Après avoir bu, rebuts, imbu sans début, rébus aux morceaux éclatés et disparus, bu….vomir, vomir, vomir…en silence ouaté absent mais respiré….il s’est assis face à la télé, les yeux fermés et l’a écoutée sans l’avoir allumer….fin, fin, fi de fin, comme un orgasme convulsé en un con valsant, j’ai dit haut et fort que plus jamais je poserai ma tête sur un ventre attendri….qu’on me le dise , si au grand jamais , moi, je, se laissait aller à ne pas convulser avec ces morceaux de chair éclatés.il me reste le Simple , il vous reste l’étatique…..
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Rien…!
Et bien là ce soir, rien! pas de mots , pas de cris, juste un souhait de silence, l’envie de m’entendre…Où sont mes couleurs? mes envies? mes désirs?….Rien, un petit rien de rien du tout qui m’empêche de vous parler….pourquoi ? l’angoisse de la page blanche surgit-elle
au milieu de mon esprit, j’ai changé de couleur de papier et d’odeur de stylo… toujours rien….Je pourrais mettre une photo et puis me barrer dans mon bar habituel….je pourrais, j’en pourrirais…..et si mon silence hébété digne de mon ébriété logoresque habituelle m’empêchait de vous dire à vos oreilles chastes et sobres , ce que chaque soir, je crie à vos pieds si facilement…je crois qu’il est plus facile de dire que de se taire…silence….. et puis rien….c’est à dire même pas le silence.
je me suis attardé au bord d’un verre.
Je me suis attardé au bord d’une verre, un soir de grande misère, de grand vent et de sensualité attardée, attardé à ne pas écouter qui était ailleurs. Je fus donc l’homme, entier post pubère, accueilli au comptoir d’un bar sans histoire autres que celles que j’avais à raconter. Ils ne m’ont pas entendu les attendus détendus, ces pendus, vendus, tordus, dodues , même fessues je les aurais bandues et plus si l’infini tue…. Laissons passer le temps, regardons les enfants jouer, asseyons nous sur les marches de l’escalier…
Rêvez-vous ? m’a-t-elle demandé. Je ne rêve pas pour ne pas avoir à m’en souvenir.Elle m’a cependant réveillé…
Accoudé au comptoir de ce bar, je suis parti, à cheval sur mon verre, au pays des pères verts, des noëls en juillet et des soleils qui se lèvent à l’heure du coucher…accoudé au comptoir, je n’avais qu’à entendre, attendre, plus incertain que mon dernier lendemain. C’est à l’antépénultième verre de vie rouge et de vin, en vain, que j’ai déclamé cette ode au silence, sans mot dire ni maudire…je me suis tu, l’âme en paix….Le grand silence et son secret errent dans mes rêves…se taire sur terre est un luxe que désormais moi seul peux me payer… Ta gueule connard.
Moseph acte 15
Garbiel monta un escalier, près du mur qui touchait ce qu’ils avaient pensé être le ciel pendant longtemps… Garbiel monta, pas eux, car une fois le boiteux rapide engagé, l’escalier se déroba en direction de la tour et elle fut inaccessible. Ils restèrent tous deux avec leur enfant, Adamah les avait quittés, à vrai dire il était redevenu poussière terreuse , lui le glébeux, gardien de la féminité avait rejoint ce en quoi il avait été constitué, la terre, sa terre….Ils attendirent.
quand Garbiel fut arrivé au sommet de la tour qui pénétrait le ciel qui n’était pas le ciel, il se trouva face à une porte. Elle s’ouvrit, il entra, passa de sas en sas qui se succédaient , d’ouvertures en ouvertures qui se fermaient sur son passage et enfin se retrouva dans une pièce qu’on aurait dit sombre si on avait su qu’elle avait existé. Il avança sans voir, ses yeux étaient plus habitués à la lumière qu’au noir. Face à lui , un mur transparent laissait entrevoir le noir de l’espace, quelques étoiles et galaxies lointaines… Sur un grand fauteuil El Hoïm ronflait, sur un autre fauteuil en contrebas, un autre homme s’affairait rageusement face à de gigantesques cadrans lumineux….il dirigeait. Garbiel approcha d’El Hoïm , le réveilla. Celui ouvrit la bouche en marmonnant:
_ » Te voilà enfin coulure de vermine, tu viens me le dire. »![dds [1280x768] dds [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/06/dds-1280x768.jpg?w=550)
Sauver le monde…..
