Moseph acte 5


Il n’en mourut pas, le couteau glissa, coupa…l’autre n’était plus un homme. Garbiel hurla de douleur, se précipita dans la rue, s’écroula  à terre , une mare de sang maculant son pantalon, dont la braguette , pour une fois n’avait pas été fermée. La mère de Moseph, le suivait , hurlant plus fort que lui. Ce n’est qu’une fois qu’il fut conduit  à l’hôpital, que la mère , cette femme, pris conscience du rôle actif qu’avait pris Moseph  à l’émasculation de son homme. Elle se dirigea vers lui avec l’intention de l’étrangler , mais Moseph n’avait pas lâché son couteau. Il le tenait fermement , sachant très bien que tant qu’il ne serait pas parti, ce couteau serait le garant de sa survie. Il était recouvert du sang d’un chien, d’une homme et de divers poils collés. Sa mère décida de le tuer quand il tomberait de fatigue , mais elle l’ignorait que son fils ne  dormait depuis bien longtemps. Il luttait depuis sa naissance contre toutes les peurs qu’un être humain eût pu rencontrer dans une vie…à commencer, à commencer par celle de vivre. Chaque matin, au commencement d’une lumière nouvelle, plus souvent grise que radieuse, Moseph se demandait pourquoi , il était là , comment ferait-il pour finir sa journée ? Comment arriverait-il à calmer sa faim ? Devrait-il encore partager le viande que le boucher jetait  à son chien ? Aurait-il encore peur de ces hommes qui montaient avec sa mère, des attouchements de certains de la violence douloureuse d’autres ? Aurait-il encore froid ? mal ? aurait-il encore le besoin d’imaginer un nouveau moyen de survivre ? Sa vie était comme une guerre calme, une guerre contre une solitude bruyante, entouré d’hommes et de femmes qui ne le voyaient, ne lui parlaient pas, l’utilisaient…. Pour survivre , il ne dormait plus, en contact permanent avec cette réalité. Il comprit que cette femme , la mère voulait le tuer, pas comme le chien, pas comme l’autre…autrement. Il attendit que l’alcool fit son effet, sortit, descendit dans la rue, et pour une fois alla jusqu’au bout de celle-ci, cent mètres ou un peu plus…Il partit, peut être huit ans, son couteau  à la main.robillard laurent (19) [1280x768]

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