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Petite histoire pornocratique de la belle Clémence 16


Je suis devenu l’un des cents par l’intermédiaire de mon professeur de philosophie. Je préparais mon doctorat et j’étais admiratif de cet homme qui savait, ne serait-ce qu’en m’observant, que j’avais de nombreuses conquêtes féminines. Peut de temps avant que je termine ma thèse sur la prédominance de la féminité dans la structuration intellectuel de l’homme philanthropique moderne, il me convoqua dans son bureau. Il fut direct, m’expliqua quel était le rôle des cents, quelles en étaient les règles et les obligations et que tout désistement à cette charge volontairement acceptée ne pouvait se faire que si l’on trouvait un remplaçant. Si tel n’était pas le cas, l’ensemble de la congrégation pourvoyait à ce manque en délégant un des membres pour cette recherche. Nous ne pouvions pas être moins de cent et nous ne pouvions pas être plus de cent. Chaque passage de charge se faisait avec l’assentiment des quatre-vingt-dix-neuf autres, à la lecture  d’une lettre que chaque nouveau promu devait écrire, celle-ci ne devait pas dépasser cent lignes. Toute violation volontaire  à ce règlement ancestral pouvait entraîner la mort si cinquante et un membres le demandaient. Tous les membres ne communiquaient que par lettres manuscrites adressées  à des boites postales. Les identités étaient inconnues, seules les initiales étaient figurées. Les lettre étaient brûlées. La congrégation possédait un historique trésor de guerre qui permettait à ses membres de vivre sans travailler s’ils le souhaitaient, certains d’entre eux étaient de riches  hommes qui finançaient de surcroît  la congrégation, d’autres s’y consacraient corps et âmes. Tout membre qui cherchait  à détourner cette manne financière à son profit pouvait se retrouver sous la loi des cinquante et un pour cent et y laisser sa vie. Chaque membre recevait un bilan comptable où chacun des membres y était référencé et pouvait à tout moment vérifier ce qu’il en était. Mais le choix des cents avait toujours été attentif et prévoyant si bien qu’aucun d’eux ne s’était détourné de la règle. Une fois que l’élue était nominativement  révélée aux membres, toute dépense et acte extraordinaire devait être justifié aux autres par courrier. Suite à ces explications, il me demanda de réfléchir mais de garder silence. Ma réponse fut immédiate, quelques semaines plus tard,après avoir écrit ma lettre de  demande et de remplacement, je prenais sa place avec l’accord de tous mes pairs, il me remit la liste des adresses, quelques cartes bancaires ouvertes sur différents comptes, des listes téléphoniques d’hommes de main payés par la congrégation, charge  à moi d’en trouver d’autres si bon me semblait. Il me répéta une dernière fois de garder le silence car tout se savait et que je saurai tout sur tous… Vingt années plus tard je dus justifier du mort du camping et du paiement de celui qui permit aux poissons de l’Atlantique de se nourrir un peu mieux, je postais mes quatre-vingts-dix-neuf lettres, je reçus autant de réponses entérinant le choix que j’avais fait. Il nous arrivait tous d’agir ainsi.

Je retrouvai Clémence  pour ses dix-huit ans, non pas que je l’avais quittée des yeux, bien au contraire mais durant  cette période de fin d’été, elle fut particulièrement calme pour ne pas dire absente. Elle resta la plus part du temps chez elle, au domicile de ses parents, qu’elle s’apprêtait à quitter pour rejoindre une université de province pour y étudier une langue étrangère. Je l’observais dans la rue, elle était toujours aussi libre vestimentairement, très distante des femmes qu’elle croisait, aimantant toujours autant les hommes qui la dévorait du regard mais elle ne répondait plus  systématiquement avec sa bouche ou son corps ou son sexe. Il lui arrivait de simplement leur parler, de les ignorer, de rire avec eux comme tout  à chacune… J’eus un doute jusqu’aux prémisses de l’hiver, je sentais sa pulsion femelle s’amoindrir. C’est en l’observant beaucoup plus attentivement que je compris  la relation qui s’était nouée entre elle et un jeune homme, insignifiant étudiant de deuxième année qui était un ami d’enfance, juste un un peu plus beau peut-être, juste un peu plus près d’elle. J’attendis avant d’intervenir. Quel type d’intervention devais-je avoir, une disparition physique? un détournement par l’intermédiaire d’une autre ? Je me donnai deux semaines pour regarder et choisir. Ce jeune homme était visiblement très proche de Clémence qui à son contact perdait de sa violence sexuée, elle s’amoindrissait pour mieux le laisser s’approcher, comme une mante religieuse qui laisse le mâle être mâle avant de le dévorer. Ce jeune homme était proche mais extrêmement impressionné par l’opulente féminité vorace que Clémence pouvait parfois laisser échapper si elle ne s’était réfrénée. Ils discutaient souvent longuement tous deux, ne se touchaient presque jamais, échangeaient quelques bises de salut matin et soir…ce que j’avais pris pour de l’amitié au départ ressemblait de plus en plus  à un amour transis à l’égard de cette personne. Je suivis cet homme plus en avant jusqu’à  le retrouver dans les bras d’un autre homme, je décidai alors de ne rien entreprendre… le temps ferait son affaire.

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    • Le contraste est en effet saisissant ! la lecture complète des « Fleurs du Mal » aurait-elle eu pour effet d’anesthésier ses sens, ses instincts primaires ? A moins qu’elle ne fût maintenue en détention provisoire puis liberté surveillée tout l’été à l’instar de son protecteur ?? (Cela me rappelle une certaine affaire en corrélation avec la personnalité de notre demoiselle …)
      L’on peut enfin supposer qu’il s’agit de l’œuvre de parents qui, inquiets du devenir de leur fille, sont parvenus durant l’été à lui inculquer les règles sociétales basiques à respecter pour une insertion possible dans notre monde … A vous de jouer, cher narrateur !

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