Sauver le monde, j’en suis resté sur le cul….la belle affaire que voilà. Dès le départ le monde était foutu, laisser vivre des humains , c’est une gageure….pires que des cellules cancéreuses, notre reproduction est chaotique, incontrôlée et incontrôlable, chaque pseudo orgasme peut donner naissance à un petit qui produit des déchets , lui apprendre à s’autorecycler….La Terre était foutue dès que la vie est apparue….aucune stabilité, que du devenir en puissance. Devenir quoi ? après les milliards , des dizaines de milliards?…..Moi je vous le dis on est foutu, c’est la chance de la Terre, notre disparition….pure et simple…. Sauver le monde, mais quelle idée rétrograde, ne plus polluer, ne plus salir, ne plus produire de déchets…mais c’est ce qui fait que nous sommes cette capacité à produire du déchet. Changer notre chimie carbonée ? en quoi en chimie sans déchets, ne plus respirer, ne plus déféquer ….ah recycler…. nos déchets, nos soupirs carbonés, nos merdes méthanées et oxydocarbonées.Mais plus on est , plus on déchette, plus on déchette plus il faut recycler, mais y aura-t-il assez de recyclettes pour tous les humains que nous allons être?….donc , ne plus polluer, ne plus bouger pour moins consommer, moins de lumières, moins de communication internet, moins de verres de l’amitié, de moins en moins de tout, passer son temps à recycler pour continuer à recycler ce que je déchetterai…..mais qu’est-ce qu’on va se faire chier…j’en veux pas de cette vie de bousier, d’autosuffisant, d’autoalimenté, d’autoautonomiser…..on va vendre des machines à recycler à ceux qui commencent à consommer donc à polluer et déchetter…Mais qu’est-ce qu’on va faire avec le pognon qu’on va gagner? des enfants , d’autres machines à recycler qu’on vendra encore mieux…..Et si la Terre, incontinents collectifs que nous sommes, nous laissaient gentiment crever, nous asphyxier…..elle nous regarde, simplement mourir en quantité parce que c’est une réalité qui lui convient…… j’arrêterai de polluer quand tous mes voisins arrêteront de respirer….. cancer à vendre, pas cher, ayant peu servi…dieu omnipotent et solitaire
, ayant raté ses examens…pas cher. A vendre humanité, source d’engrais pour de belles fleurs rouges dans des champs verts, riche en azote…. à vendre , fin des temps, en direct et en couleur, avec odeur, pièce unique, à saisir de suite car ne saurait tarder… à votre santé….qu’on arrête de me sauver!
Ma demoiselle Esa Bang…
Elle est…. Elle est là, au moment dans le moment…c’est elle, la femme….italienne, de feu, de grâce, de force, d’âme Céline jusqu’au bout de sa nuit….elle est paquet de gitanes à la voix de nuit, elle est déesse au sexe interdit, elles est là…. parfois à côté de moi. Je la photographie, inscris son image de lumière sur le capteur insipide de cet appareil, sur la pellicule cellulosée de cette boite….son ventre, son cul….une sculpture de vie, de sons , de regards…son regard. Elle est créatrice du don qu’elle fait à la lumière…elle est orgasme lumineux, extase, simple, heureuse, souriante, mangeant ses gressins d’un bout à l’autre, fumant sa clope les yeux dans mon vague de regardeur ébahi… je la photographie, elle, femelle des femelles
….son instant de silence et de grâce…..se taire, ne rien dire, ne rien faire , attendre que la lumière soit….elle comme une éternelle.
Et du feu surgit la couleur qui inonda mes yeux.
Toujours plus actif, toujours plus anxieux j’alimentais son regard de mes gestes sexués. Son cul, j’aurais aimé claqué, arcboutée. Je coulais en elle simple et subversif, comme un jour de mur de Berlin tombant…Il n’y eut pas de silence pour qu’elle se sente désirée, son corps tremblant, assagi, s’offrit juste pour une couleur chatoyante. C’était le feu de son cul , de son corps qui alimentait mon regard. Silence! lui dis-je. Abstinence! me répondit elle
. Je courus au-delà du moment , hébété de ne savoir comment diriger cette couleur de ventre féminin et féminisé. Il n’y avait d’autre moyen que de croire ces instants où sexe et odeur donnent envie de pénétrer.
De l’importance de la douceur!
Il était l’heure, de bonne heure, sans mauvais augure… Je dis que l’homme ignorait la sensation du vent sur sa peau, il évitait ce contact sensuel, sensitif, émotionnant, émulsionnant. Son intérieur était suave, son extérieur comme sa voix, éteint….il rougit. L’homme avait appris à tituber avant de marcher, sa mère buvant encore et encore , pour oublier le son de son corps violé au fond des bois, au son des doigts, sans don d’émoi….son enfant était là, elle but, elle but, elle mourut. Il fut battu, tordu, foutu, nu…..rien de plus que de ne plus être , sans jamais avoir été plus. Il attendit de longues années d’homme ému pour oser dire, doser son rire, rosser son ire, causer et dire…dire qu’il n’avait jamais connu ce qui était doux, d’où aurait-il pu le savoir ou le sentir ? D’où cet absence de doux ? pas de sein doux, de doux sein , de dessein… Ce fut le vent,qui s’allongeant sur son avant bras, qui lui fit connaître ce doux instant d’extase émotionnelle qui ressemblait au moment du soir où l’endormissement amenait ses yeux à se fermer mollement. Il connut, alors qu’il mourait dans une rue, le son de la douceur qui violente la fin de vie, il mourut pour ainsi dire heureux….
Quand je suis venu au monde…
quand je suis venu au monde je ne savais pas ce qu’il s’y passerait….et c’était tant mieux! j’ai la haine de mon humanité, de mes pieds qui foulent le seul, je n’arrive plus à douter encore moins à croire… Fin , je demande la fin et je suis près à avouer avoir perdu. Moi le nouveau-né, l’improbable être de lumière, je plonge dans le noir comme à chaque soir de fin d’hiver. Qu’on se le dise, je ne suis qu’un homme, sans vol
onté de survivre à mes ancêtres et à mes contemporains…
Au sujet de la bouffarde….
