disparition….pure et simple…. Sauver le monde, mais quelle idée rétrograde, ne plus polluer, ne plus salir, ne plus produire de déchets…mais c’est ce qui fait que nous sommes cette capacité  à produire du déchet. Changer notre chimie carbonée ? en quoi en chimie sans déchets, ne plus respirer, ne plus déféquer ….ah recycler…. nos déchets, nos soupirs carbonés, nos merdes méthanées et oxydocarbonées.Mais plus on est , plus on déchette, plus on déchette plus il faut recycler, mais y aura-t-il assez de recyclettes pour tous les humains que nous allons être?….donc , ne plus polluer, ne plus bouger  pour moins consommer, moins de lumières, moins de communication internet, moins de verres de l’amitié, de moins en moins de tout, passer son temps à  recycler pour continuer à recycler ce que je déchetterai…..mais qu’est-ce qu’on va se faire chier…j’en veux pas de cette vie de bousier, d’autosuffisant, d’autoalimenté, d’autoautonomiser…..on va vendre des machines  à recycler  à ceux qui commencent à  consommer donc  à polluer et déchetter…Mais qu’est-ce qu’on va faire avec le pognon qu’on va gagner?  des enfants , d’autres machines à  recycler qu’on vendra encore mieux…..Et si la Terre, incontinents collectifs que nous sommes, nous laissaient gentiment crever, nous asphyxier…..elle nous regarde, simplement mourir en quantité parce que c’est une réalité qui lui convient…… j’arrêterai de polluer quand tous mes voisins arrêteront de respirer….. cancer à  vendre, pas cher, ayant peu servi…dieu omnipotent et solitairecxb, ayant raté ses examens…pas cher. A vendre  humanité, source d’engrais pour de belles fleurs rouges dans des champs verts, riche en azote…. à vendre , fin des temps, en direct et en couleur, avec odeur, pièce unique,  à saisir de suite car ne saurait tarder… à votre santé….qu’on arrête de me sauver!

Ma demoiselle Esa Bang…


esa-141 [1024x768]Elle est…. Elle est là, au moment dans le moment…c’est elle, la femme….italienne, de feu, de grâce, de force, d’âme Céline jusqu’au bout de sa nuit….elle est paquet de gitanes à la voix de nuit, elle est déesse au sexe interdit, elles est là…. parfois à côté de moi. Je la photographie, inscris son image de lumière sur le capteur insipide de cet appareil, sur la pellicule cellulosée de cette boite….son ventre, son cul….une sculpture de vie, de sons , de regards…son regard. Elle est créatrice du don qu’elle fait à la lumière…elle est orgasme lumineux, extase, simple, heureuse, souriante, mangeant ses gressins d’un bout à l’autre, fumant sa clope les yeux dans mon vague de regardeur ébahi… je la photographie, elle, femelle des  femelles

….son instant de silence et de grâce…..se taire, ne rien dire, ne rien faire , attendre que la lumière soit….elle comme une éternelle.

http://www.esabang.book.fr/