Dans la rue des putains décaties où la mère, cette femme, faisait autrefois office de ventre accueillant et de bouche gourmande, l’ombre de Garbiel flottait, comme un spectre, il restait, les yeux ouverts, assis sur une marche de l’escalier de la dernière maison du bout de cette rue aux putains vieillissantes….d’ailleurs les hommes n’y passaient plus. Depuis que Garbiel avait eu son sexe coupé, comme un cep de vigne dont on ne veut plus que le raisin y pousse, les hommes avaient fui le passage , les femmes avaient le ventre sec, les corps avachis, les seins tombants , les regards sans envie, les vagins, les lèvres des sexes se taisaient et leurs odeurs n’appelaient plus l’évidence tendue des hommes en rut , tels des cerfs aux orées des bois, matutinaux et éructants. Tout y était vide , ventres et corps caverneux, têtes et regards , rues et ruts. Arriva un vieil homme, parlant fort, outrecuidant, carnavalesque, la bite en avant, de bois vert malgré son grand âge. Arriva cet homme , il cria , du centre de la rue:
_ » Vieilles putains aux ventres puants, chose au membre chu, écoutez-moi! Je suis celui qui sais, celui qui dis, écoutez-moi! je viens ici pour toi Garbiel. Tu es celui qui me doit porter le message. Tu dois dire qui sera et que le Monde t’entende. Je suis El Hoim, j’apporte ce qui doit être , j’apporte ce qui sera. Le gardien veille sur eux. Toi la mère, tu as connu plus de plaisir que toutes les femmes de cette rue, tu veilleras sur eux, qu’ils jouissent! Toi Garbiel, vieille et grosse queue oubliée, c’est toi qui m’annoncera quand l’enfant viendra. Je vous ai apporté du vin buvez et prenez en tous, de la viande, mangez et grossissez, du pain pour que vos culs engraissent…. crevez s’il en faut….. Toi! Vieille catin! Viens que je te baise, car ainsi est la vie! »
Ils ne le tuèrent point, ils le regardèrent s’agiter, ils l’entendirent jouir…ainsi fut-il sans ménagement ni futilité. El Hoim repartit, il laissa à terre un rouleau de papier sur lequel était écrit, cris et douleurs, temps et présent, couleurs et odeurs…… Garbiel souriait, il but un verre de vin et mangea un morceau de pain, la mère remontait sa culotte, heureuse certainement…![stock-5 [1280x768] stock-5 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-5-1280x768.jpg?w=550)
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Garbiel rentra quelques jours plus tard, sans sexe, sans désir… juste une envie de pleurer qu’il ne savait comment exprimer. Sa voix ne pouvait plus sortir de son larynx, ses yeux ne pouvaient plus suivre un cheminement lumineux, son corps ne lui répondait plus comme il l’avait fait autrefois, son sexe n’était plus là, prompt à la réponse. Il pleura pour la première fois , ses larmes coulant sur son T shirt hospitalier pas si blanc qu’on l’eût cru. Garbiel était coi, interdit, stupéfait , ébahi, incompris certainement…. sa main chercha son absence de sexe. Il ne savait comment parler à ces femmes qui l’entouraient, qui le regardaient, se moquaient de sa négativité, interrogeaient sa présence. Garbiel n’était plus un homme et encore moins une femme. Il attendit dans le couloir, là où l’enfant l’avait poignardé, coupé définitivement. Il était l’heure de se taire , jusqu’au fin fond de sa vie champêtre…Garbiel ne sut pas exactement comment dire non à cette femme.Il retourna ses yeux vers l’intérieur, lui qui n’était plus un être, il regarda ce qu’il n’avait jamais pu voir, le pourquoi de sa vie, le silence qui régnait entre ses jambes faisait écho au vide lumineux qui emplissait sa tête. Garbiel se taisait, restait au côté de cette femme , la mère. Il veillerait sur elle de l’intérieur désormais.
t si je m’exprimais au sujet du prix du lait ?
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me voilà donc.

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les mots dits conduisent toujours à ce que nous devions vivre, c’est par eux que véhiculent aussi les silences. L’improbable s’y présente, ce qui ne devait pas être prend forme , parce que je n’ai pas compris la parole dite…. se taire, encore se taire , ne rien laisser paraître , s’engouffrer dans un silence pour qui d’aucuns diront qu’il est solennel. Le simple mot qui donne sens à tout, l’émotion vibratoire du son ….Se taire , toujours se taire; ne pas agir. Juste prononcer le mot fin![03_Laurent_Robillard [350x550] 03_Laurent_Robillard [350x550]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/03_laurent_robillard-350x5501.jpg?w=550)