Je pourrais dire que j’en ai connu des bouffardes , toutes plus d’écume blanche et finement sculptées que les autres, mais il n’en sera rien. Qu’en est-il de ces instants où il m’arriva de choir ?…Il ne s’agit pas de l’objet, mais du sujet, la réalisatrice….qu’en pense-t-elle ? Pense-t-elle à ce moment là ? Son plaisir est-il d’être ou de donner ? je dis …qu’il lui suffirait de violemment mordre pour rappeler qu’une bouche eût pu servir à tuer ou trancher. Le délicat de l’acte est comme une maïeutique de l’esprit, il vous amène à être ce que vous n’étiez pas au départ…un être de sensibilité et de présence et j’en accepte alors la taille de mon clitoris masculin. Le don, voilà qui ne peut indifférer, celle qui donne me bourdonne l’âme légèrement au moment où la mécanique céleste est ….point de technique opportune , juste un acte de chair et de compassion…le « manger , ceci est mon corps »….donc une eucharistie formative pour l’humain que je suis…..la bouffarde me conduisit au delà de l’humain mais au contact de l’humaine. Ne peut donner qui pense savoir être dans l’action…..juste une présence sublime qui, au contact d’un champ électrique de faible intensité, vous conduit auprès de la vie. Une bouffarde impose le respect.
Moseph acte 13
Elle jouit, il cria. Son ventre était bouillonnant, aqueux, comme une nouvelle terre. Adamah sourit.
La rue était désormais déserte, certains hommes étaient morts, certaines femmes, vieilles, sèches, avachies, assises sur leur derrière au bout de la rue , finissaient de mourir au soleil. Il y avait une fin en ce lieu. Le côté de la rue vers lequel était parti Moseph, avait laissé passé plantes, herbes folles et vent, prendre place sans résonance avec l’humanité mourante. Des animaux , tous plus variés les uns que les autres, occupaient désormais cette rue où jadis on passait. Garbiel attendait , le regard porté vers ce côté obscur de la rue, il regardait toujours en souriant. De temps à autre , il tuait un lapin pour se nourrir , un serpent qu’il déchirait de ses dents. Sa barbe avait poussé, son regard s’était affuté…il attendait que cela soit pour en référer à El Hoim, sa mission était ainsi: dire, lui qui n’avait plus pris la parole depuis un temps si long. La mère , cette femme, était morte , morte de s’être oubliée, ventre sans vie, sans plaisir, elle avait fini par oublier de vivre…Il n’y avait plus de temps ….
Au-dessus….de l’amer
Au-dessus de l’amer, l’avion s’est arrêté. Ses ailes ont cessé de battre, sa chaudière s’est refroidie, le silence sifflant s’est intensifié…..comme un grand planeur….en un peu plus lourd, sans plus rien à prouver. Chute, cris et chut….hurlements, morts rapides, lucidités effarantes…le jour où tout se comprend commence irrémédiablement et diablement par la fin. Alors, pas de paradis, pas de dit, subtilité des non-dits….peur d’avoir oublié. La mort et la mer sont au rendez-vous, l’impossible ascension commence par une chute…Où se situe la douleur et à quel moment ? Y a-t-il un début dans cette fin. Ils pensaient samba, ils pensaient retour, ils pensaient aller….sans bas ni haut , la vrille a inondé leurs cerveaux. Ils sont morts, à tort ? sans corps ?
« Comme un avion sans aile », ils l’ont arrêté cette nuit…fin d’un vol, sans Icare à leurs côtés…..voler n’est pas bon pour la santé.![jui-16 [1024x768] jui-16 [1024x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/06/jui-16-1024x768.jpg?w=550)
Moseph acte 12
Aux côtés de Jarie, Moseph apprenait et oubliait. Il apprenait à aimer cette terre qui jour après jour lui donnait ce qui le nourrissait, son blé, son pain, son fenouil, et pourquoi pas me direz-vous. Il oubliait qui il avait été, il oubliait l' »ab nihili » déformant de son visage qui lui retirait tout sens d’existence plausible aux yeux du reste de ceux qui déjà existaient de moins en moins. Exister pensait-il , mais ne le prononçait point. Il ne parlait toujours pas, mais , cérébralisait plus qu’il ne le fallait. Son silence était à la hauteur de ses yeux quand il réfléchissait….on savait qu’il y avait du sens à cette existence. Jarie perdait son regard dans la force des yeux de Moseph, celui-ci bousculait sa vie pour sentir la vitalité des yeux de cette femme.Tout entre eux était question de silence et d’échanges visuels…. le temps était passé, elle était jeune femme, il était jeune homme. El Hoim arriva jusqu’à eux un matin, alors que Moseph était au champ et que Jarie peignait un bateau, grand, isolé, sur une étendue d’eau gigantesque….Il prit la parole en ce sens:
_ »Toi l’homme , toi la femme… venez à moi et écoutez…Copulez plus qu’il ne le faut, remplis lui le ventre de ta semence, écarte tes cuisses et accueille le tant qu’il le voudra…. »
Il ne put finir sa phrase, Moseph avait frappé le sol de sa fourche avec laquelle il retournait sa terre depuis le matin, El Hoim , vieil homme parmi les hommes était silencieux, il reprit
_ » Il doit en être ainsi, car la fin ne saurait être….vous êtes les derniers. »
Il tendit à Moseph un parchemin sur lequel était inscrit des signes incompréhensibles.
_ » garde-le, bientôt tu comprendras. »
Il partit , d’un pas vif et alerte. Moseph se retourna vers Jarie , elle était à terre sa jupe relevée:
_ »viens… »![boutographies 2009 robillard laurent (15) [1280x768] boutographies 2009 robillard laurent (15) [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/boutographies-2009-robillard-laurent-15-1280x768.jpg?w=550)
Se laisser aller à la chute
C’était un matin, un soir ou une nuit….un de ces moments où l’on peut se permettre une fin de vie. L’homme était au bord du fleuve, debout, auscultant le vert sombre de l’eau de ses yeux couchés vers le noir. Il attendait, il attendait que son corps chut, droit, vers le fond ou plutôt il espérait que cela se fasse sans que sa volonté en décida. Rien ne se passa , il se retourna vers la voie ferrée où il aurait aimé finir ce qui avait commencé….C’était là qu’il avait croisé cette femme, c’était là qu’il lui avait parlé, c’était la qu’ils étaient partis au hasard dans un train et c’était là au retour, plus tard, qu’en se retournant, il ne l’avait plus vue. Elle avait disparu….la salope, la garce faite déesse, la salembreuse, la putana de merda de ombilica della terra….pire qu’une bléno, cette face de staphylocoque dorée lui avait volé son argent, ses papiers, ses documents classés secrets auprès du ministère de la défense mondiale. C’était une espionne moulienne, spécialisée dans le massage sexuel et lui, cet imbécile , il s’était laissé avoir, comme un bleu, pendant qu’il se faisait sucer et plus si affinité, les quatre autres mains de la moulienne avait tout récupéré et désormais , ils avaient libre champ pour envahir la terre et……quand il tomba dans l’eau, le rêve entrepris s’estompa, le froid de l’eau lui colla un dernier frisson dans le dos, le bruit de la chute fut celui d’une pierre et comme une pierre , il ne remonta pas à la surface…..Il mourut parce que la réalité n’était pas son rêve, il aurait aimé.La terre fut envahie quelques jours plus tard….Elle fut rebaptisée en l’honneur des femmes mouliennes qui aimait le goût du blanc et les fines appellations.![boutographies 2009 robillard laurent (16) [1280x768] boutographies 2009 robillard laurent (16) [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/boutographies-2009-robillard-laurent-16-1280x768.jpg?w=550)
Moseph acte 11
Dans la rue des putains décaties où la mère, cette femme, faisait autrefois office de ventre accueillant et de bouche gourmande, l’ombre de Garbiel flottait, comme un spectre, il restait, les yeux ouverts, assis sur une marche de l’escalier de la dernière maison du bout de cette rue aux putains vieillissantes….d’ailleurs les hommes n’y passaient plus. Depuis que Garbiel avait eu son sexe coupé, comme un cep de vigne dont on ne veut plus que le raisin y pousse, les hommes avaient fui le passage , les femmes avaient le ventre sec, les corps avachis, les seins tombants , les regards sans envie, les vagins, les lèvres des sexes se taisaient et leurs odeurs n’appelaient plus l’évidence tendue des hommes en rut , tels des cerfs aux orées des bois, matutinaux et éructants. Tout y était vide , ventres et corps caverneux, têtes et regards , rues et ruts. Arriva un vieil homme, parlant fort, outrecuidant, carnavalesque, la bite en avant, de bois vert malgré son grand âge. Arriva cet homme , il cria , du centre de la rue:
_ » Vieilles putains aux ventres puants, chose au membre chu, écoutez-moi! Je suis celui qui sais, celui qui dis, écoutez-moi! je viens ici pour toi Garbiel. Tu es celui qui me doit porter le message. Tu dois dire qui sera et que le Monde t’entende. Je suis El Hoim, j’apporte ce qui doit être , j’apporte ce qui sera. Le gardien veille sur eux. Toi la mère, tu as connu plus de plaisir que toutes les femmes de cette rue, tu veilleras sur eux, qu’ils jouissent! Toi Garbiel, vieille et grosse queue oubliée, c’est toi qui m’annoncera quand l’enfant viendra. Je vous ai apporté du vin buvez et prenez en tous, de la viande, mangez et grossissez, du pain pour que vos culs engraissent…. crevez s’il en faut….. Toi! Vieille catin! Viens que je te baise, car ainsi est la vie! »
Ils ne le tuèrent point, ils le regardèrent s’agiter, ils l’entendirent jouir…ainsi fut-il sans ménagement ni futilité. El Hoim repartit, il laissa à terre un rouleau de papier sur lequel était écrit, cris et douleurs, temps et présent, couleurs et odeurs…… Garbiel souriait, il but un verre de vin et mangea un morceau de pain, la mère remontait sa culotte, heureuse certainement…![stock-5 [1280x768] stock-5 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/stock-5-1280x768.jpg?w=550)
Je suis penché au bord de l’intérieur…
Depuis quelques temps , je suis penché au bord de l’intérieur de mon être, hêtre…J’y vois passer la durée chronométrée mais égarée, l’oubli sans infini…..Il faut reconnaître, à ma décharge que la position « au bord de l’intérieur » est des plus inconfortable, je n’y resterai pas toute ma vie, j’y suis par pur égocentrisme, quoique le bord de l’intérieur se situe un peu plus loin que le centre du milieu d’où je suis parti autrefois. Je ne m’intéresse que très peu aux limites , elles sont surtout ici pour être franchies en toute franchise, ce n’est qu’un point de vue d’autant plus incertain que je suis un peu à l’écart de ce qui se sait dans certains milieux…dont cet intérieur bordant et bordélique en ce qui me concerne.Donc, d’où je suis, il ne m’est pas évident de voir qui je suis, tout plus qui je pense et ce que j’en pense….un peu perdu certainement. J’ai essayé de me pencher pour voir ce qu’il y avait au delà de mon bord, j’ai aperçu mon corps, retors, encore et en corps…je suis tombé.![nov-15 [1280x768] nov-15 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/nov-15-1280x768.jpg?w=550)
En hommage à mon père…..
Vague souvenir, lointain, image lente et grise revenant du passé où elle s’était réfugiée, j’ai en moi parfois le souvenir de mon père. Petit homme , solide , droit au ventre rond…. il habite de ses yeux bleus les moments nostalgiques de ma raison…Un père , mon père, un homme, maçon, fort, soulevant ses sacs de ciments, travaillant toujours de ses mains , crevassées quand l’hiver était là, recouvrant ses plaies de Camphrice, médicament dont j’ai gardé et le nom et l’odeur colorée. Mon père, sans jeunesse, de guerre… prisonnier, cinq ans durant….une vie d’homme dans le courage, le travail , sa famille, son jardin, sa casquette. J’ai parfois honte de ne pas avoir su mémoriser cette vie de prisonnier, ces cinq ans gâchés….il me les a racontés, mais je crois que je ne voulais pas écouter….Le jour où j’ai pris une truelle pour travailler, c’est à tes mains que j’ai pensé….le temps est passé, papa.![nov-6 [1280x768] nov-6 [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/nov-6-1280x768.jpg?w=550)
Moseph acte 10
Adamah apprit tout à Moseph. Il lui apprit comment tenir l’outil, comment goûter la terre pour savoir ce qu’elle produirait après l’hiver, comment regarder le ciel pour deviner l’eau qui tomberait, comment attendre que le blé pousse, comment se contenter de ce qui avait poussé. Adamah veillait sur sa terre, elle, et cet enfant au visage abimé. Moseph retenait sans que le gardien eut à répéter , il retenait parce que cette terre était comme un sein auquel il s’accrochait, à la fois nourriture et chaleur. Jarie grandissait et devenait de plus en plus belle, elle ressemblait certainement à sa mère, Adamah l’exprimait par son silence et le regard qu’il posait parfois plus intensément sur sa fille. Il la savait différente, à la fois reflet de la femme qu’il avait aimée et autre par cette puissance créatrice qu’elle ne cessait de montrer . Elle générait sans cesse de nouvelles formes , de nouvelles couleurs, de nouvelles odeurs….Moseph, vieillissant, lentement, certainement, sincèrement, regardait à regard perdu le corps de Jarie changer, se féminiser, se troubler des regards de Moseph. Il savait quels étaient les changements… ses hanches dont la courbe s’étoffait, ses seins qui s’alourdissaient, son ventre dont l’odeur remontait bien au-delà des senteurs et lenteurs de la terre odorante…il la savait devenir femme, femelle….ce sont ces hanches qu’il eût aimé tenir, les siennes…..![pascl (35 sur 64) [1280x768] (2) pascl (35 sur 64) [1280x768] (2)](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/pascl-35-sur-64-1280x768-2.jpg?w=550)
Mon beau royaume de laine et de suffisance
Je vis dans un royaume, le tsar y cause souvent à la télé…débordant d’injures et de mépris, il dit moi sans émoi. Emulsionnant, bavant, grelottant, s’arcboutant, il dit pot de con…fit d’oie ou de ture. Je vis dans un royaume, sisisisisisissi, je vous le dis, un neuf sans château fort….un broyaume, comme un mélanome ou un cheval de troyes at home…..on savait ce qu’il y avait dedans mais on a préféré ne rien voir….on est que des pauv cons….sisisisisisi, je vous le dis et il le dit aussi. Je vis dans un royaume, la reine est jolie et l’arène n’est pas encore ouverte…on n’y rencontrera pas les lions ce soir. Ce Tsar qu’on zigouille ailleurs , ici , il a fait des petits qui prendront sa place plus tard….sisisisisi je vous le dis!!! La reine est jolie, le prince est confit, le Tsar est cosy….je vis dans un royaume….It was a pomme j’me taille a king and a couine qu’on entendait pas lorsqu’elle chantait, des had plein of gille dreun and a drone to si les pov con qui crisaient parce que y s’avaient la trouille de la fin du monde…. Je vois , je vois….![ds-31 [1024x768] ds-31 [1024x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/ds-31-1024x768.jpg?w=550)
Ils étaient là…sept, ils ne se sont pas comptés
Les chiens, les monstres ils étaient là. Sept! présents! adorateurs de déités vérolées, esclaves de femelles aux seins lourds et aux vulves béantes. Les hommes , les femmes qu’ils dévoraient, plus jamais nous ne les reverrons. Enfermons nos rêves au sein de nos sépultures….Vraiment trop lyrique cette manière de raconter comment à sept ils sont venus arrêter deux gamins de six et dix ans, pour un vélo….Où est la conscience, le libre arbitre, le choix….sept nains, sept jours, sept samouraïs, sept salopards, sept doigts si trois ont été coupés, septentrional, scepticisme, sept….parlons du vélo, l’objet à la manière de Ponge: Roulant sur deux roues sans pour autant m’emmener, l’objet cyclique, enchaîné, conduit en différent lieux, sept lieues, sceptre, sépulture, serpent , ça pend et puis tout cela dépend du risque. Six ans , loin de l’âge de raison, danger, irraison et fort risque d’explosion, dix ans, parfois enfant soldat, AK 47 encore sept….sept hommes fiers et droits affrontèrent ce soir là, l’hydre aux sept têtes, bataillant ardemment le glaive à la main, taillant et estoquant, il moururent au champ d’honneur, le guidon sauvé à la main, sept hommes fiers et froids, qui si leurs yeux avaient été droits, auraient, ce soir là, oublié qu’ils étaient rois…..viens jouer aux billes on en a encore le droit.![ss (13 of 21) [Résolution de l'écran] ss (13 of 21) [Résolution de l'écran]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/ss-13-of-21-resolution-de-lecran1.jpg?w=550)
Moseph acte 9
Garbiel le silencieux, Garbiel l’inopérant , après avoir été son homme, était devenu sa chose silencieuse. Il ne disait mot, il ne fermait plus les yeux , il était à l’affût de tout acte qui eut pu amoindrir la présence de cette femme , la mère de l’enfant Moseph. Elle n’utilisait plus son corps comme auparavant, elle était plus sèche, plus violente avec les hommes, ne vendait que ce qui était demandé, et le plus vite possible. Elle ne prenait plus de plaisir et parfois transformait ce qui aurait pu l’être en larmes esseulées sur le rond de ses joues. Ils n’existaient plus. ils attendaient son retour. D’autres femmes alentour, des mégères , des putains, des catins se plaisaient à dire que si Garbiel restait c’était pour attendre le retour de l’enfant et l’égorger. Mais il n’en était pas question, Garbiel avait vu ce qui attendait cet enfant, qui d’ailleurs n’en serait bientôt plus un… le temps passait, tous deux vieillissaient, son cul ne suffisait plus à les nourrir, les autres alentour donnaient ce qui leur manquait, cette rue de foutre était comme un village. Personne n’avait souvenir de qui avait été l’enfant, comment s’appelait-il ? Quel était le son de sa voix muette ? pourquoi n’était-il pas mort ? Pourquoi était-elle retournée sur ses pas ? Y avait-il longtemps qu’il s’était enfui ?… ils auraient dit des années, quelques semaines tout au plus. Le temps comme le monde n’étaient plus à l’écoute du présent…
Moseph acte 8
Adamah avait une fille, Jarie, de l’âge de Moseph, à peu près, éventuellement, cela n’a pas d’importance. Jarie était la vibration profonde et interne d’Adamah, sa femme était morte en la mettant au monde, il avait fait grandir cette petite, et ce malgré l’impression rustre que pouvait faire ressentir sa grande et lourde carcasse de mâle esseulé. Il avait tout appris à Jarie, elle possédait tous les arts dans lesquels l’humanité excellait, elle écrivait, peignait, dansait, chantait, jouait de la harpe et d’autres qu’on ne sait nommer. On eut dit qu’elle n’eut été sur terre que pour satisfaire à la longue histoire de la création artistique et ce, malgré son âge qui n’avait cependant pas d’importance. Jarie était de ces êtres capable, évidente, transcendante, émotionnelle, sensuelle, animale, brutale dans ses moments créatifs, extraordinaire de douceur dans ses instants de regardeuse, les yeux vers ses rêves. Autant Moseph était laid et droit dans ses rares actions, autant elle était radieuse et belle dans son agitation créatrice que l’on aurait pu dire vibratoire, elle vibrait à l’unisson du monde , supportant ces instants lourds où tout s’accorde pour que chacun puisse pleurer en regardant…. la perle et l’écrin, les différences, deux solitudes dans deux mondes différents. Le temps s’arrêta juste pour le moment pendant lequel ils se regardèrent, chacun put pénétrer dans le monde de l’autre….c’était la fin d’un début et le commencement d’une fin.Elle lui prit la main et l’entraîna jusqu’à l’étable où Moseph dormirait dorénavant… je ne sais plus son âge sans importance, Moseph non plus , Adamah n’avait pas d’âge , il gardait….
Et il écrivit…
Bouillonnant, il écrivit des mots et encore des mots , de ces mots orduriers et orthographiés en langue orale, il écrivit , écrasant le stylo, suçant l’encre noire de ses doigts. Il écrivit des je t’aime de fin d’orgasme, des je t’aime de bord de lit, des je t’aime de vingt-trois heures et de début d’après-midi. il écrivit en silence autorisant le droit d’hésiter aux femmes qui voulaient le quitter. Il écrivit des histoires heureuses sans fin, des fins sans histoire, des vies de con qu’il avait déjà vécues , des vies de merde qu’il sentait plus fortes que jamais….il lut ce qu’il avait écrit, il lut de sa voix forte et nerveuse, des textes dont le sens n’avaient de sens que pour lui. Il lut l’histoire passée des instants amoureux, il lut à en mourir, en silence , l’odeur des femmes reposant sur le temps de la journée. Il lut silencieusement ces phrases qui n’en finissaient plus.![mmp (8 sur 34) [1600x1200] mmp (8 sur 34) [1600x1200]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/mmp-8-sur-34-1600x1200.jpg?w=550)
Moseph acte 7
Garbiel rentra quelques jours plus tard, sans sexe, sans désir… juste une envie de pleurer qu’il ne savait comment exprimer. Sa voix ne pouvait plus sortir de son larynx, ses yeux ne pouvaient plus suivre un cheminement lumineux, son corps ne lui répondait plus comme il l’avait fait autrefois, son sexe n’était plus là, prompt à la réponse. Il pleura pour la première fois , ses larmes coulant sur son T shirt hospitalier pas si blanc qu’on l’eût cru. Garbiel était coi, interdit, stupéfait , ébahi, incompris certainement…. sa main chercha son absence de sexe. Il ne savait comment parler à ces femmes qui l’entouraient, qui le regardaient, se moquaient de sa négativité, interrogeaient sa présence. Garbiel n’était plus un homme et encore moins une femme. Il attendit dans le couloir, là où l’enfant l’avait poignardé, coupé définitivement. Il était l’heure de se taire , jusqu’au fin fond de sa vie champêtre…Garbiel ne sut pas exactement comment dire non à cette femme.Il retourna ses yeux vers l’intérieur, lui qui n’était plus un être, il regarda ce qu’il n’avait jamais pu voir, le pourquoi de sa vie, le silence qui régnait entre ses jambes faisait écho au vide lumineux qui emplissait sa tête. Garbiel se taisait, restait au côté de cette femme , la mère. Il veillerait sur elle de l’intérieur désormais.
D’émotion mourir.
Là , maintenant, si je devais mourir, arrêter de vivre en respirant, arrêter de voir en salivant , arrêter de toucher en fermant les yeux, arrêter pour de bon , pour de vrai , pour de fin…finir quoi, comme le point de ma ligne ! Si je pouvais choisir cette fin, comme une majuscule qu’on sculpte au début d’une phrase, comme un sourire qui m’enchaleure les yeux, le ventre et tout ce qui s’en essuie. Si je pouvais avoir ce choix d’homme sans éternité, cette douce violence qui succède au début… S’il m’était donné d’être cette fin qui pour une fois me serait comptée, s’il m’était offert d’offenser le cycle de la vie , le petit vélo de mon existence….. Putain de Dieux, la belle émotion que je choisirais… Elle serait superbe, langoureuse , chaloupante, désirée, perturbante à en zigzaguer, entre Cuba et le grand Nord, aphrodisiaque, vagale, étouffante, pétasse jusqu’au bout des ongles , vulgaire jusqu’au rouge de ses lèvres, moussante comme une bière un soir d’été, sainte Marie amère de , ou à merde à, dieu…Mourir de cette émotion sans nom, sans forme…juste sentir ce qui la commence et ne pas en voir la fin.
L’est-ce bien ?
Au moment précis où ma langue toucha, mes lèvres embrassèrent, son goût m’inonda. ..je la remerciai d’avoir été là…elle se débattit intérieurement plus forte que jamais, jouir fut son dernier son….ma bouche pour lui dire ce qu’elle ne pouvait entendre qu’en silencieux secret. Comme une faim de ventre coulant en mon regard. E
t si je m’exprimais au sujet du prix du lait ?
La fellation est-elle douce ?
Je ne saurais répondre à cette question sans vous avoir entendues, tendu. J’en aime la violence explosive, la dépendance subversive et la couleur de la lumière des yeux des femmes qui en usent ou abusent. J’ai souvenance d’un de ces moments, titubé, hébété, ahuri, fermé, interdit, convulsif, admiratif de mon impuissante puissance une fois absorbé. J’aime alors chanceler, lentement vers le sol, tel la petite cuiller de Dali, le bruit de mon corps heurtant le sol me rappelant à la réalité. Je chus pour avoir été aimé, à mon juste goût, à juste titre. J’aime me savoir bonbon, savoureux de la dégustation à la déglutition…en corps de femme, il n’est à mon sens pas d’autre exploit que glisser entre vos lèvres.
Moseph acte 6
Il se retrouva, marchant toujours plus vite, hors la ville, son couteau au sang séché à la main, fatigué, il s’endormit au pied d’un mur de ferme. Un chien , un autre, le réveilla, aboyant, essayant de lécher le visage de l’enfant. Sans peur, il se releva, sans geste violent. Ce chien était plus miteux, sale, pouilleux que Moseph lui-même. Il n’avait aucune intention de le tuer, le chien n’avait aucune intention de le mordre malgré sa faim tenace. Moseph du haut de ses huit ans , se leva et marcha sur la route, le chien le suivit. Tous deux pénétrèrent dans la ferme dont le mur avait servi d ‘oreiller à l’enfant. Tout y était sale, le sol, les murs, les chiens attachés par de longues chaines, le fermier qui s’avançait vers eux, son ventre plus précisément. Il était gras le ventre du fermier, le maillot qu’il portait tout autant. Il n’était pas rasé sous son menton, la taille de celui l’en empêchant. Il était énorme le fermier, puant, pétant tant que faire se peut. Il était sale le fermier, ses mots orduriers, son ventre flasque, son haleine comme une fosse à purin , la couleur de sa crasse comme le sol de sa ferme. Il ne dit rien. Moseph n’avait pas peur, son couteau dans le dos, il attendait, le fermier l’observait…en silence. Quand on observait le fermier autrement qu’en le regardant, il était couleur de sa terre , odeur de sa terre. Le glèbeux se nommait Adamah, gardien du lieu plus que fermier, il veillait… Quand on observait l’homme originel, on discernait celui qui savait donner un sens au mot terre, on comprenait celui qui connaissait le goût de sa terre. Le glèbeux était sa terre , il en avait la bienveillance nourricière, la douceur procréatrice, l’onctuosité spermatique. Il était un Golem en marcel, un géant dont l’apparente violence laissait place à une quiétude extatique profonde et sereine. Moseph le sut , Moseph le vit. Il se dirigea vers lui, lui prit la main, Adamah lui dit: « tu travailleras selon tes forces sur mes terres, tu te nourriras de ce qu’elles te donneront , tu dormiras parmi nous, ton chien aura sa place auprès des miens ». ce furent les seules et uniques paroles que Moseph entendit sortir de la bouche d’Adamah. Il laissa tomber son couteau et suivit l’homme vers une étable où ils pourraient dormir.![ppp (39 sur 51) [1280x768] ppp (39 sur 51) [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/ppp-39-sur-51-1280x768.jpg?w=550)
La fosse à purin
Je possède une fosse à purin, une botte de gris meunier pour m’y promener. J’y enfouis, jette, rejette depuis quelques 10 puissance -43 secondes après le big bang mes plus noires idées, lentement elles s’écoulent et pénètrent le sol. Mes idées, là au gré du sol si dominé,fadaises si je n’y mets qu’un bémol, finissent par germer. De nouvelles idées plus claires, plus pures qu’attentatoires, naissent de mon esprit fécond. Mon esprit fait le con parfois, puisque de nouvelles idées erratiques, amboliques, métaboliques mais non symboliques, plus noires et notoires apparaissent au fond de cette fausse et pure intention que de vouloir de nouvelles idées. Mes anciennes idées putes et ratées, fermes et jeunes s’il en fut, réapparaissent plus noires et cambrées. Je remplis à nouveau ma fosse, purpurine, érotique de mes idées pures et incantatoires. Elles ne sont que des idées….ma main tremble de vouloir agir… m’enfonce au plus pur de ses reins….J’emmerde mon prochain, sa fosse et son coup de reins. Amen….j’arrête de penser.
Moseph acte 5
Il n’en mourut pas, le couteau glissa, coupa…l’autre n’était plus un homme. Garbiel hurla de douleur, se précipita dans la rue, s’écroula à terre , une mare de sang maculant son pantalon, dont la braguette , pour une fois n’avait pas été fermée. La mère de Moseph, le suivait , hurlant plus fort que lui. Ce n’est qu’une fois qu’il fut conduit à l’hôpital, que la mère , cette femme, pris conscience du rôle actif qu’avait pris Moseph à l’émasculation de son homme. Elle se dirigea vers lui avec l’intention de l’étrangler , mais Moseph n’avait pas lâché son couteau. Il le tenait fermement , sachant très bien que tant qu’il ne serait pas parti, ce couteau serait le garant de sa survie. Il était recouvert du sang d’un chien, d’une homme et de divers poils collés. Sa mère décida de le tuer quand il tomberait de fatigue , mais elle l’ignorait que son fils ne dormait depuis bien longtemps. Il luttait depuis sa naissance contre toutes les peurs qu’un être humain eût pu rencontrer dans une vie…à commencer, à commencer par celle de vivre. Chaque matin, au commencement d’une lumière nouvelle, plus souvent grise que radieuse, Moseph se demandait pourquoi , il était là , comment ferait-il pour finir sa journée ? Comment arriverait-il à calmer sa faim ? Devrait-il encore partager le viande que le boucher jetait à son chien ? Aurait-il encore peur de ces hommes qui montaient avec sa mère, des attouchements de certains de la violence douloureuse d’autres ? Aurait-il encore froid ? mal ? aurait-il encore le besoin d’imaginer un nouveau moyen de survivre ? Sa vie était comme une guerre calme, une guerre contre une solitude bruyante, entouré d’hommes et de femmes qui ne le voyaient, ne lui parlaient pas, l’utilisaient…. Pour survivre , il ne dormait plus, en contact permanent avec cette réalité. Il comprit que cette femme , la mère voulait le tuer, pas comme le chien, pas comme l’autre…autrement. Il attendit que l’alcool fit son effet, sortit, descendit dans la rue, et pour une fois alla jusqu’au bout de celle-ci, cent mètres ou un peu plus…Il partit, peut être huit ans, son couteau à la main.![robillard laurent (19) [1280x768] robillard laurent (19) [1280x768]](https://robillardl.me/wp-content/uploads/2009/05/robillard-laurent-19-1280x768.jpg?w=550)







